|
Bienvenue chez les Châtillonnais |
CHATILLON-EN-VENDELAIS |
Retour page d'accueil Retour Canton de Vitré
La commune
de Châtillon-en-Vendelais ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de CHATILLON-EN-VENDELAIS
Châtillon-en-Vendelais évoque un petit château appartenant au pays de Vendel (le Vendelais).
Le village de Châtillon-en-Vendelais était autrefois sous la domination du château du nom de Le Plessis-Inoguen, édifié au XIème siècle par Main, seigneurs de Fougères, pour le seigneur Tristan baron de Vitré qui épouse sa sœur, la belle Inoguen. Ce château supporte plusieurs sièges ; successivement pris en 1591 par le duc de Mercoeur et par le prince de Dombes, il est démantelé en 1623 sur ordre de Richelieu.
Au milieu du XIème siècle, l'Abbaye de Saint-Florent (en Anjou) fonde, sur le territoire de Châtillon-en-Vendelais, un prieuré qui est confirmée en 1142 dans la possession de l'église. Un deuxième prieuré est fondé, celui de l'Hôtellerie de Boul-Guigonet (XIIème siècle), qui est occupé par des religieuses de l'Abbaye Saint-Sulpice (près de Rennes) et par des frères Condonats.
Les papes Innocent II en 1142, et Urbain III en 1186, confirment les Bénédictins de Saint-Florent dans la possession de l'église Saint-Georges de Châtillon, « ecclesiam Sancti Georgii de Castellione » (Archives départementales de Maine-et-Loire). Mais quand vient la Révolution, les moines n'ont plus guère de puissance à Châtillon et se contentent de présenter le recteur de cette paroisse. Ce recteur, M. Douillet, est alors grand décimateur de la paroisse, et il déclare, le 15 décembre 1790, que son bénéfice a un revenu brut d'environ 4 000 livres ; estimant ses charges 1 020 livres, il avoue qu'il lui restait net 2 980 livres de rente (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, IV, 28 - Pouillé de Rennes).
On rencontre les appellations suivantes : Plebs Catellon (XIème siècle), ecclesia de Castellione (en 1142), Chasteion (en 1165).
Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Châtillon-en-Vendelais : Jehan Poytevin (vers 1387), André Engerran, dit Finor (en 1409), Benoît du Pont (en 1544), N... Cherbonnel (en 1589), Michel Plessix (vers 1618 et jusqu'en 1620), Jean Fournier (en 1651), René Jollivet (1654-1691), Noël-Maurice Boulain (en 1692), Louis Le Chapellier (1692-1706), Jean-François Danjou de la Noë (1706-1754), Jean Hamon (1754-1779), Pierre Douillet (1780-1789 et 1803-1814), Amand Murie (1814-1818), Jean Theudes (1818-1856), Julien Piron (1856-1878), François Coinault (en 1878), Eugène Brault (à partir de 1878), .....
![]()
PATRIMOINE de CHATILLON-EN-VENDELAIS
|
l'église Saint-Georges (1860-1902), oeuvres des architectes Jourdin et Arthur Regnault. L’ancienne église devait remonter au XIII-XVème siècle. Une partie de l'ancienne église de Saint-Georges de Châtillon-en-Vendelais semble remonter au XIIIème siècle : c'est le choeur, terminé par un chevet droit ouvert d'une simple lancette ogivale, et soutenu extérieurement par des contreforts plats. Primitivement l'édifice se composait d'une seule nef, à laquelle furent ajoutées au Nord une chapelle seigneuriale vers le XVème siècle, et au Midi une chapelle moderne aux environs de 1840. Récemment l'on a reconstruit la nef et bâti au bas de cette nef une petite tour, le tout dans le style ogival. Dans la chapelle septentrionale sont une fenêtre flamboyante et plusieurs écussons frustes. Le seigneur de la paroisse était évidemment le sire de Vitré, qui possédait depuis bien des siècles la châtellenie de Châtillon et le château de ce nom, dont on voit encore les imposants débris à côté du bourg, sur un rocher qui domine un magnifique étang (Pouillé de Rennes). Le retable du maître-autel date de 1646 et abrite les statues de saints Georges, Hilaire et Alfred. La mosaïque du portail, représentant saint Georges terrassant le dragon et oeuvre de Isidore Odorico, date de 1903 ; | |
|
l'ancien
prieuré Saint-Georges. « De gueules au château d'Or »
(Armorial général ms. de 1698). Au XIème siècle, quatre seigneurs du
pays de Rennes, Brient, Odéric, fils de Bloc, Haimon de Saint-Didier et
Riwallon, fils de Guiomarch, vendirent, à raison de 15 sols, à un prêtre
nommé Albaud, la portion sacerdotale des revenus de l'église Saint-Georges
