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Bienvenue chez les Chartrains

CHARTRES-DE-BRETAGNE

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La commune de Chartres-de-Bretagne (pucenoire.gif (870 octets) Karnod) fait partie du canton de Bruz. Chartres-de-Bretagne dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de CHARTRES-DE-BRETAGNE

Chartres-de-Bretagne vient de la tribu gauloise des Carnutes qui se serait installée sur le site. 

L’église de Chartres a occupé trois emplacements successifs. Au XIIème et au XIIIème siècle, la paroisse s’appelait Fontenay et avait vraisemblablement pour église l’antique chapelle du château de ce nom. Aux XIIème et XIIIème siècles, Chartres n'était qu'une belle métairie possédée par l'abbaye de Saint-Melaine. Les Bénédictins y avaient toutefois une église ou chapelle, dont la possession leur fut confirmée en 1158 par Josse, archevêque de Tours, en 1170 par Etienne, évêque de Rennes, et en 1185 par le pape Luce III (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine). Cette métairie de Chartres se trouvait dans la paroisse de Fontenay, « in parochia de Fonteneio ».  En 1239, les religieux de Saint-Melaine affermèrent à Jean Gicquel, évêque de Rennes, tout ce qu'ils possédaient dans la paroisse de Fontenay, tant en dîmes qu'en terres labourables et prairies, ainsi que leur métairie de Chartres avec toutes ses dépendances (Quidquid habent in parrochia de Fonteneio tam in decimis quam terris et pratis, et in medietaria sua de Chartres cum suis pertinenciis). En 1273, Raoul Le Sauvage était recteur de cette paroisse ; ils l'affermèrent donc à l'évêque de Rennes, pour qu'il pût en jouir, et ses successeurs après lui, moyennant la somme de 60 sols. Le Chapitre de Rennes donna son approbation à cet affermage au mois de février 1240 (c'est-à-dire 1239, style moderne) ; et comme les moines devaient 100 sols à l'évêque de Rennes pour ses droits de visite et de procuration, il fut convenu qu'ils ne lui paieraient plus que 40 sols, puisqu'il leur devrait lui-même 60 sols pour sa ferme. Cette convention fut renouvelée en 1247 entre l'évêque Jean Gicquel et l'abbé de Saint-Melaine. Dix ans plus tard, le même prélat tint les religieux quittes des 40 sols qu'ils lui devaient encore, parce qu'ils donneraient chaque année 20 sols à l'abbesse de Saint-Georges et garderaient eux-mêmes 20 sols, pour honoraires de deux services anniversaires à l'intention de l'évêque défunt Josselin de Montauban, lesquels services seraient célébrés l'un dans l'église abbatiale de Saint-Georges, l'autre en celle de Saint-Melaine (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine, 101). 

Mais revenons à Fontenay. En 1273, Raoul Le Sauvage était recteur de cette paroisse. Les moines de Saint- Melaine ayant affermé leur métairie de Chartres (probablement après la mort de l'évêque Jean Gicquel, décédé en 1258) à R.... , archidiacre de Rennes, et ayant également vu mourir ce dernier, se décidèrent à la confier au recteur même de Fontenay ; ils la lui cédèrent, à sa vie durant, pour la somme de 50 sols, payable chaque année à la fête de saint Melaine. Dans cette ferme était compris tout ce que l'abbaye possédait à Chartres et en Fontenay, tant en dîmes qu'autrement, et tout ce que Raoul Le Sauvage pourrait acquérir au nom des moines («Ad firmam quinquaginta solidorum usualis monete tradiderunt Radulpho Le Sauvage persone ecclesie de Fonteneio quidquid juris ipsi habent apud Chartres et eciam in parrochia de Fonteneio, etc. » - Cartulaire de Saint-Melaine, 62). Ceux-ci lui firent remarquer à ce sujet que leurs possessions en Fontenay étaient une aumône faite à leur monastère, qui en jouissait depuis fort longtemps, « eleemosina est et possessio antiqua » (Pouillé de Rennes).

En 1280, il est encore fait mention de la paroisse de Fontenay, "parrochia de Fonteniaco" et de quelques dîmes de son territoire, objet d'une contestation entre l'évêque de Rennes et l'abbesse de Saint-Georges (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Georges, 245) ; puis l'histoire se tait sur cette paroisse, et la chapelle de Chartres nous apparaît rangée parmi les églises paroissiales du diocèse. C'est donc à la fin du XIIIème siècle ou au commencement du XIVème siècle qu'il nous faut placer cette translation de l'église de Fontenay à Chartres et le changement de nom qui en résulta pour la paroisse. Comment et pourquoi se fit ce changement ? Il est permis de conjecturer que la présence des autorités ecclésiastiques à Chartres, de l'évêque d'abord, puis de son archidiacre, n'y fut pas étrangère ; peut-être Raoul Le Sauvage, en devenant fermier de l'abbaye, opéra-t-il lui-même cette translation et fut-il successivement le dernier recteur de Fontenay et le premier recteur de Chartres. Il est certain du moins que l'abbaye de Saint-Melaine avait des obligations envers ce personnage, puisqu'elle lui afferma moins cher qu'à l'évêque sa métairie de Chartres. Les moines de Saint-Melaine conservèrent jusqu'à la Révolution un fief à Chartres, mais ils aliénèrent de bonne heure leur métairie de ce nom, qui devint un petit manoir appartenant au XVIème siècle à la famille Champion. Quant aux religieuses de Saint-Georges, elles conservèrent aussi quelques droits en Chartres ; elles y avaient notamment, en 1665, le fief de la Pavaye, dont les vassaux, — potiers dès lors comme à la fin du XIXème sièclei, — devaient à leur abbaye, « pour le service d'icelle, une somme de pots de terre de diverses sortes », rendue à Saint-Georges chaque année (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Georges, 362). Un Rolle diocésain ms. de 1646 dit que le recteur de Chartres avait alors 450 livres de rente (Pouillé de Rennes).

Le culte paroissial fut transféré vers la fin du XIIIème siècle ou au début du XIVème siècle, dans la chapelle de la Retenue ou de la Métairie de Chartres (démolie vers 1860) qui dépendait de l'Abbaye de Saint-Melaine de Rennes. Enfin vers 1860, le Village de la Poterie, non loin de Fontenay, devint le centre paroissial et communal, et reçut dès lors le nom de Chartres. La paroisse de Chartres-de-Bretagne dépendait autrefois de l’ancien évêché de Rennes. 

