Bouguenais : Histoire, Patrimoine, Noblesse (commune du canton de Rezé)

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BOUGUENAIS

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La commune de Bouguenais (bzh.gif (80 octets) Kervegon) fait partie du canton de Rezé. Bouguenais dépend de l'arrondissement de Nantes, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de BOUGUENAIS

Bouguenais vient de "Bougon", une ancienne seigneurie.

La paroisse de Bouguenais dépendait jadis du domaine ducal de Touffou, qui passe des ducs de Bretagne aux prince d'Orange avant d'être démantelé au début du XVIIème siècle. La châtellenie dépend au XIVème siècle du seigneur de Chaffault, issu d'une branche cadette des vicomtes de Rezé. Gouverneur de Bretagne et chef du parti de la ligue (catholique) à Nantes, le duc de Mercoeur tient, en 1588, garnison à Rezé et Pont-Rousseau. En 1616, Bouguenais et Rezé sont occupées par les troupes royales.

Ville de Bouguenais (Loire-Atlantique).

Durant la Révolution, Bouguenais a été l'objet de nombreux soulèvements dus au mécontentement des bouguenaisiens. Un premier soulèvement a lieu en septembre 1792, à la suite du départ du curé Crespel (prêtre réfractaire). A la proclamation de la République, le 21 septembre 1792, un attroupement se forme à nouveau dans le bourg de Bouguenais. Suite de l'exécution du roi Louis XVI le 21 janvier 1793, et de la volonté de la République de procéder à la levée en masse, une révolte éclate. Le 25 mars 1793, les insurgés de Bouguenais se regroupent et attaquent le Château-d'Aux, dernier rempart avant Indret (où se trouvaient les plus grandes aciéries d'armement de France). Mais les soldats républicains mieux organisés et mieux armés, vont infliger une sérieuse défaite aux assaillants. De plus, ils se livrent à un véritable pillage dans tout Bouguenais. 200 insurgés sont capturés, ramenés au Château-d'Aux et exécutés.

Ville de Bouguenais (Loire-Atlantique).

En mars 1794, 60 soldats républicains sont retrouvés morts dans la commune de Bouguenais. Les autorités républicaines excédées décident alors de stopper ces actions terroristes. Ils pensent tout d'abord déporter la population mais une autre solution, plus radicale, est adoptée. On exécute 231 personnes, dans les 15 jours qui suivent. Coupables ou innocents, tous vont subir le même sort. En 1795, la majorité des habitants de Bouguenais n'avaient plus de toits.

Voir : Ville de Bouguenais  Le château d'Aux en 1794 

La commune de Bouguenais est chef-lieu de canton de 1796 à 1800.

Ville de Bouguenais (Loire-Atlantique).

Note : Instruction publique à Bouguenais. — Les seigneurs de Bougon ou de l'Esperonnière, ont mis tant de soin à affirmer leur droit de nommer et de révoquer le maître d'école de leur paroisse, dans toutes les déclarations féodales aux ducs et aux Rois, que nous sommes obligés de les regarder comme les fondateurs et les bienfaiteurs des écoles de Bouguenais. Dès le XVème siècle, nous les voyons revendiquer cette prérogative, et au XVIIème, la dame de Bougon répète encore, dans son aveu aux commissaires du papier terrier, « qu'elle peut mettre et instituer régents et maîtres d'école tels que bon luy semble pour endoctriner et instruire aux bonnes lettres les enfants qui s'y voudront trouver » (Aveux de la Chambre des comptes, sénéchaussée de Nantes. Réformation du papier terrier de 1679, vol. X, f° 270). Nous aurions voulu surprendre ces seigneurs dans l'exercice de leur droit et relever sur quelques vieux titres les noms des instituteurs qui obtinrent leurs lettres d'assentiment, malheureusement nos recherches sont restées infructueuses (L. Maître).

Ville de Bouguenais (Loire-Atlantique).

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PATRIMOINE de BOUGUENAIS

l'église Saint-Pierre (1905), édifiée en remplacement d'un sanctuaire datant du XVème siècle dont le clocher en pierres de taille aurait été construit par les Anglais. Le clocher date de 1965. La chaire à prêcher date de 1755 et provient de l'église de l'abbaye de Buzay brûlée lors de la Révolution. Les fresques, œuvre d'Edgar Maxence, datent du XXème siècle. Le sire de Bougon était jadis prééminencier de l'église ;

Ville de Bouguenais (Loire-Atlantique).

le calvaire (1871), situé rue de Beausoleil ;

le calvaire (1804), situé rue de la Caillère et restauré en 1875 ;

les vestiges de l'ancien couvent fondé en 1149 par Hoël, comte de Nantes, pour l'entrée en religion de sa fille Odeline. Possession des bénédictines, il passe en 1476 entre les mains des carmélites. En 1554, le couvent des Carmélites compte 57 religieuses et 200 hectares de terre. Le couvent est vendu comme bien national lors de la Révolution de 1789. Il ne subsiste qu'un lavoir du Moyen Age ;

Voir : Ville de Bouguenais  Histoire du monastère ou prieuré des Couëts 

le château de la Guerinière (1525), situé rue de Beausoleil ;

Ville de Bouguenais (Loire-Atlantique) : château de la Guérinière.

