Web Internet de Voyage Vacances Rencontre Patrimoine Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Bienvenue chez les Chasnéens

CHASNE-SUR-ILLET

  Retour page d'accueil        Retour Canton de Liffré  

La commune de Chasné-sur-Illet (pucenoire.gif (870 octets) Kadeneg) fait partie du canton de Liffré. Chasné-sur-Illet dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). 

Vous possédez des informations historiques sur Chasné-sur-Illet, vous souhaitez les mettre sur le site infobretagne, contactez-moi par mail (voir page d'accueil)

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

ETYMOLOGIE et HISTOIRE de CHASNE-SUR-ILLET

Chasné-sur-Illet vient du gaulois Cassinus et du suffixe "acum". 

La paroisse de Chasné-sur-Illet est fondée au XIème siècle. Elle est donnée vers 1040 par ses possesseurs laïques à l'Abbaye de Saint-Florent de Saumur. Ces possesseurs sont, semble-t-il, à cette époque au nombre de dix, Arnaud, Gautier, Landri, Isembard, Renaud, Guineman, Goranton, Giraud, Roger et Anastase et forment un vrai conseil paroissial. Au siècle suivant, l'abbaye de Saint-Florent est confirmée dans la possession de la paroisse de Chasné, en 1138 par Hamelin, évêque de Rennes, et en 1142 et 1186 par les papes Innocent II et Urbain 1112 (Archives départementales de Maine-et-Loire).

Au siècle suivant, l'église appartient à l'abbaye de Saint-Sulpice-des-Bois qui y établit un prieuré-cure occupé par des moines condonats. Nous ignorons comment eut lieu cette translation, mais il est certain que dès 1190 ces dames avaient d'importants droits à Chasné, et qu'en 1330 cette paroisse formait un prieuré-cure dépendant de leur abbaye. A partir de ce moment, et jusqu'à la Révolution, l'abbesse de Saint-Sulpice présenta le recteur de Chasné. Toutefois, les moines de Saint-Florent conservèrent une partie des dîmes de Chasné, dépendant en 1490 de leur prieuré de Saint-Jean-sur-Couasnon. Un registre de Comptes des trésoriers de Chasné, de 1599 à 1653, nous apprend que cette paroisse avait coutume de se rendre processionnellement à l'abbaye de Saint-Sulpice tous les lundis de Pâques, et de faire tous les mardis de la Pentecôte une autre procession « autour des bleds » du territoire de Chasné. On donnait aussi chaque année un dîner aux serviteurs de l'abbesse de Saint-Sulpice venant à Chasné percevoir ses droits. Un autre dîner était dû aux trésoriers eux-mêmes les jours de Pâques, Noël et la Toussaint. Notons encore dans ces Comptes les processions faites à Rennes, l'achat du vin pour laver les autels le Jeudi-Saint, et des chandelles pour éclairer l'église la nuit des Morts, et, enfin, l'acquisition de petits pots que les habitants charitables remplissaient de beurre et de miel, et que vendait ensuite la fabrique au profit de l'église (Archives paroissiales). Le prieur-recteur de Chasné recevait une portion congrue, payée partie par l'abbesse de Saint-Sulpice et partie par le prieur de Saint-Jean-sur-Couasnon (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 27 H, 12). Mais sur la cure de Chasné était due au prieur de Notre-Dame de Vitré une rente de 31 boisseaux de froment rouge, mesure de Fougères, payable le jour de la Nativité de Notre-Dame. Peut-être cette rente rappelait-elle une donation faite dès 1187 à l'abbaye de Saint-Melaine (dont dépendait Notre-Dame de Vitré) par Pierre de Chasné, en expiation du meurtre d'Hamon le Vicaire, tombé sous ses coups (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 18 H, 15) (Pouillé de Rennes).

Chasné-sur-Illet possédait un château composé de trois mottes appartenant à la famille Chasné jusqu'au XIIIème siècle. Dès le XVème siècle, la seigneurie passe entre les mains de la famille Montbourcher puis est unie à celle du Bordage au XVIème siècle. La paroisse de Chasné-sur-Illet dépendait autrefois de l'ancien évêché de Rennes. 

