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NOTICE HISTORIQUE SUR L'ABBAYE BLANCHE-COURONNE

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Nous n'avons aucune certitude quant à la date de fondation de ce monastère ; il a été proposé trois dates : 969, 1126, 1160. D'ores et déjà nous pouvons éliminer la première, qui a été avancée par OGEE ; en effet il n'existe aucun document qui permet de soutenir cette hypothèse. Le Chanoine DURVILLE, dans "L'Echo de la Loire" (1922-1923) fait venir les religieux de la Grainetière, près des Herbiers dans le Poitou ; cependant cette abbaye ayant été fondée vers 1130 n'a pu de toute évidence essaimer en 1126 ! Mais nous reviendrons sur la Grainetière ultérieurement. Dom Blineau pense que Blanche-Couronne fut établie vers 1160, ce qui paraît peu vraisemblable car l'année suivante apparaît Ernaud, abbé de Blanche-Couronne qui arbitre un conflit qui opposait les moines de Quimperlé aux chanoines de Notre-Dame de Nantes ; cet arbitrage nécessitait un abbé dont le monastère était solidement implanté.

Abbaye de Blanche-Couronne à La Chapelle-Launay (anciennement en Bretagne).

En admettent que les religieux vinrent de la Grainetière, comme le laissent supposer plusieurs documents, il est possible que cette fondation ait pu se faire entre les années 1140 et 1150. L'Abbaye de la Grainetière prit son essor vers 1140, ce qui laisse supposer qu'elle essaima à compter de cette date.

A l'origine ce monastère aurait été appelé COETQUEN, mot breton signifiant Beau Bois ; puis Douce Fontaine, cette dernière appellation peut avoir un rapport avec la puissante abbaye Saintongcaise de Fontdouce qui fonda la Grainetière, les abbés dirigéront longtemps ces deux maisons. Pourquoi ce monastère fut-il appelé ensuite Blanche-Couronne ? Aucune certitude à ce sujet, nous avons de nombreuses hypothèses mais la majorité sont sans fondement.

Nous ignorons qui est le fondateur de Blanche-Couronne ; nous pensons généralement qu'il s'agit d'un Seigneur de Pont-Château ; en tout cas les religieux ont toujours considéré les Seigneurs de Pont-Château comme étant les fondateurs de leur abbaye. Pour preuve voici un court extrait de deux lettres, la première est du 23 Avril 1463 et est adressé par l'abbé Guillaume de Merlignac à Haute et Puissante Dame Personnelle de Rialillé, vi-comtesse de Rohan, dame de Pont-Château :

" Nous confessons et c'est vray, que nos églises et moustier de Blanche-Couronne sont et ont été fondés par les Seigneurs de Pont-Chastel, avec ce que nous tenons dans le paroisse de Savenay ".

La deuxième lettre est datée de 1675, elle a été rédigée par Vincent Marsolle, Supérieur Général de la Congrégation de St Maur, il y dit que :

" Dans le cas où l'abbaye serait déplacée les religieux n'en continueraient pas moins à reconnaître les Seigneurs de Pont-Château pour leurs fondateurs ".

Nous avons vu que les religieux vinrent vraisemblablement de la Grainetière, or cette abbaye était bénédictine, il ne peut-être question de soutenir Nicolas Trasus qui prétend que les Clunisiens furent installée à Blanche-Couronne. Nous savons que la célèbre abbaye Languignogne n'avait pas de filiale en Bretagne ; du reste Blanche-Couronne ne figure pas dans la liste de la Bibliothéca Clunaciensis de 1614. On a également supposé que ce monastère fut occupé par les Moines blancs, l'architecture de l'église et de la salle capitulaire tendrait à le prouver. En fait il n'en ai rien, Guillaume de Conchamps qui fut abbé de Font-douce et de la Grainetière eut l'idée de s'affilier à Citeaux avant d'adopter finalement la règle des Bénédictins. Mais par la suite il fut de nouveau question d'une affiliation à l'ordre de Citeaux ; durant l'attente de cette affiliation, les moines de Blanche-Couronne suivirent les coutumes cisterciennes à tel point que lorsqu'ils reçurent une bulle du Pape Grégoire IX, en 1234, le Souverain Pontife l'adresse au "Monastère de la Bienheureuse Vierge Marie de Blanche-Couronne", selon la règle de St Benoît et l'institution des frères de Citeaux. Les religieux avaient adopté Citeaux mais ils demeuraient dépendant de l'ordre bénédictin, c'était là une situation confuse qui dura plusieurs dizaines d'années. Quoiqu'il en soit, une bulle de 1410, classe l'abbaye Notre Dame de Blanche-Couronne parmi les abbayes de l'ordre de St Benoît.