On rencontre les appellations suivantes : ecclesia de Chartres (en 1170), ecclesia de Cartres (en 1185), ecclesia de Carceribus (en 1516). 

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Chartres-de-Bretagne : Robert Eon (vers 1540), Guillaume Bigot (en 1575), Jean Joliff (en 1595), Guillaume Binois (en 1699), Nicolas Binois (en 1701), François Josset (vers 1715), Julien Loysel (décédé en 1725), Julien Hurel (1725-1742), Julien-René Jeusset (1742-1769), Joseph Mathurin Guillou (1769-1789), Joseph-Marie Lévesque (en 1789 et 1803-1808), Joseph Marchand (1808-1815), François-Marie Duclos (1815-1846), René Gastel (en 1846), Julien Trilivy (1846-1859), N... Prod'homme (1859-1861), François Dufeu (1861-1869), François Mallet (1869-1878), Constant Aubry (à partir de 1878), ....

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PATRIMOINE de CHARTRES-DE-BRETAGNE

l'église Saint-Martin (1868 – 1873 – milieu du XXème siècle), oeuvre de l'architecte Arthur Regnault. La flèche est érigée en 1886-1887. Dédiée en tout temps à saint Martin, fêté le 4 juillet, cette église se trouvait placée au milieu des champs, n'ayant à côté d'elle que le presbytère et l'ancienne métairie des moines, appelée encore la Retenue et parfois qualifiée de manoir de Chartres au siècle dernier. Il est assez probable que cet isolement de l'église de Chartres provenait de ce que les seigneurs de Fontenay tinrent à conserver autour de leur château le centre de la population, même après la translation de l'église paroissiale. L'édifice n'offrait par lui-même aucun intérêt et était relativement moderne : c'était une simple nef, à laquelle on ajouta deux chapelles en 1820. Dans la partie ancienne, on remarquait les armoiries des sires d'Acigné, seigneurs de Fontenay : d'hermines à la fasce alaisée de gueules, chargée de trois fleurs de lys d'or ; elles étaient aussi gravées sur une boîte à bannière, avec la date 1512. C'était au seigneur de Fontenay qu'appartenaient jadis les droits de fondation et de supériorité, comme le déclara en 1682 Henri Albert de Cossé, duc de Brissac et seigneur de Fontenay (Archives Nationales, P. 1718). On y voyait aussi les autels de la Sainte Vierge et de saint Nicolas, et devant le premier l'enfeu et le banc du sieur de Chartres, qui relevait du seigneur de Fontenay (Aveu de Gilles Champion, sieur de Chartres, au seigneur de Fontenay, en 1625). On y remarquait la confrérie de Notre-Dame-des-Agonisants, fondée en 1722, et une Vraie Croix apportée de Rome en 1751 par le recteur M. Jeusset. La nouvelle église, placée d'abord sous le vocable de Notre-Dame, est bénite par Mgr Saint-Marc le 2 octobre 1873. En 1902, l'église est placée sous le vocable de saint Martin et elle se compose d'une simple croix avec voûtes d'arête et chevet droit ouvert de trois baies. L'autel en pierre blanche (XIXème siècle, oeuvre du sculpteur Charles Goupil), les stalles en chêne sculpté, des verrières représentant la vie de la Sainte Vierge, la Passion du Sauveur et saint Martin, complètent cette église ; 

la chapelle Notre-Dame-des-Potiers (XIXème siècle). L'ancienne chapelle Notre-Dame, construite en 1904 à l'emplacement d’un oratoire du XVIème siècle et démoli en 1817. Dans le courant du XVIème siècle, Robin Eon, recteur de Chartres, fonda une chapellenie en l'honneur de la Sainte Vierge, présentée par sa famille. En 1575, Julien Le Febvre fut pourvu, en place de Michel Lohéac, du bénéfice de « Nostre-Dame de Chartres », desservi dans l'église paroissiale de Chartres. En 1708, François Lambot, sieur de Quineleu, parent du fondateur, présenta à Pierre Paysan cette chapellenie, vacante par le décès de Georges Ronsard, chanoine de Vitré. A cette époque, la fondation de Notre-Dame, consistant en une messe par semaine, était encore desservie dans l'église de Chartres, et il est assez probable qu'elle l'y fut jusqu'à la Révolution. Cependant de pieux habitants avaient construit non loin de l'église, près de la maison de la chapellenie de Notre-Dame, un petit oratoire dédié à la Sainte Vierge, ce qui a fait croire à tort que la fondation précédente y était attachée. Cet oratoire, détruit en 1817, a été rebâti depuis et demeure très vénéré dans la contrée (Pouillé de Rennes) ; 

la chapelle (XIV-XV–XVIIème siècle), de la ferme de Fontenay. L’ancien château de Fontenay fut le siège d'une très importante seigneurie. Fontenay était une châtellenie et exerçait un droit de haute justice d’abord au village de la Poterie, puis à Noyal-sur-Seiche, puis à Rennes. La chapelle dédiée à saint Aubin est remaniée au XVIIème siècle. Cette chapelle avait plusieurs fondations : d'abord celle de Saint-Aubin, desservie en 1557 par Guy Pigorel et Raoul de la Motte, prêtres de la cathédrale de Rennes, puis celle des Pollieux, fondée vers 1573 par Jean VIII, sire d'Acigné et seigneur de Fontenay, et consistant en sept messes par semaine (nota : cette fondation avait été faite en faveur de l'Hôtel-Dieu de Rennes ; mais Judith d'Acigné, fille du fondateur, femme de Charles de Cossé, comte de Brissac, la faisait desservir en 1582 dans sa chapelle de Fontenay). Toutes les deux fondations étaient présentées par le seigneur de Fontenay (Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles Fontenay (dès 1148), Acigné, seigneurs de la Lande (en 1419), Cossé, ducs de Brissac (en 1573). En 1690, il devient la propriété des Carmélites Déchaussées de Sainte-Thérèse de Jésus à Paris. Revendu vers 1690 à la famille Meneust, seigneurs de Bréquigny, il passe entre les mains du marquis de Morant (en 1721 et 1780), puis de la famille le Roux, barons d'Esneval. Le château a eu la visite de Francois III (en 1532), du duc de Mercoeur (en 1593), de Henri IV (en 1598), de Louis XIII (en 1626) ; 

la croix de l'ancien cimetière (XVIème siècle) ; 

l'ancien presbytère (1733), situé au lieu-dit La Retenue ; 

le manoir de la Retenue (ou de Chartres) existe depuis le XVème siècle et remplace une ancienne métairie qui avait appartenu à l’origine à l'Abbaye de Saint-Melaine de Rennes. Propriété successive des familles Jahou (en 1433), Champion (en 1506), Madic, sieurs des Maisons-Neuves (en 1627), Guyet (en 1741), Andigné (en 1749 et 1762) ; 

le four à pain (XIXème siècle) situé au lieu-dit La Pavais ; 

le moulin à eau du Bois ; 

