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BOUGUENAIS |
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La commune
de Bouguenais ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de BOUGUENAIS
Bouguenais vient de "Bougon", une ancienne seigneurie.
La paroisse de Bouguenais dépendait jadis du domaine ducal de Touffou, qui passe des ducs de Bretagne aux prince d'Orange avant d'être démantelé au début du XVIIème siècle. La châtellenie dépend au XIVème siècle du seigneur de Chaffault, issu d'une branche cadette des vicomtes de Rezé. Gouverneur de Bretagne et chef du parti de la ligue (catholique) à Nantes, le duc de Mercoeur tient, en 1588, garnison à Rezé et Pont-Rousseau. En 1616, Bouguenais et Rezé sont occupées par les troupes royales.
Durant la Révolution, Bouguenais a été l'objet de nombreux soulèvements dus au mécontentement des bouguenaisiens. Un premier soulèvement a lieu en septembre 1792, à la suite du départ du curé Crespel (prêtre réfractaire). A la proclamation de la République, le 21 septembre 1792, un attroupement se forme à nouveau dans le bourg de Bouguenais. Suite de l'exécution du roi Louis XVI le 21 janvier 1793, et de la volonté de la République de procéder à la levée en masse, une révolte éclate. Le 25 mars 1793, les insurgés de Bouguenais se regroupent et attaquent le Château-d'Aux, dernier rempart avant Indret (où se trouvaient les plus grandes aciéries d'armement de France). Mais les soldats républicains mieux organisés et mieux armés, vont infliger une sérieuse défaite aux assaillants. De plus, ils se livrent à un véritable pillage dans tout Bouguenais. 200 insurgés sont capturés, ramenés au Château-d'Aux et exécutés.
En mars 1794, 60 soldats républicains sont retrouvés morts dans la commune de Bouguenais. Les autorités républicaines excédées décident alors de stopper ces actions terroristes. Ils pensent tout d'abord déporter la population mais une autre solution, plus radicale, est adoptée. On exécute 231 personnes, dans les 15 jours qui suivent. Coupables ou innocents, tous vont subir le même sort. En 1795, la majorité des habitants de Bouguenais n'avaient plus de toits.
La commune de Bouguenais est chef-lieu de canton de 1796 à 1800.
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PATRIMOINE de BOUGUENAIS
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l'église Saint-Pierre (1905), édifiée en remplacement d'un sanctuaire datant du XVème siècle dont le clocher en pierres de taille aurait été construit par les Anglais. Le clocher date de 1965. La chaire à prêcher date de 1755 et provient de l'église de l'abbaye de Buzay brûlée lors de la Révolution. Les fresques, œuvre d'Edgar Maxence, datent du XXème siècle. Le sire de Bougon était jadis prééminencier de l'église ; | |
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le calvaire (1871), situé rue de Beausoleil ; | |
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le calvaire (1804), situé rue de la Caillère et restauré en 1875 ; | |
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les vestiges de l'ancien couvent fondé en 1149 par Hoël, comte de Nantes, pour l'entrée en religion de sa fille Odeline. Possession des bénédictines, il passe en 1476 entre les mains des carmélites. En 1554, le couvent des Carmélites compte 57 religieuses et 200 hectares de terre. Le couvent est vendu comme bien national lors de la Révolution de 1789. Il ne subsiste qu'un lavoir du Moyen Age ; | |
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le château de la Guerinière (1525), situé rue de Beausoleil ; | |
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le château du Chaffault (XVIIIème siècle), édifié par la famille Chaurand, à l'emplacement d'une ancienne construction féodale (la maison du Chaffault), elle-même édifiée sur une villa gallo-romaine ; | |
