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CHATEAUGIRON

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La commune de Châteaugiron (pucenoire.gif (96 octets) Kastell-Geron) est chef lieu de canton. Châteaugiron dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d' Ille-et-Vilaine (Bretagne).         

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de CHATEAUGIRON

Châteaugiron vient de "Giron" (nom d'homme) et du latin "castellum" (château-fort). 

La paroisse de Châteaugiron est un démembrement de la paroisse mère de Noyal-sur-Vilaine. Châteaugiron a une origine féodale ; cette ville doit son nom à son fondateur Giron, fils d'Anquetil (ou Ansquetil), vivant au commencement du XIème siècle. En 1008, Anquetil, chevalier et fidèle du duc Alain III, reçoit de lui les terres sur lesquelles il construit un château. Il meurt en 1039, laissant ses terres à son fils aîné Giron qui donne son nom au site. Il est vraisemblable que ce seigneur construit son château sur le territoire de Noyai-sur-Vilaine, paroisse appartenant à l'abbaye de Saint­Melaine. Le château est pris par Foulques d'Anjou, puis repris en 1058 par le duc Conan II. Nous voyons, les moines de ce monastère mis de bonne heure en possession des églises de Châteaugiron, « ecclesias de Castro Gironis, » et confirmés dans cette possession en 1152 et 1170 par Alain et Etienne, évêques de Rennes, en 1158 par Josse, archevêque de Tours, et en 1185 par le pape Luce III (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine).  

Quelles sont ces églises de Châteaugiron ? L'une est certainement celle de Sainte-Croix, dont l'abbaye de Saint­Melaine fait un prieuré ; l'autre doit être celle de Sainte-Marie-Magdeleine, mentionnée en 1184 comme étant dans le château même de Châteaugiron, et ayant alors pour chapelain Guillaume d'Ossé « Ego Jacobus dominus Castri Gironis ... actum est hoc in curia mea, ante ecclesiam Beate Marie Magdalene ... testis Willelmus de Occeio capellanus meus » (Cartulaire de l'abbaye Saint-Melaine).  

De ces deux églises les Bénédictins choisissent naturellement celle du prieuré de Sainte-Croix pour en faire l'église paroissiale de Châteaugiron, car il est bon de remarquer qu'il n'y a jamais eu deux paroisses à Châteaugiron. L'abbé de Saint-Melaine fait desservir la paroisse d'abord par ses religieux, puis par des prêtres séculiers présentés par lui à l'évêque. Quant à l'église de la Magdeleine, elle demeure affectée au service du seigneur de Châteaugiron et des habitants du château.

Mais au commencement du XVIème siècle l'église Sainte-Croix, devenue insuffisante pour la population, menace ruine, par suite de la négligence des prieurs commendataires. A la même époque, le château de Châteaugiron appartient à Jean de Laval, sire de Châteaubriant, riche et puissant seigneur qui n'habite point Châteaugiron ; il paraît que l'abbaye de Saint­Melaine propose alors de transférer le culte paroissial de Sainte-Croix à la Magdeleine, rappelant probablement les antiques droits qu'elle possède sur cette dernière église ; il semble aussi que Jean de Laval y consent ; ce qui est certain, c'est que la translation a lieu avant 1513, car la Réformation de la Noblesse faite cette année-là, et le tableau des taxes imposées en 1516, mentionnent formellement la « paroisse de la Magdelaine de Chasteaugiron » et le recteur de Sainte-Magdeleine, « rector Beatoe Magdalenoe Castri Gironis ». Dix ans plus tard nous voyons, le 21 mars 1526, Pierre Le Cornilleux fonder une messe hebdomadaire « dans l'église paroissiale de la Magdelaine de Chasteaugiron » ; et enfin, en 1541, Jean de Laval, rendant aveu pour sa baronnie de Châteaugiron, déclare : « Le chasteau et pourpris d'iceluy Chasteaugiron et chapelle audit pourpris sise entre l'église et la cour dudit château... sans en ce comprendre le fonds de ladite église parrochiale de Chasteaugiron estant en dedans desdictes douves et fossés » (Archives départementales de la Loire Inférieure). 

Ainsi, à cette dernière époque, le seigneur de Châteaugiron a non seulement cédé la Magdeleine pour servir d'église paroissiale, mais encore fait construire à côté une chapelle distincte pour les besoins spirituels du château. A la suite de cette translation, les recteurs de Châteaugiron s'accoutument à prendre possession des deux églises Sainte­Magdeleine et Sainte-Croix à leur entrée dans la cure ; c'est ce que font Jean Halbert en 1701, Michel Ribot en 1720, Joseph Odye en 1727, etc. ; ils ne prennent toutefois possession à Sainte-Croix que de la nef et du cimetière, qui demeure à l'usage de la paroisse, car le prieur de Sainte-Croix se réserve le chanceau. 

En 1696, sur le refus de l'évêque de Rennes et de l'abbé de Saint-Melaine de l'entendre, Bertrand Morice, recteur de Châteaugiron, adresse une requête à l'archevêque de Tours contre le prieur de Sainte-Croix, qui refuse de payer la pension d'un vicaire à Châteaugiron. Dans sa supplique, le recteur établit qu'il a 1664 paroissiens, dont 900 communiants, et qu'il est seul chargé du triple service de la paroisse, de l'hôpital et de la prison (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 41). Les désirs du recteur de Châteaugiron sont exaucés, car en 1790 M. Tual déclare qu'il reçoit de l'abbaye de Saint­Melaine une portion congrue de 700 livres et que son vicaire en a une de 350 livres. Le recteur jouit, en outre, du presbytère et de son jardin ; quant à la fabrique de son église, elle a alors 208 livres de rente (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 25) (Pouillé de Rennes).

Les moines de l'Abbaye Saint-Melaine implantent au cours du XIIème siècle (vers 1100) le prieuré Sainte-Croix. Le bourg de Châteaugiron se développe entre le château et le prieuré Sainte-Croix. Les Templiers possèdent une maison à Châteaugiron en 1182. 

Le duc Conan III (1112-1148) passe par Châteaugiron en allant attaquer Vitré. En 1472, Châteaugiron est choisi par le duc François II pour conclure avec les ambassadeurs du roi d'Angleterre Edouard IV un traité d'alliance. En 1488, les troupes françaises occupent la ville après la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier. Châteaugiron est en partie détruite pendant les guerres de la Ligue (de 1589 à 1594). 

