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BREHAN

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La commune de Bréhan (bzh.gif (80 octets) Brehant-Loudieg) fait partie du canton de Rohan. Bréhan dépend de l'arrondissement de Pontivy, du département du Morbihan (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de BREHAN 

Bréhan vient du breton « Brec’han », un clan breton. 

Les origines de Bréhan (ou Bréhan-Loudéac) remontent au Vème siècle avec l'arrivée des Brec'han, bretons venus de Grande-Bretagne. Il s'agit probablement d'une ancienne paroisse primitive qui englobait, outre le territoire actuel de Bréhan, le territoire de Saint-Samson, et qui dépendait initialement du diocèse de Saint-Brieuc.

Durant la Révolution, la paroisse de Bréhan-Loudéac (ou Bréhand-Loudéac) dépend du doyenné de Loudéac. En 1790, Bréhan est érigé en commune, puis devient chef-lieu de canton et comprend alors les communes de Saint-Gouvry, Saint-Samson, Crédin et RohanBréhan est ensuite rattaché au canton de Rohan. Saint-Samson, aujourd'hui en Rohan, dépendait encore en 1284 de la paroisse de Bréhan.

On rencontre les appellations Bréhand ou Bréhant au Vème siècle, puis Bréhan au XVIIIème siècle.

Note : Ce double nom de Bréhan-Loudéac sert à distinguer cette paroisse de celle de Bréhan-Moncontour. On écrivait jadis Bréhant et Bréhand ; aujourd'hui on écrit communément Bréhan. Ce nom paraît composé des mots Bré, qui signifie colline, et han, dont le sens n'est pas bien fixé. Bréhan ferme une longue bande de territoire, dirigée du nord au midi, et bornée à l'est par le cours du Lié, et au sud-ouest par l'Oust. Sa superficie est de 5167 hectares, arrosés par plusieurs cours d'eau ; les terres labourées sont fertiles, mais les landes y sont considérables. En 1891, la population est de 2555 habitants. Le bourg est à 5 kilomètres de Rohan, à 28 de Ploërmel, et à 51 de Vannes. La période celtique est représentée sur ce territoire par un fragment de dolmen, qui se trouve à 2 kilomètres au sud du bourg, dans la lande de Saint-Yves, sur le bord de la nouvelle route, qui conduit à la chapelle ; au milieu est pratiquée une excavation circulaire, d'où partent de petites rigoles. Un menhir se voyait naguère auprès de Pengamp, sur le bord de la nouvelle route de Bréhan à Loudéac ; il a dû servir probablement à l'empierrement de la route, car dans ces parages la pierre n'est pas commune. La période romaine y a laissé plusieurs traces. A l'extrémité sud-est du territoire, sur une lande qui domine le cours de l'Oust, se trouve un camp, que les habitants appellent encore le Camp de César. On y voit une première enceinte rectangulaire, bien conservée, mesurant 50 mètres de longueur sur 40 de largeur. A l'angle sud-est de ce premier retranchement, se trouve une autre enceinte, d'égales dimensions, et, à quelques pas de l'angle sud-est de cette seconde enceinte, commence un large chemin, bordé de forts talus, par lequel on allait, suivant la tradition, abreuver les chevaux à la rivière. A 200 mètres environ, au nord de ce camp, se trouve un champ que les habitants appellent le cimetière des soldats. En faisant les talus de cet enclos, on y a trouvé, vers 1860, des pots remplis de cendres. On n'en a rien conservé, mais il est possible que d'autres urnes cinéraires soient encore enfouies dans ce terrain. On ne sait trop à quelle époque il faut rapporter deux autres retranchements, situés, l'un au nord, entre les Touches et Forville, l'autre au nord-ouest, entre Beauval et Coetquelan, près du ruisseau séparatif de Saint-Samson. On a trouvé à Beauval, en 1890, une pièce de monnaie ossismienne. Quant aux Bretons, il est certain qu'ils ont pénétré dans ce pays. Presque tous les noms de lieux sont tirés de leur langue, comme Bré-hant, Brémaudé, Lès-meur, Glé-coet, Pen-hoet, Coet-uhan, Ty-madeuc, etc... Mais depuis longtemps la langue française y est seule en usage. Il est peu probable que les Normands du Xème siècle aient séjourné sur ce territoire, car il est trop éloigné de la Manche et de l'Océan. Tout au plus auraient-ils pu y faire quelques rapides expéditions (Joseph-Marie Le Mené - 1891). 

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PATRIMOINE de BREHAN

l'église Notre-Dame-de-Bréhan (1880-1884), édifiée à l'emplacement d’un ancien édifice. L'ancienne église, en forme de croix latine, avec une grosse tour au Nord, était en grande partie romane. Elle comportait deux chapelles dont l'une était appelée "chapelle du Saint-Rosaire". L'autel était dédié à l'Ange Gardien. Le 11/03/1769, l'écuyer Yves Pierre de La Villeloays, seigneur de Beauval et Penhouët, et le 13/11/1776, l'écuyer Claude Gabriel de la Villeloais (ou Villeloays) de Beauval, sont inhumés dans l'église de Bréhan, près du balustre ou de la balustrade. Le 25/8/1771, l'écuyer Pierre de Keronyant ou Keroniant est inhumé dans l'église, dans la tombe de la famille d'Estuer. Elle fut entièrement démolie à la fin du XIXème siècle et remplacée par un édifice de style gothique consacré le 10 septembre 1884. La chaire à prêcher et les grilles des fonts baptismaux datent du XIXème siècle ; 

