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LA CHAPELLE-SUR-ERDRE

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La commune de La Chapelle-sur-Erdre (pucenoire.gif (870 octets) Chapel-Erzh) est chef lieu de canton. La Chapelle-sur-Erdre dépend de l'arrondissement de Nantes, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LA CHAPELLE-SUR-ERDRE

La Chapelle-sur-Erdre vient du latin "capella" (chapelle) et du celte "erdam" (petite rivière).

La Chapelle-sur-Edre est un démembrement de la paroisse de Saint-Donatien de Nantes et dépend de la paroisse de Saint-Donatien jusqu'en 1296.

Ennius, évêque de Nantes, fait élever vers 324 une église sur le lieu de la sépulture de Saint Donatien et Saint Rogatien (les premiers martyrs chrétiens nantais). La paroisse, qui en dépendait, s'étendait sur les deux rives de l'Erdre et englobait les actuels territoires de Carquefou, Sucé-sur-Erdre et La Chapelle-sur-Erdre.

Vers 1076 est fondé le prieuré de l'Angle Chaillou. Ancienne trève, La Chapelle-sur-Erdre devient une paroisse autonome à partir de 1297 : une chapelle dédiée à Sainte Catherine est alors édifiée.

En 1792, la commune de La Chapelle-sur-Erdre devient chef-lieu de canton.

On rencontre les appellations suivantes : "Capella super Herdam" vers 1100, "ecclesia de Capella supra Herdam" en 1486,  "ecclesia de Capella super Herdra" en 1539.

Nota : liste non exhaustive des maires de La Chapelle-sur-Erdre : Benjamin Lagarde (en 1755), Jean Baptiste Chesnard de Sorbay (en 1815), Royers de La Poignardière (sous Louis-Philippe), Denis Clouet, Anselme Fleury, Pierre Lucas, Chrysostome Ricordeau (de La Rablais) avec Joseph Robert comme adjoint, Julien Poydras de La Lande (en 1896), Rogation Lévesque, ....

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PATRIMOINE de LA CHAPELLE-SUR-ERDRE

l'église Sainte-Catherine (1835) ;

on comptabilise 32 calvaires ou croix sur le territoire de La Chapelle-sur-Erdre ;

le château de la Gascherie (1480-1880). Au moment de la construction du château, la châtellenie de La Gascherie est la propriété de Jean de Lespervier (ou Lepervier) dont le fils Georges épouse Marguerite de Montauban (seigneurs de La Bouvadière et de La Gascherie). Leur fils Arthur Lespervier épouse Françoise Landais, fille du trésorier du duc de Bretagne, et il meurt en 1510. François de Lespervier, issu du précédent mariage rend aveu pour La Gascherie en 1512. Il épouse Anne Gouyon de Matignon et devenu veuf, il se fait religieux. Le domaine devient ensuite la propriété de François de la Noué (seigneur de La Boissière et de La Verrière) au XVIème siècle (Bonaventure de Lespervier épousa François de la Noué, fille de François Lespervier), de Claude Bourigan du Pé d'Orvault (époux de Marguerite Le Porc) en 1598 (vente effectuée par Odet de La Noue), puis de Louis Charrette de La Colinière en 1617 ou en 1625 (maire de Nantes, décédé en 1642). Le fils de ce dernier, Jean, épouse en 1643 Magdeleine Ménardeau, propriétaire du Perray en Saint-Mars-du-Désert. Maire de Nantes en 1650, son fils Louis l'est également en 1675 et il épouse en 1681, sa cousine Charette de Montbert. C'est leur petit-fils époux de Anne-Elisabeth de Châteautrot qui obtient en 1775, l'érection de La Gascherie en marquisat. Il lègue en mourant en 1787, ses biens à son frère Louis François de Charette (président au Parlement de Bretagne) qui est exécuté à Paris le 2 septembre 1792. Ce marquisat comprenait La paroisse de La Chapelle-sur-Erdre et s'étendait dans Nantes, sur Saint-Donatien et Saint-Similien. Les métairies de La Gascherie étaient : Les Noës, Le Plessix, Launay, La Hautière avec trois moulins à vent et un à eau. Le seigneur de La Gascherie avait jadis ses armoiries, banc et enfeu, avec toutes prééminences en l'église comme seigneur haut justicier. En 1563, La Gascherie sert d'asile aux protestants chassés de Nantes. Vendu comme bien national en 1796, il devient à partir de 1824 et jusqu'en 1935 la propriété de la famille Poydras de la Lande (marchands et capitaines de navire, originaire de Rezé). Il passe ensuite entre les mains de la famille Savelli. L'édifice est rénové en 1880 par l'architecte de La Morandière. La porte principale date du XVIème siècle. L'horloge date du XVIIIème siècle. La loggia date de 1880. Les écuries datent du XIXème siècle. Il possède une chapelle privée ;

