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ARZON |
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La commune d' Arzon ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de ARZON
Arzon vient de l'appellation latine "A redonensense", dépendance de Redon.
L'ensemble du pagus de Rhuys formait autrefois une paroisse primitive unique, qui est démembrée très tôt entre les trois paroisses d'Arzon, d'Ilur et de Saint-Démètre.
La paroisse d'Arzon devait exister au moins au VIème siècle, puisque nous voyons Saint-Gildas (mort en 565) y venir en procession avec ses moines, à l'époque des Rogations, à l'endroit appelé Croisty (Croes-Ty : maison de la Croix).
Le 30 août 836, Arzon (en Rhuys) est mentionné comme paroisse sous le nom de "Ardon" : "plebiculam quae nominatur Ardon in Rouuis" (Cart. p. 357). Cette année-là l'empereur Louis Le Débonnaire, sur la demande de Nominoë, la donne à l'abbaye de Redon (l'acte de donation est signé à Quierzy). Cette donation est confirmée en 850 par Charles le Chauve (Ibid. 363). Mais plus tard, cette paroisse est enlevée au monastère, et c'est en 878 qu'elle lui est restituée par le duc Alain Ier, à la suite d'une guérison merveilleuse : "Je donne, dit-il à Saint-Sauveur et à ses moines de Redon la petite paroisse appelée Ardon de Rouuis, avec ses immeubles et ses habitants... sans tribut ni cens à payer à qui que ce ce soit ... "(Ibid. p. 183). Peu après surviennent les ravages des Normands, et la paroisse d'Arzon est encore perdue pour le monastère. Il faut que le duc Alain III, en 1026, en fasse une nouvelle restitution à l'abbaye. La paroisse d'Arzon devient alors "un vicariat perpétuel" à la présentation de l'Abbé de Redon. Suivant l'usage du XIème siècle, l'abbé de Redon doit alors envoyer à Arzon au moins un moine pour desservir la paroisse. Ce prieur est ainsi le recteur de l'endroit et il a comme tel les dîmes à la 11e gerbe. L'église paroissiale de Notre-Dame est en même temps l'église prieurale. Quand les religieux cessent d'administrer la paroisse, le prieur conserve le titre de recteur primitif et les dîmes, et il est remplacé par un prêtre séculier, qui prend le nom de chapelain ou de vicaire perpétuel, et qui est régulièrement à la présentation de l'abbé de Redon. Elle englobait autrefois les villages de Saline et de Le Net (Le Net-Arzonnic), aujourd'hui dans Saint-Gildas.
Kerners est le village le plus populeux d'Arzon. Il en fut, semble-t-il, le premier centre paroissial et, dès le début du VIème siècle s'y dressait une chapelle. Au XIème siècle, quand la paroisse d'Arzon fut donnée à l'abbaye de Redon, dans l'acte de donation, les deux chapelles du Croes-Ty et de Kerners (sous le vocable de Saint-Sauveur) sont mentionnées.
Port-Navalo, avant de devenir une station balnéaire, était autrefois un poste d'observation d'une grande importance stratégique pour les Romains. Une voie romaine venant de Vannes y aurait abouti.
Il semble que dans les temps anciens, Arzon embrassait les île Lannig, d'Er-Gazeg et de Henten. Un procès de 1770 indique en effet que des rentes étaient encore payées alors pour des parcelles submergées à marée haute entre Sarzeau et Illur (Bull. S.P.M., 1882). La commune d'Arzon, c'est aujourd'hui la grande station de Port-Crouesty et de Port-Navalo. A noter que l'anse de Croisty est devenue Port-Crouesty et offre aujourd'hui près de 1200 places aux plaisanciers.
Nota : on prétend dans le pays que le lieu de Kerners et/ou Pen-Castel était autrefois occupé par les templiers. Près de la chapelle du Croisty, le 11 mai 565, le corps de Saint-Gildas fut trouvé dans une barque venue s'échouer sur la côte.
