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BOURG-DES-COMPTES

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La commune de Bourg-des-Comptes (bzh.gif (80 octets) Gwikomm) fait partie du canton de Guichen. Bourg-des-Comptes dépend de l'arrondissement de Redon, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de BOURG-DES-COMPTES

Bourg-des-Comptes vient du latin "burgus" (bourg) et de "combe" (vallon). Certains historiens prétendent que ce dernier mot vient probablement du breton kon, angle, parce que la paroisse de Bourg-des-Comptes occupe l'angle fait par la Vilaine et le Samnon, rivières formant jadis les limites du comté de Rennes. D'autres le font venir de komb, mot également breton qui signifie vallon.

La paroisse de Coms ou Comps ou Bourg-Con existait dès 866. A partir du IXème siècle et jusqu'au XVIème siècle, la majeure partie de la paroisse de Bourg-des-Comptes dépend du monastère de Redon et/ou de celui de Saint-Jacques de Montfort. Les donations reçues par l'Abbaye de Saint-Sauveur de Redon sont placées sous la dépendance de l'Hôtel de la Chapelle qui relevait du prieuré de Pléchâtel. L'Abbaye de Saint-Jacques de Montfort reçoit l'église en 1224 de Josselin de Montauban, évêque de Rennes. Le nom de cette paroisse est écrit "Burgo Comitum" dans la bulle du pape Eugène IV (1431-1447), en 1446.Le 12 août 866, Salomon, roi de Bretagne, donna à saint Convoyon et aux autres religieux de Redon réfugiés à Maxent, pour le repos éternel de l'âme de la reine Wembrit, sa femme, une terre appelée Macoer, ou le Val-Medon, située dans la paroisse de Coms, au confluent des rivières la Vilaine et le Samnon : « Donavi eis Macoer que alio nomine vocatur Valium Medon, sitam in pago redonico, in plebe que vocatur Coms, habens ex uno latere fluvium qui vocatur Visnonius et ex alio latere alium fluvium qui vocatur Samanun » (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 41). Cette donation fut faite au château d'Hégodebert, en présence d'un grand nombre de nobles. Peu de temps après, le 2 mai 871, une femme noble nommée Godilde, du consentement de son mari, appelé Permig, et Guntaire, son fils, vendirent à Liosic, abbé de Redon, réfugié à Maxent, tout leur héritage, situé au lieu nommé Maf, dans la paroisse de Cons : « In loco qui vocatur Maf... et est situm in pago redonico, in plebe que vocatur Cons ». Cette vente fut faite à Maf même, pour la somme de 200 sols (Cartulaire de l'abbaye de Redon,  195). Il ressort de ces actes qu'au IXème siècle la paroisse actuelle de Bourg-des-Comptes existait déjà ; qu'elle portait alors le nom de Bourg-Con, conservé de nos jours encore à la fin du XIXème siècle par les paysans du lieu, et qu'elle faisait partie du comté de Rennes. Elle renfermait à cette époque, entre autres villages, celui de Macoer ou du Val-Medon, qui a disparu depuis, et celui de Maf, dont les landes du Maffay rappellent encore le nom (nota : on a fouillé il y a quelques années sur ces landes trois tumuli renfermant des sépultures antiques). Enfin, elle était habitée par une population plutôt franque que bretonne, comme l'indiquent les noms cités dans ces actes : Godilde, femme de Permig, soeur d'Eurac, mère de Guntaire et de Permineg, et les témoins Sigebert, Gosbert, Gonhart, Tédebert, Haldebrand, etc. Par suite de la donation du roi Salomon et de l'acquisition de l'abbé Liosic, les moines bénédictins de Redon fondèrent un établissement dans la paroisse de Bourg-des-Comptes et bâtirent une chapelle sur leur nouvelle terre. On perdit peu à peu, semble-t-il, le souvenir des noms de Macoer et Val-Medon, et le domaine monacal, compris entre la Vilaine et le Samnon, devint la dépendance d'un hôtel ou maison noble nommée La Chapelle, membre du prieuré de Pléchâtel. Les religieux devinrent ainsi les seigneurs d'une grande portion de la paroisse de Bourg-des-Comptes, où ils dîmaient à la dixième gerbe. Mais ils furent forcés au XVIème siècle d'aliéner, pour payer les taxes, la plus grande partie des fiefs qu'ils possédaient en cette paroisse. Ils vendirent en 1563 le fief de la Rue, une partie du bois de l'Aubriaye (nota : il existe dans ce bois une enceinte fortifiée, de forme circulaire, et entourée d'une double douve assez profonde) et l'emplacement du moulin actuel du Boschet ; en 1569, le fief de la Roche, contenant le bois du Boschet ; en 1570, le fief du Bourg ; vers le même temps, le fief l'Abbé. Tous ces fiefs furent achetés par Jean Chalot, seigneur de la Chalousaye, fondateur vraisemblablement de la seigneurie du Boschet, relevant encore en 1626 de l'abbaye de Redon, « à debvoir de foy, hommage et rachapt, ledit rachapt fixé à un florin d'or valant 27 sols. 6 deniers », et formée des terres, fiefs et rentes aliénés par les Bénédictins. Quoique au XIIIème siècle l'abbé de Redon fût encore tout-puissant à Bourg-des-Comptes, cela n'empêcha pas d'autres religieux de venir s'établir dans la même paroisse à cette époque. L'église de Notre-Dame de Bourg-des-Comptes n'appartenait pas, en effet, aux moines de Redon, elle dépendait de l'ordinaire. Or, en 1224, Josselin de Montauban, évêque de Rennes, voulant augmenter le nombre des clercs qui desservaient sa cathédrale, donna à l'abbaye de Saint-Jacques de Montfort l'église de Bourg-des-Comptes avec ses appartenances, « ecclesiam Sanctœ Mariœ de Coons cum pertinenciis suis », sauf le droit de l'évêque et ceux de l'archidiacre et du doyen. Cette donation fut faite « à condition que le chanoine ou prêtre séculier, présenté par l'abbaye pour desservir la cure, tiendrait compte du temporel à deux chanoines réguliers de Montfort, l'un prêtre, l'autre dans les Ordres sacrés, obligés d'assister à l'office canonial dans la cathédrale de Rennes » (Mélanges d'histoire et d'archéologie bretonne, II, 303). Ces deux derniers chanoines réguliers formèrent ainsi ce qu'on appela à Rennes le prieuré de Saint-Moran, et le prêtre chargé du service de la paroisse de Bourg-des-Comptes fut, de son côté, pourvu du prieuré de ce nom. En 1247, Jean Gicquel, évêque de Rennes, approuva la double fondation faite par son prédécesseur et confirma les chanoines réguliers de Montfort dans la possession du patronage de l'église de Bourg-des-Comptes. Depuis cette époque, les religieux de Montfort desservirent jusqu'en 1790 la paroisse de Bourg-des-Comptes. D'après un Rolle diocésain ms. de 1646, le prieuré-cure de ce nom valait 800 livres de rente (Pouillé de Rennes).