le manoir de l'Epau (XVème siècle), situé route de Granchamp. Ce manoir est construit vers 1485 par Jean Broërec, seigneur de l'Epau, puis il devient la propriété de la famille Terrien de La Simonière alliée aux Bureau) et de la famille Fleury de Quiry. Par mariage des Fleury de Quiry avec les Terrien, le domaine passe aux Grassal ;

le château de la Desnerie (XVII-XVIIIème siècle), bâti, semble-t-il, sur l'emplacement d'un ancien édifice gallo-romain. Le domaine de la Desnerie est mentionné dès 1371 : il est alors la propriété de Jean Leet alias Lect, compagnon d'armes de Du Guesclin et du connétable Olivier de Clisson. Ce château devient au XVIIème siècle la propriété de la famille de La Roche Saint-André qui l'agrandit. Il possède une chapelle privée qui date de 1624 ou 1634. La famille Trévelec, qui en est propriétaire au XVIIIème siècle, l'agrandit et ajoute l'aile ouest (œuvre de l'architecte Ceineray). La famille de Sesmaisons obtient le domaine de La Desnerie par alliance avec les Leloup de Chasseloire. La tour jumelle, vestige du château primitif, date du XV-XVIème siècle ;

le château de la Poterie (1789), édifié par l'architecte Ceineray pour la famille Vanasse. La Poterie appartient dès 1600 à une famille Mocquard (négociants nantais), alliée aux Grilleau de La Vinaudière et aux Pontdavy. Les héritiers sont les Vanasse (armateurs, demeurant à La Fosse), alliés aux Clanchy (nobles irlandais alliés aux de Monti et de Freslon). En 1789, la dame Clanchy, propriétaire, est veuve de Jean Baptiste Barnabé de La Haye. Jean Clanchy, époux de Renée Vanasse, meurt à La Poterie en 1795. En 1798, meurt à La Poterie, Anne de Monti, fille de Joseph et d'Alixe Clanchy. En 1850, La Poterie ainsi que La Bérangeraie, La Chesnaie, La Teil, La Noë, Cotalard, La Boire appartiennent encore à Madame veuve de Freslon. Aux environs de 1850, la Poterie est acquise par Louis Lespervier député de Nantes et propriétaire de la Forêt de Paimpont. Le domaine devient ensuite la propriété des Lévesque, alliés aux Jollan de Clerville, Guillet de La Brosse, Le Gualès de Mézaulran et Panneton. Le four à pain date du XVIIIème siècle ;

le château de l'Hôpiteau (XVIIIème siècle), édifié sur le site d'une ancienne léproserie fondée par les moines-soldats des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem établie, semble-t-il, vers le début du XIIème siècle. Propriété successive des familles Hervé de la Bauche (alliée aux Santo-Domingo), Trévelec, Le Maignan de La Verrie et Pépins de Bellisle (au XVIIIème siècle). Le château est aujourd'hui la propriété de la commune de La Chapelle-sur-Erdre et accueille des services municipaux ;

le château de la Gilière (1840), construit pour le docteur Ollivry, puis propriété des familles Say (en 1858), La Tocnaye (en 1865), Lamisse (en 1868) et Say. Le domaine appartient aux familles Terriens, Fleury de Quiry et Grassal, avant de passer entre les mains des Ollivry. Le château est acquis par la commune de La Chapelle-sur-Erdre en 1977. Il est transformé en Hôtel de Ville en 1980 ;

le manoir de la Poignardière (1510). Ancienne propriété de la famille Leroyer ou Royers (alliée aux de Coutances et Canuel, puis après la Révolution aux Moricaud de La Haye, Alinez d'Elva) avant de passer à la famille Villemain. Il possède une chapelle privée, une fuie et un étang. Les seigneurs de La Poignardière avaient jadis un droit de sépulture en l'église paroissiale ;

le manoir de la Pannetière. Il possède une chapelle privée. Résidence des familles Langlois de La Roussière et de Regnon, puis des familles Dupuy et François Saint-Maur ;

le château de la Gandonnière (1750). Un édifice primitif existait déjà en 1660 : il était alors la propriété de la famille Priou. Le château actuel appartient à la famille Tiby (alliée aux de Foligné) sous la Révolution, puis à la famille de Gray et à la famille Poydras. Il est transformé depuis 1998 en chambres d'hôtes ;

le château du Meslier (vers 1840) ;