On rencontre les appellations suivantes : ecclesia de Catheneia (au XIème siècle), Chahaneium (en 1138), Chaeneium (en 1186).

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Chasné-sur-Illet : Simon (vers 1184-1198, il fit vers cette époque un accord avec Ameline d'Ecosse, abbesse de Saint-Sulpice, et il est alors appelé "Simon rector Chanei"), Frère Thomas Gallet (religieux Condonat, il eut, semble-t-il, une contestation en 1330 avec l'abbesse Perrine des Granges), Jean Chantebel (en 1566), Mathurin de Launay (en 1573 et en 1586), Pierre Bédault ou Bidault (en 1599 et en 1616), Jean Bidault (en 1618 et en 1648), Julien Picot (1649-1682), Julien Tyzon (1683 et en 1687), Jean Colleau (1695-1740), Gilles Lorin (1740-1746), Joseph Poinçon (1746-1761), Guillaume-Julien Le Pord (1761-1779), Eusèbe Le Prince (1779-1790), Julien-François Chevy (1803-1804), Pierre Lévêque (1804-1810), N... Chassé (1810-1816), Isaac Olivier (1816-1823), Pierre-François Guillard (1823-1844), Julien-René Douard (1844-1846), Pierre Martin (1846-1867), François Janvier (1867-1874), Thomas Chaillot (à partir de 1874), .....  

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

PATRIMOINE de CHASNE-SUR-ILLET

l'église Saint-Martin (XVIII-XIXème siècle). Le seigneur de Chasné, en 1680 René de Montbourcher, marquis du Bordage, avait en cette église tous les droits honorifiques : ses écussons étaient sur les murailles, sa litre autour de l'édifice, son enfeu et son banc seigneurial dans le chanceau. Avant la construction de la nouvelle tour, on voyait encore ces armoiries, d'or à trois channes ou marmites de gueules, au-dessus de la grande porte. Dédiée dès le XIème siècle à saint Martin, évêque de Tours, l'église de Chasné se compose d'une nef terminée par un chevet droit et accompagnée de deux chapelles. Le mur septentrional de la nef est ancien et offre encore une petite fenêtre romane ; le chevet, reconstruit probablement au XVème siècle, se terminait par une fenêtre dont la verrière fut restaurée en 1604 ; mais en 1620 on fit boucher cette fenêtre et « le grant autel fut mis au proche de la muraille ». L'année suivante, l'abbesse de Saint-Sulpice donna une custode pour le tabernacle, et Julien Riaudet, du Placis-Moulin, en offrit une autre pour porter « le Saint-Sacrement le jour de la feste du Sacre ». L'on plaça en même temps au-dessus du maître-autel un poêle ou ciel d'étoffe, don du recteur Jean Bidault, et sur le tabernacle un pavillon de damas qu'envoya Julienne de la Charonnière, prieure claustrale de Saint-Sulpice (Registres des Comptes des trésoriers de Chasné). Un siècle plus tard, vers 1743, tout le chanceau fut reconstruit tel qu'il est aujourd'hui. En 1624 « fut bastie la chapelle de Messieurs saint Fabien et saint Sébastien par les paroissiens dudit Channé » ; c'est aujourd'hui la chapelle Sainte-Marguerite, sise au Sud de la nef et séparée d'elle par une arcade refaite en 1744. Vis-à-vis fut construite, au Nord, la chapelle de Notre-Dame, dans la quelle fut érigée la confrérie du Rosaire, le 14 mai 1741, par Gilles Logodeux, dominicain de Bonne-Nouvelle. L'édifice se termine, enfin, par une tour moderne ogivale, qui, placée au bas de la nef, vient à peine d'être terminée. Notons encore dans cette église les reliques de sainte Innocente, martyre, dont la fête solennelle, avec procession, fut autorisée par l'ordinaire en 1743, pour le premier dimanche de septembre ; — un cercueil en pierre coquillière, trouvé récemment près du sanctuaire, et contenant alors les ossements de deux corps, — et un calice du XVIIème siècle portant cette inscription : Donné par Urbain Bedaud de Janeczon à la p. de Chasné (Pouillé de Rennes). Les chapelles formant transept datent de 1624. Le chœur date de 1744. Le clocher, oeuvre de l'architecte Alfred Louis Frangeul, date de 1876. Les fonts baptismaux datent du XVème siècle. Le retable du maître-autel date du XVII-XIXème siècle. On voyait autrefois dans l'église les armes des familles Québriac (seigneurs de Chasné au XVème siècle) et Montbourcher (seigneurs de Chasné du XVème au XVIIIème siècle) ; 