le château du Chaffault (XVIIIème siècle), édifié par la famille Chaurand, à l'emplacement d'une ancienne construction féodale (la maison du Chaffault), elle-même édifiée sur une villa gallo-romaine ;

Ville de Bouguenais (Loire-Atlantique) : château du Chaffault.

le château de la Marche (XVIIIème siècle), édifié par la famille Dubern et aujourd'hui en ruines. On y voyait une chapelle privée, édifiée par les Dubern et bénite en 1772. Propriété des familles Leglas-Maurice et Jamin à la fin du XIXème siècle ;

le château du Breuil (1802), situé rue des Drouards et dépendant jadis de la seigneurie de Rezé. Le domaine est racheté en 1619 par Jacques Langlois de La Roussière à la famille Brossard de la Trocardière. Jacques Langlois revient d'exil, avec son épouse née de Goyon. Le château est reconstruit en 1802 par sa fille Augustine Langlois de la Roussière, épouse de Hector-Henri de Régnon, et les héritiers sont les de Goy. Propriété au XXème siècle de la famille Amieux ;

le château de la Basse-Motte (1885), édifié en remplacement d'un ancien manoir daté du XIIIème siècle et détruit par un incendie. Propriété successive des familles Moysan de Codrosy, Hervé de La Bauche et Déans de Saint-Martin ;

Ville de Bouguenais (Loire-Atlantique) : château de la Basse-Motte.

le logis du Désert (XVIème siècle). Le Désert avait douves, sous-bois et chapelle. Propriété de la famille Valleton au XVIIème siècle et de Françoise de Valleton (dont le fils était porté émigré) durant la Révolution. La chapelle privée du Désert (1720) abritait durant la Révolution des prêtres réfractaires. Le domaine est vendu comme bien national pendant la Révolution. Les Valleton avaient d'autres biens en Saint-Père-en-Retz, Corsept et Paimboeuf. Ils ont comme successeurs, les Fayau et Bougrenet de La Tocnaye ;

la métairie (XVème siècle) de la Roche-Ballue. Propriété au XVème siècle de Guillaume de Saint-Gilles, seigneur de Beaulieu et de Rezé ;

l'ancien magasin du port (XVIIème siècle), situé rue de l'Etang, près du manoir de La Roche-Ballue ;

l'ancienne mairie (1840), située au n° 21 place de l'Eglise ;

le lycée Daniel-Brottier. Il s'agit de l'ancien Petit Séminaire. Les vitraux armoriés du lycée Daniel-Brottier datent de 1855. L'autel Sainte-Françoise d'Amboise (XIXème siècle), situé au lycée Daniel-Brottier, est l'œuvre du sculpteur Potet. Françoise d'Amboise, veuve du duc Pierre II de Bretagne, fonde la maison des carmélites de Bondon, près de Vannes et reçoit à ce titre le couvent des Couëts en 1476. Après sa mort, en 1485, son tombeau est installé dans l'église du couvent détruit au XIXème siècle ;

Nota : Née en pleine guerre de Cent Ans, au château de Thouars le 9 mai 1427, Françoise d'Amboise, fille de Louis d’Amboise et de Marie de Rieux, doit épouser dès l’âge de 15 ans, pour des raisons politiques, le second fils du Duc, Pierre II. Après la mort inopinée de son frère, Pierre II est appelé à gouverner la Bretagne en 1450. Mais le duc Pierre II est emporté par la maladie dès 1457. Veuve, sans enfants, Françoise pense à la vie religieuse. La rencontre avec Jean Soreth, prieur général des Carmes, venu visiter les couvents de Bretagne, est déterminante dans son choix : c'est, au Bondon, à Vannes, que Dieu l’attend... A proximité du couvent des Frères Carmes fondé en 1427, elle fait construire une maison pour accueillir 9 religieuses qui arriveront de Liège (Flandres) le 2 novembre 1463. Ce sera le premier Carmel féminin de France, placé sous le vocable des “Trois-Marie”. Après avoir réglé des affaires difficiles et déjoué les intrigues de Louis XI, son cousin, qui veut la remarier, Françoise peut enfin franchir la porte du petit monastère. A 40 ans, le 25 mars 1468, elle reçoit l’habit du Carmel. Elle est élue prieure de sa communauté de Vannes qui, peu après (1477) se transfère aux “Couëts”, à Nantes. Elle meurt le 4 novembre 1485.

17 moulins dont le moulin (1663) situé rue du Petit-Rocher, des Landes, des Minais, du Grand-Carteron, des Rovilleries, du Trebintin, Lorin, Grand Moulin des Couets, Petit Moulin des Couets, le Moulin Rouge,…. ;

Ville de Bouguenais (Loire-Atlantique) : tour de l'ancienne église.