Au XVIème siècle, la seigneurie du Boschet (ou Boscher) récupère les biens et les droits des deux abbayes. Les seigneurs du Boschet avait au bourg de Bourg-des-Comptes un auditoire et des halles dont un pilier portait leurs armes, et à côté des ceps et collier. La seigneurie du Boschet, érigée en vicomté en 1608, exerçait jadis au bourg un droit de haute justice : les fourches patibulaires à quatre pots de la seigneurie du Boschet se dressaient sur les landes de la Croix. Le village de Bourg-des-Comptes échoit ensuite à la famille Brossais Saint-Marc. 

Au XVIème siècle, l'ancienne maison forte de la Réauté, assiégée par les bandes du duc de Mercoeur, est le siège de violents combats. La paroisse de Bourg-des-Comptes dépendait jadis de l'ancien évêché de Rennes.

On rencontre les appellations suivantes : Plebs Coms (en 866), Plebs Cons (en 871), ecclesia de Coons (en 1224), Burgus Comitum (en 1449), Bourg-de-Combs (en 1570), Bourg-de-Coms (en 1671).

Nota 1 : il existe dans cette paroisse quelques traces d'anciennes léproseries : 1° sur le bord du chemin qui mène du bourg au vieux manoir de la Rivière-Chéreil se trouve un champ portant le nom de la Maladrerie ; 2° sur la route du bourg au petit port de la Courbe est une maisonnette appelée le Paradis ; à côté coule une fontaine, et non loin s'élève une autre maison qui passe pour avoir été la demeure d'un chapelain d'autrefois (Pouillé de Rennes).

Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Bourg-des-Comptes : Frère Thomas (nommé en 1247 par l'abbaye de Montfort, fut pourvu par Jean Gicquel, évêque de Rennes). Pierre Trocheu (il paraît en 1586 et 1591). Jehan Le Normant (en 1595). François Cossé (en 1630). Jean Corbes (il fut nommé en 1634, malgré les prétentions de Jean Chardonnay, « contendant et plaidant pour obtenir le bénéfice »). Pierre Blouet (il succéda au précédent en 1637, résigna en 1651, mais demeura dans la paroisse). Frère François Pislart (pourvu en 1651, et chanoine régulier, devint vicaire général des évêques de Rennes Mgrs de la Mothe-Houdancourt et de la Vieuville, fut aussi conseiller du roi et grand-aumônier de la reine d'Angleterre, et résigna Bourg-des-Comptes en 1662). Georges Jahier (il fut nommé le 23 janvier 1663). François Frédel (il figure en 1672 et 1673). Frère Jean Gay (chanoine régulier comme les suivants, il arriva au mois d'août 1674 ; décédé le 19 août 1710, âgé de soixante-quinze ans, et inhumé dans le choeur de son église). Frère Jacques de Bray (prêtre, originaire de Noyon, nommé le 23 septembre 1710, prit possession le lendemain ; décédé le 4 octobre 1717, âgé de cinquante-six ans, et inhumé dans le choeur de son église). Frère Nicolas de Néville, (nommé en 1717, résigna dix ans après). Frère Joachim-Louis-Sébastien Ermard (il fut pourvu le 1er décembre 1727 ; décédé le 29 mai 1732). Sur les entrefaites, le prieuré de Saint-Moran ayant été supprimé par l'évêque de Rennes, ce prélat prétendit avoir le droit de nommer le prieur-recteur de Bourg-des-Comptes, et à la mort du frère Ermard il nomma pour le remplacer, le 25 novembre 1732, Julien Quatreville, prêtre de Saint-Malo. Mais l'abbé de Montfort présenta de son côté un de ses religieux, frère Jean-René du Liepvre, que Mgr de Vauréal refusa d'admettre ; ce chanoine régulier finit toutefois par demeurer maître du bénéfice, qu'il ne résigna qu'en 1753. Frère Louis de Lattre (pourvu le 13 décembre 1753, résigna en 1756). Frère Hyacinthe Buchet (nommé le 27 décembre 1756, résigna en 1762). Frère Claude-Jacques Le Mercier (né en Picardie, fut pourvu le 27 décembre 1762 ; décédé le 22 octobre 1792, âgé de soixante-huit ans). Félix Davoine (1803-1820). Pierre Regnault (1820, décédé en 1844). Pierre Messu (1845, décédé en 1867). Jean-Marie Corbière (1867-1873). Pierre-Marie Josselin (à partir de 1873), ....