La baronnie de Châteaugiron qui avait un droit de haute justice passe aux XVème et XVIème siècles aux familles Malestroit, seigneurs de Combourg (au XVème siècle), Rieux, Laval (en 1482), Acigné (en 1503) et Cossé-Brissac (en 1573). En 1701, la famille Cossé-Brissac vend la baronnie de Châteaugiron à la famille le Prestre (Prêtre) de Lézonnet : celle-ci l'avait encore en 1794. La famille Le Prestre achète par la suite le marquisat d'Espinay et en 1765 la châtellenie du Bois-Orcan. 

Châteaugiron devient chef-lieu de canton en 1790. En 1971, Châteaugiron fusionne avec la commune voisine de Veneffles ou Venèfles ; des portions de territoires de Domloup et de Noyal-sur-Vilaine lui sont annexées. 

Après avoir appartenu à la Commanderie du Temple de La Guerche, la paroisse de Veneffles passe aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem : elle est citée pour la première fois en 1240.

On rencontre les appellations suivantes : ecclesia de Castro Gironis (en 1152), ecclesia Castri Gironis (en 1516).

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Châteaugiron : Pierre Cormier, "Petrus Cormarius capellanus de Castro Gironis" (vers 1174), Nicolas Bitault (vers 1457), Guy de Bourgon (en 1464), Bertrand Morice (1696-1701), Jean Halbert (1701-1720), Michel Ribot (1720-1727), Joseph Odye (1727-1782), Yves Colson (en 1782), Jean-Baptiste-Renacle-Didier Tual (1788-1791 et 1803-1834), Pierre-Joseph Houssay (1834-1838), Jean-Baptiste Beaumont (1838-1871), Pierre Evin (à partir de 1871), ....

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PATRIMOINE de CHATEAUGIRON

l'église Saint-Médard de Veneffles (XVI-XIXème siècle), reconstruite en 1859 par Aristide Tourneux. Les deux chapelles latérales qui forment transept sont ajoutées au XVIIème siècle. La sacristie date de 1882. Le maître-autel date de 1869. Le retable de la crucifixion date du XVIIème siècle (une peinture intitulée "Crucifixion" est entourée de part et d'autre par les statues de saint Médard et de saint Jean Baptiste). La station de Chemin de Croix date de 1857. On y voyait autrefois les armes des Prioul, seigneurs de Launay-Pinel à la fin du XVIIème siècle ; 

le château de Châteaugiron (XII-XIII-XIV-XV-XVIIIème siècle). Le château que nous voyons aujourd'hui est une juxtaposition de constructions différentes élevées à diverses époques. Siège de l'une des plus anciennes et importantes baronnies de Bretagne. Par son mariage, Valence de Châteaugiron porta le domaine à Geoffroy de Châteaugiron-Malestroit, puis le domaine échut, faute d'héritier direct, à Jean IV de Rieux par sa femme Françoise, puis à François de Laval, époux de Françoise de Rieux, en 1486. Se succèderont ensuite les familles d'Acigné, Brissac (au XVIème siècle) et Le Prestre (dont le dernier seigneur de la baronnie fut René-Joseph Le Prestre). Construite du XIIème au XVème siècle sur un éperon schisteux, la forteresse médiévale (rénovée entre 1450 et 1470 par Jean de Derval), comprend à la fin du Moyen Age, six tours, un pont-levis et une chapelle. Le logis abrite la mairie depuis 1978. La tour de l'horloge (XIV-XVème siècle), située près de l'abside de la chapelle, abrite le musée Gourdel depuis 1995. Cette tour de l'horloge est surmontée d'un clocheton qui abrite une horloge qui y fut placée en 1666. La chapelle est mentionnée en 1184 dans un acte du cartulaire de Saint-Melaine et elle est utilisée comme église paroissiale du XVIème siècle au second Empire. En restauration à partir de 2004, les travaux dans la chapelle ont permis de mettre en évidence des décors peints de différentes époques dont les plus anciens remontent au XIIIème siècle. Le côté sud du chevet de la chapelle conserve les baies murées d'un ancien oratoire seigneurial ajouté au XVème siècle. Le donjon, isolé par un fossé, date du XIIIème siècle et a été réaménagé au XIVème siècle : il a abrité la mairie de 1794 à 1978. Les tours du Guet (en forme de fer-à-cheval) et du Cardinal (couronnée par un chemin de ronde et des mâchicoulis) datent du XVème siècle. Le châtelet d'entrée a disparu lors des travaux du XVIIIème siècle. La galerie Belvédère date du XVIIIème siècle-1927. La famille de Derval-Châteaugiron a agrandi le château par l'ajout sur les flancs sud et ouest d'imposants logis. La famille Le Prêtre (ou Le Prestre) de Lézonnet, acquéreur de la baronnie au XVIIème siècle réaménage les façades et fait construire de nouveaux communs. A signaler que René Le Prestre, seigneur de Lézonnet, acheta Châteaugiron en 1701 à Artus-Timoléon de Brissac pour la somme de 170 000 livres ; 