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le château de la Marche (XVIIIème siècle), édifié par la famille Dubern et aujourd'hui en ruines. On y voyait une chapelle privée, édifiée par les Dubern et bénite en 1772. Propriété des familles Leglas-Maurice et Jamin à la fin du XIXème siècle ; | |
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le château du Breuil (1802), situé rue des Drouards et dépendant jadis de la seigneurie de Rezé. Le domaine est racheté en 1619 par Jacques Langlois de La Roussière à la famille Brossard de la Trocardière. Jacques Langlois revient d'exil, avec son épouse née de Goyon. Le château est reconstruit en 1802 par sa fille Augustine Langlois de la Roussière, épouse de Hector-Henri de Régnon, et les héritiers sont les de Goy. Propriété au XXème siècle de la famille Amieux ; | |
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le château de la Basse-Motte (1885), édifié en remplacement d'un ancien manoir daté du XIIIème siècle et détruit par un incendie. Propriété successive des familles Moysan de Codrosy, Hervé de La Bauche et Déans de Saint-Martin ; | |
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le logis du Désert (XVIème siècle). Le Désert avait douves, sous-bois et chapelle. Propriété de la famille Valleton au XVIIème siècle et de Françoise de Valleton (dont le fils était porté émigré) durant la Révolution. La chapelle privée du Désert (1720) abritait durant la Révolution des prêtres réfractaires. Le domaine est vendu comme bien national pendant la Révolution. Les Valleton avaient d'autres biens en Saint-Père-en-Retz, Corsept et Paimboeuf. Ils ont comme successeurs, les Fayau et Bougrenet de La Tocnaye ; | |
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la métairie (XVème siècle) de la Roche-Ballue. Propriété au XVème siècle de Guillaume de Saint-Gilles, seigneur de Beaulieu et de Rezé ; | |
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l'ancien magasin du port (XVIIème siècle), situé rue de l'Etang, près du manoir de La Roche-Ballue ; | |
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l'ancienne mairie (1840), située au n° 21 place de l'Eglise ; | |
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le lycée Daniel-Brottier. Il s'agit de l'ancien Petit Séminaire. Les vitraux armoriés du lycée Daniel-Brottier datent de 1855. L'autel Sainte-Françoise d'Amboise (XIXème siècle), situé au lycée Daniel-Brottier, est l'œuvre du sculpteur Potet. Françoise d'Amboise, veuve du duc Pierre II de Bretagne, fonde la maison des carmélites de Bondon, près de Vannes et reçoit à ce titre le couvent des Couëts en 1476. Après sa mort, en 1485, son tombeau est installé dans l'église du couvent détruit au XIXème siècle ; Nota : Née en pleine guerre de Cent Ans, au château de Thouars le 9 mai 1427, Françoise d'Amboise, fille de Louis d’Amboise et de Marie de Rieux, doit épouser dès l’âge de 15 ans, pour des raisons politiques, le second fils du Duc, Pierre II. Après la mort inopinée de son frère, Pierre II est appelé à gouverner la Bretagne en 1450. Mais le duc Pierre II est emporté par la maladie dès 1457. Veuve, sans enfants, Françoise pense à la vie religieuse. La rencontre avec Jean Soreth, prieur général des Carmes, venu visiter les couvents de Bretagne, est déterminante dans son choix : c'est, au Bondon, à Vannes, que Dieu l’attend... A proximité du couvent des Frères Carmes fondé en 1427, elle fait construire une maison pour accueillir 9 religieuses qui arriveront de Liège (Flandres) le 2 novembre 1463. Ce sera le premier Carmel féminin de France, placé sous le vocable des “Trois-Marie”. Après avoir réglé des affaires difficiles et déjoué les intrigues de Louis XI, son cousin, qui veut la remarier, Françoise peut enfin franchir la porte du petit monastère. A 40 ans, le 25 mars 1468, elle reçoit l’habit du Carmel. Elle est élue prieure de sa communauté de Vannes qui, peu après (1477) se transfère aux “Couëts”, à Nantes. Elle meurt le 4 novembre 1485.
