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BROONS |
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La commune de Broons ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de BROONS
Broons vient du celtique « bronn » (colline) ou plus probablement du gaulois "braconnos" (marécageux) ou du breton "brein" (pourri).
Broons semble être un démembrement de l'ancienne paroisse primitive d'Yvignac. Un certain Pleard de Brohon figure vers 1108 parmi les témoins d'une charte de Geffroy de Dinan. Le cartulaire de l'abbaye de Boquen cite Geoffré de Broon en 1205. Vers 1235 et 1249, Broons est doté d'une mesure propre "mensura vetus Broenisis" (Anc. év. III, 226, 233, 244). La seigneurie avait jadis son siège au château de la Motte-Broons (où est né Bertrand Du Guesclin, vers 1320) détruit depuis 1345.
Broons (Bron), qui est mentionné comme paroisse dès 1224, est avant tout la ville de Bertrand Du Guesclin (1320-1380). En effet, vers 1260, Jeanne, héritière de Robert, seigneur de Broons, épouse Robert 1er du Guesclin (arrière grand-père de Bertrand), et, par elle, la maison du Guesclin va hériter la seigneurie de Broons. En 1420, la comtesse de Montfort, duchesse de Bretagne, ordonne de faire démolir la forteresse de Broons qui avait été construite par Bertrand Du Guesclin. La seigneurie de Broons passe successivement du comté de Penthièvre à la famille de Brézé puis à celle de Lorraine-Brionne, avant d'être divisée en 1755. En 1423, un sieur de Brézé achète la seigneurie de Broons moyennant 13 000 écus, et la revend à Jean Chevalier, seigneur de Villeblanche, dont le fils, Pierre de Villeblanche, est, en 1500, chevalier des ordres du roi et seigneur de Broons.
Sous l'Ancien Régime, la paroisse de Broons appartient au diocèse de Saint-Malo. Elle avait pour subdélégation Montauban et pour ressort la cour royale de Dinan. Elle relevait du roi au moment de la Révolution. La cure était présentée par le seigneur de Broons. Broons élit sa première municipalité le 10 février 1790. Broons devient le chef-lieu d'un district en même temps que d'un canton.
On rencontre les appellations suivantes : Brohon (vers 1108), Broon (en 1205, en 1211), Par. de Bron (en 1224), Broon (en 1235, en 1252, vers 1330), Bron (en 1490), Brons (au XVème siècle).
Note 1 : Vers 1260, Jeanne, héritière de Robert, seigneur de Broons, épouse Robert 1er du Guesclin et, par elle, la maison du Guesclin hérite la seigneurie de Broons. En 1353, meurt Robert II du Guesclin, petit-fils de Robert 1er et père de Bertrand du Guesclin. Bertrand du Guesclin, seigneur de Broons, fait construire, vers 1355, une forteresse près du bourg de Broons. Par un traité du 27 juin 1387, le connétable de Clisson, pour obtenir sa libération, cède la place de Broons au duc Jean IV. Le connétable reprend cette place en application d'une sentence du roi Charles V en date du 20 juillet 1388. Dès le 27 mai 1420, le château appartenant à la dame Clisson, est assiégé et pris, au nom du duc Jean V, par Charles de Montfort, seigneur de Frinaudour. Le 20 septembre 1420, Charles de Montfort et Jacques de Dinan reçoivent en don le château et la châtellenie. Vers 1423, le sire de Brézé achète la seigneurie de Broons qu'il revend plus tard à Jean de Villeblanche. Après la victoire du roi Henri IV sur la Ligue, le château de Broons est détruit vers 1615.