A signaler aussi : 

la découverte des ateliers de potiers, des vases et fragments divers datant de 1100 à 1400 ; 

la découverte de vestiges gallo-romains situés à la ferme de Fontenay ; 

l'ancienne maison Neuve et le Logis de la Salle-Verte (XVIIème siècle), situés dans le bourg ; 

l'ancienne maison du Grand-Couvent ; 

l'ancienne maison du Marchix ; 

l'ancienne maison du Grand-Logis (XVIème siècle) ; 

l'ancien manoir de la Conterie. Le manoir possédait autrefois deux tourelles dont l’une servait de fuie. Propriété successive des familles la Douberie (en 1642 et 1658), Tuffin, seigneurs des Portes (en 1686 et 1766) ; 

l'ancien manoir d'Orson. Propriété successive des familles Sénéchal (en 1427), Lézot (en 1650), Le Gal, sieurs des Croix (en 1664), Duault, sieurs du Plessis (au milieu du XVIIIème siècle) ; 

l'église, ancienne chapelle de la Retenue, démolie vers 1860, portait les armes des Acigné, seigneurs de Fontenay au XVème et XVIème siècles, et celles des du Plessis, avec la date de 1512. Les seigneurs de la Conterie avaient un enfeu dans l’église. Les Protestants saccagèrent l'église pendant les guerres de Religion ; 

l'ancienne maison des Rivières. Elle est vendue en 1686 par la famille Gérard à la famille Monnier, sieurs de la Pommeraye et à la famille Massiet ; 

la métairie de la Basse-Motte ; 

l'ancien manoir de la Teslais. Il fut vendu par les seigneurs de Vaufleury à la famille Thierry, seigneurs de la Prévalaye qui l'avait en 1542 et 1733 ; 

l'ancienne chapelle Saint-Méen, près du village de Chancorps. La chapelle a été construite par l'Abbaye de Saint-Georges de Rennes et appartenait à la famille Champion, seigneurs de Cicé. Les religieuses de Saint-Georges possédant au moyen-âge le moulin de Chancorps (ou Champcor), sur la Vilaine, « molendinum de Campo Corvi » (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 170, 174, 280), construisirent à côté une chapelle dédiée à saint Méen. Quoique les moulins de Chancorps fussent en Chavagne, la chapelle était en Chartres, comme nous l'assure le Pouillé ms. de Rennes (1711-1723). Ce sanctuaire, appartenant en 1743 au seigneur de Cicé, était alors en ruines ; mais comme il était fondé de messes, ce seigneur les faisait dire en la chapelle de son manoir de Cicé (Pouillé de Rennes) ; 

l'ancienne chapelle Saint-Méen du Chesneday. Cette chapelle, qui pourrait peut-être bien être la même que la précédente, ne nous est connue que par la présentation d'un chapelain. En 1697, Louis de la Bourdonnaye, seigneur du Chesneday et vicomte de Couettion, présenta Godefroy Le Troüit pour desservir la chapelle « sise dans un domaine de la maison noble du Chesneday, proche le manoir de Cicé, dédiée à saint Méen et fondée de messes tous les samedis ». Ses revenus consistaient en dîmes aux environs et dans le tiers des oblations. L'évêque en pourvut M. Le Troüit le 11 février 1697 (Pouillé de Rennes) ;

le manoir du Marais, remplacé par un château moderne. Il appartenait aux seigneurs de Fontenay dès 1396 et en 1789 ; 