de Châtillon qui était en leur possession, « sacerdotalem partem ecclesioe Sancti Georgii in plebe quoe vocatur
Catellon ». Cette portion des revenus de l'église consistait dans le
tiers des dîmes et des sépultures, toutes les prémices et toutes les
oblations de l'autel, excepté aux trois grandes fêtes annuelles. Les
vendeurs autorisèrent Albaud à faire ce qu'il voudrait de ces biens, à
les donner ou à les revendre. Mais la vocation religieuse appela ce prêtre
dans le cloître de Saint-Florent de Saumur, du temps que Frédéric était
abbé de ce monastère, c'est-à-dire de 1022 à 1055. En devenant Bénédictin,
Albaud fut heureux d'offrir à l'abbé Frédéric cette portion sacerdotale
de l'église de Châtillon (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne,
I, 437). De leur côté, les quatre chevaliers qui avaient vendu à Albaud
une partie des revenus de cette église résolurent de se défaire de ce
qu'ils y possédaient encore en faveur de Saint-Florent. Brient, Haimon et
Riwallon offrirent donc généreusement aux moines, en pur don, leurs parts
des dîmes et des sépultures de l'église de Châtillon, ainsi que leur
part dans son cimetière et dans les oblations des trois solennités
réservées, demandant seulement à entrer en société de prières avec les
religieux de Saint-Florent. Odéric, fils de Bloc, exigea seul que ceux-ci
lui payassent 10 sols pour son renoncement à ses droits. Il paraît
toutefois que ces seigneurs ne possédaient entre eux tous qu'un tiers des
dîmes de Châtillon, car, après leur donation, les moines de Saint-Florent
se trouvèrent à jouir seulement des deux tiers de ces dîmes. Aussi Albaud
devenu religieux de Saint-Florent, étant venu un jour dans le pays de
Rennes pour quelques affaires concernant l'abbaye, acheta-t-il le quart de
ce dernier tiers de dîmes, que lui vendirent, 24 sols, Teuthal le Vicaire
et Letard de Saildre. Mais Brient, fils de Bloc, et Odéric, son frère,
donnèrent peu après aux religieux un autre quart de cette même dîme.
Toutefois Odéric, toujours peu généreux, emprunta en même temps 10 sols
aux moines de Saint-Florent, qui avouent naïvement dans leur charte qu'ils
n'espéraient point être remboursés de cette somme. Ce Letard de Saildre,
du consentement d'Odéric et de Brient, vendit aussi aux religieux la terre
d'André, « terrain Andree », pour la somme de 24 sols. Les moines
s'obligèrent, en outre, à payer à ce seigneur et à ses successeurs une
rente ce 2 sols chaque année, jusqu'à la fin du siècle ; ils lui offrirent,
de plus, un cheval qui valait 20 sols. On voit que le prix de l'achat fut de
suite doublé. Enfin Gauzlin, fils de Grimaud, vendit à Gaultier, à Albaud
et aux autres moines de Saint-Florent, la terre de Lambert Musteil,
c'est-à-dire le village de Montmain, situé dans la paroisse de Châtillon,
« in eadem parochia Sancti Georgii terram Lamberti cognomento Musteil,
villam scilicet quoe vocatur Montmain ». Les religieux payèrent cette
terre 18 sols, convenant avec le vendeur qu'ils lui donneraient chaque
année 2 sols jusqu'à l'achèvement de la somme, et qu'ensuite ils
demeureraient complètement maîtres de cette terre (Livre Blanc et Livre
Noir de Saint-Florent - Archives de Maine-et-Loire). C'est à la suite de
tous ces dons et de tous ces achats, accomplis vers le milieu du XIème
siècle, que fut fondé le prieuré de Saint-Georges de Châtillon par les
moines de Saint-Florent. Au siècle suivant, les papes Innocent II en 1142,
et Urbain III en 1186, confirmèrent l'abbaye de Saint-Florent dans la
possession de l'église de Châtillon, « ecclesiam Sancti Georgii de
Castellione » (Archives départementales de Maine-et-Loire). A la même
époque, nous trouvons mentionné le prieur de Châtillon, en 1165, au sujet
des dîmes des religieuses de Saint-Sulpice, qui possédaient près de
Châtillon le prieuré des Quatre-Hôtelleries. Nous voyons aussi que le
prieur de Châtillon, moine de Saint-Florent, y partageait certaines dîmes
avec le chapelain de la paroisse, « capellanum de Chastelon », ce
qui prouve que le prieur ne desservait pas lui-même la paroisse, car ce
chapelain devait être le recteur de fait, quoique le prieur pût se dire
recteur-primitif de droit (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine).