Note 2 : En 1158, dit Ogée, il s'éleva un différend entre deux frères jumeaux de la maison de la Motte-Broons, au sujet du droit d'aînesse. Pour le faire cesser, Conan de Richemont, duc de Bretagne, assigna aux deux frères un partage égal, et ordonna de bâtir le château de Broondineuf, qui devait posséder la moitié de la seigneurie, et qui fut construit dans la même forme que celui de la Motte-Broons. Pléard de Broons est témoin de la fondation du prieuré de Jugon. En 1164, Cillard de Broons est témoin du dédommagement accordé à l'abbaye de Saint-Melaine pour la cession de l'église de Plumaudan à Beaulieu. En 1199, Robert de Broons fait un accord avec le prieur de Léhon. En février 1210, Robert et Bertrand de Broons font donation d'un quart de froment, sur les dîmes de Ploasne, au prieuré de Léhon. En 1231, l'évêque de Saint-Malo et son chapitre disputent à Hamon de Querhiriac les dîmes de la paroisse de Broons, qu'ils prétendaient leur appartenir. En 1237, le même évêque transige avec Roland de Plouern pour le patronage de l'église de Broons, et attribue, quinze ans plus tard, les dîmes de cette paroisse à l'hôpital de Saint-Malo qu'il venait de fonder. En 1358, Bertrand Du Guesclin fonde trois messes par semaine pour le salut de son âme. En 1370, Geoffroi de Broons figure à la montre de Bertrand Du Guesclin, duc de de Moulines, comte de Longueville et de Bourges. En 1371, Du Guesclin, au service du roi de France, force Broons à se rendre. En 1383, la ville de Broons est du nombre de celles que Clisson est contraint de livrer à Jean IV, pour sortir du château de l'Hermine. Cette ville lui est rendue en 1388, et il la possède encore à sa mort, en 1406. En 1419, le château de Broons se rend à Jean V, duc de Bretagne. En 1420, dit Ogée, Jeanne, fille aînée du roi Charles VI, duchesse de Bretagne ordonne de démolir le château et les forteresse de la Motte-Broons, avec celui que Du Guesclin avait fait bâtir en 1355, et qui appartient alors au comte de Penthièvre, seigneur de Broons. Les ordres de Jeanne ne sont qu'en partie exécutés, car le château, édifié par Du Guesclin, n'est démoli qu'en 1616.
Note 3 : la commune de Broons est formée des villages : la Sauvagère, Nivorée, Lessard, Passelière, Ville-Bougault, la Boudinais, le Fief-aux-Ecoliers, Loyac, la Marais, Ville-ès-Richard, Brangalo, la Normandais, Carhalo, Kermelin, Buhen, Canebel, Penhouet, Liné, Griplay, l'Hermitage, Ville-ès-Douillets, etc...
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PATRIMOINE de BROONS
l'église Saint-Pierre (1895), oeuvre de l'architecte Garcain, de Broons, et de l'entrepreneur Eveillard, de Lamballe. Cette église remplace un édifice des XVème et XVIIème siècles. La première pierre est bénie le 2 juin 1895. L'église est bénie le 20 novembre 1898. Le clocher de l'église est bénie le 11 août 1935. Le portail principal comporte une mosaïque d'Isidore Odorico, représentant le Père Eternel et datée de 1898. L'église abrite une statue en bois polychrome de la Vierge à l'Enfant qui date du XVIIIème siècle ; | |
la chapelle Notre-Dame des Noes de Leslien ou Chapelle de Leslian (1454), située au lieu-dit La Ville-Morel et dédiée à saint Laurent. Cette chapelle est édifiée au XVème siècle par la famille Milon, anciens seigneurs de la Ville-Morel. La rosace de la chapelle date du XVème siècle et les vitraux qui l'ornent sont l'oeuvre du maître verrier Henri de Sainte-Marie ; | |
la chapelle de la Madeleine (XIV-XVIIème siècle), située près du cimetière et fondée, semble-t-il, par la mère de Du Guesclin vers 1365. Les fenestrages situés à l'Est et au Sud de l'édifice datent du XIVème siècle. Une fenêtre date du XVIème siècle. Elle est restaurée et bénite au XVIIème siècle par Mgr de Rosmadec, alors évêque de Saint-Malo ; | |