A signaler aussi :

la motte féodale de Begon (IXème siècle), édifiée par Bégon, le beau-frère de Charles le Chauve ;

la cale du pont Charbonneau (XVIIIème siècle) ;

la villa Sainte-Anne (vers 1830), située au n° 16, rue de la Paix ;

le manoir de la Tourière. Propriété de la famille Delaville-Leroulx, négociants associés aux Deguer de Boisjolin. François Delaville a été maire de Bouguenais et son frère a été recteur de Paimboeuf, puis de Clisson. La Tourière est encore entourée de vieux murs, mais le logis a été détruit par les bombardements. Au fond du sous-bois se trouvait jadis une chapelle portant la date de 1720 ;

le manoir du Rocher. Propriété de la famille Laurencin, alliée aux du Buc de Rivery et aux Santo-Domingo (propriétaires à Saint-Domingue). Le manoir seigneurial a été détruit vers 1760. Il reste la chapelle et les traces d'un étang avec un moulin à eau. Sur une pierre du logis actuel, on lit "La première pierre de ce bâtiment a été mise par Marie Anne Laurencin, ce 28 avril 1763" ;

les logis de la Caillère, du Boisjolin et de la Sangle. Propriété des familles Guer, Raisin de Boismorin, Fellonneau et Van Iseghem. On y trouvait jadis une chapelle privée ;

le logis de Port-Lavigne. Propriété des familles Proust et Dibon ;

le logis de Beauvoir. Propriété d'Antoine Etienne, capitaine de navire négrier jusqu'en 1792, et dont le fils Baptiste Etienne entra en société avec les Say dans les raffineries de sucre ;

le logis de Bougon. Propriété de la famille Robineau de Bougon qui s'allia aux Juchault de La Moricière, aux Bournay d'Aux et aux Robineau de Rochequairie qui possédaient le château de La Motte-Glain en la Chapelle-Glain ;

Ville de Bouguenais (Loire-Atlantique) : château de Bougon.

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ANCIENNE NOBLESSE de BOUGUENAIS

La châtellenie de Bougon : Dans la première moitié du IXème siècle le pays, actuellement nantais, au delà de la Loire faisait encore partie du Poitou. Lambert lieutenant de Nominoë, devenu maître de Nantes étendit le domaine des Bretons au sud du grand fleuve ; puis il tailla des fiefs dans cette région conquise et les donna à ses vaillants guerriers ; à Renier le pays des Mauges, à Giraud celui de Tiffauges et à son neveu Gonfier le paye d'Herbauge ou de Retz. Bégon, lieutenant du duc d'Aquitaine dont le gouvernement embrassait le Poitou, vit avec déplaisir cet établissement des Bretons. « Il éleva même pour les tenir en bride, au bord de la Loire, à deux lieues au-dessous de Nantes, un château dont les fortifications de terre dans le système du temps subsistent encore en partie dans la paroisse de Bouguenais, au lieu appelé la Motte de Bougon et autrefois de Bégon. Après quelques succès Bégon fut vaincu et tué par Gonfier qui établit sa résidence dans le château même de son adversaire, et ainsi le pays de Retz échappa dès lors à l'autorité des princes carlovingiens » (De la Borderie, Nominoë, Revue de Bretagne et de Vendée V. 6). Ce fut vers 844 qu'eut lieu cette annexion du pays de Retz au comté nantais. La paroisse où Bégon construisit son château prit de lui le nom de Begonnais ou Bouguenais. Toutefois Gonfier ne conserva pas de longues années le château de Bégon que dévastèrent puis brûlèrent les Normands dans une de leurs terribles invasions vers la fin du IXème siècle. Au siècle suivant une famille devenue maîtresse du fief de Bégon ou de Bougon, comme l'on commençait à dire, en prit le nom. A cette noble maison appartinrent Glévian qualifié vers 1060 prince de Bégon « Beconensis princeps » et plus tard Roland de Bougon en 1145, Olivier de Bégon en 1175, Sylvestre de Bougon, fils de Roland, en 1177, autre Roland de Bégon en 1203 et Olivier de Bougon en 1239 (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I 408, 529, 617 et 671). Cette race des sires de Bougon s'éteignit vraisemblablement alors ; la famille Chasteigner devint propriétaire de Bougon et en releva le nom. En 1294, Hubelin Chasteigner, dit de Bougon, reconnut devoir à l'armée du duc de Bretagne « un chevalier pour ses fiefs de Bougon, pour lesquels il présenta Monsour Jehan de Bougon comme son tutour » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I 1112). Apparaissent ensuite comme seigneur de Bougon, Jean Chasteigner en 1417 et Jacques Chasteigner dont la fille Marguerite Chasteigner épousa en 1473, Jean de la Lande. C'est vers cette époque que l'ancienne châtellenie de Bougon fut démembrée par ses possesseurs ; ce Jacques Chasteigner vendit, en effet, à Guillaume de la Lande, procureur général de Bretagne et frère de son gendre, le fief et la terre de Bougon en Couëron (Mss de la Bibliothèque de Nantes, n° 1685). Mais il avait probablement un fils, François Chasteigner, seigneur en 1484 de Bougon en Bouguenais, et celui-ci eut pour successeur Jean Chasteigner vivant en 1499. Françoise Chasteigner, fille ou soeur de ce dernier seigneur, en épousant Jean de la Lande, dit de Machecoul, seigneur de Vieillevigne, lui apporta la châtellenie de Bougon, pour laquelle ce chevalier rendit hommage au roi en 1540. Jean de Machecoul fournit au roi l'aveu de Bougon en 1580 et René de Machecoul fit hommage de cette terre en 1600 (Archives de Loire Inférieure, B 1007 et 1009). Gabriel de Machecoul, fils de René et seigneur de Vieillevigne comme les précédents, fit une déclaration de Bougon au roi en 1655 et laissa cette seigneurie à sa fille Marguerite de Machecoul, femme séparée quant aux biens d'Henri de la Chapelle, marquis de Fougeray. Cette dame de Bougon rendit aveu en 1679 pour sa châtellenie qu'elle donna de son vivant en 1686 à sa fille Anne-Claire de la Chapelle, mariée à Claude de Damas, marquis de Thianges, lieutenant général des armées du roi. Mais Anne de la Chapelle mourut en couches et son mari se remaria en 1695 à Geneviève de Harlay. Le marquis de Thianges mourut lui-même le 4 janvier 1708 et fut inhumé le lendemain en l'enfeu seigneurial de Bougon au milieu du choeur de l'église Saint-Pierre de Bouguenais (Archives de Loire Inférieure, E 2884). Il léguait Bougon — que lui avait probablement donné sa première femme — à madame Le Bouteiller de Senlis, marquise de Moussy, et cette dame abandonna elle-même la châtellenie à la veuve du défunt, Geneviève de Harlay qui fit hommage de Bougon au roi en 1725 (Archives de Loire Inférieure, B 1028). Mme de Thianges décéda peu après en avril 1728, désignant pour son légataire universel Antoine de Damas, marquis de Marsilly et de Thianges. Ce fut sans doute ce dernier seigneur qui vendit la châtellenie de Bougon à Vincent Robineau, conseiller-secrétaire du roi. Celui-ci fit hommage en 1746 de cette seigneurie et en fournit l'aveu en 1753. Son fils Joseph Robineau, seigneur de Bougon, fit également hommage au roi en 1774 pour la châtellenie de Bougon qu'il possédait encore en 1788 (Archives de Loire Inférieure, B 1004 et 1005, E 345).

