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ACIGNE

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La commune d'Acigné (pucenoire.gif (870 octets) Egineg) fait partie du canton de Cesson-Sévigné. Acigné dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE d'ACIGNE

Acigné vient, soit du gallo-romain "Acinius" (nom d'homme), soit du latin "accinere" (ceinturer). 

Le territoire d'Acigné est évangélisé au IVème siècle par saint Martin ou ses disciples. En 1010, Rivallon, baron de Vitré, cède le territoire d'Acigné à son troisième fils Renaud. 

Il est fait mention pour la première fois de la paroisse d'Acigné dans la charte de fondation de l'abbaye de Saint-Georges, vers 1030. A cette époque, Alain III, duc de Bretagne, donne à sa soeur Adèle, première abbesse de Saint-Georges, le village d'Espargé, en Acigné ("Villam que Spargiacus dicitur in Redonensi provincia sitam, in parrochia que Acinniacus dicitur" - Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 92). Mais ce prince ne borne pas là sa générosité ; il fait encore, vers le même temps, don au monastère de deux autres villages d'Acigné nommés Espinay et Grasbuisson (ou Grébusson, donné en 1037), — d'une terre sise dans le bourg même d'Acigné, « terra in vico Aziniaco sita », — et du droit de coutumes pendant quinze jours sur les marchands se rendant à la foire de Saint-Pierre des Polieux, à Rennes, et passant par Acigné (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 105, 145).

Pendant qu'agit ainsi le duc de Bretagne, les seigneurs d'Acigné comblent de bienfaits à leur tour les religieuses de Saint-Georges : Payen d'Acigné leur donne toute la dîme de sa terre, « totam decimam terre sue de Accigneio », à l'occasion de l'entrée de sa mère Mayence dans leur cloître ; Geffroy d'Acigné, voyant sa soeur Orgon se faire également religieuse à Saint-Georges, abandonne à ce monastère trois portions de terre dans le bourg d'Acigné (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 146) ; enfin le fils de Raoul d'Acigné donne, après sa conversion, presque tous ses biens au prieuré du Feu, dépendant de Saint-Georges. Les Bénédictines de Saint-Georges ne fondent pas néanmoins de monastère à Acigné ; elles se contentent de jouir jusqu'aux derniers siècles des droits de fiefs, coutumes et dîmes leur appartenant en cette paroisse.

Nous venons de voir que dès la première moitié du XIème siècle Acigné existe comme paroisse et comme bourg, ayant déjà une certaine importance commerciale grâce à sa situation sur le grand chemin de Rennes. Au siècle suivant, son église appartient au Chapitre de Rennes, et voici comment elle passe entre les mains des moines de Saint-Melaine. Ces derniers possèdent à Rennes l'église de Saint-Symphorien, que convoitent les chanoines de cette ville ; ils leur offrent de leur céder ce sanctuaire en échange de l'église d'Acigné. Le Chapitre accepte et abandonne en 1174, à l'abbaye de Saint­Melaine, l'église d'Acigné, avec toutes ses dépendances et ses droits, notamment celui de présenter le chapelain ou recteur chargé de desservir la paroisse ; il se réserve seulement une redevance annuelle de 20 sols, monnaie d'Angers, que les moines s'engagent à lui payer à l'époque des synodes (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine). Il paraît qu'à cette époque les religieux cisterciens de Savigné, qui possèdent en Acigné la grange de Louvigné, prétendent avoir aussi quelques droits sur l'église de cette paroisse. En cette même année 1174, ils cèdent, en effet, aux moines de Saint-Melaine, tous leurs droits, sans réserve, dans l'église d'Acigné ("Quidquid juris habebant in ecclesia Acigneii ex integro, cum omnibus beneficiis sine omni exceptione" - Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine). L'abbé de Saint-Melaine demeure donc seul maître de l'église d'Acigné, ce qu'approuvent les évêques de Rennes. 