Nota 1 : L'église paroissiale est dédiée à Notre-Dame. L'ancien édifice était en forme de croix latine, avec portes en plein cintre et petites fenêtres romanes. Sur le milieu de la nef s'élevait un petit clocheton en ardoises, pendant qu'une grosse tour carrée était accolée au nord. Sur une tribune en bois, datant du XVIème siècle, étaient sculptées les images des douze Apôtres : cette pièce a été transportée depuis à la chapelle de Saint-Yves. Les seigneurs de Carcado avaient droit de sépulture dans le choeur, ceux de Glécoet et de Coetuhan dans la chapelle de Saint-Louis, au nord, et d'autres dans la chapelle du Rosaire, au sud. Cette église, menaçant ruine, N. Gazio, recteur de la paroisse, se mit en quête pour en construire une nouvelle, et, grâce au généreux concours des habitants, il a réussi dans son entreprise. La nouvelle église, consacrée, le 10 septembre 1884, par l'évêque de Vannes, est en forme de croix latine, avec des bas côtés, le tout dans le style ogival du XIIIème siècle. Le transept du nord est dédié à saint Louis et celui du sud à sainte Anne. Les colonnes de l'inter-transept sont formées d'un faisceau de seize colonnettes, celles de la nef en ont huit. Sur ces hautes colonnes s'élève une voûte élancée, aux proportions les plus correctes. Le plan est dû à M. Meignan, qui a construit plusieurs belles églises dans notre diocèse, et les vitraux, qui donnent l'histoire de la très sainte Vierge, sortent des ateliers de M. Clamens, d'Angers. Les chapelles de la paroisse sont au nombre de trois. — 1. Saint-Isidore, à 5 kilomètres vers le nord, construite en 1718 par les soins de M. Mathurin Collet, prêtre, « dans la lande du Chêne, près de la croix de M. Jean Dollo ». Une chapellenie y fut fondée en même temps, à la charge pour le titulaire de dire « la messe les dimanches et fêtes, à heure de messe matinale, et de faire le catéchisme aux enfants qui s'y trouveront, pour l'utilité et commodité de plusieurs villages, éloignés de la mère église de plus d'une lieue ». Cette chapelle, très commune, a été agrandie en 1888. — 2. Saint-Yves, à 2 kilomètres vers le sud, date de 1538. Son plan est une croix latine, mais le bras nord a disparu. Sur un pilier du bras sud, on lit cette inscription gothique : LAN MILLE V CENT TRANTE HUIT, FUT BATII CETTE CROESSE DE PAR LES PAROISSIENS DE BREHANT. Au transept on lit : HERVE DE TYMADEUC FIT FERE CE PNT, EN L'AN M. V. C. XXXVIII. Près du choeur on voit une pierre tumulaire, sans inscription, offrant le dessin d'une croix simple, avec une épée à droite. La nef porte encore le nom de Huguenoterie, ce qui ferait croire qu'elle a jadis servi de lieu de réunion aux protestants. — 3. Saint-Samson, à un kilomètre à l'est de la précédente chapelle. En 1285, Alain VI, vicomte de Rohan, possédait « la Ville de Seint Sansson et la Ville Houéou, ô toutes leurs appartenances, sizes en la paroisse de Bréhant-Loudéac » (Pr. I, 1072). En 1424, Alain VIII, l'un de ses successeurs, donna par testament « dix livres à l'église de Saint Sampson en Bréant » (Pr. II, 1146). — En 1775, le général de la paroisse « est d'avis que la dite chapelle, comme ruinée qu'elle est véritablement, soit démolie depuis ses fondements, où il sera nécessaire, pour la reconstruire en 40 pieds de longueur, dans les mêmes largeur et hauteur, à l'endroit qu'elle est, le tout sous le bon plaisir du sgr marquis et dame marquise de Grasse, fondateurs d'ycelle ». Cette chapelle porte aujourd'hui le nom de Saint-Marc. Les chapelles privées étaient celles de Saint-Julien à Tymadeuc, de Saint-Nicolas à Coetuhan, et de Saint-Jean à Estuer. Outre ces chapelles, il existe à Brémaudé une fontaine consacrée à saint Melec, où l'on va en pèlerinage, et où l'on porte spécialement les enfants qui ont de la peine à marcher. N'y aurait-il pas eu là jadis une chapelle? Il ne reste ni traces ni souvenir de frairies. Le recteur, à la nomination alternative du pape et de l'évêque, était réduit à la portion congrue qui, dans les derniers temps, était de 500 livres ; il avait de plus son casuel et la jouissance du presbytère et de ses dépendances. C'est à Bréhan-Loudéac que vivaient, en 1484 et 1485, Robin Foucquet et Jean Crès, « maîtres en l'art d'impression », comme l'on disait alors. C'est là qu'ils imprimèrent, en format in-4°, les ouvrages suivants, aujourd'hui très recherchés des bibliophiles, comme incunables bretons : — 1. Le Trépassement de Notre-Dame. — 2. Les Lois des trépassez, avecques le pélérinaige maistre Jean de Meung. — 3. La Patience de Griselidis. — 4. Le Bréuiaire des nobles. — 5. L'Oraison du P. de Naisson. — 6. Le Songe de la pucelle. — 7. Les Coustumes et Constitutions de Bretaigne. Tous ces livres sont composés de quelques feuilles seulement, sauf le septième qui en a 236. (Biog. bret. I. p. 482.). Bréhan-Loudéac faisait alors partie de l'évêché de Saint-Brieuc et de la sénéchaussée de Ploërmel. En 1790, il fut érigé en commune et même en chef-lieu de canton, et eut dans sa circonscription : Saint-Samson, Rohan, Saint-Gouvry, et Crédin. Ainsi constitué, il fut annexé au district de Josselin et au département du Morbihan. Le recteur, V. Le Pioufle, fut aussitôt nommé maire de Bréhan par 60 voix contre 13 ; mais ayant refusé, en 1791 , le serment à la Constitution civile du clergé, il dut, l'année suivante, partir pour l'exil. La révolution vendit nationalement la Maladrerie et plusieurs pièces de terre, dépendant de la fabrique et de diverses fondations. Bréhan passa dans l'arrondissement de Ploërmel en 1800, et dans le nouveau diocèse de Vannes en 1801 ; mais, en même temps, il perdit son titre de chef-lieu de canton, qui fut donné à Rohan. C'est sur ce territoire, au manoir de Tymadeuc, qu'a été fondé, en 1841, un monastère, qui demande une notice spéciale (Joseph-Marie Le Mené - 1891).

l'église de Tymadeuc ou Timadeuc ou Thymadeuc (XIXème siècle). L'église est reconstruite de 1895 à 1898 du temps du père abbé Dom Bernard Chevalier. Elle est placée sous le vocable de Notre-Dame de l'Assomption et consacrée le 1er septembre 1846 par Mgr de La Motte. La statue de la Vierge domine le sanctuaire. Sur le fronton du portail, on remarque les armoiries des Tymadeuc "de gueules à trois molettes d'argent". On peut y signaler un beau calice en argent du XVIème siècle à la base terminée par six lobes arrondis en anse de panier ; 