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PATRIMOINE de BOURG-DES-COMPTES

l'église Notre-Dame (1850), financée en grande partie par les seigneurs du Boschet et Mgr Brossais Saint-Marc, évêque de Rennes. L'ancienne église avait été construite par la famille Chalot (ou Challot) au XVIème siècle. Un procès-verbal de 1767 nous donne d'assez curieux détails sur l'ancienne église paroissiale de Bourg-des-Comptes, dédiée à la Très-Sainte Vierge. On y voit qu'à cette époque les vicomtes du Boschet, devenus seigneurs de Bourg-des-Comptes, avaient leurs armoiries peintes et sculptées dans plusieurs endroits de cette église ; ils y avaient construit une chapelle prohibitive dédiée à sainte Anne, fondée d'une messe tous les jeudis, et voisine du maître-autel, du côté de l'évangile ; partout, sur les tombes de leur enfeu seigneurial, sur les accoudoirs de leurs bancs, dans les verrières et sur les murailles étaient reproduits les écussons suivants : d'argent à la croix pattée de gueules, accompagnée de quatre lions rampants de sable, qui est Chalot ; — et : de sable à l'épervier d'argent, accompagné de trois coquilles de même, 2, 1, qui est de Lescoët. La confrérie du Rosaire fut érigée dans cette église, vers 1635, par les soins du recteur Jean Corbes. Cette vieille église de Bourg-des-Comptes n'existe plus. Elle a été remplacée de nos jours par un bel édifice gothique, remarquable par l'élégance et la hardiesse de son architecture, et dû en grande partie à la générosité du cardinal Saint-Marc et de sa famille, propriétaires du Boschet (nota : le Boschet, après avoir appartenu successivement aux familles Chalot, de Lescouët, Magon de la Gervaisais et Le Fer de la Gervinais, fut acheté en 1802 par M. et Mme Brossais Saint-Marc, père et mère de M. Edouard Saint-Marc et du cardinal-archevêque de Rennes). C'est dans ce nouveau temple que reposent Mme Saint-Marc, née Aimée Couarde, et M. Edouard Saint-Marc, son fils aîné, dont les vertus et la bienfaisance ont laissé un long souvenir dans la paroisse de Bourg-des-Comptes. On vient aussi d'y élever un cénotaphe au cardinal Saint-Marc ; ce monument, inauguré solennellement le 19 septembre 1880, se compose d'une belle statue du prélat, œuvre du sculpteur Valentin, artiste de mé­rite originaire de Bourg-des-Comptes (Pouillé de Rennes). Le vicomte du Boschet était prééminencier en l'église de Bourg-des-Comptes, dont il se prétendait même seigneur fondateur ; il avait dans le chanceau « un grand banc clos, du costé de l'évangile » armorié de son blason qui se trouvait aussi peint dans la maîtresse-vitre. De plus, en cette église lui appartenait la chapelle Sainte-Anne où se trouvaient ses deux bancs à queue et accoudoirs avec deux écussons sculptés, sur celui du côté de l'évangile : D'argent à la croix pattée de gueules, accompagnée de quatre lions rampants de sable, qui est Challot (ou Chalot), et sur celui du côté de l'épître : De sable à l'épervier d'argent accompagné de trois coquilles de même, posées 2, 1, qui est de Lescouët. Les mêmes armoiries étaient aussi gravées en pierre dans la muraille, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la chapelle, et peintes dans le vitrail au dessus de l'autel ; enfin devant cet autel était un enfeu ou caveau funéraire fermé par une dalle portant l'écusson des Challot (ou Chalot). La maîtresse vitre portait aussi les armes des familles Chalot et de Lescouët seigneurs du Boschet (les premiers au XVème siècle et les seconds de 1591 à 1731) ; 

la chapelle Notre-Dame-de-la-Croix (XV-XVIème siècle). Cette chapelle, située dans le fief de la Chalousaye, dépendait autrefois de la vicomté du Boschet. Vers 1660, Judith Chahu, veuve d'Isaac de Lescouët, vicomte du Boschet, fonda plusieurs messes dans la « chapelle de Nostre-Dame de la Croix ». Cette fondation fut approuvée en 1674 par Pierre de Lescouët, vicomte du Boschet, fils de la fondatrice. En 1767, Nicolas Magon, marquis de la Gervaisais, ayant acquis la vicomté du Boschet, prit solennellement possession de la chapelle de la Croix, « privative de la seigneurie du Boschet ». Plus tard, en 1777, ce même seigneur y nomma chapelain Julien Lorand, clerc tonsuré. Tellement vénérée autrefois qu'on y venait en procession jusque de Chanteloup, la chapelle de la Croix existe encore et est entretenue (Pouillé de Rennes). La chapelle est remaniée au XIXème siècle ; 