Nous n'avons plus trouvé aucune autre mention du prieuré de Châtillon,
qui dut être supprimé d'assez bonne heure, pendant le moyen-âge.
Toutefois l'abbé de Saint-Florent de Saumur conserva jusqu'à l'époque de
la Révolution le droit de présenter à l'évêque de Rennes le recteur de
la paroisse de Châtillon-en-Vendelais (Pouillé de Rennes) ; | |
|
le château des Hurlières (XV-XVIII-XIX-XXème siècle). L’ancien manoir des Hurlières possédait une chapelle privative. La chapelle des Hurlières était fondée de messes, et en 1735 François de Gouyon, seigneur des Hurlières, présenta à l'évêque Joseph Le Clerc pour la desservir (Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles la Fontaine (à la fin du XVème siècle), Erbrée, seigneurs de la Chèze (vers 1579), de Volvire, seigneurs de Saint-Brice (avant 1630), Monneraye, seigneurs de Saint-Cyr (en 1630), Martin, sieurs de la Morandaye (en 1632), Pinczon, seigneurs des Monts (en 1650), Geffrard, seigneurs du Plessis-Torcé, Goyon (vers 1699 et en 1789) ; | |
|
la maison ou l'ancien manoir La Gâtelais (XVIème siècle). Propriété successive des familles Hardy, Gennes, Hochet et Hardy (en 1789) ; | |
|
le château de Villanfray (1868), oeuvre de l'architecte Jacques Mellet ; | |
|
la gare de chemin de fer (1870) ; | |
|
4 moulins ; |
A signaler aussi :
|
l'ancien
château de Châtillon (XIème siècle), édifié par les seigneurs de
Fougères pour Tristan, baron de Vitré. Il possédait un droit de haute
justice. Le château est uni par la suite à la baronnie de Vitré. On prétend
avoir découvert, au XIXème siècle, les fondations d'une chapelle attenant
au château de Châtillon, et y avoir trouvé un tombeau renfermant, parmi
des ossements, une fort grande épée | |
|
l'ancien manoir de la Petite Bucolorière ; | |
|
l'ancien manoir de la Haute et de la Basse-Rouxière. On y trouvait une chapelle privative. Le manoir des Rouxières appartenait en 1449 et 1513 à André Hardy. La chapelle, interdite nous ne savons pourquoi, en fut réconciliée le 5 juillet 1714. Elle est encore entretenue à la fin du XIXème siècle, mais non desservie. Propriété successive des familles Hardy (en 1449 et 1590), le Bouteiller, seigneurs des Blairons (en 1605), Pépin, seigneurs de Sévigné (avant 1702), Bonnier, seigneurs de la Coquerie (en 1702), Rousselière (en 1744 et 1784) ; | |
|
les anciens manoirs des Blairons. L’un des manoirs était à la famille Servaude en 1432 et en 1449, et l’autre à la famille Chevalier en 1449. Puis propriété successive des familles Fontenailles, le Bouteiller (en 1513), Gouyon, seigneurs du Gros-Chêne, Pépin, seigneurs de Sévigné (avant 1702), Bonnier, seigneurs de la Coquerie (en 1702), des seigneurs des Rouxières (en 1789) ; | |
|
l'ancien manoir du Bois-Teilleul. Propriété successive des familles Gillet, Gaulay (en 1513), Gennes (au milieu du XVIème siècle), Ravenel (vers 1576), Morel, sieurs de la Noslaye (vers 1613), Bernard, sieurs du Treil (en 1788) ; | |
|
l'ancien manoir du Meix. Il était à la famille Lignières en 1449 ; | |
|
l'ancien manoir du Mesnil. Propriété successive des familles Cogles (en 1430 et 1513), Martin, sieurs de la Morandaye (avant 1650), Pinczon, seigneurs des Monts (en 1650 et 1730) ; | |
|
le
château des Mazures. Sa chapelle a été reconstruite en 1752. Le 4
novembre 1660, André Charil, sieur des Mazures, et Renée Nouail, sa femme,
fondèrent deux messes par semaine, le dimanche et le mardi, dans leur
chapelle des Mazures « bastie depuis plus de deux cents ans » ; et
ils y attachèrent une rente de 50 livres. Cette chapelle ayant été, un siècle
plus tard, reconstruite à neuf, fut bénite le 16 août 1752 par M. Danjon