Nota 2 : Voici une description de l'église en 1927 : L'église de Notre-Dame de Thymadeuc s'élève sur le coteau qui domine du côté nord le vallon de Queuvré. Orientée vers l'est, suivant la tradition liturgique, formant la base du Carré des bâtiments claustraux, conformément aux usages de l'Ordre, elle est complètement dégagée au midi, et présente, de ce côté un aspect splendide avec ses formes à la fois élégantes et robustes. Elle appartient au style monastique par excellence, au style cistercien, que réalisèrent nos belles abbayes du XIIème siècle. Ce ne sont plus les voûtes basses et les piliers massifs du roman primitif, ce ne sont pas encore les hardiesses et les merveilles de l'incomparable siècle de saint Louis. Mais, dirons-nous avec M. Viollet-le-Duc, « l'architecture des abbayes d'alors a un caractère de grandeur, d'élévation et de vérité qui frappe l'imagination et se grave dans le souvenir ». Notre belle église appartient à la seconde moitié du XIIème siècle, presque au style dit de transition. Tout d'abord admirez cette tour de la façade, aux lignes, pures et sévères, sous laquelle s'ouvre la porte principale. Elle doit être couronnée par une flèche, flanquée de quatre clochetons à deux étages, qui portera la croix à 55 mètres vers le ciel. La nef principale s'élève fièrement à 17 mètres et domine les bas-côtés, qu'elle semble protéger de ses solides arcs-boutants. Au centre de la croisée du transept s'élance un svelte et léger campanile, en charpente, recouverte de plomb, à 28 mètre au-dessus du sol. Tout autour de l'édifice courent deux ceintures de modillons fort simples, dans lesquels saint Bernard n'aurait aucune étrange monstruosité à reprendre. Mais c'est l'intérieur surtout qui porte à la piété avec son cachet d'austérité et de grandeur. L'édifice mesure, au dedans, 52 mètres de long ; la largeur des trois nefs réunies est de 18 mètres ; le transept a 7 mètres de largeur sur 21m 60 de longueur. L'abside circulaire, qui termine le grand vaisseau et forme le sanctuaire, n'a pas de déambulatoire ; elle a la largeur de la nef, 7m 40, et, une profondeur de 12m 40 à partir des degrés du presbytère. La voûte principale, en arêtes sur plan carré, monte à 13m 80 ; les voûtes des bas-côtés n'ont que 6m 70. L'édifice est soutenu par trente-deux colonnes monolithes ; de chaque côté de la grande nef et du choeur, elles sont interposées entre des piles carrées, cantonnées de colonnettes engagées. Ces colonnes sveltes, gracieuses, sont surmontées de chapiteaux délicatement fouillés, sur lesquels viennent reposer les nervures des voûtes. La lumière du jour pénètre largement par double rang de fenêtres ; les supérieures, trilobées sur la grande nef et le transept, s'ouvrent au-dessus d'un faux triforium, également trilobé, reposant sur un cordon à modillons, qui ajoute beaucoup à la perspective intérieure. Le jour est tamisé par de modestes grisailles, lesquelles ont reçu à chaque autel un symbolique emblème en rapport avec le saint honoré dans la chapelle. Aux deux bras du transept, au-dessus d'une arcature ajourée, une belle rosace de trois mètres de diamètre achève d'éclairer et d'embellir le monument. Ce qui imprime à cette église un caractère particulier, c'est sa ceinture de chapelles ; celles-ci, au nombre de dix-neuf, sont séparées les unes des autres par une clôture à laquelle est adossé l'autel, et que surmonte un léger fenestrage. L'église, qui compte six travées, dont cinq géminées, se divise ainsi : l'abside formant le presbytère ou sanctuaire proprement dit ; puis viennent la croisée du transept et le choeur des religieux avec ses stalles et ses boiseries de chêne sculpté, qui prennent deux travées doubles ; de chaque côté s'élève ensuite un ambon servant, à l'accomplissement de diverses fonctions liturgiques. Cet ambon, moins régulier qu'un jubé, a l'avantage appréciable de ne pas nuire à la perspective de l'édifice. Nous arrivons alors au choeur des infirmes, réduit à un étroit passage dans lequel ont été placées quelques stalles avec prie-Dieu ; enfin, c'est le choeur des convers, qui occupe l'espace d'une travée et auquel fait suite, au delà de la grille de clôture, un léger intervalle donnant aux retraitants accès au confessionnal, et à l'extrémité duquel se dresse un élégant autel de pierre dédié à sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus. Quelque vaste qu'elle paraisse, notre église est cependant relativement petite pour les usages monastiques, et nos Frères convers n'y peuvent avoir de choeur proprement dit, avec des stalles pour l'encadrer ; les leurs sont rangées de chaque côté sur plusieurs lignes faisant face au maître-autel. Enfin, une vaste tribune, portée sur quatre colonnes monolithes et se raccordant avec les grandes lignes de la nef, s'adosse à la tour et donne place aux séculiers qui veulent assister à nos offices. Outre l'autel dédié à sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, dont nous venons de parler, notre, église en possède vingt-quatre autres, dont vingt-deux sont en pierre, dans le style de l'édifice et plus ou moins ornementés, selon la place qu'ils occupent dans le lieu saint. L'autel majeur est naturellement le plus travaillé. Il est dominé en arrière, et à la hauteur du triforium, par la statue de Celle qui est à la fois la Reine et la Patronne de notre Ordre. De son trône élevé, elle semble, avec nos prières, recueillir le sang même de l'auguste Sacrifice pour l'offrir à la Majesté divine et nous apporter en échange les dons et les trésors célestes : " Car Dieu, dit notre Père saint Bernard, a voulu que nous eussions tout pour Marie ". Aux extrémités du transept sont deux autels, qui sont aussi de grand style, dédiés, l'un au Sacré-Coeur, l'autre, à saint Joseph, dont l'aide nous est si, précieuse et si consolante dans les angoisses des mauvais jours. Entre le choeur et les premières stalles de nos Frères convers, se dressent les, autels en bois sculpté de la Sainte Vierge et de saint Michel, appelés respectivement De Beata et Pro Defunctis. Suivant les traditions cisterciennes, on célèbre chaque jour au premier une messe en l'honneur de Marie, pour les membres de l'Ordre, leurs parents et leurs bienfaiteurs encore vivants, et une autre au second pour ceux qui ne sont plus. Enfin, tout le long des bas-côtés, sont rangés, dans les chapelles mentionnées plus haut, d'autres autels plus simples, dominés chacun par la statue du saint auquel il est dédié, et dont l'ensemble nous présente, en une magnifique synthèse, le progrès et l'épanouissement de la vie chrétienne et religieuse dans l'Eglise. Ce sont d'abord, appartenant à l'ancienne loi, sainte Anne, la patronne aimée des Bretons, et saint Jean-Baptiste, le premier modèle des moines ; puis, les amis de Jésus, saint Jean l'Evangéliste, le disciple vierge ; sainte Madeleine, la pénitente et la contemplative. Viennent ensuite, suivant le cours des âges, saint Pierre et saint Paul, les deux colonnes de la maison de Dieu, et, après eux, les anachorètes, les cénobites illustres, les fondateurs d'Ordres, les maîtres de la spiritualité : saint Antoine, qui rappelle la Thébaïde ; saint Jérôme, le solitaire de Bethléem ; les grands moines-évêques, saint Augustin et saint Martin, nos maîtres et nos modèles ; saint Benoît, le législateur des moines d'Occident ; saint Etienne, l'organisateur de l'Ordre de Cîteaux ; saint Bernard, sa gloire incomparable ; saint Bruno, l'instituteur des Chartreux ; saint Dominique et saint François d'Assise, les chefs des grandes familles religieuses du XIIIème siècle ; enfin dans des temps plus rapprochés, saint Ignace de Loyola, le fondateur de la Compagnie de Jésus ; saint Vincent de Paul, le Père des Prêtres de la Mission et des Filles de la Charité. Une dernière chapelle, à l'entrée du saint lieu, est réservé  à l'Ange Gardien. A chacun des autels, une plaque de marbre rappelle les noms des donateurs. On y voit inscrits ceux des prélats de la province : Son Eminence le cardinal Labouré, archevêque de Rennes ; Mgr Bécel, évêque de Vannes ; Mgr Latieule, son digne successeur ; Mgr Fallières, de Saint-Brieuc ; Mgr Valleau, de Quimper ; puis, deux évêques bretons de naissance, Mgr Trégaro, de Séez ; Mgr Dubourg, de Moulins ; enfin, Mgr Mathieu, alors archevêque de Toulouse. Ensuite, ce sont les noms des monastères de l'Ordre qui ont voulu nous donner cette marque généreuse de leur fraternité : La Grande-Trappe, Melleray, le Port-du-Salut, Aiguebelle, Sept-Fons, Bricquebec et Achel. Nous trouvons encore les noms d'antres bienfaiteurs, comme MM. les abbés Brivain et Viet ; M. Félix Canivet ; MMmes Duringer et Robo ; Mlles Pégorier. Deux des autels ne portent que les mystérieuses initiales M. F. G. et F. F. A.  Enfin, l'autel de l'Ange Gardien fut offert par un groupe d'amis du monastère. Ce que l'on admire encore dans notre église, ce sont les stations du Chemin de Croix. Ces tableaux en relief, aux nombreux personnages d'attitudes si naturelles, de physionomies si expressives, ces scènes toutes si pieusement inspirées, si religieusement rendues, font le plus grand honneur à l'artiste, M. Bouriché, d'Angers. En même temps et surtout, ce chef-d'oeuvre offre le plus riche aliment à notre piété personnelle. La dévotion du Via Crucis est chère au Trappiste. Comme nous le lisions sur les murs de notre vieux Cloître « Jésus-Christ, a souffert, il nous a laissé son exemple ». Et chacun de nous aime à redire avec l'Apôtre : « Je ne me glorifie que dans la croix de Notre Seigneur Jésus-Christ ».  Pour terminer cette description, nous ajouterons que tout l'édifice est pavé en mosaïque. Le dessin en est simple et harmonieux ; au centre du presbytère est le chiffre de Marie ; au milieu du transept, le symbole de l'espérance avec les mots O Spes Nostra, Salve. Voilà, en quelques mots rapides, une esquisse de notre belle et solide église de granit, qui perpétuera, à travers les âges de foi, la piété des moines de Notre-Dame de Thymadeuc (Anonyme - 1927). 