l'ancien château de Fontenay, aujourd'hui disparu. Les habitants de l'humble petit bourg de Chartres ne se souviennent plus que leur paroisse fut jadis célèbre, et reçut la visite de rois et de grands personnages. Rien, dans cette commune, ne rappelle, aujourd'hui, son antique splendeur. Des titres de 1223 et 1247 sont les plus anciens faisant mention de la paroisse de Fontenay, qui a précédé celle de Chartres (aujourd'hui Chartres-de-Bretagne). Le château seigneurial appartenait à la famille de Fontenay, illustre en Bretagne, et dont l'un des membres figura au combat des Trente. Ce qui reste de cette antique demeure a été transformé en ferme. En 1860, un savant, M. de Kerdrel, découvrit dans les ruines de ce château, des cheminées, remontant aux XVème et XVIème siècles, surmontées de tuyaux octogones. Dans la chapelle on voyait au chevet une fenêtre de style flamboyant du XIVème siècle, et un retable d'autel du XVIIème ; mais ce qu'il y avait de plus curieux, c'était sous la fenêtre de ce chevet, et dans la partie basse du mur méridional, un appareil très régulier de maçonnerie, en petites pierres cubiques, semblable à celui des constructions romanes, certainement antérieur au XIIème siècle, ce qui indique que le château avait été construit avant cette époque. Fontenay appartenait, comme nous l'avons dit, à de hauts et puissants seigneurs, et relevait directement du duc de Bretagne. La seigneurie s'étendait sur neuf paroisses : Chartres, Noyal-sur-Seiche, Châtillon-sur-Seiche, Saint-Jacques-de-la-Lande, Saint-Erblon, Bourg-Barré, Coësmes, Corps-nuds, Chanteloup, et comprenait une dizaine de fiefs. Elle appartint, d'abord à la famille de Fontenay qui apparait dans l'histoire de Bretagne, à la moitié du XIIIème siècle, et dont presque tous les membres furent inhumés dans la chapelle des Cordeliers de Rennes. Le plus célèbre de cette famille fut Amaury de Fontenay, qui combattit à côté de Du Guesclin, notamment au siège de Bécherel, et qui fut chambellan du duc de Bretagne Jean V, et capitaine de Rennes. Vers 1409, il fit démolir l'ancien château des comtes de Rennes, devenu le palais des premiers ducs de Bretagne. Ce donjon élevé, selon l'usage féodal, sur une motte, était situé à peu près où se trouve actuellement l'hôtel de la Rivière, rue Rallier. Amaury de Fontenay employa l'argent provenant, des matériaux de démolition à ouvrir l'enceinte gallo-romaine, et à commencer la porte Saint-Michel qui ne fut achevée qu'en 1425. Par une lettre, en date du 1er juillet 1409, Jean V le félicita de la façon dont il avait accompli sa mission. Le petit-fils du précédent, Guillaume de Fontenay, capitaine de Saint-Malo, en 1419, fut le dernier représentant mâle de sa maison, et sa fille Judith, par son mariage avec Jean, sieur d'Acigné, seigneur de la Lande, en Guichen, fit passer dans cette famille la baronnie de Fontenay. A partir de cette époque, cette baronnie, ainsi que le marquisat d'Acigné, restèrent réunis dans les mêmes mains, et appartinrent successivement, par suite d'alliances ou d'achats, aux familles d'Acigné, de Cossé de Brissac, Le Meneust de Brequigny et Guy de Morant. Les descendants de ce dernier les possédèrent jusqu'à la Révolution. Jean V d'Acigné, seigneur de Fontenay, marié à Anne de Montejean, mourut le 19 mars 1540. L'histoire nous apprend que sa veuve prenait part aux délibérations des Etats de Bretagne, par Procureur. Elle intervint, notamment, dans la délibération qui fixa Rennes comme lieu de résidence du Parlement de Bretagne, délibération qui fut envoyée au roi et approuvée par lui. Ce droit à une femme de prendre part, par Procureur, aux travaux des Etats de Bretagne nous a semblé assez curieux pour être signalé. Le domaine des sires de Fontenay comprenait le château qui, à l'origine, devait être d'une importance relativement considérable et probablement même fortifié, ses dépendances, sa chapelle, les deux métairies du Marais et de la Retenue, les deux moulins à eau des Bois-de-la-Seiche et de Teslé (ce dernier en Saint-Erblon), le moulin à vent de Fleury en Noyal-sur-Seiche, l'étang de Teslé, enfin l'hôtel de Fontenay, sis à Rennes, rue du Four-du-Chapitre. Leurs principaux droits féodaux étaient de tenir foires et marchés au village de la Poterie, et au bourg de Noyal-sur-Seiche, de nommer et de révoquer l'instituteur chargé d'instruire les enfants pauvres de la paroisse, et divers droits sur les potiers dont il sera question à propos de cette industrie. Le château de Fontenay reçut, par suite de sa situation près de Rennes, de son importance et de la notoriété de ses propriétaires les visites : - 1° Le 15 août 1532, du dauphin François III, qui venait de se faire couronner duc de Bretagne dans la cathédrale de Rennes ; - 2° Le 8 mai 1598, du roi Henri IV, qui avait quitté Nantes l'avant-veille, et qui fut reçu par la maréchale de Brissac. Il y passa la nuit avec toute sa suite. Ce voyage en Bretagne avait eu lieu sur les conseils de Sully, et le roi le fit en compagnie du dauphin, des ducs de Bouillon, de Brissac et de plusieurs autres grands personnages ; - 3° En août 1626, de Louis XIII, qui y resta trois jours, n'osant entrer dans sa bonne ville de Rennes, où régnait une épidémie. Le Parlement vint en robe le saluer à Fontenay ; - 4° Le 5 mars 1643, du maréchal de la Meilleraye qui, sur le point de faire son entrée solennelle dans la capitale de la Bretagne, s'y arrêta 48 heures pour s'y préparer, et y recevoir la députation de la ville envoyée au devant de lui. Nous avons oublié le duc de Mercœur, chef de la ligue en Bretagne qui, en 1593, ayant formé le projet de s'emparer de Rennes, établit ses troupes dans les environs, pour chercher à nouer des intelligences secrètes dans la ville. Il resta 15 jours à Fontenay, refusant plusieurs fois le combat au maréchal d'Aumont, envoyé par Saint-Luc, avec des renforts pour défendre la cité. Le séjour du duc de Mercœur au château de Fontenay a donné naissance à des récits macabres qui se transmettent de génération en génération. Le château de Fontenay, à l'époque de la Révolution, fut vendu comme bien national à un bourgeois de Rennes appelé Paignon. Il existe aux Archives Nationales la pétition suivante : « Pétition des habitants de Chartres, canton de Bruz, district de Bain, en faveur de leurs prêtres assermentés, du IVe jour complémentaire de l'an III de la République française (20 septembre 1795). A la Convention nationale, citoyens représentants. Excusez la liberté que nous prenons de vous écrire. Nous ne vous ferons pas de beaux compliments parce que nous ne savons pas les faire ; mais nous vous dirons la vérité. Nous croyions que nous avions déjà assez fait de sacrifices pour la République, sans nous en demander un qui est trop grand pour que nous l'endurions sans nous plaindre. Nous avons donné nos enfants pour défendre la République, nous avons fourni nos grains, nos bestiaux pour son service, nous travaillons encore tous les jours pour fournir du pain à ceux qui la défendent ; nous avons enduré toute sorte de maux et de peine sans murmurer ; mais, Citoyens, nous ne pouvons pas souffrir qu'on nous ôte nos prêtres, comme on veut le faire. Vous avez décrété que tous les cultes étaient libres, nous nous en tenons là. Et pourquoi ne voulez-vous pas que nous ayons des prêtres comme nous les voulons ? Voulez-vous encore nous donner des jureurs ? Nous vous déclarons que nous n'en avons jamais eu et que nous n'en aurons jamais. Ce sont des gens qui sont prêts à tout faire ; nous ne voulons pas de cela. Il est dit que vous ne voulez plus de prêtres, à la bonne heure pour vous ; mais pour nous autres, nous en voulons parce que nous en avons besoin pour nous consoler dans nos peines et nos malheurs, nous ne voulons pas vivre comme des bêtes, comme nous avons fait pendant trois ans. On dit que vous avez décrété, il n'y a pas longtemps, qu'il fallait que tous les prêtres feraient soumission. Notre ancien recteur qui n'a pas juré et qui n'a jamais sorti de France et que le bon Dieu nous a conservé en avait déjà fait une. Pourquoi faut-il qu'il en fasse une autre ? Il ne veut pas la faire comme vous la demandez. Il veut la faire comme il l'a déjà faite avec des restrictions. Il disait dans sa soumission qu'il se soumettait aux lois civiles, mais qu'il exceptait tout ce qui était contre sa conscience. Et vous ne voulez pas de cela ! Vous voulez donc qu'il jure ? Non, il ne jurera pas ; nous ne l'aimerions plus. Dès qu'il apprit que ce décret était venu, il a tout de suite cessé de dire la  messe et de faire ses besognes, de sorte que nous sommes encore comme si nous n'avions pas de prêtre. Législateurs, cela est bien triste après avoir tant souffert. Mettez-vous à notre place pour un petit moment. Que feriez-vous? Nous vous demandons, citoyens, que vous cassiez le malheureux décret que vous venez de faire et qui est contraire à ce que vous nous disiez dans la constitution que vous nous avez envoyée, afin que le citoyen Levesque, notre ancien recteur, puisse nous dire la messe et faire toutes ses fonctions comme à l'ordinaire. C'est un bonhomme qui nous prêcha toujours la paix et l'union et qui nous dit sans cesse qu'il faut pardonner à ceux qui nous font du mal. Nous vous le redemandons afin que nous puissions servir le Bon Dieu au moins le dimanche puisque nous travaillons tous les jours pour gagner du pain pour vous et pour nous. Nous attendons une bonne réponse, législateurs, et nous espérons que vous aurez pitié de nous. Tous ceux qui ne savent pas signer vous demandent la même chose que nous, car nous sommes tous du même sentiment, et même tout notre canton pense comme nous. A Chartres, le 4ème jour complémentaire de l'an III de la République Française. M. Launai ; J. Heligon ; J. Brisou ; P. Lardennec ; François Gauvin ; Thomas Levesque ; G. Joubaire ; Perrine Levesque ; Rosalie Rougé ; Pierre Hervé ; Antoine Châtel ; Jacques Robin ; P Delamarre ; M. Divet ; P. Daudi ; J. Dautri ; J.