Les Bénédictins reçoivent encore en Acigné d'autres biens : les sires d'Acigné leur donnent des dîmes, et leur exemple est suivi en 1243 par Mathieu d'Infern et en 1266 par Auger de Montefelon. Dès la première moitié du XIIème siècle existe en effet, en Acigné, le prieuré de Bourgon, membre de Saint-Melaine. 

L'abbé de Saint-Melaine, considéré comme curé primitif, fait desservir la paroisse d'Acigné par un prêtre appelé tantôt chapelain, tantôt vicaire perpétuel. Il est convenu en 1174 que l'évêque de Rennes conserve ses droits épiscopaux à Acigné, de même que l'archidiacre et le doyen gardent les leurs. Mais la pension du vicaire perpétuel demeure naturellement à la charge de l'abbé, qui lui abandonne le tiers de tous les revenus et de toutes les prémices de l'église, et la neuvième partie seulement des dîmes de grains ("Capellanus in omnibus ecclesie redditibus terciam capiet partem ; exceptis decimis annone quarum omnium nonam partem tantum accipiet capellanus ; de primiciis autem sicut de ceteris redditibus terciam partem accipiet" - Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine). C'est ce qu'on appelle plus tard la portion congrue. D'après ce qui précède, l'abbé de Saint-Melaine peut déclarer au roi en 1679 qu'il a droit « à la présentation de la cure d'Acigné, à toutes les prééminences d'église et aux dîmes grosses et menues de cette paroisse ». (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). Mais un peu plus tard l'évêque de Rennes devient présentateur de la cure d'Acigné. Quant aux prééminences d'église, les marquis d'Acigné en jouissent au XVIIIème siècle. En effet, en 1778, les paroissiens d'Acigné rendent aveu à Jean-Jacques de Talhouët, comte de Bonamour et marquis d'Acigné, pour « l'église et le presbytère d'Acigné, sis dans le fief de ladite Ville », reconnaissant que ce seigneur avait dans cette église « les droits de patronage, fondation, prières nominales, bancs dans le sanctuaire et dans la nef, chapelle prohibitive, armoiries dans le chanceau, etc., tant à cause de sondit marquisat d'Acigné que de sa seigneurie de la Havardière, en Acigné ». (Archives paroissiales). 

Notons aussi que quelques dîmes étaient levées à Acigné par d'autres que l'abbé de Saint-Melaine, c'est-à-dire par l'abbesse de Saint-Georges, les prieurs de Louvigné et d'Allion, etc.

L'Abbaye de Savigny possède une grange au village de Louvigné dès le milieu du XIIème siècle ; on y voit une chapelle au XVIIème siècle. L'ermite Haton s'y retire au milieu du XIIème siècle après avoir quitté le Feu en Liffré. 

L'ancien château d'Acigné qui date du XIème siècle est détruit en 1324 par le duc de Bretagne, Pierre Mauclerc, afin de punir Alain d'Acigné d'avoir pris parti pour saint Louis contre lui. 

On rencontre les appellations suivantes : Acinniacus (en 1030), Accigneium (en 1174), ecclesia de Ascineio (en 1213), Accigneyum (en 1516).