la chapelle Saint-Yves (XVIème siècle), reconstruite au XIXème siècle. Près du village de Saint-Marc, existait jadis une vieille chapelle qui était l'édifice religieux le plus intéressant de la commune de Bréhan. Deux inscriptions, l'une sur un pilier du croisillon Sud, l'autre au carré du transept, apprenaient que la chapelle avait été construite en 1535-1538 par les soins des paroissiens de Bréhan et d'Hervé de Tymadeuc. Elle était primitivement en forme de croix latine, mais le croisillon Nord avait disparu. Les arcades en plein cintre du choeur et du transept reposaient sur des colonnes cylindriques à chapiteaux formés d'une simple moulure. L'édifice était couvert d'une charpente à entraits à têtes de crocodiles et à sablières sculptées d'anges, d'animaux et de personnages grotesques. Une pierre gravée et quelques éléments de charpente viennent rappeler l'ancienne chapelle de 1535. L'actuelle chapelle, bâtie au XIXème siècle sur un plan rectangulaire, est dotée d'un chevet à trois pans qui supporte le clocher. Sur le fronton du portail d'entrée, sont gravées les armes des Bréhan. Une pierre tombale, sans inscription, présente en creux le dessin d'une croix avec une épée à droite. On a transporté dans cette chapelle les panneaux de bois sculptés (ornés de bas-reliefs représentant les saints apôtres) du XVIème siècle, provenant de la tribune de l'ancienne église (le Jubé date de 1535). La chapelle abrite des statues de saint Nicodème et de saint Jean, en bois polychrome et datées du XVIIIème siècle ;

la chapelle Saint-Marc (XVIème siècle), profondément remaniée en 1775 par le marquis de Grasse. Autrefois dédiée à saint Samson, elle a pris le nom du village où elle est édifiée. Elle existait, déjà, semble-t-il, en 1285, époque à laquelle Alain VI de Rohan possédait "la ville de Seint-Sansson et la ville Houéon" en la paroisse de Bréhan (Dom Morice, Histoire de Bretagne, Preuves, T. 1, col. 1072), et sûrement en 1424, date à laquelle Alain VIII de Rohan donna par testament dix livres à l'église de Saint-Samson en Bréhan (Dom Morice, Histoire de Bretagne, Preuves, T. 2, col. 1146). Elle fut démolie en 1775 et reconstruite par les soins du marquis et de la marquise de Grasse (archives municipales de Bréhan-Loudéac : délibérations du général pour 1775), sans aucun caractère architectural. De l'ancien édifice, la chapelle conserve sa charpente d'origine et le dallage en terre cuite. Elle abrite deux dalles funéraires, et des statues de saint Samson, de saint Marc et de saint Adrien, datées du XVème siècle. Un fragment porte les armes de la Bretagne et de Rohan ; 