-B. Paignon ; L. Gauchard ; Marie Anne Jeusset ; P. Jubaut, fils ; F. Amiot ; M. Boré ; Jean Drouadaine ; P. Pigeant ; Jean Cherel ; Joseph Texier ; M. Damour ; Joseph Morel ; Marie Renaut ; J. Lechau ; J. Jan ; M Germain ; M. Baunard ; M. Guiguette ; J. Cherel ; Marie Brohan ; Constance Ménage ; Prudence Ménager ». On lit en marge de cette requête : « Renvoyé au Comité de Sûreté générale, 27 vendémiaire an IV (19 octobre 1795) ». Cette pétition ne manquait pas d'une certaine crânerie en se reportant à la date où elle fut adressée. Le village actuel de la Poterie, le plus important de la commune, servit, en second lieu, de centre à la paroisse qui portait à l'origine, comme nous l'avons dit, le nom de Fontenay. Vers la fin du XIIIème siècle, cette paroisse de Fontenay fut supprimée, et l'on construisit, à un autre endroit, une église et un presbytère destinés à devenir le centre d'une nouvelle paroisse à laquelle on donna le nom de Chartres (aujourd'hui Chartres-de-Bretagne). Mais pendant fort longtemps ces deux nouvelles constructions furent isolées au milieu des champs et tout le centre commercial resta dans l'ancienne paroisse de Fontenay. L'église, dont il vient d'être question, n'existe plus. Elle a été remplacée par celle que l'on voit aujourd'hui au village de la Poterie, et qui fut bénite le 2 octobre 1873. C'est un élégant édifice de style ogival primitif construit sur les plans de l'architecte Régnault et du chanoine Brune. C'est ce qui explique les deux dénominations du vieux bourg et du nouveau bourg. Dans les premières années du XVIème siècle, non loin du château de Fontenay, s'établit une importante fabrique de poterie, créée ou tout au moins perfectionnée par les seigneurs du pays, et qui donna naissance au village de la Poterie. Cette industrie, dont on peut voir des échantillons au musée archéologique de Rennes, fut très artistique à son début, puis elle alla en déclinant et finit par ne plus donner que des produits absolument grossiers. Ce que l'on fabriquait le plus, à l'origine, c'étaient — à cause de la mode de l'époque — des épis vernissés pour orner les toits des maisons ; des médaillons représentant des personnages du pays, ou bien Henri II et Catherine de Médicis. Ils étaient en terre cuite et peints à la main. On a découvert, à diverses époques, aux environs de Rennes, quatre pièces extrêmement curieuses ; de formes spéciales et différentes, mais toutes similaires quant à la nature de la terre et du vernis, à la couleur et au poinçon, ce qui permet de bien préciser le lieu de l'origine. C'est d'abord une corbeille à pain bénit, dont la paroi du fond représente la Cène, et la partie supérieure des têtes d'anges et des rosaces. Ensuite un grand plat, imitation Palissy, décoré de guirlandes de fleurs, d'une feuille de fougère, de médaillons, de reptiles, et des armes de France et de Navarre. En troisième lieu des épis de blé en terre sigillée. Enfin, un petit monument céramique, forme de grotte, avec colonnes torses, entourant un tombeau sur lequel repose le corps du Christ. Les plaques tombales, en faïence, du cimetière intérieur de l'abbaye de Saint-Sulpice-la-Forêt, et celle d'une dame Le Bouteiller, décédée en 1653, sont égaiement de Fontenay, attendu que les premières faïences créées à Rennes, ne sont pas antérieures au XVIIIème siècle. D'un autre côté, il est difficile de les attribuer à un établissement autre que Fontenay en raison de l'identité de la terre et de leur couleur. Les seigneurs de Fontenay exerçaient les droits suivants sur la poterie : il leur était dû une pièce par chaque fournée, et à leur prise de possession de la baronnie, ils choisissaient un nouveau maître potier. Chaque année, le mercredi des Cendres, ils élisaient une commission composée de deux prévôts et de quatre maîtres potiers, qui surveillaient les fournées, détruisaient les produits défectueux, et devaient, la veille de la Pentecôte, se rendre, précédés de tambours, de bombardes et autres instruments de musique, en leur château, et leur présenter deux cierges de cire décorés d'écussons seigneuriaux. Le lendemain, fête de la Pentecôte, et fête patronale des potiers, le seigneur apportait à l'église les deux cierges en question et les allumait. L'après-midi, dans le mail du château, les maîtres potiers devaient offrir au seigneur et aux officiers le représentant, une collation composée de viandes grillées ou rôties, de viandes froides, de pain blanc et de vin du pays. Les curiosités à visiter dans cette commune sont assez nombreuses : A côté de la mairie on voit encore la maison de justice des anciens seigneurs de Fontenay. Au sud du bourg est un petit édicule qui a remplacé une chapelle du XVème siècle. La statue de la Vierge qui s'y trouve est, croit-on, celle de Notre-Dame-des-Potiers qui existait dans la vieille chapelle. Des traces de l'ancien sanctuaire sont près du nouveau, à l'endroit où est présentement une mare. L'ancienne fabrique de poterie artistique n'a laissé aucun vestige. On suppose qu'elle devait être près du château de Fontenay. La grosse poterie actuelle est confectionnée chez quatre habitants du bourg. Elle est vendue aux marchés des environs. A part ces quelques potiers, tous les autres habitants sont cultivateurs ou "chauffourniers". Il existe sur le territoire de Chartres de nombreuses carrières de pierres à chaux. La villa moderne du Marais, située sur le bord de la route nationale de Saint-Malo à Bordeaux, et les nombreuses fermes qui en dépendent, sont la propriété de M. le Marquis de Janzé. La partie de la commune baignée par la rivière la Seiche est très fertile, aussi y voit-on de beaux pâturages et de magnifiques cultures maraîchères. Quelques traditions populaires sont encore contées aux veillées d'hiver. Entre autres la légende chrétienne de Notre-Dame-des-Potiers (Contes du Pays Gallo), et celle ci-après, très ancienne, assure-t-on, sans toutefois, pouvoir préciser la date. "Lorsqu'on va de Rennes à Pont-Péan, par la route de Nantes, on aperçoit, à gauche, en arrivant dans ce village, non loin du pont qui traverse la rivière la Seiche, un pavillon carré qui n'a pas grande apparence. Au temps jadis, ce pavillon fut habité par un ancien corsaire, qui avait une fille unique d'une beauté sans pareille. Le fils du seigneur de Chartres en devint follement amoureux ; mais il n'osa en parler à son père, redoutant la colère de ce dernier, qui n'aurait pas accepté, pensait-il, une pareille mésalliance. L'ex-corsaire passait pour être extrêmement riche, et le seigneur était fort pauvre. Comme le jeune homme dirigeait toujours ses pas vers le pavillon, le père se douta de l'amour de son fils, et lui dit un jour : — Tu aimes donc bien notre voisine ? — Elle est si belle et si bonne, répondit le jeune garçon en rougissant. — Et si j'allais demander, pour toi, sa main à son père, cela te ferait-il plaisir ? — Comment ! mon père, vous consentiriez ? — Et pourquoi pas ? Le jeune homme, ivre de joie, se jeta dans les bras du vieillard. Deux mois plus tard, le mariage eut lieu. L'ancien pirate, quelque temps après le mariage de sa fille, dit à son gendre : «Tu peux acheter toutes les métairies du pays qui seront à vendre, et qui te plairont, je me charge de les payer ». Et voile comment le seigneur de Chartres devint le plus riche propriétaire de la contrée" (Adolphe Orain) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de CHARTRES-DE-BRETAGNE