l'église Sainte-Madeleine (1862-1865). L'ancienne église de la Magdeleine sert au XVIIIème siècle à une oeuvre de jeunesse dirigée par le clergé ; elle se trouve dans la cour même du château et est encore extérieurement en grande partie telle qu'en 1184. C'est une simple nef terminée par une abside romane ; le mur méridional de la nef tout entier, et une partie du mur septentrional, ont conservé les contreforts plats du XIIème siècle qui les soutiennent, mais leurs ouvertures ont été malheureusement remaniées ; l'abside est presque intacte et entourée aussi de contreforts antiques ; l'intérieur est moderne. Dans cette intéressante église existait, en 1595, une Bourse des défunts assez importante pour recevoir divers aveux ; en 1617, le pape Paul V accorda des indulgences aux confrères de la Trinité qui s'y réunissaient ; en 1636, pendant une peste terrible, on y fonda une procession de Saint-Roch que le clergé fait encore ; la confrérie des Agonisants y fut érigée en 1689 et celle du saint Rosaire vers le même temps ; enfin, en 1786, Julienne du Gueret de la Demerie y dota les exercices des Quarante-Heures (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 41). Les seigneurs de Châteaugiron avaient naturellement tous les droits de prééminence et d'honneur dans cette église. Lorsque la famille Le Prestre reconstruisit le château tel qu'il existe encore, elle fit faire une tribune communiquant de l'église dans ses appartements. La chapelle du château, utilisée comme église paroissiale depuis le XVIème siècle, étant devenue trop petite, la construction d'un nouvel édifice est envisagée. Elle est édifiée entre 1862 et 1865 à l'emplacement de l'ancien presbytère. Elle est dédiée également à sainte Marie-Madeleine et bénite par Mgr Saint-Marc le 30 avril 1865. C'est une simple croix de style ogival, avec abside polygonale ; mais elle renferme trois beaux autels en pierre blanche. Le maître-autel, orné de bons bas-reliefs, est surmonté du groupe de l'apparition de Notre-Seigneur à la bienheureuse Marguerite-Marie. Les autels latéraux, dédiés à la Sainte Vierge et à sainte Anne, sont aussi fort bien ; dans ce dernier surtout, il faut remarquer le bas-relief figurant le pèlerinage breton de Sainte-Anne d'Auray (Pouillé de Rennes). La chaire, oeuvre du menuisier Nicolas Gautier, date de 1708-XIXème siècle. Le confessionnal, oeuvre du menuisier Aime-Jean Métivier, date de 1770 (restauré au XIXème siècle). Le retable du maître-autel, oeuvre du sculpteur Granneau, date de 1869. Les retables latéraux (XIXème siècle) dédiés à l'Immaculée Conception et à sainte Anne, sont l'oeuvre de Jacques Granneau. L’orgue, oeuvre du facteur d'orgues Abbey, date de 1901 (restauré en 1929 et en 1980). Le Christ en Croix date du XV-XVIème siècle. La statue en bois de sainte Marguerite date du XVIIème siècle. La statue en plâtre de sainte Madeleine, oeuvre du sculpteur Julien Gourdel, date de 1832. Les statues de saint Augustin et sainte Apolline sont l'oeuvre du sculpteur Jacques Granneau ;

le manoir des Valettes (XV-XVI-XXème siècle) ; 

le manoir de la Pince-Guerrière (XV-XXème siècle), situé au n°11 rue du Prieuré, édifié par la famille Déélin. Le colombier est détruit en 1793 ; 

l'ancien hôpital Saint-Nicolas (XVème siècle-1888), situé n°24 rue du Général-de-Gaulle, fondé par les seigneurs de Châteaugiron. L'hôpital est transformé en prieuré au XVIème siècle. Vers 1829, le prieuré est acquis par le Bureau de Bienfaisance de Châteaugiron et restauré en 1888 ; 

la chapelle Saint-Nicolas (vers le XVIème siècle), dépendance de l'ancien hôpital Saint-Nicolas ; 

le logis de la cour Beaulieu (XV-XVIème siècle), situé au n°29 rue du Porche ; 

la maison (vers 1500), située au n°35 rue de la Madeleine ; 

la maison "du Chêne Vert" (XVIème siècle), située au n°20 rue de la Madeleine ; 

la maison (XVIème siècle), située n°28 rue de la Madeleine ; 

la maison "de la corne de cerf" (XVI-XXème siècle), située n°8 rue Saulnerie ; 

la maison de Loriette (XVI-XXème siècle), située rue Alexis Garnier. La maison appartient en 1750 à la famille Régnier ; 

la maison (XVII-XVIIIème siècle), située au n°39 rue de la Madeleine ; 

le lavoir de la Roche (1724-1741-1879-1928). Construit en 1724, les travaux de pavage date de 1741. Agrandi en 1879 et couvert en 1928 ; 

l'ancien petit séminaire (1853-1937), situé au n°3 rue du Prieuré. L'ancien prieuré est acheté par la communauté des Ursulines en 1853. La chapelle de l'ancien prieuré est détruite en 1890 et remplacée par une chapelle plus grande. Le couvent, vendu en 1908, devient la propriété du diocèse de Rennes qui y installe le petit séminaire. Ce séminaire ferme en 1971-1972 et un ensemble scolaire lui succède à partir de 1977 ; 

les Halles (1858), situées rue du Porche. En 1858, la commune de Châteaugiron acquiert les terrains et bâtiments appartenant à la communauté des Ursulines partie à Sainte-Croix, ainsi que la chapelle de la Trinité. Les matériaux provenant de la démolition servent à la construction des nouvelles halles ; 

le moulin du Mal-y-Passe ; 

A signaler aussi : 

l'ancienne chapelle de la Trinité, située rue du Porche, et qui était considérée comme le siège du doyenné de Châteaugiron. Cette chapelle, reconstruite en 1738, est vendue en 1793, puis rachetée en 1803 par des religieuses Ursulines pour y fonder une communauté, elle est démolie en 1858 lors de la construction de la halle. Elle tombait en ruines et avait été interdit, lorsqu'en 1738 la famille Déelin, qui possédait à côté l'hôtel noble des Pinguerières, dont, disait-elle, dépendait cette chapelle, entreprit de la relever et de la fonder. Par acte du 29 décembre 1738, Jean Déelin, sieur des Pinguerières, et ses soeurs Mauricette, Marguerite, Anne, Julienne et Bonne Déelin y fondèrent une messe tous les dimanches et fêtes et la dotèrent de 50 livres de rente. Mgr de Vauréal approuva cette fondation le 26 janvier 1739 (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 41). Vendue nationalement en 1793, puis rachetée par les Ursulines, cette chapelle n'existe plus depuis l'établissement de ces religieuses à Sainte-Croix

l'ancien prieuré de Sainte-Croix. Il existait dès 1152 et a donné son nom à la partie de la ville qui l'entourait et que l'on appelait dès le XIIIème siècle, le bourg Sainte-Croix. Il comprenait une chapelle et un bâtiment prioral. La chapelle de la Vierge, joignant celle du prieuré est construite en 1417. La première sert d'église paroissiale jusqu'au début du XVIème siècle, époque à laquelle le culte est transféré dans la chapelle du château. Le prieuré est vendu comme bien national en 1791 et en 1796. Sa chapelle est démolie en 1824. Son cimetière, au nord de la chapelle, sert de cimetière communal jusqu'en 1870. Le prieuré est vendu en 1853 aux religieuses Ursulines et celles-ci transfèrent alors le couvent qu'elles avaient fondé en 1803 dans la chapelle de la Trinité. Dans l’enclos du prieuré, les Ursulines font édifier un couvent servant d’école et de pensionnat, qui devient école libre des filles en 1868. Suite à l’expulsion des Ursulines en 1904, les bâtiments sont rachetés par le diocèse pour le transformer en petit séminaire ; 