la chapelle Saint-Isidore (XVIIIème siècle). Edifiée en 1718 "dans la lande du Chêne, près de la croix de M. Jean Dollo" par les soins de Mathurin Collet, prêtre, cette chapelle est agrandie en 1888. Il s'agit d'un édifice de forme rectangulaire et surmonté d'un petit clocher charpenté. La chapelle est bénite le 5 février 1719. Le chevet date de 1888 ; 

le calvaire de Guengolvien ou Guengobrien ; 

le calvaire de la croix mal-mise (XVIème siècle-1711) ; 

le calvaire et la fontaine de Duran (XXème siècle), situés route de Saint-Marc ; 

le calvaire de Tymadeuc (1946), situé route de Tymadeuc. Il est élevé en 1946 à la mémoire du père Guénaël de Timadeuc (déporté, il meurt au camp de Buchenwald, le 3 janvier 1945) ; 

la croix Saint-Méléc (1770), située à Brémaudé ; 

le manoir de l'Estuer (XVIème siècle). Il s’agit d’un ancien château fortifié. Propriété successive des familles Estuer (ou Destuer), Roque ou Rocque (en 1536), du Breil de Rays (en 1654), Francheville du Pelinec, du Breuil de Pont-Briand de la Caunelaye. Propriété d'Alain Destuez ou d'Estuer en 1426 et 1427, de Thomas et sa fille Louise Destuer en 1513, de Dourdet de La Rocque en 1536 et en 1550, du Breil de Rays (en 1654) et de Keronyant ou Keroniant. On peut encore voir les ruines d'une tour de défense, ainsi que l'entrée d'un souterrain. La manoir possédait autrefois une chapelle privée, dédiée à Saint-Jean et détruite à la Révolution ; 

l'abbaye de Tymadeuc (1841), ancien siège de la seigneurie qui a appartenu à la famille Tymadeuc, puis successivement aux familles Cosquat, Tilly, Jocet et du Bot. Propriété de Jehan de Tymadeuc ou Tymadec en 1426 et 1427, d'Olivier de Timadeuc en 1442, de François, fils de Jean de Tymadeuc en 1513 et d'Hervé de Tymadeuc en 1536. Acheté en 1841 par les moines cisterciens de l'abbaye de la Trappe en Normandie, le manoir est englobé dans l'enceinte de la nouvelle abbaye trappiste Notre-Dame de Tymadeuc. Le manoir possédait autrefois une chapelle privée dédiée à Saint-Julien ; 