l'ancien prieuré Notre-Dame de Bourg-des-Comptes, aujourd'hui disparu, et jadis membre de l'abbaye Saint-Jacques de Montfort. En 1224, Josselin de Montauban, évêque de Rennes, voulant augmenter le nombre des clercs qui desservaient sa cathédrale, donna à l'abbaye de Montfort l'église de Notre-Dame de Bourg-des-Comptes avec ses appartenances , « ecclesiam Sanctœ Mariœ de Coons cum pertinenciis suis » ; il fit ce don avec l'assentiment de son Chapitre et ne réserva que les droits épiscopaux et ceux de l'archidiacre du Désert et du doyen de Bain, dont dépendait cette église. « Cette donation, dont nous résumons l'acte un peu prolixe, dit M. de la Bigne Villeneuve, était faite à condition que le chanoine ou prêtre séculier présenté par l'abbaye pour desservir la cure tiendrait compte du temporel à deux chanoines réguliers de Montfort, l'un prêtre, l'autre dans les ordres sacrés, obligés d'assister à l'office canonial dans la cathédrale, le premier desquels serait au choix du Chapitre de Rennes ». Ces deux derniers chanoines réguliers formèrent à Rennes l'établissement religieux appelé le prieuré de Saint-Moran, dont l'existence se trouva liée de la sorte à celle du prieuré de Bourg-des-Comptes. En 1247, Jean Gicquel, évêque de Rennes, confirma les fondations précédentes et assura les religieux de Montfort dans la possession du patronage de l'église de Bourg-des-Comptes. Depuis cette époque, les chanoines réguliers desservirent la paroisse jusqu'en 1790. Le dernier d'entre eux fut frère Claude Le Mercier, qui, pourvu en 1762, eut le malheur de prêter le serment et de devenir recteur constitutionnel de Bourg-des-Comptes, où il mourut le 22 septembre 1792 (Pouillé de Rennes). En 1697, frère Jean Gay, prieur-recteur de Bourg-des-Comptes, fit enregistrer les armoiries suivantes : d'azur à un agneau d'argent portant une croix de même, au chef d'or chargé d'un coeur de gueules percé d'une flèche de même (Armorial général ms.) ;

le château du Boschet (1660-1680), édifié pour Pierre de Lescouët (ou Lescoët), premier chambellan du duc d'Orléans. Le domaine de Boschet dépend jusqu'au XVIème siècle du prieuré de Pléchâtel qui le vend à la famille Chalot qui le possède en 1570. C'était jadis le chef-lieu d'une châtellenie importante, élevée en vicomté en 1608 en faveur d'Auffray de Lescouët, premier président de la Chambre des Comptes de Bretagne, en 1585, conseiller du Roi, et seigneur du Boschet par son mariage, en 1585, avec Suzanne Chalot, unique héritière d'Etienne Chalot, seigneur du Boschet et de La Chalouzaye. La seigneurie ne figure pas parmi les terres nobles de Bourg-en-Comptes en 1513 (bien que Jean Chalot, seigneur de La Chalouzaye, figure en 1513 parmi les nobles de la paroisse de Bourg-des-Comptes). Il passe par alliance à la famille de Lescouët en 1591. Le manoir est édifié par Pierre de Lescouët, vicomte du Boschet et Anne de Lys son épouse : les armes de la famille de Lescouët se voyaient en 1767 au-dessus de la porte principale "fond de sable à l'épervier d'argent, accompagné de trois coquilles de même, deux et une". Le château est agrandi au XVIIIème (ajout de deux ailes vers 1720-1740) et au XIXème siècles. Le jardin est dessiné au XVIIIème siècle. Ce manoir devient ensuite la propriété de Kernezre marquis de la Roche (en 1731, par le mariage de Françoise-Thérèse dernière héritière, à Joseph de Kernezne, marquis de la Roche en la paroisse de Saint-Thoix), de Nicolas Magon, marquis de La Gervaisais, et de son épouse Marie-Flore de La Bourdonnaye-Montluc (en 1767), de la famille Fer seigneurs de la Gervinais, puis de la famille Brossais Saint-Marc (en 1802). Sa fuie existe toujours. On y trouve une chapelle édifiée au XVIIème siècle : une autre chapelle se trouvait autrefois dans un bois au sud et portait les armes des de Lescouët. La chapelle de Sainte-Trinité du Boschet, voisine du premier manoir du Boschet, dont elle dépendait, avait pour chapelain en 1633 Henry Fresnel. Elle a disparu avec cet ancien château. Lorsque Pierre de Lescouët et Anne de Lys, seigneur et dame du Boschet, reconstruisirent au XVIIème siècle ce manoir tel qu'il est aujourd'hui, au milieu de magnifiques jardins dessinés par Le Nôtre, ils bâtirent à côté une nouvelle chapelle qui existe encore à a fin du XIXème siècle, soigneusement entretenue, et qui est dédiée au Saint-Esprit. En 1734, Joseph-Luc de Kernezne, marquis de la Roche et vicomte du Boschet, présenta pour desservir cette chapelle, fondée d'une messe par semaine, Jacques Le Breton, acolyte du Rheu, à la place de Jean-Baptiste Guymont, recteur de Laignelet. La veuve de ce seigneur, Thérèse de Lescouët, nomma plus tard, en 1743, Jean-Marcel Chaulière, prêtre, pour faire le service des trois chapellenies dépendant du Boschet, Sainte-Anne, la Croix et le Boschet, qui étaient devenues vacantes par le décès des prêtres Jean Michel et Jean Duclos (Archives du château du Boschet - Registre des insinuations ecclésiastiques de l'évêché de Rennes - Pouillé de Rennes)