la croix (croix-Bouëssée) et le bénitier (XIV-XVème siècle) du cimetière ; 

la chapelle Sainte-Anne (1626) ou chapelle Saint-Nicolas-du-Haut-Bourg, située route d'Ercé. Elle était entourée autrefois d'un cimetière. — Jean Bidault, recteur de Chasné, et Julien Delaunay, prêtre de cette paroisse, ayant fait bâtir une chapelle au haut du bourg de Chasné, la dédièrent à Jésus, Marie et sainte Anne (« L'an 1626, 18e jour du mois de may, a esté commencé à bastir la chapelle du Hault Bourg, par Mre Jan Bidault, recteur, et Mre Julien Delaunay ; ledit Delaunay pour sa part a fourny la somme de 88 liv. et ledit recteur le reste » (Archives paroissiales) ; puis le 7 septembre 1629 le premier y fonda une messe hebdomadaire le mardi en l'honneur de sainte Anne ; vers 1640, ayant obtenu l'érection de cette fondation en chapellenie, il présenta son cousin Guillaume Briantais, prêtre, pour la desservir (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G 41). De son côté, Julien Delaunay fonda aussi une messe chaque semaine dans cette chapelle, et l'on y desservait encore en 1683 une troisième messe hebdomadaire fondée par Pierre Huchet et sa femme. Près d'elle, était l'ancien presbytère qui fut échangé en 1651 contre le presbytère actuel ; 

la chapelle de Roualle (XVIIème siècle), mentionnée en 1673. L'ancien manoir de la Roualle relevait de la seigneurie du Bordage en Ercé-près-Liffré. Propriété successive des familles du Gué (en 1427 et 1513), Deshayes, Pépin, seigneurs de la Barbaye (en 1565), le Gouz (fin XVIème siècle), Montalembert (en 1673 et 1715), le Bel (en 1743), Guérin, seigneurs de la Grasserie (en 1757). La seigneurie de la Roualle appartenait en 1427 à Amaury du Gué, en 1513 à Jean du Gué, et en 1673 à Pierre de Montalembert, seigneur de Saint-Gravé. A cette dernière époque, Julien Picot, recteur de Chasné, fit la visite de la chapelle de la Roualle. Le Pouillé ms. de Rennes  (1711-1723) nous apprend que ce petit sanctuaire était fondé de deux messes par semaine, tous les dimanches et fêtes ; que sa dotation de 20 écus était établie sur la seigneurie du lieu, et que le seigneur présentait le chapelain. On dit que ce dernier demeurait au village voisin de Launay-Blanchet (Pouillé de Rennes)

l'ancienne chapelle Notre-Dame, Saint-Roch et Saint-Sébastien de la Mettrie. Le 12 février 1623, le même recteur Jean Bidault fonda une messe le vendredi de chaque semaine dans la chapelle, Saint-Roch et Saint-Sébastien, située au village de la Mettrie. Jean Colleaux, qui desservait cette fondation, étant venu à mourir, la famille du fondateur présenta, le 18 avril 1740, Jean-Baptiste Despagne, clerc du diocèse, pour desservir cette chapellenie en même temps que celle du Haut-Bourg. La fondation de la Mettrie avait à cette époque 80 livres de rente. D'après la déclaration des trésoriers en 1686, cette chapelle appartenait aux paroissiens et elle avait été fondée par eux « en l'honneur de N.-D. de Bon-Secours et de Mr saint Roch, pour y dire la messe et y faire procession à la Mi-Aoust et aux Rogations, ce qui s'observait annuellement ». Déjà « indigente de reparations » à la fin du XVIIème siècle, la chapelle de la Mettrie est complètement tombée en ruine (Pouillé de Rennes) ;