la croix de la Normandais (haut moyen âge) ; | |
la croix de la Ville-Bougault ou du Bret (1587), située à La Ville-Bougault ; | |
le manoir des Milons de la Ville-Morel (XVème siècle), situé près de la chapelle Notre-Dame des Noës. Le porche est du XVème siècle. Une alliance entre la famille Milon et la famille de Lanvallay aurait eu lieu au XVème siècle (comme le montre un écusson) ; | |
le manoir de Launay-Milon (XVIIIème siècle). Ce domaine appartient dès le XVme siècle à la famille Milon ; | |
le manoir de la Noe-Dervel (XVème siècle) ; | |
le manoir ou château (XVIIIème siècle), situé rue de Pédenhoët et édifié au XVIIIème siècle par Béchu de Lohéac ; | |
le manoir de la Cavée (XVIIème siècle), situé rue de Lorraine. Juste avant la Révolution, le propriétaire du manoir est Jacques Louis Morice. Ce manoir devient ensuite la propriété de la famille Petitbon de La Ville-Morvan ; | |
la maison Tardivel, située à Brangalo. On y voit un linteau de fenêtre qui date du début du XVIème siècle ; | |
6 moulins dont le moulin à vent de Broons et les moulins à eau de la Claye, de l'Aulne (XIXème siècle), de Broons, |
A signaler aussi :
la motte castrale de Linée, dite la butte du Pré-Robert (moyen âge) ; | |
le souterrain de Brangalo (âge du fer) ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de BROONS
Bertrand Du Guesclin est né vers 1320 au château de la Motte-Broons. Fils de Robert Du Guesclin (ou plutôt de Robert Glaquin, car tel était le nom primitif de cette famille) et de Jeanne de Malemains, dame de Sens, près de Fougères (fille de Foulques de Malemains). L'aïeul de Bertrand Du Guesclin avait épousé, en 1270, l'héritière de Broons. Bertrand est l'aîné de dix enfants : 4 garçons et 6 filles. Parmi les premiers, figure Olivier, qui est le fidèle compagnon d'armes de son frère et devient après la mort de celui-ci connétable de Castille. Parmi les secondes, on aime à citer Clémence, abbesse du couvent des Couëts (dans la paroisse de Bouguenais, près de Nantes) et surtout Julienne, abbesse de Saint-Georges de Rennes. D'abord au service du duc Charles de Blois (vers 1342), puis du roi de France (en 1361), Bertrand est victorieux à Cocherel (en 1364) et fait prisonnier à Auray (en 1364), puis à Navarette (en 1367). Il est fait connétable le 2 octobre 1370 et meurt sans héritier direct au siège du château de Châteauneuf-de-Randon le 13 juillet 1380. Olivier IV de Clisson (1336-1407), successeur de Du Guesclin comme connétable de France, est aussi seigneur de Broons.
Broons possédait jadis une haute, moyenne et basse justice qui ressortissait à Dinan et appartenait à M. de Saint-Pern-Brondineuf. Au moment de la Révolution, les maisons nobles de Broons étaient : le château de la Motte-Broons, la Normandais, le Bois-Pasmallet, les Noës, la Noë-Mallet, la Noë-Brondineuf, le Châtelier, Kergouet et la Ville-Morel, qui appartenait, en 1383, à Yves Millon, trésorier général de Bretagne.
Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 5 nobles de Broons :
| Jehan DU BOAYS (20 livres de revenu) : excusé comme appartenant à la maison du comte de Laval ; | |
| Pierre LE LEVROUX (50 livres de revenu) : comparaît revêtu dune robe ; | |
| Bertrand MILLON de Villemorel (600 livres de revenu) : excusé comme appartenant à la maison du duc ; | |
| Jacques MILLON de la Garenne (200 livres de revenu) : comparaît comme homme darmes ; | |
| Jehan NOUEL : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; |
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