Note : "la seigneurie du Boschet (ou Bochet) date d'une époque qu'on ne peut préciser, mais antérieure au XIVème siècle. Elle fut érigée au XVIIème siècle en vicomté, sans sortir de la famille de ses anciens maîtres, les seigneurs de Lescouët. Le château actuel du Bochet, élevé sous Louis XIV, a vu Le Nôtre dessiner ses beaux jardins, aux bords de la Vilaine, au fond de la vallée pittoresque dominée par le bourg qui en a pris le nom. La Chalotais y séjourna en 1764, chez Mme la marquise de la Roche, et fut accusé d'y avoir pris part à un complot tramé entre parlementaires contre le protégé de la comtesse Dubarry, le duc d'Aiguillon" (E. R. du Crest de Villeneuve).

le manoir des Provostières (XV-XVIème siècle). Propriété des vicomtes du Boschet. A cette époque le fils de Jean III Chalot, sieur de Boschet, porte le titre de seigneur des Provostières; 

l'ancienne maison forte La Réauté (XVème siècle). Le corps de garde, qui a été depuis restauré, date de 1503. On y trouve une chapelle du XVI-XVIIème siècle munie de canonnières. Cette chapelle, dédiée à saint Mathurin et fondée par les seigneurs de la Réauté, encore debout, mais abandonnée à la fin du XIXème siècle, pourrait bien avoir été bâtie par René Bardoul, seigneur de la Réauté, pour son frère Jean-Baptiste Bardoul, sieur de la Boulaye, prêtre en 1672 (Pouillé de Rennes). Une garnison de huguenots occupe le château pendant la Ligue. "Sous la Ligue, le duc de Mercoeur menaça d'en faire le siège, et le gouverneur de Rennes, Montbarot, le sauva en y envoyant un détachement pour y renforcer la garnison" (E.R. Crest de Villeneuve). Propriété successive des familles d'Audibon (en 1427 et en 1579), Bardoul (en 1606 et en 1672), Chéreil seigneurs de la Rivière (au début du XVIIIème siècle) ; 

le manoir de la Rivière-Chereil ou Cherel ou de la Rivière-Trélan (XVI-XVIIème siècle). En 1446 et en 1513, le manoir primitif est la propriété de la famille La Ville-Thébaud, seigneurs de La Rivière. Il devient ensuite la propriété des familles d'Audibon (en 1579), de Trélan (en 1597), Chéreil seigneurs des Vergers (en 1642 et en 1789). Le domaine abrite également une chapelle qui date de 1671 : cette chapelle, dédiée à saint Mathurin, présente une abside à pans coupés et un petit campanile. Mathurin Chéreil et Jacquette Lévesque, sieur et dame des Vergers (nota : entre autres enfants, ils eurent Mathurin Chéreil, seigneur de la Rivière, mari de Jeanne Drouet, et Hyacinthe Chéreil, religieux dominicain mort en odeur de sainteté au couvent de Bonne-Nouvelle, le 31 janvier 1714 - Voir Tresvaux, Vies des Saints de Bretagne, V, 285), firent bâtir cette chapelle « près de leur maison de la Rivière-Chéreil, qu'ils habitaient, en la paroisse de Bourg-de-Coms », en 1671. L'année suivante, ils y firent une fondation de messes qu'approuva Mgr de la Vieuville le 18 septembre 1672. Cette fondation consistait en deux messes par semaine, le dimanche et le vendredi, suivies chacune d'un catéchisme pour les enfants. Le chapelain eut la jouissance de quatre pièces de terre et d'une rente de 15 livres (Pouillé de Rennes) ; 

le manoir de La Gouverdière (XVIème siècle), situé route de Guichen. On y voit une tourelle polygonale ; 

le manoir de le Hamonay (XVIIIème siècle) ; 

l'ancien manoir de La Chalousaye, situé route de Poligné. Propriété successive des familles d'Acigné (en 1398 et en 1446), Chalot (en 1513 et en 1570). Uni à la seigneurie du Boschet, il relevait de la baronnie de Lohéac ; 

la maison (XVème siècle), située 3 place de l'Eglise. Un aveu du 15 août 1603, attribue la maison à Pierre et Georgine Cherel ; 

7 moulins dont les moulins à eau de la Bouexière, de la Chalouzais, Grand Moulin, Petit Moulin, de la Molière, du Gué-Lieu, et le moulin à vent de l'Angouillère ;    