Nota 3 :  Au XIème siècle, Le Porhoët était l'un des fiefs les plus importants de Bretagne. A cheval sur le cours moyen des deux rivières du Blavet et de l'Oust, il occupait, au centre du pays, un vaste territoire allant de Corlay aux abords de Malestroit, et de Langonnet à Merdrignac. Vers 1120, il se vit diminuer de plus de moitié par la fondation de la vicomté de Rohan, à laquelle furent attribuées presque toutes ses possessions de la rive droite de l'Oust. Il se divisa alors en deux juridictions : celle de Josselin, qui était son chef-lieu, et celle de La Chèze, dont le château fort s'élevait fièrement, à quarante kilomètres plus au nord, sur les bords du Lié. C'est à cette dernière qu'appartenait la paroisse de Bréhan (ou Bréhand), sur laquelle s'établit, on ne sait exactement à quelle époque, la seigneurie de Timadeuc. Bréhan ou Bréhand, fut jadis le siège d'un fief qui a donné son nom à l'illustre maison de Bréhand-Plélo, qu'Ogée prétend connaître depuis 1080. Cette paroisse est donc d'origine très ancienne, et, au moyen-âge comme de nos jours, elle était limitée à l'ouest par la rivière d'Out, qui la séparait de Crédin, et elle s'étendait jusqu'aux portes mêmes de Rohan. Son histoire est intéressante. Il est notamment un fait dont elle est justement fière et dont il ne faut pas laisser perdre le souvenir : c'est celui d'avoir possédé, la première, en Bretagne, une imprimerie. Celle-ci avait été installée, dès 1484, sur les bords du Lié, par les soins de Jehan de Rohan, seigneur du Gué de Lisle, qui possédait un château dans ces parages. Dirigée par Robin Foucquet et Jean Crès, elle avait joui pendant quelque temps d'un renom mérité ; à la mort de son protecteur, elle déclina peu à peu et finit par disparaître. Sur vingt-trois incunables bretons, douze en sont sortis. Outre Timadeuc, Bréhan possédait sur son territoire plusieurs autres seigneuries dont les principales étaient Quengo, Estuer, Glécouet, Coëtuhan et La Touche. Elles furent longtemps florissantes, mais la Révolution les ruina. Il ne reste debout de nos jours que les châteaux de Coëtuhan et de Quengo. Le fief de Timadeuc était situé à l'extrémité occidentale de la paroisse, qui faisait alors partie du diocèse de Saint-Brieuc. A trois kilomètres de Bréhan, presque sur la vieille route qui conduisait de Rohan à Josselin, le manoir lui-même s'élevait sur le flanc d'une colline boisée de la rive gauche de l'Oust, dont à peine quelques centaines de mètres le séparaient. Le souvenir de son style primitif ne s'est pas conservé jusqu'à nos jours. Tombant de vétusté sans doute, il fut reconstruit au commencement du XVIème siècle, et c'est la description du nouvel édifice que nous trouvons dans un acte de prisage des terres et dépendances de Timadeuc, à la date du 8 juillet 1669. Il occupait la place de l'hôtellerie actuelle du monastère. L'ensemble des bâtiments, formant quadrilatère, renfermait une cour dans laquelle on pénétrait, du côté du levant, par un portail construit en maçonnerie sous couverture d'ardoise. Au fond de la cour, face au portail, s'élevait le logis principal, derrière lequel se trouvait le verger. Il était d'une simplicité toute patriarcale. « La maison et manoir noble de Timadeuc, dit notre document, exposée à l'orient, construite de maçonnaille et de taille, couverte d'ardoise, renferme une salle à laquelle on accède par un perron de marches de taille, en saillie vers la cour, sous couverture d'ardoise, en pavillon soutenu de deux piliers de bois. Il s'y trouve aussi deux chambres de plain-pied, garnies de cheminées, au-dessous desquelles chambres et salle sont deux caves, une cuisine, un office et une écurie... sur tout quoy sont trois greniers. Contient le dit corps de logis cent seize pieds et demi de long et de large par réduction vingt-deux pieds ». De plus, les extrémités du bâtiment étaient garnies à l'ouest de deux tourelles servant à des usages divers. Le côté septentrional du quadrilatère était formé d'un pavillon en forme de dôme relié à un second corps de logis, puis d'une grange de vingt-sept mètres de longueur. A l'est, se trouvaient un appentis, une écurie, le portail, un bâtiment renfermant les deux fours et le pressoir, un pavillon contenant plusieurs chambres et un grenier ; du côté du midi enfin, il y avait une dernière écurie par laquelle on accédait au jardin et une galerie couverte qui la reliait au bâtiment principal. Tel était le plan de l'ancien Timadeuc. Il n'avait rien d'extraordinaire, et l'on rencontre encore aujourd'hui en Bretagne quelques vieux manoirs présentant la même configuration. La maison noble possédait aussi à l'extrémité orientale du grand bois qui l'abritait au nord et à l'est, une chapelle dédiée à saint Julien et dont un des vitraux portait les armes des Timadeuc : de gueules à trois molettes d'argent (Note : L'ancienne chapelle de Saint-Julien se trouvait à l'extrémité sud-est du verger où s'élève en 1927 la lessiverie du monastère, lessiverie alimentée d'ailleurs à l'époque par la fontaine de saint Julien transformée en puits). Elle avait deux métairies : celle de la Porte, qui s'étendait au couchant et touchait au manoir lui-même, et celle de Saint-Julien, sise à proximité de la chapelle, et dont les bâtiments s'élevaient sur la rabine qui  conduisait à Bréhan. En 1639, ainsi qu'en témoigne un aveu de Jan de Cosquat à Marguerite de Rohan, elle comptait également deux moulins : le moulin de Jagu sur la rivière d'Out et celui de Charjouer. L'acte de 1669 ne mentionne plus que ce dernier, situé à trois cents mètres au midi du manoir. Placé à l'extrémité d'un étang qu'alimentaient de nombreuses sources et le ruisseau qui descend du village de Carrais, il a complètement disparu : une pauvre chaumière, bâtie sur ses ruines et qui porte son nom, en perpétue seule le souvenir en 1927. Quant au premier, nous ne savons exactement ce qu'il est devenu. En 1669, s'il n'était pas détruit, il était certainement aliéné ; et nous croirions volontiers que le moulin de Jagu d'autrefois n'était autre que celui de Coët-Moru en 1927, qui, lui aussi, se trouve sur la rivière d'Oust, à l'extrémité nord de la grande prairie du monastère. La seigneurie de Timadeuc jouissait du privilège de menée au ressort de La Chèze. C'est là d'ailleurs que, ne possédant pas d'auditoire particulier, elle tenait sa justice, haute et basse, qui, suivant la déclaration du procureur fiscal du temps, s'exerçait encore en 1769. Sa juridiction s'étendait sur plus de cinquante tenues réparties entre les villages de Quengobriant, Boval, Pécanne, Carrais, Queuvray, La Grenouillière, La Ville-Hoyo, La Touche-Aguesse, La Villeslan, Le Hézay, en la paroisse de Bréhan, et de Couesclan en Saint-Samson. Elle jouissait donc d'une certaine importance. La date des origines de Timadeuc est tout à fait incertaine. Il est cependant évident que ce manoir existait déjà au XIVème siècle. Dès cette époque, il avait en effet donné son nom à une famille marquante dont un représentant est mentionné par Dom Morice en 1370. Ce contemporain des Duguesclin et des Clisson, sous les enseignes desquels il a peut-être combattu, a le nom d'Henry Timadec, et il est présenté comme faisant à ce moment partie de la montre du sire de la Hunaudière. Le XVème siècle signale en 1423 Jan de Timadeuc, et, en 1468, Olivier de Timadeuc, puis un second Jan dont le successeur, François, vivait encore en 1513. A ce dernier, succéda Hervé, qui comparut à la Réformation de 1535 ; puis vint un troisième Jan, dont le nom nous est transmis par un aveu concernant la tenue Bourrhis, au village de Carrais, dans la paroisse de Bréhan, en 1536. Ce Jan de Timadeuc épousa Claude de Kergrist et il en eut deux enfants : François, qui naquit en 1543, et Renée en 1545. François, mentionné comme seigneur de Timadeuc en 1578, eut un fils, Claude, que nous lui trouvons comme successeur en 1601, et qui mourut sans enfants. Il fut le dernier des Timadeuc. Son héritage échut à sa tante Renée, devenue l'épouse de Jacques de Cosquat. Les de Cosquat possédèrent Timadeuc pendant soixante ans. Jan de Cosquat en est désigné comme le seigneur dès 1606 ; et il nous dit lui-même, dans l'hommage qu'il fait de son fief à Marguerite, duchesse de Rohan, en l'année 1639, qu'il tient celui-ci à