Châtellenie d'ancienneté et relevant directement du duc de Bretagne puis du roi, Bougon devait comprendre avant le XVIème siècle les trois fiefs de Bougon-en-Bouguenais, Bougon-en-Couëron et Bougon-en-Saint-Père-en-Retz. Ces derniers furent séparés du premier et formèrent deux petites seigneuries distinctes, bien moins importantes d'ailleurs. Bougon-en-Bouguenais, — le seul de ces trois fiefs dont nous ayons à nous occuper — s'étendait le long de la Loire en trois paroisses : Saint-Pierre et Saint-Jean de Bouguenais (nota : actuellement Saint-Pierre de Bouguenais s'appelle simplement Bouguenais, et Saint-Jean de Bouguenais a pris le nom de Saint-Jean de Boiseau) et Brains. Ainsi le pays Bouguenais, auquel Bougon avait donné son nom, comprenait deux paroisses ; le fief, s'était dans la suite étendu jusqu'à Brains.

La haute justice de Bougon s'exerçait au bourg de Saint-Pierre de Bouguenais où se trouvaient l'auditoire, la prison et un four à ban. Là aussi se tenait chaque année une foire le lundi de la Pentecôte. De la châtellenie de Bougon relevaient les seigneuries du Pé, de la Trocardière, la Bruandière, la Motte-Hallouard, la Basse-Motte, les prieurés des Couëts et de la Bouvre, etc. Le sire de Bougon était prééminencier des deux églises Saint-Pierre et Saint-Jean de Bouguenais et avait droit d'instituer un maître d'école pour instruire la jeunesse de sa châtellenie. Comme Bougon se trouvait au bord de la Loire, son seigneur jouissait de plusieurs droits relatifs à ce fleuve ; ainsi il avait droit de « vouillage » dans les deux paroisses de Bouguenais « qui est d'un demy tournois pour chaque pipe de vin amenée aux ports de la dite chastellenie » — droit de passage de la Loire « qui est d'avoir basteau pour passer la rivière aux divers ports des fiefs de la chastellenie, tant les hommes que les bestes », etc. Il avait aussi certains privilèges dans la vallée de Bouguenais formée par la Loire ; droit de prendre « trois havées de foin, de toute charretée sortant de ladite vallée » « droit de course et prise une fois l'an au jour qu'il plaist au seigneur, de toutes bestes trouvées en icelle vallée »« droit de pasnage pour deux boeufs » en cette même vallée. « Tous les estagiers nouveaux mariés qui la première nuit de leurs noces couchent ésdits fiefs de Bougon doibvent seize boisseaux d'avoine, mesure de Bougon » ; mais s'ils veulent courir la quintaine et s'ils rompent les trois lances qu'on leur baille ils ne doivent plus que huit boisseaux. La veille de Noël certains tenanciers de Saint-Pierre de Bouguenais sont tenus « fournir une charrette attelée de quatre boeufs et un homme pour la conduire, et charroyer au lieu de Bougon un pièce de bois pour servir de feu et tizon de Noël ». Enfin « doibvent, le premier jour de may, les habitans du bourg de Pont-Saint-Martin des gants et des esteufs pour jouer à la paulme ». L'origine de ce devoir féodal était de nombreuses franchises de « coustumes, pontages et pasnages » que les sires de Bougon avaient jadis accordées aux paroissiens de Pont-Saint-Martin. Le seigneur de Bourgon prétendait encore jouir d'un droit « d'usage et chauffage » dans la forêt de Touffou appartenant au domaine ducal de Bretagne (Déclaration de Bougon en 1580, 1679 et 1753).