La baronnie de Fontenay : Il existait aux XIIème et XIIIème siècles, aux portes de Rennes, une paroisse appelée Fontenay ; au commencement du XIVème siècle cette paroisse disparut ou plutôt son territoire changea de dénomination et s'appela dès lors Chartres (Chartres-de-Bretagne). Mais le château seigneurial de Fontenay conserva ce nom que portait d'ailleurs une noble et importante famille. Le premier seigneur de Fontenay, venu à notre connaissance, est Thomas de Fontenay qui fut en 1148 témoin à Châteaugiron d'une donation faite à l'abbaye de Savigné. Près d'un siècle plus tard paraît en 1240 Guillaume de Fontenay, chevalier, époux d'Agnès, fille de Goranton de Vitré. En 1294 « Monsour Main de Fontenay » déclara devoir à l'armée du duc de Bretagne un chevalier pour sa terre de Fontenay, relevant du comté de Rennes (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 602, 918, 1111). Dans le courant de ce XIIIème siècle fut fondé à Rennes le monastère des Cordeliers ; les sires de Fontenay y obtinrent de bonne heure un enfeu prohibitif dans l'église conventuelle dédiée à Saint-François ; c'est là que fut inhumé en 1302 Thomas de Fontenay, fils aîné d'Alain, sire de Fontenay. On enterra au même endroit en 1337 Olivier de Fontenay, seigneur du dit lieu, et en 1362 Jeanne de la Motte-au-Vicomte, dame de Fontenay, peut-être sa veuve (Nécrologe Mss. des Cordeliers de Rennes). Il est vraisemblable que c'est cette dame qui apporta à la maison de Fontenay la seigneurie de la Motte-au-Vicomte au Rheu dont jouissait le sire de Fontenay quelques années plus tard. Thomas, sire de Fontenay, probablement fils des précédents, fut un chevalier très vaillant et digne d'estime ; il mourut le 21 décembre 1379, laissant veuve Marie de Plédran, décédée en 1388. L'un et l'autre furent inhumés chez les Cordeliers de Rennes (Nécrologe Mss. des Cordeliers de Rennes : « Obiit dominus Thomas, dominus de Fontenay, qui inter mili­tes sui temporis multum valent et probus (fuit) : sepultus fuit cum parentlibus suis in capella Sancti Francisci, etc. »). Amaury, sire de Fontenay, joua aussi un beau rôle dans les guerres de son temps ; dès 1371 il se trouvait, sous les ordres de Du Guesclin, à la tête d'une compagnie d'hommes d'armes employée au siège de Bécherel ; en 1379 il fut l'un des quatre maréchaux nommés par la noblesse de Bretagne pour défendre le pays, et fut spécialement chargé de la garde du château de Rennes avec vingt autres gentilshommes qui jurèrent comme lui sur l'Evangile de périr plutôt que de se rendre. Dom Morice nous a conservé le sceau de ce chevalier en 1403 ; il portait : d'argent à trois jumelles de gueules mises en bande. Chambellan du duc de Bretagne, Amaury de Fontenay épousa Jeanne Le Vayer qui décéda le 24 août 1409 et fut inhumée à Saint-François de Rennes ; il l'y rejoignit lui-même le 16 décembre 1417, et le Nécrologe des Cordeliers vante sa puissance, sa vaillance, son intelligence et sa piété (« Obiit Almaricus de Fontenay, miles valde strenuus, sagax et potens in seculo, devotus Deo et Ecclesiae, amicus specialissimus Fratrum nostri Ordinis »). Amaury de Fontenay n'avait eu qu'un fils nommé Thomas ; celui-ci épousa Jeanne de Rostrenen, mais mourut avant son père, le 28 juin 1402, laissant sa femme veuve avec deux enfants Guillaume et Jeanne. Guillaume, sire de Fontenay, accompagna en 1418 le duc de Bretagne à Rouen ; l'année suivante il était capitaine de Saint-Malo (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, II, 711 et 978). Ce seigneur mourut sans postérité et la seigneurie de Fontenay échut à sa soeur Jeanne de Fontenay, mariée le 31 mai 1408 à Jean d'Acigné, seigneur de la Lande en Guichen. Cette dame était alors veuve, ayant perdu son mari dès 1410, mais elle avait un fils qui hérita de la seigneurie d'Acigné et devint tout à la fois Jean II, sire d'Acigné et de Fontenay. Celui-ci épousa Catherine de Malestroit, la perdit le 13 novembre 1434 et mourut lui-même à 53 ans, le 19 novembre 1462 ; l'un et l'autre furent inhumés à Saint-François de Rennes. Les successeurs de Jean II d'Acigné à Fontenay furent les seigneurs d'Acigné, dont nous avons précédemment parlé : Jean III (décédé en 1497), Jean IV (décédé en 1525), Jean V (décédé en 1540), et Jean VI (décédé en 1573). Ce dernier ne laissa, de son union avec Jeanne du Plessix, qu'une fille nommée Judith d'Acigné, mariée à Charles de Cossé, duc de Brissac, auquel elle apporta de nombreuses seigneuries et notamment celle de Fontenay. Mme de Brissac étant morte le 11 janvier 1598, la seigneurie de Fontenay passa à son fils aîné François de Cossé, baron de Châteaugiron et plus tard duc de Brissac. Pendant tout le XVIIème siècle Fontenay demeura entre les mains des ducs de Brissac, François de Cossé (décédé en 1651), époux de Guyonne Ruellan, Louis de Cossé, leur fils (décédé en 1661), époux de Marguerite de Gondy, et Henri-Albert de Cossé, fils des précédents, qui épousa : - 1° Gabrielle de Saint-Simon, - 2° Elisabeth de Vertamon. Ce dernier duc de Brissac et baron de Fontenay mourut sans postérité, âgé de 54 ans, le 29 décembre 1698 (Moreri, Grand Dictionnaire historique). Quelque temps avant de mourir Henri-Albert de Cossé — qui avait rendu aveu au roi pour la seigneurie de Fontenay en 1682 — la vendit à Charles Le Meneust, seigneur de Bréquigny en Saint­-Etienne de Rennes ; nous n'avons pas la date de cette vente, mais en 1696 Charles Le Meneust reçu des aveux en qualité de baron de Fontenay (Archives d'Ille-et-Vilaine). Charles Le Meneust, seigneur de Bréquigny et de Fontenay, président à mortier au Parlement de Bretagne, avait épousé Elisabeth de Rollée ; il mourut au manoir de Bréquigny le 15 novembre 1721 et fut inhumé le 18 dans l'enfeu de Bréquigny en l'église Saint-Germain de Rennes ; sa veuve ne lui survécut qu'un mois et décéda le 22 décembre suivant, elle fut enterrée dans l'église Saint­Etienne de Rennes (Registre paroissiale de Saint-Etienne de Rennes) ; ils ne laissaient pas d'enfants. Le successeur de Charles Le Meneust à Bréquigny et à Fontenay fut son neveu Thomas Guy, marquis de Morant, fils de Thomas marquis de Morant et de Louise Le Meneust ; mais ce seigneur ne jouit pas longtemps de ces biens, il décéda à Bréquigny, dès le 3 juillet 1722, âgé de 50 ans, et fut inhumé à Saint-Germain de Rennes. De son mariage avec Marie-Josèphe Le Roux de Kerninon, il laissait un fils Charles-Thomas, marquis de Morant, baron de Fontenay et châtelain de Bréquigny. Celui-ci avait épousé en 1726 Gabrielle de la Rivière qui resta veuve le 12 juillet 1750 ; décédé à Bréquigny, à l'âge de 43 ans, il fut inhumé en son enfeu de Saint-Germain (Registre paroissiale de Saint-Etienne de Rennes). Thomas-Charles, fils des précédents, marquis de Morant, baron de Fontenay, etc., épousa en 1752 Anne de la Bonde d'Hyberville ; il mourut à Bréquigny le 18 octobre 1763 et son corps fut transféré le surlendemain à Saint-Germain de Rennes. Il laissait trois enfants mineurs : l'aîné Thomas-Louis, marquis de Morant et seigneur de Bréquigny et de Fontenay rendit aveu au roi pour ces deux dernières seigneuries en 1783 ; mais quelque temps après, partageant avec ses deux soeurs, il donna la baronnie de Fontenay à l'aînée de celles-ci, Marie-Félicité de Morant, femme d'Esprit-Robert Le Roux, baron d'Esneval, vidame de Normandie et président à mortier au Parlement de Rouen. Ce seigneur dut être le dernier baron de Fontenay. 