A signaler aussi : 

le menhir du Grand Tua, situé au lieu-dit La Prégaudais ; 

l'enceinte circulaire à double douve, située dans le bois de l'Aubriaye ;

les trois tumuli détruits vers 1865 et situés autrefois sur la lande de Maffai : ils renfermaient des sépultures ;

l'ancien manoir de la Touche, situé route de Laillé ;

l'ancienne Chapelle Saint-Thomas, située route de Poligné et détruite en 1626. Cette chapelle portait jadis les armes des seigneurs de la Chalousaye ;

le manoir de Montrive, situé route de Pléchatel ;

l'ancien manoir de la Rue. Propriété des seigneurs de la Rue, puis des seigneurs du Boschet au XVIIème siècle. Son bois conserve un tumulus ;

l'ancien manoir de la Bouinais, situé route de Pléchatel. Propriété de la famille Guiczon en 1446 et en 1513 ;

l'ancien manoir de la Chapelle. Il dépendait autrefois du prieuré de Pléchâtel. Il a, semble-t-il, remplacé le Village de Macoer ou du Val-Medon, donné par le roi Salomon à l'Abbaye de Redon en 866. Les moines de Redon, n'ayant pas l'église de Bourg-des-Comptes, bâtirent une chapelle dans cette paroisse. Ce sanctuaire, qui n'existe plus depuis plusieurs siècles, donna vraisemblablement son nom au manoir de La Chapelle, longtemps propriété des religieux, devenu à la fin du XIXème siècle une jolie maison de campagne (Pouillé de Rennes) ; 

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ANCIENNE NOBLESSE de BOURG-DES-COMPTES

La vicomté du Boschet : Adossé à une colline couverte de grands bois, assis dans une riante vallée arrosée par la Vilaine, entouré de splendides jardins dessinés par Le Nôtre et d'un parc français savamment tracé, le château du Boschet, naguère propriété du cardinal Brossais-Saint­Marc, archevêque de Rennes, est sans contredit l'une des plus belles habitations de la Haute-Bretagne. Ce n'était d'abord qu'un manoir sans grande importance appartenant à Pierre Challot (ou Chalot), seigneur du Boschet, qui épousa Jeanne Guillaume par contrat du 6 octobre 1403. De cette union sortirent, semble-t-il, deux garçons : Geoffroy Challot, seigneur du Boschet en 1467, et Jean Challot, seigneur de la Chalouzaye, terre située également en Bourg-des-Comptes et achetée par les Challot en 1464. Geoffroy dut mourir sans postérité et son frère devint tout à la fois seigneur du Boschet et de la Chalouzaye. Ce Jean Ier Challot épousa en 1475 Philippine du Pé, dont il eut Jean II Challot, seigneur du Boschet, qui s'unit, le 5 mai 1500, à Perrine du Bois et rendit hommage, le 12 septembre 1538, pour sa terre de la Chalouzaye (Archives d'Ille-et-Vilaine et de la Loire-Inférieure). Jean III Challot, fils des précédents et seigneur du Boschet, épousa en 1527 Blanche Le Maistre, fille du seigneur de la Garlaye. Ce fut le père d'Etienne Challot, seigneur du Boschet en 1571, qui, mourant en 1591, ne laissa qu'une fille, Suzanne Challot ; celle-ci s'était mariée dès 1585 à Auffray de Lescouët, seigneur de la Guerrande en Hénan-Bihan, auquel elle apporta les deux seigneuries du Boschet et de la Chalouzaye. Auffray de Lescouët, premier président à la Chambre des Comptes de Bretagne en 1596 et conseiller du roi, se plut à habiter le Boschet et obtint l'érection de cette terre en vicomté l'an 1608. Son fils et successeur, Isaac de Lescouët, épousa Judith Chahu. Ces noms bibliques d'Isaac et de Judith nous rappellent qu'en 1571 il y eut au manoir du Boschet un baptême protestant (Vaugiraud, Histoire des églises réformées de Bretagne, I, 178) ; ceci donne à penser que ces seigneurs du Boschet appartinrent, quelque temps au moins, à l'église prétendue réformée. Quoi qu'il en fût, Isaac de Lescouët mourut bon catholique en 1650, et son corps fut inhumé, le 28 décembre, dans la chapelle Sainte-Anne faisant partie de l'église de Bourg-des-Comptes, mais appartenant à la seigneurie du Boschet (nota : le roi avait en 1616 autorisé Auffray de Lescouët à bâtir cette chapelle prohibitive). Isaac laissait la vicomté du Boschet à son fils Pierre de Lescouët, époux d'Anne de Lys, fille du seigneur de Beaucé. Pierre de Lescouët, premier chambellan de S. A. R. Monsieur frère du roi, construisit le château actuel du Boschet où il eut plusieurs enfants baptisés à Bourg-des-Comptes. Sa femme mourut en 1688 et fut inhumée dans l'enfeu seigneurial du Boschet, en l'église de Bourg­-des-Comptes ; lui-même la suivit dans cette tombe le 11 avril 1703 ; on l'y apporta de Rennes où il était mort la veille, et le recteur de Guichen prononça son oraison funèbre (Registres des sépultures de Bourg-des-Comptes et de Saint-Etienne de Rennes). Leur fils, Eugène-Armand de Lescouët, devint alors vicomte du Boschet ; il épousa au Faouët, le 8 novembre 1714, Marie-Thérèse d'Ernothon et mourut vers 1728 ; sa veuve lui survécut jusqu'au 23 novembre 1749, retirée à Rennes au couvent de la Trinité, en la chapelle duquel elle fut inhumée. Ils ne laissaient qu'une fille, Françoise-Thérèse de Lescouët, mariée à Rennes, le 1er mars 1731, à Joseph-Luc de Kernezne, marquis de la Roche, paroisse de Saint-Thoix ; celui-ci devint ainsi vicomte du Boschet. Devenue veuve, la marquise de la Roche, « l'une des femmes les plus à la mode de son temps », fut arrêtée sous l'imputation d'avoir reçu au Boschet M. de la Chalotais et quelques-uns de ses partisans en 1765. A la suite de ces difficultés politiques, elle prit la résolution d'abandonner la Bretagne. Retirée dans son hôtel, rue des Petits-Augustins, à Paris, elle vendit, le 19 juin 1767, au prix de 230 000 livres, la vicomté du Boschet à Nicolas Magon, marquis de la Gervaisais, et à Marie-Flore de la Bourdonnaye sa femme (Archives du château du Boschet). Ces derniers seigneurs du Boschet vinrent l'habiter, mais lorsque éclata la tourmente révolutionnaire, le marquis de la Gervaisais, se préparant à émigrer, vendit la terre du Boschet à la famille Le Fer de la Gervinais, qui la revendit, à son tour, en 1802, au père du cardinal Saint-Marc.