Voici quel était le domaine proche de la châtellenie de Bougon : « L'emplacement de l'ancien chasteau de Bougon près le prieuré de la Bouvre » ; c'est la superbe motte qu'on voit encore à côté du bourg de Bouguenais et au bord même de la Loire ; — et le manoir noble de Bougon, anciennement nommé l'Esperonnière, en Saint-Pierre de Bouguenais, avec « sa cour fermée de murs et sa chapelle dédiée à saint Georges sise au devant de la grande porte de ladite cour ». Dès 1434, Hubelin Chasteigner, sire de Bougon, possédait l'Esperonnière qui devint le chef-lieu de la châtellenie. Autour de ce nouveau château de Bougon, — subsistant encore — s'étendaient de beaux bois futaies. Les trois métairies de la Rouaudière, du Pas-Chesneau et de Beauregard, deux étangs avec leurs moulins, un moulin à vent, de vastes prairies et quelques bonnes vignes complétaient le domaine seigneurial de Bougon aux siècles derniers (Déclaration de Bougon en 1580, 1679 et 1753) (abbé Guillotin de Corson).

 

La seigneurie du Chaffault ou du Chaffaut. — Cette ancienne terre et seigneurie était située dans les paroisses de Bouguenais et de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, évêché de Nantes. La partie comprise dans la seconde de ces deux paroisses et qui a appartenu à la famille Juchault s'appelait Le Pesle du Chaffault.

La seigneurie du Chaffault avait droits de justice haute, moyenne et basse, de banc dans l'église paroissiale dudit Saint-Philbert, de chapelle dans le cimetière de la même paroisse, et de rentes seigneuriales sur les dépendances suivantes : la maison noble de la Noë, aliàs la Noue-Pourceau, les villages de la Goulardière, de la Grande-Guitière et de la Loterie.

Elle relevait primitivement de la châtellenie de la Benaste, membre dépendant du duché de Retz ; elle releva plus tard prochement et noblement des rois de France.

Elle a appartenu successivement aux familles du Chaffault, de Lespinay, Gabard et Juchault.

De nombreux documents originaux, relatifs aux du Chaffault, se trouvent au manoir de la Vignette. D'après ces documents et les preuves de noblesse qui ont été faites par cette famille pour les honneurs de la Cour, en novembre 1786, devant Louis-Nicolas-Hyacinthe Chérin, généalogiste des ordres du Roi [Note : Bibliothèque Nationale. Collection Chérin, vol. 48, cote 1020], nous allons pouvoir retracer l'histoire des premiers seigneurs du Chaffault [Note : Pour d'autres détails sur la famille du Chaffaut, on peut aussi consulter la belle généalogie de cette famille, qui a été publiée par M. de la Nicollière-Teijeiro, archiviste de la ville de Nantes, dans la seconde édition du Dictionnaire des Familles du Poitou de MM. Beauchet-Filleau, généalogie à laquelle nous empruntons un fragment relatif aux derniers membres de la famille du Chaffault et qu'on trouvera à la fin de nos Preuves et Notes].

I.- Sauvestre, aliàs Silvestre et Sévestre du Chaffaut, Ier du nom, écuyer, était seigneur du Chaffault en 1271 ; il mourut en novembre 1302. Il avait épousé Marie de Barnel, dont il eut :

II.- Sévestre du Chaffaut, IIème du nom, valet [Note : Du latin valetus : écuyer] seigneur du Chaffaut et de Monceaux, fit un accord, le lundi après que l'on chante oculi mei 1313, avec Olivier de la Noüe, au sujet de la terre de la Paytruère, sise en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (Archives de la Vignette. Parchemin original). Par son testament de l'année 1330, il demanda à être enseveli dans la chapelle qu'il avait fondée en l'abbaye de Villeneuve. Voici des extraits de cet acte : « In nomine Domini amen. Ego Silvester de Chafaudo, senior [sed] compos mentis mee, etc., testamentum meum seu ultimam meam voluntatem condo, facio, dispono et ordino in hunc modum, etc. Item, meam eligo sepulturam in monasterio Beate Marie de Villa Nova, cisterciensis ordinis, Nannetensis diocesis, ante altare sancti Benedicti, in capella quam mihi fundavi, etc. Item, executores meos hujus testamenti seu mee ultime voluntatis condo, facio, deputo et obligo religiosum virum dilectum et dominum meum abbatem monasterii Beate Marie de Villa Nova, cisterciensis ordinis, Nannetensis diocesis, et fratres Mauricium de Hunaut et Johannem Aliquid, confratres monasterii predicti, et Johannem Gastinelli, valetum, et Silvestrem, filum meum, quem unà cum illis facio et instituo heredem meum principalem, etc. Datum die martis ante translationem Beati Benedicti abbatis, anno millesimo CCC trigesimo » (Bibliothèque nationale. Ms latin 17092, p. 229). Sévestre du Chaffaut avait épousé Agnès de Champquartier ou Champcartier, dont il eut :

III.- Sévestre du Chaffaut, IIIème du nom, chevalier, seigneur du Chaffaut, par son testament de 1381, demanda à être enseveli en l'abbaye de Villeneuve, dans là chapelle fondée par son père, auprès d'Isabelle de la Jaille, sa défunte compagne, et choisit pour ses exécuteurs testamentaires l'abbé de Villeneuve, l'évêque de Nantes, Aliette des Bouchaux, sa femme, Thébaut, son fils, Girart de la Noë de Passay et Robin de la Touche-Limousinière (Extraits des titres de l'abbaye de Villeneuve).