Nota : « De gueules à une croix du calvaire d'or » (Armorial généalogie ms. de 1698). Alain et Etienne, évêques de Rennes, en 1152 et 1170, Josse, archevêque de Tours, en 1158, et le pape Luce III en 1185, confirmèrent les religieux de Saint-Melaine dans la possession des églises de Châteaugiron, « ecclesias de castre Gironis ». Une contestation s'étant élevée en 1238 entre Jacques, seigneur de Châteaugiron, et les moines de Saint-Melaine, relativement au pré de Dieu-le-fist, que couvraient souvent les eaux de l'étang de la Roche, ces religieux abandonnèrent au seigneur ce pré qui leur appartenait en échange d'une rente de 12 sols sur le passage de Châteaugiron, payable au prieur de Sainte-Croix le jour de la Nativité de la Vierge. L'année suivante, le même Jacques, seigneur de Châteaugiron, reconnaissant que la rente d'un quartier de seigle sur le moulin de Rorigné, donnée par Geoffroy, son père, au prieuré de Châteaugiron, n'était plus payée parce que ce moulin était ruiné, transféra cette rente sur le moulin de Châteaugiron et la fit payable au prieur le 8 septembre. Une autre charte de 1255 mentionne l'existence du bourg de Sainte-Croix environnant le prieuré de Châteaugiron et en dépendant ; il y est dit que Robert de la Cigogne et Agnès, sa femme, donnèrent au prieur de Châteaugiron 3 sols de rente annuelle en échange d'un emplacement dans le bourg de Sainte-Croix, « in burgo Sancte Crucis de castro Gironis ». Enfin, en 1266, Jamet de Charot fit don aux moines de Saint-Melaine d'une mine de froment payable chaque année à la Nativité de la Vierge, pour qu'ils célébrassent l'anniversaire d'Alain de Châteaugiron. Le prieuré de Châteaugiron se composait des édifices, terres et droits suivants : l'église Sainte-Croix et le logis prioral avec « sa cour close, sise près ladite église, son pressoir, ses jardins, vignes et vergers, en un même pourpris contenant 5 journaux » ; — deux moulins à vent, ruinés au XVIIème siècle ; — une foire le mardi après la fête de l'Invention de la Croix, en mai ; — un fief appelé Bailliage de la Ville, avec haute justice ; — le pré du Prieuré et les pâtis de la Roche. En 1790, le prieur affermait 238 livres tout ce domaine proche. A la même époque, il levait des dîmes estimées : celles de Domloup 100 livres, celles de Châteaugiron 36 livres, celles d'Ossé, Cornuz, Domagné et Chanteloup 1 478 livres ; ce qui lui donnait un revenu total de 1 852 livres ; mais il avait 1 608 livres 12 sols de charges, en pensions, décimes, messes, etc., de sorte qu'il ne retirait que 243 livres 8 sols de son prieuré. Il est vrai que le prieur était, par contre, curé primitif de Châteaugiron ; il jouissait dans l'église paroissiale des droits honorifiques avec le seigneur du lieu et y officiait aux quatre principales fêtes et à celle du patron. Il avait le droit, à la foire de l'Invention de la Sainte-Croix, de lever les devoirs de coutume, étalage et bouteillage ; le lendemain de cette foire, il tenait sans assignation les plaids généraux du prieuré au bourg de Sainte-Croix, après avoir fait sonner trois fois l'une des cloches de l'église de ce nom. Il avait aussi le droit de tenir le dixième marché de la ville de Châteaugiron, au jour de jeudi, les neuf autres marchés appartenant au seigneur de Châteaugiron ; quand arrivait ce marché du prieur, tous les devoirs de coutume et d'étalage appartenaient à ce dernier. Il jouissait enfin du droit de lever quatre pots de vin sur la première pipe de vin d'Anjou qui passait par le fief du prieuré. Quant à ce fief lui-même, c'était une juridiction seigneuriale d'une certaine importance ayant ses « cep et collier » attachés sur le placis Sainte-Croix. En revanche, le prieur de Sainte-Croix avait certains devoirs féodaux à remplir envers le seigneur de Châteaugiron, fondateur de son prieuré : il lui devait 5 sols de rente le jour de la foire Sainte-Croix, et à chacune des fêtes de Noël, Pâques, la Pentecôte et la Toussaint, « quatre pots de vin d'Anjou, huit pots de vin breton et douze échaudés, le tout porté par le prieur ou par ses gens, à l'issue de la grand'messe, à la porte du château de Châteaugiron » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 25 ; 9 G, 41 - Archives nationales, P. 1707, 1711). L'ancien logis prioral de Sainte-Croix est occupé au XIXème siècle par des Ursulines, qui ont construit un couvent dans son enclos ; le vieux manoir existe encore au XIXème siècle, assez vaste bâtiment à deux ailes, aspecté à l'Est et joignant l'emplacement de l'église Sainte-Croix ; malheureusement cet édifice lui-même a été démoli vers 1824. C'est dans cette église priorale que furent inhumés plusieurs seigneurs et dames de Châteaugiron, notamment Valence de Châteaugiron, femme du seigneur de Combourg, inhumée dans le chanceau, en 1435 ; Valence de Bain, veuve de Patry, seigneur de Châteaugiron, y choisit également sa sépulture entre les tombeaux de ses fils Thébaud et Alain de Châteaugiron, dans une chapelle dédiée à la Sainte Vierge dont elle ordonna la construction au joignant de l'église Sainte-Croix, » en 1417 (abbé Guillotin de Corson).