de la Noë, recteur de Châtillon-en-Vendelais, en présence de MM. Frain
des Mazures et Charil des Mazures (Archives départementales
d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 79). | |
|
l'ancien prieuré de l'Hôtellerie de Boul-Guigonet (XIIème siècle), tenu par les religieuses de l'Abbaye de Saint-Sulpice (près de Rennes). Il desservait un hôpital. Sa chapelle devient frairienne et possédait un cimetière ; | |
|
l'ancien manoir de la Daudrairie. Propriété de la famille Laval, barons de Vitré en 1449 et en 1513 ; | |
|
l'ancien manoir de la Brebiotière. Propriété de la famille Léziart en 1449, puis de la famille Hardy en 1513 ; | |
|
l'ancien manoir de l'Ecoublère ; | |
|
l'ancien manoir du Bois-Morin. Propriété de la famille Laval, barons de Vitré en 1449 et en 1513, puis de la famille Billon en 1670 ; |
![]()
ANCIENNE NOBLESSE d
e CHATILLON-EN-VENDELAISLa châtellenie
de Châtillon-en-Vendelais
: L'histoire des origines de
Châtillon-en-Vendelais
est un roman d'amour. Tristan, fils et successeur de Riwallon, premier seigneur
de Vitré (nota : Tristan fut baron de Vitré de 1030 à 1045 environ) vit ses
chevaliers se révolter contre lui et, avec l'aide du duc de Bretagne, s'emparer
de ses châteaux et le chasser de sa terre. Mais cette mésaventure se tourna
pour lui en bonne fortune. Il était allé chercher un refuge chez le sire de
Fougères, appelé Main, son parent, qui le reçut fort bien, prit fait et cause
pour lui et lui donna moyen de faire la guerre au duc de Bretagne. « Or —
nous disent les vieilles Chroniques de
Vitré — avoit celuy Main, seigneur
de Foulgères, une soeur nommée Inoguen, belle à merveille, laquelle aima
Tristan de Vitré et, désirant
l'avoir à époux et non aultre, révéla le secret de son coeur à son frère
Main, qui de ce requit Tristan. — Tristan, en s'excusant, repondit qu'il étoit
deshérité et n'avoit terre où il la pût mener quand il l'auroit épousée.
Adonc Main lui promit en dot de mariage avec ladite Inoguen sa soeur tout ce
qu'il avoit en Vendelais outre le fleuve de Coaynon (c'est-à-dire au Sud du
Couesnon). Quand Tristan se vit ainsi pressé et requis, il considéra la grâce
que lui avoit faicte ledit Main, ainsi ne l'osa refuser, mesmement pour
l'honneur et la beauté de la damoiselle, et la print à femme avec celui dot
qui lui fut assis et baillé... Et en icelle partie de Vendelais que Main donna
à Tristan en mariage, fit ledit Main construire et fermer (fortifier) un
chasteau pour Tristan, moult fort et defensable, en un plessix, lequel, pour ce
qu'il étoit du dot de ladite Inoguen, fut en après appelé le Plessix-Inoguen »
(Le Baud, Chroniques de Vitré, 8). « C'est ce même château qui depuis s'est appelé Châtillon-en-Vendelais,
dont on voit encore les ruines près du bourg de ce nom, trois lieues au Nord de
Vitré. De là Tristan continua avec avantage la lutte contre ses vassaux révoltés
et rentra en pleine possession de l'héritage paternel. Il gagna donc à cette révolte
une charmante femme et un beau fief, le Vendelais, qui ajouta quinze à seize
paroisses à la baronnie de Vitré »
(De la Borderie, Revue de Bretagne et Vendée, XVIII, 437).
Tant que
subsista la maison de Vitré, Châtillon demeura uni à la baronnie ; il subit
ensuite le sort de cette terre quand Philippette de Vitré l'apporta, en 1251,
à son mari, Guy, sire de Laval ; mais leur petit-fils, André de Laval, reçut
en partage en 1292, comme cadet, la châtellenie de Châtillon, qui demeura par
suite distraite de la baronnie de Vitré pendant près de deux siècles. Cet
André de Laval, sire de Châtillon, épousa Eustachie de Bauçay ; il était
mort en 1356, et son fils aîné, Jean de Laval, lui succéda à Châtillon.