le château du Bignon, de style Restauration. Edifié par la famille Ferrus ou par un capitaine au long cours du port de Nantes : Hobkirch, avec pour exploitants les Blot. Le parc aurait été dessiné par Ecorchard. Propriété de la famille Grandjouan ;

le château du Saz, transformé en restaurant depuis 2001. Ce lieu était occupé jadis par les Gallo-romains. Propriété des familles de Bariller, parents des Frémont du Bouffay. A noter qu'à la Révolution, les Hervé de La Bauche possédaient Le Saz et L'Hôpiteau. On y trouve ensuite, comme propriétaires, les familles Gonichon, Audebald et Moriceau ;

le manoir de la Coutancière. Propriété des familles de Coutances, puis Martin de La Coutancière. Il a abrité l'écrivain nantais Edouard Richer ;

le manoir de La Charlière. Il s'agit de la demeure de la famille L'Aubépin, puis celle du colonel César Tachereau des Pictières ;

le manoir de La Ganry ou Ganrie. Il possède une chapelle privée. Propriété de la famille Lelardic, alliée aux familles du Tréhan, Ertaud et Luzeau ;

d'autres châteaux ou manoirs sont dispersés sur le territoire de la commune de La Chapelle-sur-Erdre : la Roussière, la Bretonnière, Bérangerais (propriété de la famille Pouponneau), Bouffay (avec chapelle privée et propriété jadis des de Frémont), Briaudière (propriété des Lelardic de La Ganry et des Gonzalès de Linarès), Cormerais (propriété des familles Gaudin de La Verrière, des Terrien de l'Epau, des Chesnel et Lagarde), Evardière (propriété des familles Proteau et Violin), Ker-Bihan (propriété de la famille Lévesque du Rostu), Massigné (propriété de la famille Lagarde de La Garenne), Maison-Neuve (propriété de la famille Fleury de Quiry), Rablais (propriété des familles Haranchipy, Cantin et Ricordeau), Rue (propriété de la famille Chesnard de Sorbay, alliée aux de Boussineau et de Cadoret) ;

le presbytère (1749), situé place de l'Eglise et édifié par le recteur Bodiguel ;

le logis de la Rue (XVIIIème siècle), édifié en 1785 par la famille Humbert de Nantes ;

l'annexe de la Mairie (1844), située rue F. Clouet ;

8 fontaines dont celle de Forge (1828) et de Saint Donatien ;

les vestiges du moulin de la Verrière (vers 1650), situés route de Nantes. Le moulin appartient jusqu'au XVème siècle au seigneur Allain, vicomte de Rohan, comte de Porhoët et de la Ganasche, seigneur de Léon et de Blain. Il est vendu ensuite aux propriétaires de la Gascherie et acquit en 1788 par l'industriel Gaudin. Ce moulin, qui est transformé en une fabrique d'armes à la veille de la Révolution, est pris par les chouans en 1793. Il est détruit par un incendie en 1889 ;

l'ancien moulin Ouvrard (1910), situé chemin des Alizés et deux moulins en ruines : celui du Vivier et du Limeur ;

A signaler aussi :

la voie romaine ;

le viaduc de la Verrière (1847-1851) ;

le four à pain (XVIIIème siècle) situé au lieu-dit "La Maigrière" ;

on comptabilise deux lavoirs sur le territoire de la commune de La Chapelle-sur-Erdre ;

on comptabilise 67 puits sur le territoire de La Chapelle-sur-Erdre dont le puits couvert (XIXème siècle), situé à l'Hôtel de Ville ;

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ANCIENNE NOBLESSE de LA CHAPELLE-SUR-ERDRE