l'ancien manoir de la Cigogne. Propriété successive des familles Cigogne (en 1235), Hallay (au XVème siècle), Mesnager, seigneurs de Piolaine (en 1577), Royer, seigneurs de Léhelleuc (en 1541 et 1646), Vallière (en 1710), la Tullaye (en 1773) ;

l'ancien manoir de Launay-Pinel. Il s'agit de la terre seigneuriale de la paroisse de Veneffles. Il possédait un droit de haute justice. Propriété successive des familles Launay (vers 1378), la Martinière (au début du XVème siècle), Pinel de Chaudeboeuf (en 1472), Bernard (en 1603 et 1665), Prioul, seigneurs de la Cloustaye (en 1673), le Prestre, seigneurs de Lézonnet (en 1708 et 1789) ; 

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ANCIENNE NOBLESSE de CHATEAUGIRON

La baronnie de Châteaugiron : Dans la première moitié du XIème siècle, un seigneur nommé Anquetil reçut du comte de Rennes un domaine considérable et bâtit à quatre lieues de cette ville sur le bord de la petite rivière d'Yaine une forteresse qui porta d'abord son nom, Châtel-Anquetil. Son fils Giron, qui habitait ce château en 1087, prit une glorieuse part à la conquête de l'Angleterre en 1066 et fit en 1068 une donation à l'abbaye de Saint-Georges à l'occasion de l'entrée de sa fille dans ce monastère ; il avait épousé une femme nommée Contesse dont il eut, entre autres enfants, Geffroy Giron, son successeur vers 1096, qui changea le nom de sa demeure féodale et fut le premier baron de Châteaugiron (Dom Lobineau, Preuves de l'Histoire de Bretagne, 216 – Cartulaire de l'abbaye de Saint-Georges, 138). L'un de ces seigneurs, sans qu'on sache au juste lequel, suivit à la première croisade Alain Fergent, duc de Bretagne. Le P. du Paz a longuement raconté l'Histoire des barons de Châteaugiron, et nous ne pouvons qu'y renvoyer le lecteur pour certains détails (voir Histoire généalogique des principales maisons de Bretagne, 242). D'après lui, Geffroy Giron eut pour fils Galeran Ier et pour petit fils Jacques Ier, l'un et l'autre sires de Châteaugiron. Ce dernier, vivant en 1184, avait épousé une femme nommée Jeanne dont il eut Geffroy II, baron de Châteaugiron, père d'Alain Ier ; celui-ci prit courageusement le parti du jeune prince Arthur de Bretagne en 1196 et combattit à Bouvines en 1214 ; Jacques II, fils et successeur d'Alain Ier, approuva en 1225 la fondation de Saint-Aubin du Cormier et vivait encore en 1239. Viennent ensuite Geffroy III (1257), Galeran II (1276), et Alain II (1306) dont D. Morice nous a conservé le sceau (Ce sceau renferme le blason du sire de Châteaugiron : de vair à la bande de gueules chargée de trois coquilles d'argent ; mais un autre sceau de Patry, seigneur de Châteaugiron en 1376, porte : d'or au chef d'azur). Brient, seigneur de Châteaugiron, échangea sa baronnie, avec le duc Jean III, contre une portion de la vicomté de Léon, mais cet échange, quoique approuvé par le roi en 1317, n'eut pas de suites, et Brient demeura baron de Châteaugiron. Son fils Armel Ier épousa Jeanne de Sion, et Patry Ier, son petit-fils, combattit pour Charles de Blois à Auray (1364), et y fut fait prisonnier ; il mourut en 1380. Hervé, baron de Châteaugiron après Patry Ier son père, s'était marié à Jeanne de Malestroit dont il eut Patry II, époux de Valence de Bain, dame de Poligné ; cette baronne fonda en 1417 une chapelle dans l'église priorale Sainte-Croix de Châteaugiron et y choisit sa sépulture ; elle était alors veuve, et son fils Armel possédait déjà Châteaugiron, mais elle ne mourut que le 19 septembre 1436. Armel II, baron de Châteaugiron et maréchal de Bretagne comme son père, épousa : 1° Marguerite de Chevigné, et 2° Jeanne de Rougé ; celle-ci lui donna deux enfants : Patry III, dernier représentant mâle de la branche aînée des Châteaugiron, tué au siège de Pontorson en 1427 sans laisser de postérité de sa femme Louise de Rohan — et Valence de Châteaugiron, femme de Geffroy de Malestroit, sire de Combour. Ce furent ces derniers qui recueillirent la baronnie de Châteaugiron pour laquelle ils rendirent aveu en 1432. Valence de Châteaugiron mourut dès 1435 et fut inhumée à Sainte-Croix de Châteaugiron ; son mari ne décéda qu'en 1463 et fut enterré en l'église de Derval dont il était aussi seigneur. Leur fils Jean de Malestroit, baron de Châteaugiron, épousa Hélène de Laval dont il n'eut point d'enfants ; l'un et l'autre furent inhumés dans l'église abbatiale de la Vieuville, Jean de Malestroit étant mort le 31 mai 1482 en son château de Châ­teaugiron et sa femme en 1500. La seigneurie de Châteaugiron passa par suite, en 1482, à Françoise de Rieux, fille de Jean, sire de Rieux, et de Françoise Raguenel, cette dernière sortie du mariage de Jean Raguenel, vicomte de la Bellière, et de Gillette de Malestroit, soeur de Jean, baron de Châteaugiron. Françoise de Rieux, épousa François de Laval, baron de Châteaubriant, décédé en 1503, dont elle eut Jean de Laval ; elle ne mourut que le 30 octobre 1532 et fut inhumée près de son mari dans l'église de la Trinité à Châteaubriant. Jean de Laval, époux de Françoise de Foix, sire de Châteaubriant et de Châteaugiron, vendit cette dernière baronnie en 1542 à Guy, comte de Laval ; mais après la mort de Jean de Laval, arrivée l'année suivante, Anne de Montejean, sa cousine, retira du comte de Laval la seigneurie de Châteaugiron. Cette dame était veuve de Jean V, sire d'Acigné, décédé en 1540 ; elle en avait un fils, Jean VI, sire d'Acigné, qui devint baron de Châteaugiron et en rendit aveu en 1569 ; toutefois ce seigneur mourut en 1573 ne laissant de son union avec Jeanne du Plessix qu'une fille nommée Judith. Judith d'Acigné épousa Charles de Cossé, qui devint duc de Brissac et maréchal de France, et lui apporta la baronnie de Châteaugiron ; elle mourut le 11 janvier 1598, laissant cette seigneurie à leur fils aîné François de Cossé, duc de Brissac après le décès de son père arrivé en 1621. François de Cossé décéda lui-même au château de Pouancé en 1651, ayant eu de son mariage avec Guyonne Ruellan Louis de Cossé, duc de Brissac et baron de Châteaugiron, marié en 1644 à Marguerite de Gondy et décédé à Paris en 1661. Henri-Albert, fils des précédents, duc de Brissac et baron de Châteaugiron, n'eut pas d'enfants de ses deux femmes Gabrielle de Saint-Simon et Elisabeth de Verthamon, et mourut le 29 décembre 1698. Mais du vivant même de Henry- Albert, la baronnie de Châteaugiron fut donnée en partage à son oncle Timoléon de Cossé, qui reçut dès 1668 des aveux et rendit lui-même en 1673 hommage au roi en qualité de seigneur de Châteaugiron : ce dernier mourut en 1675 laissant veuve Elisabeth Le Charron, décédée elle-même en 1679. Leur fils Arthur-Timoléon de Cossé, baron de Châteaugiron, hérita en 1698 du duché de Brissac, épousa Louise de Béchameil et mourut le 1er juillet 1709 ; il fut inhumé en l'église des Célestins à Paris (Archives d'Ille-et-Vilaine et de Loire-Inférieure). Ce fut ce dernier duc de Brissac qui, par contrat du 8 mars 1701, vendit la baronnie de Châteaugiron à René Le Prestre, seigneur de Lézonnet, président à mortier au Parlement de Bretagne. Ce nouveau seigneur de Châteaugiron avait épousé en 1683 Françoise Michau de Montaran, qui décéda en 1715 ; lui-même mourut au mois d'août 1724. Son second fils, Jacques-René Le Prestre, lui succéda comme baron de Châteaugiron ; il avait épousé en 1717 Louise de Robien qui lui donna dix enfants ; d'abord conseiller, puis en 1724 président à mortier au Parlement de Bretagne, il fit hommage au Roi en 1726 pour sa terre de Châteaugiron et mourut vers 1760. René-Jacques Le Prestre, un de ses fils, également président à mortier au Parlement de Bretagne depuis 1756, lui succéda comme baron de Châteaugiron ; celui-ci avait épousé Marguerite Descartes, dame de Kerleau, qui mourut le 13 juillet 1762 et fut inhumée à Elven ; il se remaria le 8 mars 1764 à Marie-Anne de la Briffe et mourut en 1792. René-Joseph Le Prestre, fils du précédent et né en 1753, marié en 1773 à Agathe de Carné de Trécesson, mourut le 29 juillet 1802 (nota : le seigneur fut un généreux citoyen qui depuis le commencement de la Révolution donna constamment des preuves du plus entier dévouement à la chose publique [Bulletin de Rennes, XVL. 559]. Il vendit lui-même son château vers 1795, à la famille Ramé, qui le possède encore au XIXème siècle). 