l'ancien prieuré Saint-Martin de Chasné, membre de l'abbaye de Saint-Sulpice-des-Bois. Comme nous l'avons vu précédemment, la paroisse de Chasné fut donnée vers l'an 1040 aux Bénédictins de Saint-Florent. Ces religieux furent même confirmés en cette possession par les Souverains-Pontifes en 1142 et 1186. Comment les dames de Saint-Sulpice devinrent-elles plus tard maîtresses de cette église et y remplacèrent-elles les moines de Saint-Florent par leurs frères Condonats ? Nous n'en savons rien jusqu'à présent. Elles paraissent s'y être établies au moins dès le XIIIème siècle, car en 1265 un accord eut lieu entre ces religieuses et Jean de Bonteville, seigneur de Chasné, au sujet des terres et des fiefs que ces dames tenaient de ce seigneur. Ces fiefs avaient été donnés à Saint-Sulpice par Pierre Bardoul, chevalier, et Guillaume Le Grétel, prêtre, et l'on devait à ce dernier le fief de la Prévostaye (Bibliothèque nationale, ms. lat., n° 41217). L'on trouve bien ailleurs des actes de diverses donations faites aux religieuses de Saint-Sulpice par la famille Bardoul, telles que celle d'un fief appelé le fief de Geffroy-Fécheval et celle des champs de Raoul de la Haye et d'Hervé de Nuillé, mais il n'est pas dit en quelle paroisse étaient ces biens, et l'on ignore s'il s'agit d'eux dans l'acte précédent (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 603, 770). Quoi qu'il en soit, en 1330, Thomas Gallet, frère Condonat, occupait le prieuré-cure de Chasné et refusait, comme ses confrères des paroisses voisines, de rendre compte de ses revenus à l'abbesse de Saint-Sulpice dont il dépendait ; ce qui obligea le pape Jean XXII à donner commission à l'abbé de Saint-Melaine de faire enquête sur cet acte de rébellion (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 1355). Les Bénédictins desservirent la paroisse de Chasné jus­qu'en 1640 (Pouillé de Rennes) ;

l'ancien château de Chasné ou la Salle de Chasné s'élevait encore en 1680 au sud de l'église, avec un colombier et trois mottes entourées de douves. C'était une châtellenie possédant un droit de haute justice. Propriété successive des familles Chasné (en 1050 et 1248), Bonteville (en 1264), Fontenay, vicomtes de Loyat (en 1396), Québriac (en 1427), Montbourcher, seigneurs du Bordage (en 1429 et 1789) ; 

l'ancien manoir de la Guinardaye (XV-XVIème siècle). On y trouvait autrefois une chapelle édifiée en 1649 par Marie de Carion. Pour accomplir les dernières volontés de sa mère, Olive Rothodé, dame de la Guinardaye, Marie de Carion, douairière du Bois-Castelan et de la Fouaye, bâtit une chapelle près du manoir de la Guinardaye, sa demeure ordinaire ; par acte du 28 avril 1649, elle y fonda deux messes par semaine, l'une le mardi en l'honneur de saint Joseph, et l'autre le samedi en l'honneur de la Sainte Vierge. Elle dota de 40 livres de rente cette chapellenie, dont elle se réserva la présentation, et nomma Guillaume Briantais pour la desservir (Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles Perrault, Rothodé, Carion (en 1550 et au début du XVIIème siècle), Castellan (en 1631), Freslon (en 1759 et 1789) ; 

l'ancien manoir de la Porte-Pilet (XVI-XVIII-XXème siècle) ; 