Le marquisat de Charette, créé en 1775 seulement, se composait d'une vieille châtellenie appelée tantôt la Chapelle-sur-Erdre, du nom de la paroisse où elle se trouvait, tantôt la Gascherie, du nom du château, chef-lieu de la juridiction. Il est fait mention en 1349 d'un Guillaume de la Gascherie qui acheta alors tous les biens patrimoniaux que possédait certain Jean du Plessix dans la paroisse de la Chapelle-sur-Erdre (Archives de Loire Inférieure, E 727). Ce Guillaume possédait-il la terre de la Gascherie ? Peut-être, mais nous ne pouvons pas l'affirmer. Toutefois, en 1412, la Gascherie appartenait, en partie du moins, à Guillaume Bernard (Archives de Loire Inférieure, E 727). Quelques années plus tard la Gascherie nous apparaît aux mains des Lespervier qui la conservèrent pendant un siècle. En 1448, Jean Lespervier, chanoine de Nantes, acheta du vicomte Alain de Rohan les étangs de la Verrière et de Nays ainsi que certaines rentes féodales dans la Chapelle-sur-Erdre, biens qui firent dès lors partie de la châtellenie de la Gascherie. Vers 1454, en effet, Georges Lespervier, seigneur de la Bouvardière, et Marguerite de Montauban, sa femme, possédaient la Gascherie. Leur fils Arthur Lespervier, seigneur de la Gascherie, épousa Françoise Landais, fille du trésorier de Bretagne, et mourut le 1er septembre 1510. François Lespervier, issu du précédent mariage, rendit aveu au roi pour sa châtellenie de la Chapelle-sur-Erdre et son manoir de la Gascherie en 1512 ; il épousa Anne Gouyon de Matignon et, devenu veuf, se fit religieux au couvent des Dominicains de Nantes, vers 1540. Sa fille Bonaventure Lespervier avait épousé François de la Noue et lui avait apporté en dot la seigneurie de la Gascherie ; elle était veuve dès 1537, et tutrice de ses enfants parmi lesquels se trouvait François de la Noue si célèbre sous le nom de Bras-de-fer. Ce dernier seigneur de la Gascherie épousa : -1° Marguerite de Téligny ; -2° Marie de Luré ; il fut tué au siège de Lamballe en 1591 et son fils Odet de la Noue se vit obligé de vendre, vers 1598, sa terre de la Gascherie (Généalogie de la maison de la Noue).

Avant d'aller plus loin relevons une erreur commise par tous ceux qui ont écrit sur la Gascherie : il s'agit de la prétendue réception que fit, en 1537, le vicomte de Rohan à sa belle-sœur la reine de Navarre dans son château de la Gascherie ; voici, croyons-nous, la vérité. Au commencement du mois de septembre 1537 la reine de Navarre se trouvait bien chez son beau-frère le vicomte de Rohan, non pas à la Gascherie mais en Basse-Bretagne (voir Lettres de la reine de Navarre, 164). Tous les deux résolurent de visiter Nantes et apprirent qu'on leur préparait en cette ville une entrée solennelle. Alors, selon la coutume du temps, ils cherchèrent à petite distance de Nantes un château convenable pour y attendre la députation des Nantais ; la riche famille Lespervier leur offrit la Gascherie qui lui appartenait, et même son hôtel à Nantes pour y séjourner. La reine de Navarre et le vicomte de Rohan acceptèrent et vinrent à la Gascherie, puis, le 22 septembre à Nantes, en deux gabares qu'on leur avait expédiées à la Gascherie ; la reine fit son entrée très solennellement et alla loger à l'hôtel de Briord, propriété, comme la Gascherie, des Lespervier. Ce ne fut pas davantage les Rohan qui appelèrent à la Gascherie les protestants chassés de Nantes en 1563 ; ce château appartenait alors, avons-nous dit, à La Noue Bras-de-fer aussi ardent huguenot que vaillant capitaine. Il faut donc renoncer à regarder la Gascherie comme la propriété des vicomtes de Rohan au XVIème siècle.

Reprenons la suite des seigneurs de la Gascherie. Vers 1598, Odet de la Noue vendit cette châtellenie à Claude Bourigan du Pé, seigneur d'Orvault, lequel s'empressa d'en faire hommage au roi le 27 avril 1600 (Archives de Loire Inférieure, B 1009). Ce seigneur avait épousé Marguerite Le Porc qui lui donna à la Gascherie un fils nommé Charles, baptisé en 1603 par l'évêque de Nantes à la Chapelle-sur-Erdre (Archives de Loire Inférieure, E 3067) ; mais Claude Bourigan du Pé était mort en 1617 et ce fut probablement sa veuve qui revendit vers ce temps la châtellenie de la Gascherie. L'acquéreur fut Louis Charette de la Colinière, mari de Jeanne Ernault ; le 30 juin 1623 il fit hommage au roi pour « ses seigneuries de la Chapelle-sur-Erdre et de la Gascherie ». Maire de Nantes en 1613, ce seigneur mourut le 5 mars 1642 et fut inhumé en l'église des Cordeliers de Nantes. Jean Charette, son fils, seigneur de la Gascherie, épousa, le 20 avril 1643, Madeleine Menardeau. Maire de Nantes en 1650, il décéda le 1er juin 1660 et sa veuve fit, après sa mort, hommage au roi pour la Gascherie. Louis Ier Charette, leur fils, seigneur de la Gascherie, pour laquelle il rendit aveu au roi en 1679, fut aussi maire de Nantes en 1675 et s'unit, le 2 juillet 1681, à Madeleine Charette sa cousine, fille du seigneur de Montebert. Il mourut le 23 janvier 1702 et fut inhumé en l'enfeu de ses prédécesseurs, chez les Cordeliers de Nantes (Livre doré de Nantes, I 212). Louis II Charette, seigneur de la Gascherie, fils du précédent, épousa le 16 mars 1711, Elisabeth de Boussineau ; sénéchal de Nantes, il fit, en 1719, hommage au roi pour la Gascherie ; il décéda le 18 janvier 1744, et sa veuve en 1762. Il laissait pour fils aîné Louis III Charette, seigneur de la Gascherie ; celui-ci fournit au roi le minu de cette châtellenie le 30 mai 1744, et obtint, en 1775, son érection en marquisat sous le nom de Charette. Il épousa Anne-Elisabeth de Châteautro, qu'il perdit sans en avoir eu d'enfant ; il décéda lui-même le 30 janvier 1787 en son hôtel à Nantes (Généalogie de la maison Charrette). Sa succession fut recueillie par son frère Louis-François Charette, baron de la Colinière et dernier marquis de Charette avant la Révolution. Celui-ci, président au Parlement de Bretagne et époux de Marie-Félicité de Courtoux, fut massacré le 2 septembre 1792 dans la cour de la Conciergerie à Paris. 