Châteaugiron, baronnie d'ancienneté, figure parmi les importantes seigneuries de Haute-Bretagne. A cette terre étaient attachés les titres de grand chambellan héréditaire de Bretagne et de capitaine du château de Rennes : au Parlement général tenu à Vannes en 1451 Jean de Malestroit, au couronnement du duc François III en 1532 Jean de Laval, et à l'entrée à Nantes du roi Louis XIII en 1614 Charles de Cossé réclamèrent et obtinrent, en leur qualité de barons de Châteaugiron, l'honneur de remplir les fonctions de grand chambellan ; au reste, les sires de Châteaugiron eurent toujours soin de faire confirmer ces prérogatives à chaque changement de souverain. Châteaugiron était aussi l'une des quatre baronnies de l'évêché de Rennes, dont les titulaires devaient porter la chaire épiscopale lors de la première entrée du prélat dans son église cathédrale, ce qui était tout à la fois un devoir et un honneur qu'enviaient bien d'autres chevaliers. Le P. du Paz a d'ailleurs écrit une page qui peint bien quels grands seigneurs étaient les sires de Châteaugiron : c'est le récit de l'entrée solennelle d'Hélène de Laval, femme du baron de Châteaugiron : « L'an de grâce 1467, le 28° jour de may, ladite dame Hélène fit son entrée en sa ville de Chasteaugiron et estoit accompagnée du seigneur du Plessix-Baliçon et de plusieurs autres chevaliers et escuyers jusques au nombre de sept à huit vingts, sans les bourgeois qui estoient en grand nombre ». Et vinrent à sa rencontre « à Saint-Thomas (nota : La chapelle de Saint-Thomas des Roncerays se trouvait en Noyal-sur-Vilaine, mais à la porte de Châteaugiron et au bord de la route de Rennes) processionnellement les recteurs, curés et clergé des paroisses dépendantes de la seigneurie de Chasteaugiron (nota : une douzaine de paroisses avaient pour seigneur supérieur le baron de Châteaugiron). Elle estoit sur une haquenée blanche, enharnachée de velours cramoisy et estoit vestue d'une robe de mesme, longue, toute fourrée d'hermines. Un gentilhomme à pied lui portait sa queue. Après venait Mademoiselle Marguerite de Derval, sa belle-soeur, et autres jusques au nombre de six qui estoient sur haquenées blanches enharnachées les trois premières de velours cramoisy et les trois autres d'escarlatte. Et après venoit un chariot doré de fin or, armoyé des armes de la dite dame, couvert de velours cramoisy, attelé de six gros roussins et y avoit audit chariot neuf damoiselles. Et prit la bride de la haquenée de la dite dame le seigneur de Benazé (terre seigneuriale en Domloup) et l'amena dudit lieu de Saint-Thomas jusques à Sainte-Croix (Prieuré bénédictin, membre de l'abbaye de Saint-Melaine de Rennes, fondé par les sires de Châteaugiron au haut de leur ville) par la grande rue, et avoit ledit sire la teste nue et sans houseaux ny esperons ; et à cause de ce devoir lui appartint ladite haquenée, laquelle il garda trois ou quatre jours, et puis en fit présent à la dame, laquelle dame vint descendre à Sainte-Croix et fit son oraison en l'église, puis son offrande, et après alla disner en la salle du prieuré dudit lieu, auquel les bourgeois de la ville lui firent présent, comme elle se vouloit seoir à table, de deux bassins d'argent couverts, pesans 15 marcs d'argent, et d'une coupe d'argent doublement dorée, pesant 4 marcs. Et furent estimés les présents qui lui furent faits ce jour là par les gens de la ville, en cela et autres choses, valoir plus de 500 escus. Et à ce disner la servit (comme) maistre d'hostel messire Guillaume de Sévigné, seigneur dudit lieu (terre seigneuriale de Cesson), lequel eut pour ce jour la vaisselle de cuisine tant d'argent qu'autre. Et la servit d'échanson Barnabé Giffart, au lieu de son frère Olivier, seigneur du Fail, et eut la coupe à cause dudit lieu du Fail (terre seigneuriale en Domloup). Et le prieur devoit fournir d'ustensiles tant bancs que tables et autres choses nécessaires qui peuvent servir pour disner ; et il servit d'aumosnier pour ce jour, et à cette cause lui appartint toute la napperie, mais il la donna après disner à ladite dame. Et fut la ville de Chasteaugiron toute tendue, excepté de ciel, et y fit-on grand chère qui dura plus de huit jours » (Histoire généalogique de Bretagne, 172). Ce repas pris par Mme de Châteaugiron au prieuré de Sainte-Croix était la conséquence d'un devoir du possesseur de ce bénéfice envers ses seigneurs : « La première fois — dit un aveu du prieur frère Jean Pasquier en 1392 — que chacune des dames de Châsteaugiron entrera en ladite ville, elle ô les gens de sa compagnie pourront descendre audit prieuré et y faire et tenir leur estat et leurs festes à leurs despens ». Le même aveu nous apprend que le prieur de Sainte-Croix devait, en outre, offrir au baron de Châteaugiron « rendus en son chastel » à chacune des quatre grandes fêtes de Noël, Pâques, la Pentecôte et la Toussaint « deux pots de vin d'Anjou bons et suffisans, quatre pots de vin breton et quatre pains de froment appelés échaudés, valant chaque pain un denier » (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds Hevin). Le baron de Châteaugiron avait d'ailleurs bien d'autres droits féodaux particuliers à sa seigneurie : Ainsi les poissonniers lui devaient chaque année « la première lamproie et la première alose » mises en vente par eux ; de plus « tous et chacun des poissonniers et poissonnières » qui s'étaient « mêlés de vendre poisson détrempé en temps de caresme » étaient tenus le lundy de Pâques « comparoir à une heure ou deux après midy » sur la chaussée de l'étang de Châteaugiron et de là « sauter en l'eau dudit estang, près et audevant du moulin et de la tour soubs le chasteau » ; pour éviter ce bain froid souvent intempestif on pouvait payer une amende de 60 sols. — Le jeudi après Pâques tous les merciers étalant leurs marchandises dans la ville de Châteaugiron devaient « assemblement un disner honneste au prévost de la baronnie ». — Le possesseur de la terre noble du Fresne en Janzé devait chaque année au seigneur de Châteaugiron « deux perdrix rouges ». — Le samedi saint a droit ledit baron de Châteaugiron de prendre de tous ses vassaux de la ville de Châteaugiron « un couple d'oeufs par chaque ménage et où il n'y a qu'une fille ou un garçon un oeuf seulement » : c'était ses oeufs de Pâques. — A Amanlis « tous les nouveaux mariés de la paroisse, y couchant la première nuit de leurs nopces », étaient tenus de courir quintaine (Aveux de 1473, 1541, 1670 et 178). Mais le devoir de ceinture et chanson de bergère est surtout curieux ; l'aveu de 1541 le décrit simplement comme suit : « Le détenteur du lieu des Ormeaux, en la paroisse de Pacé », est tenu de se trouver le premier jour de mai « au bout de la cohue de la ville de Chasteaugiron » et d'y présenter au seigneur ou à ses officiers, « entre midi et une heure, une ceinture de bergère avec une chanson, soubs peine d'amende ». Cette ceinture de bergère rappelle un fait raconté par tous les historiens bretons. C'est l'entrée solennelle du roi de France à Paris en 1408 ; le duc de Bretagne figurait à cette cérémonie, accompagné de plusieurs de ses barons, parmi lesquels se trouvait Armel, sire de Châteaugiron ; or ce dernier seigneur était suivi de nombreux guerriers ses vassaux, « tous à cheval, la lance sur la cuisse portant banderolles où estoit le portraict d'une bergère, et au dessoubs escript : pensez-y ce que vous vouldrez, qui estoit la devise du seigneur de Chasteaugiron » (D'Argentré, Histoire de Bretagne, 501 – Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 94). Quoi qu'il en soit de l'origine du droit de « ceinture de bergère », La Chesnaye-Desbois, recueillant nous ne savons quelle tradition, le décrit avec détails : « Un des droits singuliers de la terre de Châteaugiron, dit-il, est que le possesseur de certain héritage est tenu, à peine de perdre la jouissance de ses fruits pendant l'année, de venir chaque premier mai chanter sur le pont du château, après la grand'messe, les officiers de la juridiction étant en robe, une chanson antique et gauloise dont voici le premier couplet : - Belle bergère, Dieu vous gard, - Tant vous êtes belle et jolie ; - Le fils du roi vous sauve et gard, - Vous et la vôtre compagnie ; - Entrez, je suis en fantaisie, - Belle, pour vous notre franc regard ; - Pour vous suis venu cette part, etc.». « Et à la fin de la chanson, donner une ceinture de laine de cinq couleurs, d'une aune de long appelée la ceinture du berger » (Dictionnaire de la noblesse, V 378). 