3 moulins à eau : de Launay, de la Rouelle, de Janson ; 

A signaler aussi : 

l'ancien manoir de la Justais ; 

l'ancien manoir du Haut-Noyer ou du Haut-Nuillé. Il relevait de la seigneurie du Bordage. Propriété successive des familles Gouz (en 1513), le Corre (en 1541), Mardreaux (en 1665), Perrier, Mahé (en 1694) ; 

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

ANCIENNE NOBLESSE de CHASNE-SUR-ILLET

Chasné était une des cinq châtellenies unies en 1656 pour former le marquisat du Bordage. Très ancienne seigneurie, Chasné avait pour chef-lieu le bourg de ce nom ; là se trouvaient encore naguère trois mottes féodales cernées de douves, élevées près de l'église paroissiale et non loin d'une voie romaine sortante de Rennes, ce qui a fait dire à M. Bizeul que le château de Chasné avait remplacé un castrum gallo-romain. De ce château, appelé au moyen-âge la Salle de Chasné, sortirent de preux chevaliers, portant pour armes : d'azur parti d'or, au lion de l'un en l'autre.

Dès le milieu du XIème siècle nous apparaissent Osbert et Constantin de Chasné, qui souscrivirent en 1050 à la donation de l'église de Saint-Germain-sur-Ille à l'abbaye de Saint-Florent de Saumur. Un siècle plus-tard, Pierre de Chasné fit à son tour un don à l'abbaye de Saint-Melaine de Rennes dans les circonstances suivantes : il avait eu le malheur de tuer un certain chevalier nommé Haimon le Vicaire ; pour expier cette faute, il favorisa en 1187 l'entrée au monastère de Saint-Melaine d'Even, fils de sa victime, et dota généreusement le nouveau moine. Les enfants du seigneur de Chasné, Péan et Raoul, aussi bien que Guillaume de Chasné, son frère, applaudirent à cet acte de piété (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 713). La branche aînée des sires de Chasné dut s'éteindre quelque temps après, car au siècle suivant nous trouvons la seigneurie de Chasné entre les mains des sires de Bonteville. En 1265 et 1276 nous voyons Jean de Bonteville, seigneur de Chasné, confirmer plusieurs donations faites aux religieuses de l'abbaye de Saint-Sulpice-des-Bois. Mais cent vingt ans plus tard c'est Amaury de Fontenay, sire dudit lieu et vicomte de Loyat, qui, en 1396, rend aveu au roi pour sa seigneurie de Chasné (Archives d'Ille-et-Vilaine et de Loire Inférieure). En 1427, Thomas de Québriac, seigneur dudit lieu, était en même temps seigneur de Chasné ; sa fille, Jeanne de Québriac, épousa deux ans après Bertrand de Montbourcher, seigneur du Bordage, et lui apporta la terre seigneuriale de Chasné. A partir de cette époque, Chasné demeura jusqu'au moment de la Révolution entre les mains des sires du Bordage ; il fut même uni par Charles IX en 1565 à la seigneurie du Bordage, érigée plus tard en marquisat.  

La seigneurie de Chasné se composait d'un certain nombre de fiefs en la paroisse de même nom et avait la mouvance des manoirs qui s'y trouvaient, tels que la Guinardaye, la Rouelle, etc. Elle jouissait d'une haute justice, d'un droit de coutume, d'un droit de menée à la Cour de Rennes et du droit d'avoir au bourg de Chasné un auditoire et des halles, et d'y tenir foires et marché. Elle avait encore un droit d'usage pour « panage, chauffage et bois à merain » dans la forêt de Rennes, et celui de faire les nouveaux mariés de Chasné courir la quintaine la première année de leurs noces. Ses vassaux étaient exempts de payer à Rennes les devoirs de coutumes.