D'après tous les aveux rendus au roi par les sires de Fontenay au dernier siècle, cette seigneurie était une baronnie d'ancienneté. C'est pourquoi nous lui donnons ici cette qualification. Fontenay, en effet, relevait, dès l'origine, directement du duc de Bretagne sous son domaine de Rennes, et son possesseur devait fournir un chevalier à l'armée ducale : c'était une haute justice exercée d'abord au village de la Poterie de Fontenay et au bourg de Noyal-sur-Seiche, puis au présidial de Rennes. Nous acons retrouvé un sceau de cette juridiction attaché à une chartre de 1604 : il présente un écusson écartelé de Brissac et d'Acigné, avec cette légende : S. des contrats de la court de Fontenay (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 36). La baronnie de Fontenay s'étendait en neuf paroisses : Chartres, Noyal-sur-Seiche, Châtillon-sur-Seiche, Saint-Jacques de la Lande, Saint-Erblon, Bourgbarré, Coësmes, Cornuz et Chanteloup. Outre l'auditoire et la prison de la Poterie le seigneur de Fontenay avait originairement un second auditoire au bourg de Noyal-sur-Seiche ; quant à ses fourches patibulaires à quatre piliers, elles s'élevaient sur la lande de Teslé. Le domaine proche se composait du château de Fontenay, — des métairies du Marais et de la Retenue en Chartres, — du moulin à eau du Bois sur la rivière de Seiche, — de l'étang et du moulin de Teslé en Saint-Erblon, — et du moulin à vent du Moulin-Fleury en Noyal-sur-Seiche (Minu de la baronnie de Fontenay fourni au roi le 15 avril 1751 par Thomas-Charles, marquis de Morant). Les principaux fiefs de la seigneurie étaient les grand et petit bailliages de Fontenay, le fief Guillaume, la Villette, la Veslaye, Teslé, Launay, Téron, la Haye des Perrières et les Sept-Fours. Le sire de Fontenay avait droit de menée au présidial de Rennes, — droit de tenir foires et marchés à la Poterie et au bourg de Noyal­sur-Seiche, avec halles aux dits lieux, — droit de bouteillage, de deux pots par pipe, sur « les vendant vin, cidre et autres breuvages » aux foires et marchés de Chartres, de Noyal-sur-Seiche et de Saint-Erblon, — droit de prééminence et de fondation « ès-églises de Chartres, Noyal et Châtillon », — droit de « mettre et instituer un maistre d'escole en la paroisse de Chartres, sans que personne aultre puisse faire exercice d'escole sans son mandement » — droit de pêche à la Seiche, — droit de gruerie et de sergentise forestière, etc. (Déclaration faite le 12 décembre 1682 par Henry-Albert de Cossé, duc de Brissac). Enfin le seigneur de Fontenay avait originairement son hôtel à Rennes dans la rue du Four-du-Chapitre. Nous avons nommé le village de la Poterie de Fontenay, il est intéressant d'y revenir. C'était primitivement le bourg de Fontenay lorsqu'il y avait une paroisse de ce nom. Quand cette paroisse prit le nom de Chartres (Chartres était au XIIème siècle une simple métairie dépendant de l'abbaye Sainte-Melaine de Rennes), il ne se créa point de bourg ainsi nommé, la nouvelle église et le nouveau presbytère demeurèrent absolument isolés dans les champs comme naguères ils étaient encore. Le vrai centre commercial de Chartres (Chartres-de-Bretagne) resta à Fontenay. Or à une époque qu'on ne peut préciser, mais, semble-t-il, au commencement du XVIème siècle, une importante industrie s'établit à Fontenay ; ce fut une poterie artistique dont plusieurs produits font aujourd'hui l'ornement de nos musées ; le bourg de Fontenay en prit le nom de la Poterie de Fontenay ou simplement de la Poterie. Les seigneurs de Fontenay, qui avaient dû créer, ou tout au moins perfectionner ce mouvement industriel, s'étaient naturellement réservé certains droits sur les potiers leurs vassaux. D'abord, il était dû au sire de Fontenay « un pot par fournée de pots faits à la Poterie » ; puis chaque nouveau seigneur, prenant possession de Fontenay, avait droit de nommer un maître potier. Le mercredi des Cendres, chaque année, le sire de Fontenay nommait aussi deux « prévots de la frairie des maistres-potiers et quatre maistres desdits potiers pour faire, — avec ses propres officiers, — la police et la visite des pots que fabriquent lesdits potiers et pour (faire) la confiscation des marchandises mauvaises ». Ces prévôts et ces maîtres-potiers devaient, la veille de la Pentecôte, porter au baron de Fontenay « avec son d'instruments, deux torches de cire blanche pour y attacher l'écusson de ses armes, sous peine de 4 livres, 4 sols d'amende ». Il est probable que ces torches brûlaient en l'église paroissiale à la solennité de la Pentecôte : c'était, en effet, la fête de la corporation des potiers de Fontenay ; aussi ce jour-là tous les maîtres potiers du lieu devaient-ils au baron de Fontenay sous peine d'amende « chacun en son particulier une collation dans son mail de Fontenay, avec son d'instruments, laquelle collation ou touillée doit estre composée de pain blanc, fumé ou viande rostie, vin du pays ou cidre et une serviette blanche ; et ne peuvent découvrir leur collation ou touillée que devant ledit seigneur ou son procureur fiscal » (Minu de 1751). 