La seigneurie du Boschet dépendait, à l'origine, du prieuré de Pléchâtel, membre de l'abbaye de Redon. Dans la déclaration de ce prieuré faite en 1679 par frère Claude de Kernezne de la Roche, dernier prieur résidant de cet ancien monastère, on lit, en effet, ce qui suit : « Duquel prieuré (de Pléchâtel) relèvent aussi les anciens et nouveaux manoirs de la vicomté du Boschet » ; et à la fin de la description de cette seigneurie on voit encore : « Toutes lesquelles choses (du Boschet) relèvent prochement et noblement dudit prieuré de Pléchastel à debvoir de foy, hommage et rachapt, et prétendent les propriétaires de ladite maison du Boschet ledit rachapt estre limité à un florin d'or de Bretagne » (Archives de Loire-Inférieure). Mais depuis longtemps déjà à cette époque, malgré les réclamations des moines de Pléchâtel, les vicomtes du Boschet s'étaient soustraits à leur autorité féodale. Dès 1570 le seigneur du Boschet, en effet, avait acheté deux fiefs importants, avoisinant son manoir et aliénés par l'abbaye de Redon, — le Fief-l'Abbé et le fief de la Roche. Or le Boschet relevait de ce dernier fief possédé longtemps par le prieur de Pléchâtel. Cette acquisition assura donc l'indépendance du seigneur du Boschet vis-à-vis des religieux dont la suzeraineté ne s'exerça plus que sur le papier. Henri IV, d'ailleurs, par lettres patentes de juillet 1608, unit, à la prière d'Auffray de Lescouët, les deux seigneuries du Boschet et de la Chalouzaye et érigea le tout en vicomté sous le nom de vicomté du Boschet ; ces lettres furent enregistrées au Parlement de Bretagne le 17 février 1609 (Archives du Parlement de Bretagne). La seigneurie du Boschet se composait de trente-trois fiefs et bailliages s'étendant dans six paroisses : Bourg-des-Comptes, Guichen, Saint-Senoux, Pléchâtel, Poligné et Laillé ; ces fiefs relevaient en 1767, partie directement du roi et partie des seigneuries voisines de Lohéac, Bain, Poligné, les Huguetières et Laillé. Outre le droit de haute, moyenne et basse justice exercée en son auditoire au bourg de Bourg-des-Comptes, le vicomte du Boschet tenait au même bourg un marché tous les jeudis et deux foires le 25 juin et le 10 octobre ; aussi y avait-il des halles dont un pilier portait ses armoiries. A côté se trouvaient les ceps et colliers pour attacher les malfaiteurs. Quant aux fourches patibulaires du Boschet, elles s'élevaient « à quatre pots » sur la lande de la Croix. A peu de distance se trouvait une chapelle bâtie et fondée par les seigneurs de la Chalouzaye et dédiée à la sainte Vierge représentée debout au pied de la croix ; on l'appelle encore de nos jours chapelle de la Croix. Il n'était pas rare dans les temps de foi de voir ainsi surgir un petit sanctuaire non loin du lieu où la justice humaine punissait le crime. Le vicomte du Boschet jouissait de plusieurs dîmes en divers traits de Bourg-des­Comptes, du droit prohibitif de chasse et du droit de pêche dans les rivières de la Vilaine et du Samnon qui baignaient ses terres. Plusieurs devoirs assez singuliers rattachaient les vassaux du Boschet à leur seigneur : ceux du fief de Bonespoir lui devaient certain jour de l'année « un pain blanc d'un sol et un pot de vin blanc pris hors le cru de la province » ; — ceux du fief de la Chalouzaye : « une paire de gants doublés pour porter oiseaux, présentés au seigneur (en l'église de Bourg-des-Comptes) à l'issue des vespres de la Pentecoste et ce soubs peine d'amende ». — Le même jour de la Pentecôte « entre les première messe et grande messe », Philippe Blouet devait en 1622 « un chapeau de roses à quatre rangs » ; — un autre « chapeau de roses » était dû « le jour de la Trinité » par les tenanciers du fief de la Garenne. — A la même époque, Julien Ballard, propriétaire de la maison Blanche du bourg de Bourg-des-Comptes, devait pour cette maison « des éperons dorés, le 24 juing ».  Les vassaux de Villeneuve fournissaient « une paire de gants blancs » de la valeur de huit sous en 1641. Un certain Geffroy Garson était tenu en 1622, comme tenancier de la Bouinaye, de présenter aux officiers du seigneur « à soleil levant, le jour de la Nativité de saint Jean Baptiste, un balai de bouleau, ô peine d'amende ». Enfin le jour de l'Epiphanie, le possesseur du pré du Frolant au fief du Clion devait fournir la mule que le seigneur du Boschet lançait ce jour-là aux paroissiens de Bourg-des-Comptes (Archives d'Ille-et-Vilaine). On sait que le jeu de soule, assez usité en Haute-Bretagne jadis et persistant encore dans la Basse, consiste en un ballon de cuir appelé soute que les joueurs poursuivent avec acharnement, en s'en disputant la possession ; ce jeu avait parfois jadis suscité un droit féodal obligeant un vassal à fournir le ballon. Le vicomte du Boschet était prééminencier en l'église de Bourg-des-Comptes, dont il se prétendait même seigneur fondateur ; il avait dans le chanceau « un grand banc clos, du costé de l'évangile » armorié de son blason qui se trouvait aussi peint dans la maîtresse-vitre. De plus, en cette église lui appartenait la chapelle Sainte-Anne, dont nous avons déjà parlé ; là se trouvaient ses deux bancs à queue et accoudoirs avec deux écussons sculptés, sur celui du côté de l'évangile : D'argent à la croix pattée de gueules, accompagnée de quatre lions rampants de sable, qui est Challot, et sur celui du côté de l'épître : De sable à l'épervier d'argent accompagné de trois coquilles de même, posées 2, 1, qui est de Lescouët. Les mêmes armoiries étaient aussi gravées en pierre dans la muraille, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la chapelle, et peintes dans le vitrail au dessus de l'autel ; enfin devant cet autel était un enfeu ou caveau funéraire fermé par une dalle portant l'écusson des Challot. 