titre d'héritier de sa mère, Renée de Timadeuc. Il s'intitule seigneur de Timadeuc, du Loû, de Couesby, La Touche et autres lieux, et il demeure le plus ordinairement dans sa maison du Loû, située dans la paroisse de Saint-Léry, au diocèse de Saint-Malo. René, son fils et successeur, habita « sa maison et manoir de Coëtuhan » située aussi dans la paroisse de Bréhan et dont il est question au commencement de ce chapitre. A la mort de sa première femme, Marguerite de Boisjagu, il épousa, le 6 septembre 1662, dans la chapelle du manoir noble de Kerguzengol, en Naizin, Demoiselle Catherine Le Moyne, dame de Talhouët, et mourut sans enfants en 1666. Cependant, dès le commencement du XVIIème siècle, le comté de Porhoët avait subi une nouvelle mutilation. En 1603, par suite d'aliénations diverses, dont nous n'avons pas ici à exposer les motifs, le domaine de la vicomté de Rohan se trouvait sensiblement diminué. Le roi de France Henri IV, pour reconnaître les loyaux services de son possesseur, qui était d'ailleurs son cousin germain, voulut en faire un duché-pairie. Mais, trouvant qu'il n'était plus d'assez belle taille, il l'agrandit en lui annexant la châtellenie de La Chèze, avec ses vingt et une paroisses, distraites du comté de Porhoët. Timadeuc fit dès lors partie du duché-pairie de Rohan ; c'est ce qui explique l'hommage que Jan de Cosquat fit de son fief, en 1639, à Marguerite de Rohan, fille et héritière du duc Henri II. René de Cosquat avait établi son neveu, Jan de Tilly, son légataire universel. Celui-ci, ayant eu à faire face à des obligations très onéreuses, et s'étant vu condamner, par arrêt de la Cour de Ploërmel, à verser à la veuve de son oncle le tiers des revenus des « héritages du défunt », se vit dans l'obligation d'aliéner le fief de Timadeuc, ne conservant pour lui que la propriété du manoir et de ses deux métairies. Lui et ses descendants n'en continuèrent pas moins, jusqu'à la Révolution, à porter le titre de : Seigneurs de Timadeuc, dont se paraient aussi les possesseurs du fief. D'où une légère obscurité qu'il est facile d'éclaircir. En 1680, le fief de Timadeuc était entre les mains de noble Escuyer Guillaume de la Houlle et de dame Jacquette Lévesque, sa compagne, Seigneur et dame de Casset, Quilfau, la Rouardais, Timadeuc et autres lieux. Il appartenait en 1733 à Marie-Anne-Louise Gatechaire, comtesse de Nonant, veuve de Jacques, comte de Nonant, et héritière de Jacquette Lévesque, sa mère. En 1770, enfin, il était la propriété de Joseph d'Aen, chevalier, seigneur de Launay, Brégaud, Timadeuc, La Touche-Aguesse, Quengobriant et autres lieux, lequel le légua à ses filles qui en furent dépouillées par la Révolution. Mais ces divers possesseurs du fief ne furent jamais propriétaires du manoir de Timadeuc. Jean de Tilly (ou Jan de Tilly) avait deux filles, Marie-Françoise et Janne-Marie (ou Jeanne-Marie). En 1692, il maria l'aînée, qui devait être l'héritière de Timadeuc, à Messire Louis-Gratien Jocet, chevalier, seigneur de Kervillart et de la Pommeraye (Note : Janne-Marie de Tilly devint plus tard dame du Chastelet). De ce mariage naquit, en 1694, Marie-Françoise, qui, vingt ans plus tard, épousa François-Paul Brellec, chevalier, seigneur de Kermonal, Roscalet et autres lieux. Puis, vinrent au monde : Joseph-Marie, Gabriel-Anne-Marie, François-Louis (1704), Hyacinthe-Jean-Marie (1707). Ce fut Joseph-Marie qui, à la mort de ses parents, hérita du manoir de Timadeuc. Nous l'y trouvons en 1733, faisant une requête pour la conservation de ses droits sur Bodegat (Note : Dans cette requête il est fait mention d'un curieux usage de la nuit de Noël, relaté, croyons-nous, par l'abbé Piéderrière, et chanté en vers burlesques par un poète original de la fin du siècle dernier). Il mourut sans enfants, laissant ses biens à son frère Gabriel-Anne-Marie. Celui-ci avait épousé Mathurine Autron, qui, de 1721 à 1730, lui avait donné six enfants : Jean-Baptiste (ou Jan-Baptiste), Catherine, Vincent-Gilles, Vincent-François, Noël-Joseph et Marie-Bonaventure. Ce fut l'aîné qui lui succéda vers 1750. Les registres de la paroisse de Kerfourn nous montrent, en effet, Jean-Baptiste de Kervillart y remplissant l'office de parrain en 1757 et en 1759. A cette première date, il est qualifié des titres de chevalier et de seigneur de Timadeuc ; par conséquent, son père était déjà mort. Sa sœur, Catherine-Perrine Jocet, figure elle-même comme marraine à Kerfourn en 1756, puis à Saint-Patern de Vannes, en 1765. C'est dans cette dernière paroisse qu'elle épousa, le 25 juillet 1780, Messire Laurent-Joseph-Charlot de Chauvey. Jean-Baptiste Jocet de Kervillart mourut sans héritiers et fut remplacé, comme seigneur de Timadeuc, par son frère Noël-Joseph-Louis, que nous y trouvons, au 26 mars 1770, portant le titre de lieutenant des grenadiers du régiment de Lespinais. Il avait pour femme Agnès-Françoise de la Rochère. Il ne vécut pas toujours à Timadeuc ; en 1781, il habitait le château de Karel. Il trépassa, sans postérité, à une date que nous ignorons, laissant son héritage à sa soeur Marie-Bonaventure, devenue dame de la Villéon. Celle-ci perdit son mari d'assez bonne heure. Pendant la Révolution, elle habita ordinairement Vannes, avec son fils Louis-Alexandre, sous le nom de citoyenne La Villéon. Elle ne parut qu'à de rares intervalles à Timadeuc, pour y défendre ses intérêts lésés par des voisins peu scrupuleux. Le procès qu'elle engagea contre les propriétaires de la Ville-Ruault, au sujet de la possession de la lande des Rohan et d'une pièce de terre, dite de la Croix-Nicolle, dura vingt ans (1798-1818). Elle n'en vit pas l'issue. En 1820, son fils, Louis-Alexandre de la Villéon, pour des causes dont nous n'avons pas connaissance, vendit Timadeuc et ses deux métairies à M. Charles-François-Marie du Bot. Charles-François-Marie-Louis-Jacques du Bot possédait déjà, dans la paroisse de Bréhan, les châteaux de Coëtuhan et de Glécouet. Page de la Reine, officier au régiment provincial de Vannes, chevalier de Saint-Louis, il était fils d'Armand-François-Amador du Bot et de Marguerite-Emilie-Judith du Moulin, héritière de la Grée Callac, dans la paroisse de Monteneuf. Il était né à Augan en 1748, et, le 24 avril 1775, il avait épousé, à Bréhan-Loudéac (ou Bréhand-Loudéac), Hyacinthe-Marie de Guéhenneuc, dame de Glécouet, qui y mourut le 11 mai 1782. Ce mariage lui avait donné une fille, Marie-Charlotte-Angélique, qui naquit à Josselin, le 23 juin 1778. Le 18 janvier 1789, il s'était uni en secondes noces à Agathe-Charlotte-Anne du Bot de Talhouet, qui ne lui avait pas laissé d'enfants. Enfin, en 1799, il avait pris pour épouse Thérèse-Sainte-Pauline Le Mallier de Chassonville, née à Saint-Gravé et « nommée » à Anetz en 1782. Il ne jouit pas longtemps de l'acquisition de Timadeuc, car il mourut en son château de la Grée-Callac vers le milieu de 1826, à l'âge de soixante-dix-huit ans. Cependant, abandonné depuis de longues années et ne recevant aucune réparation, le manoir de Timadeuc, qui était devenu la propriété de Mme la comtesse du Bot à la mort de son mari, présentait l'aspect d'une ruine. L'une de ses tourelles s'était effondrée, et la plupart des bâtiments qui formaient l'enceinte de la cour intérieure avaient disparu. Seul un pavillon, encore quelque peu convenable, pouvait recevoir les maîtres, lorsque ceux-ci venaient visiter leurs fermiers. L'état des terres était à l'avenant. Les guerres de la Révolution et de l'Empire avaient privé l'agriculture de ses meilleurs bras ; aussi, celle-ci languissait-elle partout et particulièrement en Bretagne. Cette détresse de Timadeuc n'a donc rien en soi qui doive véritablement nous surprendre. Elle explique parfaitement les appréhensions qu'éprouvèrent ses possesseurs à l'idée des travaux énormes qu'il eût fallu entreprendre pour le ramener à sa première prospérité. La Providence cependant avait décidé de le relever de ses ruines. Son heure approchait ; sous son action bienfaisante, le vieux manoir, qui, dès l'origine, avait été le berceau de tant de preux chevaliers, défenseurs-nés de l'Eglise, de la veuve et de l'orphelin, allait peu à peu magnifiquement refleurir sous la main vaillante de nouveaux soldats du Christ, les moines Cisterciens de la Stricte Observance.