L'abbesse de Saint-Sulpice était tenue chaque année de payer au seigneur de Chasné 12 sols de rente appelée manger « la nuit de Noël, entre la messe de minuit et celle du point du jour, au pied de la Croix Bouessée du cimetière de l'église parochiale de Chasné ». En cette même église le sire de Chasné avait les privilèges de seigneur supérieur, fondateur et prééminencier ; il y jouissait d'un banc à queue et d'un enfeu dans le chanceau et avait dans les verrières ses armoiries, qu'on y voyait encore en 1788 (nota : c'était alors le blason des Montbourcher : d'or à trois charmes de gueules) ; à cette époque on retrouvait aussi en cette église la pierre tombale d'un seigneur de Chasné présentant l'effigie d'un chevalier. Enfin, au sire de Chasné appartenait le droit d'instituer et choisir un maître d'école en la paroisse de Chasné (Archives de Loire Inférieure, v. Chasné).

Le domaine proche de Chasné se composait du vieux manoir de la Salle, déjà ruiné en 1541, avec la métairie du même nom, des prairies de Chasné et du moulin de Janczon sur la rivière d'Ilet (ou Illet). L'ensemble de cet ancien manoir, « maison, cour, portail, jardin, verger, mottes, douves et fossez, bois anxien, rabines, estang, colombier et garaine », contenait quatre journaux de terre et le pourpris en dépendant en renfermait quinze, « lesdites douves et fossez joignant les église et cimetière d'icelle paroisse ». En 1788 on estimait la seigneurie de Chasné valoir 55 675 livres ; mais lorsque la Nation se fut emparée de cette terre, confisquée sur le dernier marquis du Bordage émigré, elle la vendit 1 250 livres (abbé Guillotin de Corson).

 