Le domaine proche de la vicomté du Boschet se composait de ce château et de trois anciens manoirs dont les terres et fiefs étaient réunis à la seigneurie du Boschet ; tous les trois se trouvaient en en Bourg-des-Comptes : c'était la Chalouzaye, la Rue et les Provostières ; ce dernier situé au bourg même est une jolie construction du XVème siècle. — Le vicomte possédait, en outre, les métairies de la Porte, de la Haute-Roche, de la Chalouzaye, du Bourg, de la Martinière et des Haute et Basse-Rues, plus les moulins à eau de la Bouexière, de Glanret, de la Chalouzaye et du Petit-Moulin (Prise de possession du Boschet en 1767 – Archives du château du Boschet). L'ancien manoir du Boschet consistait en 1679 en « quatre cours fermées de murailles, auxquels logis il y a salles basses et hautes, chambres, cuisines, etc., deux écuries avec leurs tanneries, pressoir, fuie et refuge à pigeons basti de pierre, le tout desdites cours et logis contenant par fond environ un journal » (Archives de Loire-Inférieure). Mais dès cette époque le château actuel du Boschet était en partie construit, car on signale, à côté du vieux manoir « le nouveau manoir consistant en un pavillon double et sa cour ». La présence simultanée de ces deux habitations prouve que la seconde venait d'être récemment élevée, puisqu'on n'avait pas encore rasé la première. C'est, en effet, Pierre de Lescouët et Anne de Lys, sa femme, qui bâtirent le nouveau château, de 1660 à 1680 ; aussi voyait-on au dessus de la porte de cette maison un écusson en pierre portant le blason de Lescouët. C'est encore ce Pierre de Lescouët, premier chambellan du duc d'Orléans et résidant par suite de temps à autre à Versailles, qui dut faire venir Le Nôtre au Boschet pour y tracer le parc et les jardins. L'acte de prise de possession du Boschet en 1767 par M. de la Gervaisais nous décrit comme suit ce château : C'est « un gros corps de logis double, avec quatre petits pavillons en ordre d'architecture aux quatre encoignures ; cour verte et esplanade devant vers occident, et jardin au derrière avec bosquets, bois de futaie et charmilles ». Comme l'on voit, la noble demeure n'a guère changé d'aspect depuis un siècle ; l'ancien colombier reste lui-même debout, la vieille chapelle seule a disparu et a été remplacée par un sanctuaire plus récent ; cette chapelle, dédiée au Saint-Esprit, s'élevait dans un grand bois au sud du manoir, et sur ses murailles étaient gravées les armoiries des sires de Lescouët (Archives du château du Boschet). Alors, tout autour du château, s'étendaient, comme à présent, de belles avenues ou grandes « rabines » dont les principales étaient l'allée du Manoir, plantée de chênes et conduisant au bord de la Vilaine, l'allée du Vieux-Mail, l'allée de la Chapelle, celle de la Croix de la Herviaye, et quelques autres, toutes « en bois futaye ». Tout concourait ainsi, comme l'on voit, à rendre agréable aux vicomtes du Boschet leur séjour dans leur terre seigneuriale : grande situation féodale et belle habitation, charmant paysage, somptueux jardins et bois séculaires, rien ne leur manquait (abbé Guillotin de Corson).

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Jean Dauvergne et Jean de Corcin, un noble est mentionné à Bourg-des-Comptes :

Georges Daudibon (d'Audibon), sr. de l'hôtel de la Reaute.

(à compléter)

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