Sévestre du Chaffaut est inscrit, comme chevalier bachelier, sur le rôle de la montre de la compagnie du sire de Clisson, baron, de deux autres barons, de 22 chevaliers bacheliers et de 165 écuyers, reçue à Ploërmel, le 1er juillet 1380 (Bibliothèque Nationale, collection Clairambault, reg. 33, p. 2436. Parchemin original).

Il avait épousé 1° Ysabeau de la Jaille, 2° Marie de Bodel, 3° Aliette des Bouchaux.

Du second mariage naquirent : 1° Yvon du Chaffaut ; 2° Sévestre du Chaffaut ; 3° Thébaut, qui suit. Du troisième mariage : 4° Jamet du Chaffaut ; 5° Sévestre du Chaffaut ; 6° Allain du Chaffaut.

IV. - Thébaut du Chaffaut, seigneur du Chaffaut, par acte passé, le 10 avril 1391, sous quatre sceaux, savoir : le scel établi aux contrats pour le duc de Bretagne à Nantes, son scel propre, le scel de Jehan Raguenel, l'un des témoins, et le scel du chapitre de Nantes, fonda une chapellenie dans l'église du cimetière de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, à l'autel de Sainte-Catherine, derrière celui de Saint-Mandé, chapellenie dont la collation devait appartenir à l'évêque de Nantes et la présentation au fondateur et à son héritier principal, seigneur du Chaffaut. Les témoins de cet acte furent : ledit Jean Raguenel de Bon-Espoir, Geoffroy Blandin ; Jamet, Sévestre et Allain du Chaffaut, frères du fondateur. (Collection Chérin, vol. 48, cote 1020, folio 4. Analyse d'après le parchemin original produit par la famille du Chaffaut).

Par son testament du 9 mai 1405, Thébaut du Chaffaut élit sa sépulture en ladite église Notre-Dame du cimetière dudit Saint-Philbert, au choeur d'icelle, assez près du grand autel, dans un tombeau qu'il y avait fait construire.

Il mourut en 1406. Il avait épousé Durable Gestin, fille de Jean, écuyer, et qui se maria, en secondes noces, avec Guillaume de Rochefort. Il eut de cette alliance le fils qui suit :

V. - Sévestre du Chaffaut, IVème du nom, écuyer, seigneur du Chaffaut et de Monceaux, était, en 1410, sous la tutelle de Durable Gestin, sa mère, et, en 1412 et 1413, sous celle de Sévestre du Chaffaut, son oncle. Il mourut après 1436. Il avait épousé noble demoiselle Marie de Rochefort, dame de la Benaste, première femme de chambre de Marguerite de Bretagne, première femme du duc François II, fille de Guion de Rochefort et nièce dudit Guillaume de Rochefort.

Leurs enfants furent :

1° Bertrand du Chaffaut, seigneur du Chaffaut et de Monceaux, chambellan du duc Pierre de Bretagne, chevalier de l'Hermine (1451-1475).

2° Guillaume du Chaffaut, docteur en théologie, archidiacre de Nantes, seigneur du Chaffaut et de la Marzelle, en 1467.

3° Olivier, qui suit.

4° Pierre du Chaffaut, prêtre, docteur en droit canon, élu évêque de Nantes, le 10 mai 1477.

5° Sévestre du Chaffaut, écuyer, seigneur de la Sénardière en Poitou et dont les descendants firent des preuves de noblesse devant l'un des Chérin, en novembre 1786, pour les honneurs de la Cour.

6° Catherine du Chaffaut, qui épousa, le 23 décembre 1443, Martin des Bretesches, écuyer, fils de feu Jean des Bretesches, chevalier, seigneur de Doulcerie.

VI.- Olivier du Chaffaut, écuyer, seigneur du Chaffaut, de Monceaux et de la Limouzinière (1471-1483), paraît avoir recueilli la succession de ses deux frères aînés. Il eut des contestations avec Bertrand du Pouëz, chevalier, seigneur de la Moricière, à la suite desquelles il obtint un arrêt du Conseil du duc de Bretagne François, comte de Montfort, de Richemond, d'Étampes et de Vertus, du 27 mai 1473, qui établit « que les épouses et filles des seigneurs du Chaffaut avoient assiette en l'église de Saint-Philbert, pour ouïr le service divin, au choeur et chanceau [Note : Chanceau, chancel ou cancel : endroit du choeur d'une église le plus proche du grand autel et ordinairement fermé d'une balustrade] de ladite église, du Côté de l'évangile, et qu'elles y avoient un banc en un lieu appelé le lieu des dames du Chaffault ».  Il résulte aussi de cet arrêt que les seigneurs de la Moricière avaient également dans ladite église un banc appelé le banc de la Moricière (Archives de la Vignette. Copie originale du 22 mai 1635).

Le 4 février 1474, Olivier du Chaffaut rendit aveu et dénombrement de la seigneurie du Chaffaut, mouvante de la Benaste, à ses suzerains : haut et puissant seigneur François de Chauvigny, sire de Retz, vicomte de Brosse, et haute et puissante dame Jeanne de Retz, femme de ce dernier, seigneur et dame de la Benaste (Archives de la Moricière. Copies originales sur papier des 4 mai 1628 et 7 mars 1635).