Les lettres patentes érigeant le marquisat de Charette furent données par le roi le 13 septembre 1775 ; le Parlement de Bretagne les enregistra le 7 mai 1776. Ce marquisat se composa uniquement de la châtellenie de la Gascherie comprenant la paroisse de la Chapelle-sur-Erdre en entier, et s'étendant en outre dans la ville de Nantes, en Saint-Donatien, Saint-Similien et Saint-Léonard. Le seigneur de la Gascherie avait ses armoiries, banc et enfeu en l'église de la Chapelle-sur-Erdre, « tant au choeur qu'en la nef, avec litre dedans et dehors, et toutes prééminences comme seigneur fondateur et haut justicier ». Il relevait directement du roi sous son domaine de Nantes, exerçait sa haute juridiction sur bon nombre de fiefs ; jouissait d'un droit de pêche dans l'Erdre, de chasse à cor et à cri et levait le tiers des dîmes de la Chapelle-sur-Erdre. Parmi ses mouvances, il comptait les seigneuries de la Desnerie et de Fromenteau. Il lui appartenait aussi un « droit de jeu appelé soule, qui est que les nouveaux mariés de la paroisse de la Chapelle-sur-Erdre doibvent la première année de leur mariage, le jour saint Jean l'évangéliste (27 décembre), chacun une soule et un billard, un pot de vin mesure de la Chapelle et un pain blanc, qu'ils doibvent présenter audit seigneur ou à ses officiers, incontinent après la grande messe célébrée en ladite église de la Chapelle ; laquelle soule ledit seigneur a droit de donner à ses hommes et vassaux pour estre par eux poussée et soulée » (Déclarations de la Gascherie en 1679 et 1702). En 1679, on signalait ; les métairies en dépendant appelées la Gascherie, les Noës, le Plessix, Launay et la Haultière ; — les trois étangs de la Verrière, Nays et Launay ; — trois moulins à vent, et un moulin à eau, etc.; le tout formant le domaine proche de la Gascherie (Déclarations de la Gascherie en 1679 et 1702).

Bâti au bord de la rivière d'Erdre et formant une équerre dont l'angle intérieur est occupé par une élégante tourelle polygonale, le château de la Gascherie, propriété à la fin du XIXème siècle de M. Poydras de la Lande, est une superbe construction du commencement du XVIème siècle. On croit que c'est l'oeuvre de Arthur Lespervier et de Françoise Landais, sa femme ; sur la magnifique cheminée de la principale salle on retrouve, au milieu d'une profusion d'arabesques les trois éperviers qui formaient les armes parlantes du seigneur constructeur. Maintenant encore « la position ancienne toujours délicieuse de ce château, sa noble façade rouge toute rutilante aux feux du soleil levant, ses hautes fenêtres découpées et bordées d'un blanc éclatant, son gentil clocheton dont le tintement cadencé s'élance le soir vers l'autre rive et salue le nautonier qui passa, ses grands bois sombres et pleins d'échos qui se cachent et jouent dans le feuillage, toute sa poésie, toute sa grâce, tous ses souvenirs sont encore là, tout est conservé comme aux anciens jours, jusqu'à l'hospitalité franche et antique des châtelains, jusqu'aux animaux fabuleux qui se cramponnent sur la pierre au-dessus de ses portes, le long de ses toits, jusqu'à la verte cour d'honneur qui s'étale en riant au bout de son avenue » (Nantes et la Loire Inférieure, in-fol.) (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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