Celui-ci suivit le parti de Charles de Blois, fut fait prisonnier à la bataille
d'Auray et mourut en 1398 ; il fut inhumé en la collégiale de son château de
Montsurs. Il avait épousé Isabeau de Tinténiac, dame dudit lieu et de Bécherel.
Jeanne de Laval,
fille des précédents et dame de Châtillon, épousa d'abord Bertrand du
Guesclin, dont elle n'eut pas d'enfant, puis Guy, comte de Laval. De cette dernière
union naquit Anne de Laval, dame de Laval, Vitré, Châtillon, etc., qui s'unit
en 1404 à Jean de Montfort, à condition qu'il prît le nom et les armes de
Laval et devînt le comte Guy XIII (Le
P. Anselme, Histoire des Grands Officiers, III, 629). L'un
des enfants puînés de ce dernier seigneur, Louis de Laval, eut en partage la
châtellenie de Châtillon, mais il mourut sans postérité le 18 août 1489, et
sa seigneurie fut recueillie par son neveu, Guy XV, comte de Laval, qui en
rendit aveu en 1494 et la réunit définitivement à sa baronnie de Vitré. A
partir de ce moment les seigneurs de Châtillon furent les barons de Vitré,
dont la suite se retrouve ailleurs. Le
château de Châtillon était une place très forte dont nous n'entreprendrons
point l'histoire ; il fut plusieurs fois assiégé, notamment en 1591 ; à cette
époque le prince de Dombes s'en empara, mais deux ans plus tard les Etats de
Bretagne refusèrent de participer à l'entretien de la garnison de Châtillon
et demandèrent, au contraire, la démolition de cette forteresse ; à leur prière,
Richelieu la fit abattre en 1623. Toutefois ils n'obtinrent le consentement du
baron de Vitré que moyennant une indemnité de 30 000 livres qu'ils lui versèrent
(Archives d'Ille-et-Vilaine, C 2643 et 2650 – En 1687, le lieu où estoit le chasteau de Chastillon fut afféagé à Pierre
Chevrier).
La haute justice de Châtillon s'étendait, avons-nous dit, dans une quinzaine de paroisses ; elle avait droit de « foires et marchés, péages et bouteillages, guet et garde » dans les trois paroisses de Châtillon, Etrelles et Dompierre-du-Chemin. Le seigneur de Châtillon avait aussi, le jour Saint-Georges, un droit de quintaine sur tous les nouveaux mariés de Châtillon et d'Etrelles ayant couché dans ses fiefs la première nuit de leurs noces (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Vitré). Les mouvances nobles de la châtellenie de Châtillon étaient assez considérables ; huit hautes justices et autant de moyennes en relevaient. Quant au domaine proche, il ne se composait plus, depuis la ruine du château, que de ce qui suit : la métairie de la Teillaye en Luitré, — l'étang et les trois moulins de Châtillon, — les moulins de Guéret et de la Loirie en Billé, — et le moulin de Galachet en Javené (Abbé Paris-Jallobert, Journal historique de Vitré, 204 et 371). « Châtillon-en-Vendelais a, en effet, un étang magnifique, l'un des plus grands de Bretagne, long de près d'une lieue, découpé en forme de feuille de chêne, bordé de coteaux boisés qui lui font une pittoresque ceinture. Tout près de l'étang se dresse une haute colline, abrupte et rocheuse, au sommet de laquelle un long pan de mur, coiffé de lierre, se découpant sur le ciel, semble la gigantesque silhouette d'une vigie féodale qui surveille, immobile, le lac immense, la vallée profonde, et domine tout le pays d'alentour. C'est un débris du château de Châtillon. Il reste encore quelques tours tronquées et une salle souterraine dont la voûte en pierre repose sur une seule colonne, placée au centre. A en juger par ces ruines, il y a lieu de croire que la construction détruite en 1623 datait en majeure partie du XVIème siècle » (De la Borderie, Bretagne contemporaine, Ille-et-Vilaine, 104). Elle avait remplacé la forteresse primitive du Plessix-Inoguen (abbé Guillotin de Corson).
(à compléter)
© Copyright - Tous droits réservés.