Olivier du Chaffault avait épousé, le 2 janvier 1481, Catherine de Pont-Labbé, fille de Jean, baron de Rostrenen, et de feue Anne de Penhoët ; il eut de cette alliance :

VII. - Jean du Chaffaut, écuyer, seigneur du Chaffaut, de Monceaux et de la Limouzinière, qui, le 29 mai 1495, rendit aveu de la prée du Chaffault, mouvante noblement de la Benaste, à haut et puissant seigneur André de Chauvigny, seigneur de Chauvigny, de Châteauroux, de Briollay, vicomte de Brosse et seigneur de la Benaste (Archives de la Vignette. Parchemin original).

Jean du Chaffaut épousa demoiselle Agnès de Saint-Marsault, dont il eut, entre autres enfants :

1° Catherine du Chaffaut, qui épousa, le 23 mai 1520, Christophe Brécel, seigneur de la Seilleraye et de Clermont, sénéchal de Nantes, maître des requêtes de la maison de la Reine.

2° Marie du Chaffaut, dame du Chaffaut et de Monceaux, qui épousa, avant 1517, Guillaume de Lespinay, dont l'article suit.

I. Guillaume de Lespinay, écuyer, seigneur du Chaffault, de Monceaux, — de Mallary, aliàs Malarit, paroisse de Plessé, de 1517 à 1544, et qui laissa de son mariage avec Marie du Chaffault, entre autres enfants :

II. Pierre de Lespinay, écuyer, seigneur du Chaffault, de Monceaux, de la Limouzinière et de la Marzelle (1550-1583), et qui épousa, en 1563, demoiselle Aliénor ou Léonor du Perreau, dont il eut entre, autres enfants :

III. Samuel de Lespinay, Ier du nom, chevalier, seigneur du Chaffault, de Monceaux, — de Briord et du Pré-Nouveau, paroisse du Port-Saint-Père (1596-1629), laissa de son mariage avec demoiselle Suzanne des Roussières :

IV. Samuel de Lespinay, IIème du nom, écuyer, seigneur du Chaffault, de Monceaux, de Briord et de la Limouzinière, rendit aveu et dénombrement, le 8 juin 1630, des seigneuries du Chaffault et de la Limouzinière, mouvantes de la Benaste, à très haut et très puissant seigneur messire Henry de Gondy, duc de Retz, pair de France, chevalier des deux ordres du Roi, seigneur de la Benaste. (Archives de la Moricière. Copie originale du 21 mai 1671).

Par sentence du 12 juillet 1642, il fut maintenu en la possession du droit d'avoir un banc, du côté de l'Évangile, dans l'église de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu. Il résulte aussi de cet acte que les seigneurs de la Moricière jouissaient également de ce privilège (Archives de la Vignette).

Samuel de Lespinay fut marié deux fois : la première avec Antoinette Jousseaume, la seconde avec Françoise de la Tousche. Du premier mariage il eut :

1°. Charles, qui suit.

Et du second mariage :

2°. Anne-Hyacinte de Lespinay, femme, en 1670, de N... de Langle, seigneur de la Biliais, paroisse de Saint-Etienne-de-Montluc, au diocèse de Nantes.

3°. Renée de Lespinay, qui épousa, par contrat du 20 septembre 1646, N..., seigneur des Chauvières, demeurant en sa maison noble de la Cantinière, paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay, diocèse de Luçon, en Poitou.

V. Charles de Lespinay, écuyer, seigneur de Briord, de Monceaux, du Chaffault, de la Limouzinière et du Pré-Nouveau, chevalier des deux ordres du Roi, vendit, en 1662, la partie de la seigneurie du Chaffault, située en la paroisse de Bouguenais [Note : Autres possesseurs de cette partie de la seigneurie du Chaffault : 1731, Jean-Henri Guilho, avocat général en la Chambre des Comptes ; 1770, Honoré Chaurand, secrétaire du Roi en la chancellerie du Parlement de Bretagne] à Pierre Noblet, seigneur de Lespau, avocat général en la Chambre des Comptes de Bretagne. Il fut déclaré noble et issu d'ancienne extraction par arrêt des commissaires de Bretagne du 31 octobre 1668. Après sa mort, ses terres de Monceaux et du Chaffault furent saisies et acquises judiciairement au présidial de Nantes, le 11 avril 1671, par Jean Gabard, IVème du nom, seigneur de la Moricière, qui, le 15 mai 1575, rendit foi et hommage de la seigneurie du Chaffault, mouvante de la châtellenie de la Benaste, membre dépendant, comme nous l'avons déjà dit, du duché de Retz, à haut et puissant seigneur messire Pierre de Gondy, duc de Retz. (Archives de la Moricière et de la Vignette. Parchemins originaux).

Pour la suite de l'histoire de la seignerie du Chaffault, nous renverrons à la généalogie de la famille Gabard, que nous avons donnée à notre article sur la seigneurie de la Moricière.

Comme nous l'avons déjà expliqué, la seigneurie du Chaffault est entrée dans la famille Juchault par l'alliance, en 1703, de Christophe Juchault, IIème du nom, avec Geneviève-Marquise-Prudence Bouhier de la Verrie, fille de messire Charles-Gabriel Bouhier, chevalier, seigneur de la Verrie, et de Renée Gabard, et nièce de Charles-Prudent Gabart, dernier représentant de cette famille.