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PATRIMOINE de ARZON
l'église dédiée à Notre-Dame de l'Assomption, restaurée en 1815. La construction du clocher (consolidé en 1890) et l'allongement de la nef ont lieu vers 1848-1849. La bénédiction des deux cloches a eu lieu le 5 juin 1855. Elle a été restaurée à plusieurs reprises : le sanctuaire (en 1880), une voûte (en 1920). Une réfection complète de l'intérieur de l'église a eu lieu en 1951. A noter que dès le début de la paroisse, il y eut une église à Locmaria. Le cérémonial local de l'Abbaye de Rhuys fait mention de la chapelle de Saint-Sauveur jusque vers 1500. Un vitrail, oeuvre du maître-verrier Julien Fournier, rappelle aux pèlerins le voeu que 42 marins d'Arzon firent à Sainte Anne en 1673, pendant la bataille de Schooneveldt qui a opposé le 7 juin 1673 la flotte anglo-française aux vaisseaux hollandais. Il existait autrefois deux cimetières : celui de Locmaria et celui de Kerners ; | |
la chapelle Saint-Nicolas (XVIème siècle), située au village de Kerners et restaurée au XIXème siècle. L'édifice est de forme rectangulaire à chevet plat. Elle possède une fenêtre en arc brisé. La sacristie, qui se trouve au niveau de la façade Sud, date du XIXème siècle. Le pignon Ouest, surmonté d'un clocheton, date du XIXème siècle. La chapelle abrite un Christ en croix du XIVème siècle ; | |
la chapelle Notre-Dame-du-Croisty (1826), située au Croisty. A cet endroit, au VIème siècle, les moines de Rhuys bâtirent un oratoire pour abriter une croix qu'ils avaient portée là processionnellement, d'où le nom de Croës-Ty (maison de croix). Une autre légende prétend que le 11 mai 565, une embarcation provenant de l'île d'Houat s'était échouée à l'entrée de la baie du Croisty. Elle portait la dépouille de saint Gildas, patron de l'abbatiale de Saint-Gildas de Rhuys. Une chapelle fût édifiée par la suite et plusieurs fois reconstruite. De cette ancienne chapelle, il restait encore, à la fin du siècle dernier, un pan de mur. A droite du portail se trouve un superbe lech. Autrefois, quand un navire sortait de Port-Navalo pour un long voyage et arrivait en vue de la chapelle du Croisty, les marins se découvraient et récitaient une prière, pendant que le pavillon s'abaissait par trois fois pour saluer la maison de Marie ; | |
l'ancienne chapelle Saint-Sauveur (XVIème siècle), située au village de Kermer. Elle possédait des sablières et entraits grossièrement sculptés et a longtemps servi d'église paroissiale. Elle renfermait quelques curieuses statues en bois ; | |
l'ancien prieuré Notre-Dame, dépendant de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon et aujourd'hui disparu. Le 21 juin 1546, Guillaume Droillart, archidiacre et chanoine de Nantes, et prieur commendataire d'Arzon, fait au roi un aveu détaillé de ce bénéfice. On y voit que le prieur possédait au bourg de Locmaria un logement avec cour et jardin d'une contenance d'un journal et demi. Auprès du bourg, un champ de 5 journaux avec un colombier ; à Croéz-en-Besq, 8 journaux de terre ; à Biz-en-Groéz, 10 journaux ; à Monténo, 3 journaux ; au Palis, 10 journaux ; sur la route de Bernon, 5 journaux ; l'île de Penbiz en Sarzeau, 10 journaux ; en divers lieux, 44 journaux et demi ; total 97 journaux, sur lesquels le prieur dîmait à la 4e gerbe, abandonnant ainsi les trois quarts aux fermiers Il jouissait en outre de la dîme à la 11e gerbe sur une grande partie de la paroisse, et en donnait un tiers au prieur de Lauglénec. Lors des aliénations, il perdit quelques parcelles de terre vendues le 9 juillet 1577 à Jean Fardel et autres, et plus tard d'autres biens. En 1756, le prieuré donnait un revenu net de 736 livres, pendant que le