le moulin à papier (1484) et le moulin de la Fosse (1850, rénové en 1900) ;

A signaler aussi :

l'ancien château de Coëthuan ou Coëtuhan (XVIIIème siècle), siège de la seigneurie qui a appartenu à la famille Bréhant (ou Bréhan). Lors de la réformation de 1426, sont mentionnés Pierre et Olivier de Coettuhan. Propriété de Guyon de Couetuhan en 1442, d'Edouard de Brehant en 1513 et de Jehan de Brehant en 1536. Cette seigneurie passe successivement entre les mains des familles Apvril (en 1609), Cosquat (en 1640), Guéhennec (en 1660), du Bot (en 1777). Le manoir possédait autrefois une chapelle privée dédiée à Saint-Nicolas. Les seigneurs de Coëthuan avaient droit d'enfeu dans la chapelle Saint-Louis. Détruit par un incendie en 1961, le château et la chapelle (alors propriété de la famille Lerat-Carré) sont rasés en 1980 par M. Aubry ;

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ANCIENNE NOBLESSE de BREHAN

Les seigneuries de la paroisse étaient :

1.     Beauval, vers le nord-ouest : aux Guillart, Bino, Villeloays.

2.     Belette.

3.     Bréhant, berceau de la famille de ce nom, connue avant 1100, partagée en plusieurs branches, et finalement éteinte en 1879.

4.     Coetuhan, aux Bréhant en 1450, aux Apvril en 1609, puis aux Cosquat en 1640, aux Guéheneuc en 1660, et aux du Bot en 1777.

5.     Estuer, à la famille de ce nom, aux Roque en 1550, aux du Breil de Rays en 1654, puis aux Keronyant.

6.     Glécoet, aux Bréhant dès 1272, aux Apvril en 1609, puis aux Cosquat en 1640, aux Guéheneuc en 1660.

7.     Maré, aux Bréhant en 1540, aux Guéheneuc en 1620.

8.     Quengo-Briant, aux Gambert en 1660.

9.     Tymadeuc, aux Tymadeuc, Cosquat, Tilly, docet, et du Bot.

10.    La Touche, aux Bréhant en 1500 et 1640.

11.    La Touche, aux Agaisse en 1520.

12.   La Tuvenaye, vers le nord-ouest.

13.   La Ville-Morvan, aux Agaisse en 1520.

Toutes ces seigneuries relevaient des vicomtes de Porhoet, et plus tard des ducs de Rohan (Joseph-Marie Le Mené).

Lors de la réformation de 1426, sont mentionnés plusieurs nobles de Bréhan-Loudéac : Alain Destuez, Jehan de Tymadec, Olivier de Bovale, Edouard de Brehant, Pierre de Coettuhan, Olivier de Coettuhan, Alain de Berlagat et Jehan de Bréhant.

Lors de la réformation du 4 janvier 1442, sont mentionnés plusieurs maisons nobles de Bréhan-Loudéac : Mare (à Alain de Bailagat), Coëthuan (à Guyon de Couetuhan), Glécouët (à Edouard de Brehant), Pirit (à Edouard de Brehant), la Touche (à Jean de Brehant), L'Esthuer (à Jean Destuer), la Tuvenaie ou Tuvenaye (à Olivier de Couetuhan), Beauval (à Olivier de Bovalle), Timadeuc-Abbaye (à Olivier de Timadeuc), Bréhan-Loudéac (à Alain de Couetuhan), la Cheze (au vicomte de Rohan), les Bois (à Guillaume Flours).

Lors de la réformation du 27 mai 1536, sont mentionnés plusieurs maisons nobles de Bréhan-Loudéac : la Jullienaye et la Ville-Hoyeux (au sieur du Gué-de-l'Isle), l'Esthuer (à Dourdet de La Rocque), Glécouët, Coëthuan et Pyryt (à Jehan de Brehant et ses héritiers), Quengobrien (à Jehan Henry et son épouse Marguerite de Quengo), Timadeuc-Abbaye (à Hervé de Tymadeuc), Beauval (à Philippe de Bovalle, fils d'Alain de Bovalle), la Touche (à Thébaud de Brehant), la Touche-Aguesse (à Hervé de Tymadeuc), Mare (à Gilles de Brehand et son épouse Isabeau de Marre), Bréhan-Loudéac (à la famille de Couetuhan), les Bois (à Marguerite Eudoux), la Ville-Morvan (à Alain Agaisse), Quengobrien (à Jehan de Trevegat et son épouse, dame de Beaurepere).

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Saint-Brieuc de 1480, on comptabilise la présence de 13 nobles de Bréhand-Loudéac : 

Alain AGAISSE (60 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; 

Morice BUDES (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; 

DE BODEGAT (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; 

Françoise DE PLUFFRAGAN représentée par Henry CADORET (120 livres de revenu) : comparaît comme homme d'armes ; 

Henry CADORET de Estuer (300 livres de revenu) : comparaît comme homme d'armes ; 

Thomas CADORET (100 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; 

Alain DE BREHAND de Glécouët (70 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une vouge ; 

Jehan DE BREHAND (80 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; 

Jehan DE BREHAND de la Tousche (50 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Jehan DE COETUHAN : excusé comme appartenant à une compagnie d'ordonnance ; 

Selvestre DU GUE DE L'ISLE (7 livres de revenu) : excusé comme appartenant à la maison de Rohan ; 

Jehan EUDOUS (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît vêtu en archer ; 

Jehan TIMADEUC (140 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

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