La baronnie de Châteaugiron se composait, d'après l'aveu de 1470, des deux châtellenies de Châteaugiron proprement dite et de Châteaugiron-à-Amanlis. Elle comprenait une vingtaine de fiefs relevant du duc, puis du roi, et s'étendait dans vingt-six paroisses, savoir : Châteaugiron, Domloup, Nouvoitou, Brécé, Noyal-sur­Vilaine, Servon, Domagné, la Vallette, Louvigné, Ossé, Saint-Aubin­du-Pavail, Venèfle, Amanlis, Piré, Cornuz, Le Teil, Saint-Pierre et Saint-Martin de Janzé, Tresbœuf, Saulnières, Le Sel, Chantelou (ou Chanteloup), Poligné, Saint-Armel, Coësmes et Pacé. Outre les rentes féodales ordinaires, le sire de Châteaugiron avait en ces paroisses une grande partie des dîmes de Nouvoitou et d'Amanlis, les coutumes des ponts d'Amanlis et de la Franceule, en Janzé, etc. La juridiction de Châteaugiron, haute justice, s'exerçait le jeudi en l'auditoire de cette ville établi au haut des halles ; le baron de Châteaugiron avait, à cause de son château, droit d'y faire faire le guet par les paroissiens de Châteaugiron, Amanlis, Domloup, Venèfle et Saint-Aubin-du-Pavail ; il avait aussi droit de coutume et de prévôté sur tous les marchands de sa petite ville et droit de « ban et estanche sur les vendants vin par détail à Chasteaugiron, une fois l'an seulement, par le temps de vingt-quatre heures ». Il pouvait faire tenir trois foires dans cette ville le premier mardi de mai, le jeudi après l'Ascension et le jour Saint-Eloy (25 juin), et à cette occasion il avait un droit « de bouteillage huit jours avant et huit jours après chaque foire » ; enfin il avait droit d'avoir un marché à Châteaugiron tous les jeudis. Le baron de Châteaugiron était seigneur supérieur et fondateur de douze églises paroissiales : Châteaugiron, Amanlis, Noyal-sur-Vilaine, Ossé, Domloup, Saint-Aubin-du-Pavail, Nouvoitou, Brecé, Chantelou (ou Chanteloup), Tresbœuf, Le Sel, et Saulnières ; il l'était également de l'église priorale de Sainte-Croix et des chapelles de Saint-Nicolas, Saint-Thomas, Notre-Dame de la Rivière, etc. (Aveux de 1541, 1679 et 1718). 