vicariat rapportait environ 500 livres. Le prieuré d'Arzon a été conservé presque constamment par des réguliers. Voici les noms de plusieurs titulaires : Guillaume Droillart (pourvu en 1540, démissionnaire en 1570), Fr. Jean de Serres (pourvu en 1570, mort en 1580), Fr. François de Châteauneuf (pourvu en 1580, mort en 1586), Fr. Daniel Bouc (pourvu en 1586, démissionnaire en 1592), Fr. Marc Fougère (pourvu en 1592 et en 1603, contesté), Dom Antoine Fleury (pourvu en 16.., mort en 1701), D. Abraham Farin (pourvu en 1702, mort en 1709), D. François de Grandseigne (pourvu en 1711, mort en 1739), D. François Cochet (pourvu en 1739, démissionnaire en 1752), D. Jacques Robert Pélerin (pourvu en 1753, mort en 1769), D. Charles de la Passeig (pourvu en 1769). La Révolution supprima les dîmes en 1790, et vendit, le 13 mars 1794, la grange, la fuie et les terres du prieuré au sieur Dupré, pour la modique somme de 890 livres (J. M. Le Mené) ; | |
le calvaire (1934), placé au nord de l'église et accolé à la chapelle du Rosaire. Ce calvaire remplace un ancien calvaire de mission édifié le 14 Février 1858 par M. Thomin, recteur ; | |
le calvaire du Croisty (1924), situé près de la chapelle du Croisty, renversé par un ouragan le 22 décembre 1925 et relevé le 30 juin 1926. Il a été financé par l'abbé Le Moing, natif d'Arzon ; | |
la maison de Béninze (XVII-XVIIIème siècle), propriété successive des familles Talleyrand Périgord (à la fin du XVIIIème siècle), Baellec (en 1828) et Machefaux. Une date portée sur le linteau de la fenêtre indique 1752 ; | |
la maison de Porh-Nèze ou Port-Nèze (1624 ou 1634) ; | |
les maisons de Kerners (XVIIème siècle) ; | |
le puits ou la fontaine de Kerners ; | |
le puits de Porh-Nèze (1826) ; | |
les fontaines de Bourg-Neuf (XVIII-XIXème siècle). Elles se trouvent dans un enclos muré. L'une des fontaines date de 1864 ; | |
le phare (1891), oeuvre de l'architecte Frécot et Vauthier et situé à Port-Navalo ; | |
l'institut de thalassothérapie de Louison Bobet ; | |
le moulin à marée de Pencastel (XIV-XVIIème siècle). Sur une pierre de l'intérieur on lit la date de 1186. Vers la fin du XIVème siècle, il appartenait à Jean IV de Montfort, duc de Bretagne, qui l'échangea avec les moines de Rhuys contre leur moulin des Lices. Il resta la propriété des moines jusqu'à la Révolution ; |
A signaler aussi :
l'îlot d'Er Lannik ou Er Lannic (époque néolithique). On y trouve un cromlech ; | |
le tumulus de Tumiac (époque néolithique). Ce tumulus est encore connu sous le nom de Butte-de-César car la légende assure que Jules César a dirigé du haut de ce tumulus la bataille des Romains contre la flotte vénéte en 56 avant notre ère. On y a découvert une trentaine de haches polies et environ trois cents perles et pendeloques ; | |
le cairn de Petit-Mont (époque néolithique) ; | |
le dolmen du Grah Niol (époque néolithique) ; | |
le petit menhir ou "Peulvan", situé au centre du village du Bourgneuf. On y trouvait aussi autrefois une rangée de "Men Sao" (pierres debout), dont pas une n'a été conservée ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de ARZON
Lors de la réformation de 1427, on comptabilise la présence de plusieurs nobles à Arzon : Joulin Guilloré et Jehan Benoist (village de Kerner), Jehan Le Charpentier et Jehan Vitré (village de Léenn).
A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464, on comptabilise la présence de 2 nobles d'Arzon :
Guillaume LE CHERPENTIER : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armé d'une vouge et d'une épée ; | |
Jehan LE BORGNE : défaillant ; |
A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence d'aucun noble d'Arzon.
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