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17 moulins dont le moulin (1663) situé rue du Petit-Rocher, des Landes, des Minais, du Grand-Carteron, des Rovilleries, du Trebintin, Lorin, Grand Moulin des Couets, Petit Moulin des Couets, le Moulin Rouge,…. ; |
A signaler aussi :
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la motte féodale de Begon (IXème siècle), édifiée par Bégon, le beau-frère de Charles le Chauve ; | |
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la cale du pont Charbonneau (XVIIIème siècle) ; | |
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la villa Sainte-Anne (vers 1830), située au n° 16, rue de la Paix ; | |
le manoir de la Tourière. Propriété de la famille Delaville-Leroulx, négociants associés aux Deguer de Boisjolin. François Delaville a été maire de Bouguenais et son frère a été recteur de Paimboeuf, puis de Clisson. La Tourière est encore entourée de vieux murs, mais le logis a été détruit par les bombardements. Au fond du sous-bois se trouvait jadis une chapelle portant la date de 1720 ; | |
le manoir du Rocher. Propriété de la famille Laurencin, alliée aux du Buc de Rivery et aux Santo-Domingo (propriétaires à Saint-Domingue). Le manoir seigneurial a été détruit vers 1760. Il reste la chapelle et les traces d'un étang avec un moulin à eau. Sur une pierre du logis actuel, on lit "La première pierre de ce bâtiment a été mise par Marie Anne Laurencin, ce 28 avril 1763" ; | |
les logis de la Caillère, du Boisjolin et de la Sangle. Propriété des familles Guer, Raisin de Boismorin, Fellonneau et Van Iseghem. On y trouvait jadis une chapelle privée ; | |
le logis de Port-Lavigne. Propriété des familles Proust et Dibon ; | |
le logis de Beauvoir. Propriété d'Antoine Etienne, capitaine de navire négrier jusqu'en 1792, et dont le fils Baptiste Etienne entra en société avec les Say dans les raffineries de sucre ; | |
le logis de Bougon. Propriété de la famille Robineau de Bougon qui s'allia aux Juchault de La Moricière, aux Bournay d'Aux et aux Robineau de Rochequairie qui possédaient le château de La Motte-Glain en la Chapelle-Glain ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de BOUGUENAIS
La châtellenie
de Bougon
: Dans la première moitié du IXème siècle le pays, actuellement nantais, au
delà de la Loire faisait encore partie du Poitou. Lambert lieutenant de Nominoë,
devenu maître de Nantes étendit le domaine des Bretons au sud du grand fleuve
; puis il tailla des fiefs dans cette région conquise et les donna à ses
vaillants guerriers ; à Renier le pays des Mauges, à Giraud celui de Tiffauges
et à son neveu Gonfier le paye d'Herbauge ou de Retz. Bégon, lieutenant du duc
d'Aquitaine dont le gouvernement embrassait le Poitou, vit avec déplaisir cet
établissement des Bretons. « Il éleva même pour les tenir en bride, au bord de la Loire, à deux
lieues au-dessous de Nantes, un château dont les fortifications de terre dans
le système du temps subsistent encore en partie dans la paroisse de Bouguenais,
au lieu appelé la Motte de Bougon et autrefois de Bégon. Après quelques succès
Bégon fut vaincu et tué par Gonfier qui établit sa résidence dans le château
même de son adversaire, et ainsi le pays de Retz échappa dès lors à
l'autorité des princes carlovingiens » (De la Borderie, Nominoë, Revue de
Bretagne et de Vendée V. 6). Ce fut vers 844 qu'eut lieu cette annexion du pays
de Retz au comté nantais. La paroisse où Bégon construisit son château prit
de lui le nom de Begonnais ou Bouguenais. Toutefois Gonfier ne conserva pas de
longues années le château de Bégon que dévastèrent puis brûlèrent les
Normands dans une de leurs terribles invasions vers la fin du IXème siècle. Au
siècle suivant une famille devenue maîtresse du fief de Bégon ou de Bougon,
comme l'on commençait à dire, en prit le nom. A cette noble maison
appartinrent Glévian qualifié vers 1060 prince de Bégon «
Beconensis princeps » et plus tard Roland de Bougon en 1145, Olivier de Bégon
en 1175, Sylvestre de Bougon, fils de Roland, en 1177, autre Roland de Bégon en