Nota : La maison de Montbourcher, l'une des plus anciennes de Bretagne, est originaire de la terre seigneuriale de ce nom, en la paroisse de Vignoc, évêché de Rennes. Ses armes, qui figurent au Musée historique de Versailles, sont : « D'or à trois chasnes (marmites) de gueules ». Devise : « Assez d'amis, quand elles sont pleines ». Nous pouvons citer un ancêtre de cette maison dès le onzième siècle : Geoffroy de Montbourcher, à qui appartenait déjà, en 1050, le manoir de Montbourcher, et qui, d'après Dom Maurice, donna à l'abbaye de Saint-Georges de Rennes (fondée en l'an 1032) les dîmes dont jouissait cette maison, pour la dot de sa fille qui avait pris le voile en ce monastère. Simon et Guillaume de Montbourcher, père et fils, sont témoins, en 1170, dans un accord entre le duc de Bretagne et Raoul de Fougères. Geoffroy, fils de Guillaume, croisé en 1248, épouse Tiphaine de Tinténiac, dont : 1° Guillaume, sire de Montbourcher, marié à Asseline, dame de Pinel ; 2° Renaud, seigneur du Bordage, (paroisse d'Ercé-près-Gosné, évêché de Rennes), marié 1) à Jeanne de Saint-Brice, 2) à Catherine de Coësme ; Jean, capitaine de Nantes et sénéchal du Limousin en 1300 ; René de Montbourcher, seigneur du Bordage, en 1306, était garde des sceaux du duc de Bretagne, Arthur II, qui, par ses lettres de l'an 1309, lui donna le titre de bachelier ; Simon de Montbourcher, en 1392, épousa Typhaine de Champaigné. Il figure dans l'état de maison du duc Jean V, dressé par le duc de Bourgogne, son tuteur, en 1403 ; Bertrand de Montbourcher, grand écuyer de Bretagne en 1400 ; En 1440, le manoir de Montbourcher appartenait à dame Honorée de Montbourcher ; En 1522, nous trouvons Renaud de Montbourcher, seigneur du Bordage gouverneur de Brest ; et en 1532, premier Pannetier de la Reine et gouverneur de la ville de Rennes. Il épouse Julienne de la Magnanne et devient ainsi possesseur de la seigneurie de ce nom, située en la paroisse d'Andouillé, évêché de Rennes. En 1656, la terre et seigneurie du Bordage est érigée en marquisat, en faveur de René de Montbourcher, maréchal des camps et armées du Roi. Ce seigneur fut tué au siège de Philisbourg, en 1668. Il avait épousé Elizabeth de Gouyon, fille de Nauri, marquis de la Moussaye et comte de Quintin, et de Henriette de la Tour d'Auvergne. Leur fils, René-Amaury de Montbourcher, étant mort célibataire en 1744, le marquisat du Bordage passa à la famille Franquetot de Coigny, par le mariage d'Henriette de Montbourcher, soeur de René-Amaury, avec le duc de Coigny, maréchal de France en 1699. René-Claude-Marie de Montbourcher, président à Mortier au Parlement de Rennes, meurt sans enfant en 1776, et son frère, Guy-Joseph-Amador de Montbourcher, seigneur de la Magnanne, lieutenant-colonel du Régiment de Marboeuf, chevalier de Saint-Louis, épouse Jeanne-Céleste de Saint-Gilles, dont : René-François de Montbourcher qui devint le chef de la branche de la Magnanne, marquis de Montbourcher, par suite du décès du frère aîné de son père, (René-Claude-Marie décédé sans enfant). René François de Montbourcher, marquis de Montbourcher, baron d'Aubigné, seigneur de la Magnanne, né à Rennes, en 1757, mort en cette même ville en 1835, demeurant en son hôtel, place des Lices, paroisse de Saint-Etienne de Rennes, était encore mineur quand il épousa, le 18 janvier 1776, au château de Brésale, paroisse de Plounéventer, évêché de Léon (aujourd'hui Quimper), demoiselle Marie-Joséphe-Julienne de Kersauson, fille de Jean-Jacques-Claude, marquis de Kersauson de Brésale, et de dame Marie-Renée de Saisy de Kerampuil. Au moment de son mariage René-François de Montbourcher était capitaine au Régiment Mestre de camp Général-Dragon. Nommé par lettres de 1786, lieutenant du Roi et gouverneur des quatre évêchés de Rennes, Vannes, Dol et Saint-Malo, il avait à ce titre, dès 1787, l'entrée du Parlement de Bretagne, avec droit d'y siéger et voix délibérative. C'est ainsi que nous le trouverons mêlé aux événements de 1789. Il acquît en 1788 pour la somme de quatre cent cinquante mille livres le marquisat du Bordage, sorti de sa famille par une alliance pour tomber dans celle des ducs de Coigny. Une soeur de René de Montbourcher, Rosalie-Céleste-Germaine-Françoise (1760-1848) épousa, en 1779, Anne-Jacques-Raoul, marquis de Caradeuc de la Chalotais, fils du célèbre procureur général, procureur général lui-même au Parlement de Bretagne. Il mourut sur l'échafaud, en 1794, laissant une fille, Sophie-Marie-Raoulette-Pauline de Caradeuc qui épousa son cousin René-Marie de Montbourcher, fils aîné du marquis René-François, et de la marquise, née de Kersauson ; né à Brésale chez sa grand-mère, le 15 août 1778, décédé à la Magnanne le 26 décembre 1848. Du mariage de Sophie de Caradeuc et de René-Marie de Montbourcher survécut une seule fille : Demoiselle Isidore-Marie-Françoise de Montbourcher qui épousa Charles-Exupère Hay, comte des Nétumières, dont un fils et trois filles qui sont : 1° René Hay, comte des Nétumières, qui habite au début du XXème siècle le château de la Magnanne ; 2° Madame de Guitton ; 3° Madame de Menou ; 4° Madame de Kernier, veuve depuis 1888. Le nom de Montbourcher est donc éteint aujourd'hui (J. Baudry).

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l4évêché de Rennes, par les commissaires Guille Aillet et Eon Poffraye, plusieurs nobles sont mentionnés à Chasné–sur-Illet (23 contribuants, 28 mendiants) :

Messire Thomas de Québriac, sr. de Channé (Chasné) ;

Amaury du Gué, sr. de la Rouelle ;

Jean de Soules.

(à compléter)

© Copyright - Tous droits réservés.