Fontenay devait être un château fortifié ; en 1682 il était encore, semble-t-il, debout avec ses deux cours, sa chapelle, son mail, ses bois et son pourpris contenant 60 journaux de terre. Mais soixante-dix ans plus tard il n'est plus question que de « la Motte où estoit le chasteau de Fontenay avec sa cour et chapelle au coin » (Déclarations de 1682 et 1751). Présentement le même état de choses subsiste, sauf que la chapelle a été sécularisée par la Révolution. Cette chapelle, de style ogival rayonnant, avait dû remplacer l'ancienne église paroissiale de Fontenay. On y retrouve dans les parties basses du mur méridional un appareil de maçonnerie en petites pierres cubiques, semblable à celui des constructions romanes antérieures au XIIème siècle. Dédiée à saint Aubin, cette chapelle avait été richement dotée par les sires de Fontenay, notamment par Jean VI d'Acigné qui vers 1573 y fonda sept messes par semaine. Situé à deux lieues de Rennes et près du grand chemin de cette ville à Nantes, le château de Fontenay, appartenant à de riches et puissants seigneurs, eut plusieurs fois l'honneur de recevoir des rois, princes et autres grands personnages. Signalons seulement quelques unes de ces visites. Le 15 août 1532, le Dauphin, duc de Bretagne François III, s'y arrêta en sortant de Rennes où il venait d'être couronné ; en 1573 le duc de Mercœur s'y logea, établissant ses troupes aux environs ; en 1598 le bon roi Henri IV y coucha, le 8 mai, avec toute sa cour ; son fils Louis XIII y séjourna trois jours en août 1626 ; le 5 mars 1643 la ville de Rennes envoya saluer à Fontenay le maréchal de la Meilleraye qui se préparait à faire son entrée solennelle à Rennes. Ces nobles visiteurs étaient reçus par les sires d'Acigné ou par les ducs de Brissac qui affectionnaient leur vieux château de Fontenay et y menaient parfois eux-mêmes une vie princière dont le souvenir subsisté encore (abbé Guillotin de Corson).

 

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Alain Le Jambu et Jamet Baude, plusieurs nobles sont mentionnés à Chartres-de-Bretagne :

Pierre le Senneschal (Sénéchal), sr. de la métairie Douzon (d'Orzon) ;

Guillaume Jahou, avocat, non contribuant ;

le sire de Fontenay, sr. du manoir des Marais.

(à compléter)

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