1203 et Olivier de Bougon en 1239 (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de
Bretagne, I 408, 529, 617 et 671). Cette race des sires de Bougon s'éteignit
vraisemblablement alors ; la famille Chasteigner devint propriétaire de Bougon
et en releva le nom. En 1294, Hubelin Chasteigner, dit de Bougon, reconnut
devoir à l'armée du duc de Bretagne «
un chevalier pour ses fiefs de Bougon, pour lesquels il présenta Monsour Jehan
de Bougon comme son tutour » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de
Bretagne, I 1112). Apparaissent ensuite comme seigneur de Bougon, Jean
Chasteigner en 1417 et Jacques Chasteigner dont la fille Marguerite Chasteigner
épousa en 1473, Jean de la Lande. C'est
vers cette époque que l'ancienne châtellenie de Bougon fut démembrée par ses
possesseurs ; ce Jacques Chasteigner vendit, en effet, à Guillaume de la Lande,
procureur général de Bretagne et frère de son gendre, le fief et la terre de
Bougon en Couëron (Mss de la Bibliothèque de Nantes, n° 1685). Mais il avait
probablement un fils, François Chasteigner, seigneur en 1484 de Bougon en
Bouguenais, et celui-ci eut pour successeur Jean Chasteigner vivant en 1499. Françoise
Chasteigner, fille ou soeur de ce dernier seigneur, en épousant Jean de la
Lande, dit de Machecoul, seigneur de Vieillevigne, lui apporta la châtellenie
de Bougon, pour laquelle ce chevalier rendit hommage au roi en 1540. Jean
de Machecoul fournit au roi l'aveu de Bougon en 1580 et René de Machecoul fit
hommage de cette terre en 1600 (Archives de Loire Inférieure, B 1007 et 1009).
Gabriel de Machecoul, fils de René et seigneur de Vieillevigne comme les précédents,
fit une déclaration de Bougon au roi en 1655 et laissa cette seigneurie à sa
fille Marguerite de Machecoul, femme séparée quant aux biens d'Henri de la
Chapelle, marquis de Fougeray. Cette
dame de Bougon rendit aveu en 1679 pour sa châtellenie qu'elle donna de son
vivant en 1686 à sa fille Anne-Claire de la Chapelle, mariée à Claude de
Damas, marquis de Thianges, lieutenant général des armées du roi. Mais Anne
de la Chapelle mourut en couches et son mari se remaria en 1695 à Geneviève de
Harlay. Le marquis de Thianges mourut lui-même le 4 janvier 1708 et fut inhumé
le lendemain en l'enfeu seigneurial de Bougon au milieu du choeur de l'église
Saint-Pierre de Bouguenais (Archives de Loire Inférieure, E 2884). Il
léguait Bougon — que lui avait probablement donné sa première femme — à
madame Le Bouteiller de Senlis, marquise de Moussy, et cette dame abandonna
elle-même la châtellenie à la veuve du défunt, Geneviève de Harlay qui fit
hommage de Bougon au roi en 1725 (Archives de Loire Inférieure, B 1028). Mme de
Thianges décéda peu après en avril 1728, désignant pour son légataire
universel Antoine de Damas, marquis de Marsilly et de Thianges. Ce fut sans
doute ce dernier seigneur qui vendit la châtellenie de Bougon à Vincent
Robineau, conseiller-secrétaire du roi. Celui-ci fit hommage en 1746 de cette
seigneurie et en fournit l'aveu en 1753. Son
fils Joseph Robineau, seigneur de Bougon, fit également hommage au roi en 1774
pour la châtellenie de Bougon qu'il possédait encore en 1788 (Archives de
Loire Inférieure, B 1004 et 1005, E 345).
Châtellenie
d'ancienneté et relevant directement du duc de Bretagne puis du roi, Bougon
devait comprendre avant le XVIème siècle les trois fiefs de
Bougon-en-Bouguenais, Bougon-en-Couëron et Bougon-en-Saint-Père-en-Retz. Ces
derniers furent séparés du premier et formèrent deux petites seigneuries
distinctes, bien moins importantes d'ailleurs. Bougon-en-Bouguenais,
— le seul de ces trois fiefs dont nous ayons à nous occuper — s'étendait
le long de la Loire en trois paroisses : Saint-Pierre et Saint-Jean de
Bouguenais (nota : actuellement Saint-Pierre de Bouguenais s'appelle simplement
Bouguenais, et Saint-Jean de Bouguenais a pris le nom de Saint-Jean de Boiseau)
et Brains. Ainsi le pays Bouguenais, auquel Bougon avait donné son nom,
comprenait deux paroisses ; le fief, s'était dans la suite étendu jusqu'à
Brains.
