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LE MANOIR DE BOURG-CHEVREUIL A CESSON-SÉVIGNÉ

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Bourg-Chevreuil est une charmante habitation à l'issue de l'agglomération de Cesson, presque en face de la Chalotais, sur le bord de la Vilaine et de la route conduisant vers le village du Four-Rouge que l'on dénomme aujourd'hui la Victoire.

Le logis a l'aspect calme et simple des maisons de campagne des bourgeois aisés du XVIIIème siècle. Tous les détails extérieurs et intérieurs concordent avec cette date. En avant et à côté de la demeure sont de riantes plates-bandes de fleurs et d'arbustes disposés dans le goût traditionnel des jardins français. Puis un mur de clôture s'ouvre par une grille de fer forgé dont le fronton présente un chiffre ouvragé assez difficile à analyser. On accède alors à une vaste pelouse bordée des deux côtés par de grands arbres et s'étendant jusqu'à la rivière.

On connaît assez exactement la série des propriétaires de ce manoir depuis le XVIème siècle jusqu'à nos jours [Note : BANÉAT, Département d'Ille-et-Vilaine, t. I, page 277, et les documents qu'il indique ainsi que les registres paroissiaux. SAULNIER, n. 119. Voir aussi PARIS-JALLOBERT, Registres paroissiaux, Cesson].

Le plus ancien nom que nous puissions atteindre est celui de Jacques Bonnier, sieur des Grées, conseiller au Parlement de Bretagne. Né en 1588, ce personnage était fils cadet de François Bonnier de la Gaudinaye, anobli par Henri IV en 1594 pour les services qu'il lui avait rendus pendant les troubles.

Marié en 1612 à Renée de la Belinaye, fille d'un conseiller au même Parlement, il en eut un fils qui lui aussi fut conseiller de cette cour souveraine. Devenu veuf, Jacques Bonnier entra dans les ordres, mais alors il ne possédait plus Bourg-Chevreuil dont il s'était défait par un acte du 12 juin 1625.

L'acquéreur était Jean de Gennes du Boisguy. A cette époque, Bourg-Chevreuil relevait féodalement du marquisat de Cucé et se qualifiait de noble terre, étant exempt de fouage.

Jean de Gennes était marié à Françoise Doudart qui, avec son époux ou depuis son veuvage, arrondit sa terre par plusieurs acquisitions foncières en 1626, 1633, 1635 et 1637.

Le fils de ce ménage posséda Bourg-Chevreuil, car il en porta le nom, mais il subit des revers de fortune d'où résulta que sa terre passa à ses sœurs.

Celles-ci, Catherine et Marie de Gennes, épousèrent les deux frères, la première Jacques de Farcy de la Villedubois, la seconde René de Farcy de la Daguerie. Or, le petit-fils de Catherine, Jacques-René de Farcy de Mué, épousa sa cousine Marie de Farcy, petite-fille de Marie de Gennes. Les différentes parties de Bourg-Chevreuil se trouvèrent donc la propriété de ce ménage [Note : FRAIN, Tableaux généalogiques, t. II, Paul DE FARCY. Généalogie. A. DE LA BORDFRIE, dans le Bull. Soc. arch. I.-et-V., t. XXI. page XXXVI. KERVILER, Bio-Bibliographie, t. XIII, page 372].

On distinguait le lieu, maison, jardin, pourpris, bois, rabines et vergers, ce qui était la maison de maître, de la métairie qui dès lors était affermée. Cet ensemble fut vendu le 27 janvier 1715 à un nouveau possesseur.

Il se nommait Jacques Robinois, marchand de vin, demeurant, avec son épouse, Perrine de Laune, rue Saint-Georges, dans la maison où pendait pour enseigne la figure de la Teste noire [Note : BANÉAT, Vieux Rennes, 1904, page 48]. Ce Robinois, né en 1677, était fils de Jean Robinois, maître pâtissier, et de Jacquette Pongérard. Le 29 juin 1706, qualifié maître traiteur, il avait épousé Perrine de Laune. Anne-Mathurine, leur fille, née en 1710, fut demoiselle de Bourg-Chevreuil et se maria, en 1727, avec Pierre Pesnot du Paty, procureur au Parlement. Ce n'est pas à sa postérité que se transmit le domaine familial, mais à sa sœur.

Cette dernière, Julie-Perrine Robinois, demoiselle de Saint-Mirel, eut une courte vie. Elle mourut à l'âge de vingt ans, le 30 juin 1734. Cependant elle était, depuis le 21 juillet 1733, épouse de Julien-Anne-Marie Loryot (ou Loriot), procureur au Présidial, auquel elle laissa un fils, Julien-Benoist, né le 9 juin 1734.

C'est par cette descendance Loriot que se poursuit l'histoire de Bourg-Chevreuil et c'est à elle qu'on peut attribuer la construction du logis actuel.

Julien-Thomas Loriot, avocat au Parlement, épousa Marie-Madeleine-Jacquemine Varin de Beauval, fille de Paul-Antoine et de Perrine-Jeanne Gault de la Galmandière. Douze enfants naquirent de cette union, parmi lesquels Paul-Augustin qui moulut à quinze mois en 1765.

Cette famille, représentée à Bourg-Chevreuil par deux frères, Jacques-Mathurin et Aimé Loriot, vendit cette propriété, suivant contrat du 24 thermidor an IV (11 août 1796), à Amaury Dréo et Rose Gérard, sa femme [Note : AUZAS, Orfèvrerie religieuse bretonne, EVELLIN, dans le Bull. Soc. arch., t. LXXII, pages 31, 35, 36].

Amaury-Alexandre Dréo, maître orfèvre à Rennes, né en 1756, était fils d'un autre maître orfèvre, Jean-Baptiste Dréo et de Guillemette Duval-Pineu. Il épousa Rose Gérard le 25 janvier 1785 [Note : Dans la grille d'entrée, le fronton présente un médaillon où se lisent enlacées dans un chiffre les lettres A D R G qui conviennent aux acquéreurs de 1796. Je dois à Mlle De Graix l'analyse de ce chiffre]. Par sa mère, il était le proche cousin des deux frères Amaury et Alexandre Duval-Pineu, célèbres l'un et l'autre dans des genres différents.

Après Amaury Dréo, la terre du Bourg-Chevreuil échut à sa fille Thérèse-Noëlle qui la conserva longtemps, car elle mourut centenaire en sa maison de Rennes, 5, rue aux Foulons, le 17 février 1889.

Ses neveux vendirent Bourg-Chevreuil au Docteur Edmond Aubrée, par acte du 16 mai 1889. Ce médecin, qui était frère du propriétaire et habitant de la Chalotais, était né à Cesson en 1829. Il fut professeur à l'Ecole de Médecine et conseiller général.

Bourg-Chevreuil fut l'héritage d'une des filles de M. Edmond Aubrée, mariée à M. De Graix, officier d'état-major, dont une fille, Mlle De Graix, possède aujourd'hui et entretient avec le plus grand soin ce logis et son parc qui sont l'un des fleurons de la couronne artistique de Cesson [Note : Il existe une autre terre dite Bourg-Chevreuil ou Boute-Chevreuil en Saint-Grégoire. relevant de la seigneurie de la Saudrais. BANÉAT, Ille-et-Vilaine, t. III, page 423].

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