Durant ces siècles où elle fut dirigée par des abbés réguliers, l'abbaye vécut dans l'obéissance de la règle, mais avec l'apparition de la commende le nombre des religieux commença à diminuer et bientôt le monastère se trouva dans une situation qui ne cessa de se détériorer. Blanche-Couronne traversa le XVIème siècle dans un état lamentable que nous rapportent les chroniques de l'époque. L'ordre fut rétablit on 1652 lorsque la communauté adopta la réforme de la Congrégation de St Maur ; dans l'immédiat pourtant le plus important était à faire : la reconstruction du monastère. Devant l'importance des frais que cela entraînait, les moines prirent la décision de quitter leur abbaye ; en 1674, ils adressèrent un registre au Conseil d'Etat, demandant l'autorisation de s'établir au Prieuré de Pirmil, près de Nantes. Ils renouvelèrent cette demande en 1676, puis en 1693 ; malheuresement pour eux les bénédictins de Pirmil n'étaient pas réformés et hostiles à leur venue. Il leur faudra attendre 1695 lorsque la réforme sera établie à Pirmil ; mais alors que cette fois tout semblait favoriser leur départ, la direction de la Congrégation de St Maur décida la remise en état générale de Blanche-Couronne. L'église fut réparée en 1719, les bâtiments conventuels reconstruite en partie vers 1743. La commende continuait pourtant à sévir, le nombre des religieux diminuait sans cesse ; en 1767 ils n'étaient plus que trois résidants au monastère, un quatrième religieux demeura à l'abbaye. Los moines se décidèrent à présenter une nouvelle requête au Conseil d'Etat qui leur permit une nouvelle fois de s'établir à Pirmil. Le 3 avril 1767, le jour de l'Ascension, ils quittèrent définitivement Blanche-Couronne.

L'abbaye fut d'abord affermée, un bail est conclu en 1785 pour la somme de 5500 livres ; il en fut ainsi jusqu'à la Révolution. Blanche-Couronne est déclarée bien national ; puis vendue en 1790, elle est acquise par les citoyens Poullain et Vigneron de la Jousselandière.

En septembre 1793, la Grande Armée Catholique et Royale, vaincue à Savenay, livra quelques combats dans les bois de Blanche-Couronne ; par où divers royalistes réussirent à s'échapper et à regagner le Sillon de Bretagne.

En 1871 Blanche Couronne devient la propriété des Toulmanches ; l'ancien monastère est alors le lieu de rencontre d'hommes de lettres et d'artistes. On y vit l'académicien et poète José Maria de Hérédia et le peintre Elie Delaunay qui a laissé plusieurs peintures murales.

A la mort de Mr Toulmanche en 1917, le domaine passe à un minotier de Pont-Château ; puis il est acquit on 1922 par le Conseil Général de la Loire-Inférieure qui décide de transformer les bâtiments en un asile d'aliénés, pour soulager celui de Pirmil, là même où les moines étaient venus se réfugier !

Une nouvelle fois la chance allait s'éloigner, l'Administration revendit Blanche-Couronne en 1929 ; depuis lors elle est tombée en divers mains. En 1934, le Commandant Emmanuel Mollat, était parvenu à faire classer le cloître, nouvelle malchance, celui-ci est déclassé après la deuxième guerre mondiale.

Aujourd'hui que reste-t-il de Blanche-Couronne ? Une visite effectuée il y a peu de temps, nous a permis de constater que l'ensemble des bâtiments conventuels existent toujours. Le tout étant malheureusement dans un état très proche de la ruine totale.

Nous souhaitons qu'un jour prochain, soit restauré l'ensemble de ces constructions, particulièrement l'église où voilà guère plus de deux cents ans s'élevaient sous cette voûte, qui a si fière allure, les psalmodies de ces hommes dont la vie fut une constante persévérance dans l'enseignement des âpotres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières.

P. S. Dès 1971, nous nous sommes efforcés d'attirer l'ettention du public sur ce vénérable monument. En novembre, nous lancions une souscription qui hélas ne devait rien donner. En janvier 1972, nous informions Mr de la Garde, des Chefs-d'oeuvre en Péril, nouvelle déception, alors qu'en même temps nous recevions des lettres de sympathie et d'encouragements. Une Association l'A.C.I.V. (Association des Chantiers Internationaux de Volontaires) nous proposa son aide en Mars 1972, malheureusement faute de soutiens financiers aucun travail ne pu être réalisé. Espérons que l'Association Bretagne Vivante qui vient d'acquérir une partie de Blanche-Couronne, saura lui redonner l'éclat qu'elle a perdu.

S. P.

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