Le domaine proche de la baronnie au siècle dernier se composait du château de Châteaugiron — de l'emplacement du « vieux chasteau d'Amanlis avec les douves et fossés le circuitant » — des métairies de la Roche, de la Pinceguerrière et de la Vigne, des moulins du château d'Amanlis, de Laval, de Vasselot, du Pontespron, et de Tertron (Archives d'Ille-et-Vilaine, B, 507). Comme l'on voit, ce domaine n'était pas fort considérable et Châteaugiron tirait surtout son importance des fiefs et des mouvances. Ce qui avait placé les derniers barons de Châteaugiron parmi les plus riches seigneurs de leur temps, c'était les nombreuses acquisitions qu'avaient faites la famille Le Prestre au XVIIIème siècle ; tout autour de Châteaugiron elle avait acheté : le marquisat d'Epinay — ce qui lui faisait prendre le titre de marquis de Châteaugiron — les seigneuries du Plessis-d'Ossé, du Bois-Orcan, de Launay-Venèfle, de Gosnes, de Sévigné, du Gast et autres fiefs moins importants ; le tout formait un magnifique ensemble de propriétés aux portes de Rennes, mais aucune de ces seigneuries n'était unie féodalement à la baronnie de Châteaugiron ; c'est pourquoi nous n'avons pas ici à nous en occuper davantage. D'après un prisage fait en 1765 la baronnie de Châteaugiron valait seule 16 559 livres de rente, mais les autres seigneuries l'environnant et appartenant à M. Le Prestre rapportaient en outre 21 263 livres. La fortune totale de la famille Le Prestre, richement possessionnée en Basse-Bretagne, atteignait 124 573 livres de rente (Archives d'Ille-et-Vilaine B, 507). 

Il reste à parler du château des sires de Châteaugiron et de son histoire, mais il nous est impossible d'entreprendre celle-ci même en abrégé. Il y aurait trop à dire, en effet, sur le séjour à Châteaugiron des premiers barons de ce nom, puis des ducs de Brissac et enfin des présidents Le Prestre ; vers la fin du XVIème siècle notamment, ce château joua un certain rôle, et tout le monde a entendu parler du curieux récit manuscrit qu'a laissé le maître d'école Duval des malheurs qui affligèrent pendant la Ligue « la pauvre petite ville de Chasteaugiron ». Le château de Châteaugiron était considérable et formait un assez vaste quadrilatère, mais la famille Le Prestre lui enleva une grande partie de son cachet féodal, en renversant presque toutes les courtines et une partie même des tours ; elle créa ainsi l'habitation du XVIIIème siècle qui subsiste encore. Dans cette partie moderne on remarque une galerie à arcades cintrées qui produit extérieurement un assez bon effet, reliant entre elles les tours du vieux château. L'ancienne chapelle dédiée à sainte Magdeleine et qui servait d'église paroissiale dans les derniers siècles est aussi un intéressant édifice roman ; elle se trouve dans l'enceinte même de la forteresse. « La grosse tour, reste du château primitif, formait jadis comme le donjon de cette place d'armes. Isolée à l'angle nord-est de la cour intérieure, sur un roc escarpé du côté extérieur, elle avait son fossé particulier, avec pont-levis et herse de fer. La date de sa construction peut remonter à la fin du XIIIème siècle. Elle dresse encore aujourd'hui sa masse imposante par dessus les dômes de verdure et les autres édifices groupés à l'entour. Ses fortes murailles de douze à treize pieds d'épaisseur n'ont perdu qu'en partie leur couronne de créneaux et de mâchicoulis. Les trois autres tours, moins élevées, et dont deux flanquent à droite et à gauche la façade du château vers la rivière, ne semblent pas antérieures au XVème siècle ; leurs toits coniques produisent un effet pittoresque dans l'ensemble du tableau qu'offre l'entrée de la petite ville » (P. de la Bigne-Villeneuve, Bretagne contemporaine, Ille-et-Vilaine, 22). En résumé l'aspect du château de Châteaugiron est encore fort imposant et suffit pour donner une haute idée des preux chevaliers qui le firent construire au moyen âge (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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