La haute justice de Bougon s'exerçait au bourg de Saint-Pierre de Bouguenais où se trouvaient l'auditoire, la prison et un four à ban. Là aussi se tenait chaque année une foire le lundi de la Pentecôte. De la châtellenie de Bougon relevaient les seigneuries du Pé, de la Trocardière, la Bruandière, la Motte-Hallouard, la Basse-Motte, les prieurés des Couëts et de la Bouvre, etc. Le sire de Bougon était prééminencier des deux églises Saint-Pierre et Saint-Jean de Bouguenais et avait droit d'instituer un maître d'école pour instruire la jeunesse de sa châtellenie. Comme Bougon se trouvait au bord de la Loire, son seigneur jouissait de plusieurs droits relatifs à ce fleuve ; ainsi il avait droit de « vouillage » dans les deux paroisses de Bouguenais « qui est d'un demy tournois pour chaque pipe de vin amenée aux ports de la dite chastellenie » — droit de passage de la Loire « qui est d'avoir basteau pour passer la rivière aux divers ports des fiefs de la chastellenie, tant les hommes que les bestes », etc. Il avait aussi certains privilèges dans la vallée de Bouguenais formée par la Loire ; droit de prendre « trois havées de foin, de toute charretée sortant de ladite vallée » « droit de course et prise une fois l'an au jour qu'il plaist au seigneur, de toutes bestes trouvées en icelle vallée » — « droit de pasnage pour deux boeufs » en cette même vallée. « Tous les estagiers nouveaux mariés qui la première nuit de leurs noces couchent ésdits fiefs de Bougon doibvent seize boisseaux d'avoine, mesure de Bougon » ; mais s'ils veulent courir la quintaine et s'ils rompent les trois lances qu'on leur baille ils ne doivent plus que huit boisseaux. La veille de Noël certains tenanciers de Saint-Pierre de Bouguenais sont tenus « fournir une charrette attelée de quatre boeufs et un homme pour la conduire, et charroyer au lieu de Bougon un pièce de bois pour servir de feu et tizon de Noël ». Enfin « doibvent, le premier jour de may, les habitans du bourg de Pont-Saint-Martin des gants et des esteufs pour jouer à la paulme ». L'origine de ce devoir féodal était de nombreuses franchises de « coustumes, pontages et pasnages » que les sires de Bougon avaient jadis accordées aux paroissiens de Pont-Saint-Martin. Le seigneur de Bourgon prétendait encore jouir d'un droit « d'usage et chauffage » dans la forêt de Touffou appartenant au domaine ducal de Bretagne (Déclaration de Bougon en 1580, 1679 et 1753).
Voici quel était le domaine proche de la châtellenie de Bougon : « L'emplacement de l'ancien chasteau de Bougon près le prieuré de la Bouvre » ; c'est la superbe motte qu'on voit encore à côté du bourg de Bouguenais et au bord même de la Loire ; — et le manoir noble de Bougon, anciennement nommé l'Esperonnière, en Saint-Pierre de Bouguenais, avec « sa cour fermée de murs et sa chapelle dédiée à saint Georges sise au devant de la grande porte de ladite cour ». Dès 1434, Hubelin Chasteigner, sire de Bougon, possédait l'Esperonnière qui devint le chef-lieu de la châtellenie. Autour de ce nouveau château de Bougon, — subsistant encore — s'étendaient de beaux bois futaies. Les trois métairies de la Rouaudière, du Pas-Chesneau et de Beauregard, deux étangs avec leurs moulins, un moulin à vent, de vastes prairies et quelques bonnes vignes complétaient le domaine seigneurial de Bougon aux siècles derniers (Déclaration de Bougon en 1580, 1679 et 1753) (abbé Guillotin de Corson).
(à compléter)
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