Le 17 décembre 1760, Christophe Juchault, écuyer, seigneur de la Moricière, du Pied-Pain, du Chaffault et des Jamonières, rendit aveu et dénombrement au Roi de ces différentes seigneuries. Voici la copie en extrait du passage de cet acte relatif à la seigneurie du Chaffault :

(DÉNOMBREMENT DE LA) « MAISON NOBLE, TERRE ET SEIGNEURIE ET JURIDICTION, HAUTE, MOYENNE ET BASSE DU PESLE DU CHAFFAUT en Saint-Philbert de Grand-Lieu. Le lieu noble du Pesle du Chaffaut, consistant en deux corps de logis à présent tombés par terre par caducité, lesquels sont joignans la Chapelle qui est dans le grand cimetière de Saint-Philbert, laquelle chapelle avec ledit cimetière sont des fondations des seigneurs de Monceaux et du Chaffaut. (Suit l'énumération des) hommages et rachapts dûs à ladite seigneurie du Pesle du Chaffault..., avec les rentes par grains et deniers, sur le village de la Grande-Grutière, sur la métairie de la Goulardière, sur le lieu et maison noble de la Noue-Pourceaux... A laquelle terre et seigneurie du Pesle du Chaffaut et de Monceaux, en ladite paroisse de Saint-Philbert de Grand-Lieu, appartient le droit d'avoir au choeur de l'église paroissiale dudit lieu, du côté de l'Evangile, un banc à queue et accoudoir, avec les honneurs et prééminences y dûs et accoutumés » (Archives de la Vignette. Papier original).

De l'ancienne seigneurie du Chaffault, il ne reste plus en 1896 que cette chapelle et le moulin du Chaffaud.

Comme nous l'avons fait pour la Moricière, nous allons, en terminant cette notice, donner quelques notes sur les dépendances du Chaffaut.

LA GRANDE-GUITTIÈRE, village en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu et dépendance roturière de la seigneurie du Chaffaut. Guillaume Gouy était sr. de l'hébergement de la Guittière, le 25 septembre 1409. Les tenanciers du village de la Guittière en rendirent aveu, le 24 novembre 1703, à Charles-Prudent Gabart, seigneur du Chaffaud (Archives de la Moricière, n° 9. Papier original).

LA NOË (aliàs LA NOUE)-POURCEAU, maison noble en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu et dépendance de la seigneurie du Chaffault. Elle doit la seconde partie de son nom à la famille Le Porc, qui la possédait au XIVème siècle. Le mardi avant la Saint-Mathieu 1377, Sévestre Le Porc en rendit aveu au seigneur du Chaffaut.

Le 25 juin 1409, Jeanne Le Vayer, veuve de Sévestre Le Porc et tutrice de Jehan Le Porc, leur fils, rendit foi et hommage de l'hébergement de la Noë-Pourceau, mouvant de la seigneurie du Chaffaut, à Durable Gestin, tutrice de Sévestre du Chaffault, son fils.

Seigneurs de la Noë-Pourceau : André Gouy, écuyer, fils de Jean Gouy (1424-1451) ; Sévestre Gouy, 1455 ; Robert Gouy, 1476 ; Gilles Gouy, chevalier, seigneur aussi du Branday et de Launay (1530-1535). (Archives de la Vignette. Parchemins originaux).

La Noë-Pourceau passa ensuite dans les familles du Pouëz et du Bec par des alliances que nous avons relatées à notre article sur la seigneurie de la Moricière.

Le 14 octobre 1593, devant Boucaud et Charier, notaires royaux à Nantes, noble et puissant Joachim de Sévigné, seigneur d'Olivet, de la Baudière et des Rochers, et Marie de Sévigné, sa femme, vendirent la maison noble, terre et appartenances de la Noë-Pourceau, à honorables personnes Jean Pillays, sieur du Genestay, Guillaume Brochard, sieur de la Souchais, Étienne Viau, sieur de la Manière, et autres (Archives de la Vignette).

Seigneurs ensuite de la Noë-Pourceau : honorables hommes Michel Pillays, 1630-1640 ; Jean Pillays, 1643 ; noble homme Jacques Le Court, 1675 ; Jacques de Hody, capitaine-lieutenant d'une compagnie de milice bourgeoise de Nantes, 8 mai 1734. (Ibidem et Archives de la Moricière, n° 7, 14 à 23, 27 et 129).

LE ROCHER, terre et maison, mouvantes de la seigneurie du Chaffault, appartenait, en 1678, à noble et discret Jean Mélient, recteur de la paroisse de Couëron (Archives nationales, P. 1663, f° 387).

7 septembre 1744. Aveu et dénombrement rendu à messire Christophe-Prudent Juchault, chevalier, seigneur du Chaffaut, etc., par noble homme François-Julien Hubert, sieur du Rocher, demeurant en sa maison du Rocher, paroisse de Saint-Philbert, héritier de noble homme Jean Hilbert, sieur de la Getière (sic), son père, avocat en Parlement, et de damoiselle Jeanne Hubert, sa soeur, de diverses rentes féodales dues originairement à la maison de la Noë-Pourceau et depuis transmises à celle du Rocher, mouvante de la seigneurie du Chaffaut. (Archives de la Moricière, n° 12. Parchemin original) (Théodore Courtaux).

(à compléter)

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