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse d'Acigné : Hervé, "Herveus sacerdos ecclesie de Accigneio" (en 1160), Gaultier, "Gualtherius personna ecclesie de Acigneio" (en 1240), Thomas Lohier, "Thomas Lohier presbyter, vicarius seu rector ecclesie parochialis de Acigneyo" (ce recteur fit en 1343 une transaction avec les moines de l'abbaye de Saint-Melaine au sujet de la dîme des vins récoltés à Acigné), Jean Regnard, "Johannes Regnardi" (en 1417), Guillaume Dumoulin (donna en 1554 la cloche de l'horloge d'Acigné  : "Lan mil VcLIIII je fus ici donnée par le recteur et nommée Anne. M. G. Dumoulin recteur" - il est fait mention de cette horloge dans les Comptes des trésoriers en 1594), Yves Delaulne (en 1580), Guillaume Symonneaux (en 1585 et en 1620), Jean Berthelot (1628-1633, inhumé dans l'église, près de la balustrade, vis-à-vis de l'autel du Saint-Nom de Jésus, dont il institua la confrérie), Jean Jehanne (1633-1636), Olivier de France (1637-1642), Pierre Bellant alias Bellon (1643-1662, inhumé dans l'église "vis-à-vis le maistre-autel proche le balustre"), Robert Morin (précédemment chapelain de la Motte d'Acigné, puis recteur d'Acigné de 1662 à 1663), Pierre Guerry (1663-1673, inhumé dans l'église), Joseph Chassé (1673-1679), Olivier Chassé, neveu du précédent (1679-1716), Jean-Joseph Eriau (décédé en 1722), Martin Maugars (1722-1725), Alexandre Guimont (1725-1726), Jean Le Breton (précédemment chapelain de la Motte d'Acigné, recteur d'Acigné de 1726 à 1729), René-Hyacinthe Maujouan (1729-1768), Julien Radiguel (vicaire puis recteur à Acigné de 1768 à 1782), Paul Le Tranchant (1782-1789 et 1803-1806), François Vallée (1806-1810), Gabriel Denis (1810-1839), Jean-Marie Dessaudres (1839-1841), Magloire Collin (1841-1847), Christophe Barbedet (1847-1874), Joseph Sauvage (1874-1877), François Sauvage (à partir de 1877), ....

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PATRIMOINE d'ACIGNE

l'église Saint-Martin (1904), construite d'après les plans d'Arthur Regnault. La première église est mentionnée en 1160. Elle est reconstruite aux XVIème et XVIIème siècles puis remplacée entre 1901 et 1904 par l'édifice actuel. Nous voyons mentionnée en 1160 l'église Saint-Martin d'Acigné, « ecclesia Sancti Martini de Accigneio ». C'est dans ce temple que, le 1er octobre de cette année-là, Geffroy d'Acigné, renonçant au monde, se mit sous la direction d'un pieux religieux, Haton, prieur du Fou. De nombreux assistants se trouvaient à cette touchante cérémonie ; on y voyait Hervé, recteur d'Acigné, Guidenoc, prieur d'Allion, Ricard, chanoine de Fougères, et, parmi les laïques, Pierre, seigneur d'Acigné, Maurice Le Clerc et Robert de Moucon. Pour conserver le souvenir de ce fait, Geffroy d'Acigné et le chanoine Ricard firent distribuer du pain bénit, « panem benedictum », à tous les assistants. Les seigneurs d'Acigné furent naturellement les bienfaiteurs de cette église ; toutefois ils n'y avaient point leur enfeu, parce que l'abbé de Saint-Melaine y jouissait au moyen­âge des droits de prééminence ; ils se faisaient tous inhumer à Rennes dans l'église des Cordeliers. Cela ne les empêchait point de faire du bien à leur paroisse, que Pierre d'Acigné enrichit vers l'an 1400 de précieuses reliques. Un autre seigneur de la même famille laissa par testament, en 1411, « à la personne (c'est-à-dire au recteur) d'Acigné 10 sols pour prier Dieu pour lui, et aux neuf chapelains d'Acigné, à chacun 10 sols » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, II, 864). Ce dernier trait prouve qu'un nombreux personnel desservait alors l'église d'Acigné, déjà riche en fondations. Lorsque le château d'Acigné eut été détruit et que les sires de ce nom eurent quitté le pays, d'autres personnes moins importantes enrichirent aussi l'église d'Acigné. Tels furent le seigneur de Forges, qui fonda la chapellenie de Sainte-Anne, desservie à l'autel de ce nom (nota : en 1790, le chapelain de Sainte-Anne, René de la Chevière, déclara que son bénéfice valait 203 livres de rente en prés et dîmes, et devait seulement deux messes par semaine - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 39), — Bertrand Auger, sieur de la Lande-Guérin, qui fonda en 1597 une messe hebdomadaire et l'entretien perpétuel d'une lampe,— Nicolas de Lestang, sieur des Vaugelaux, en 1617, et Pierre du Reschou, seigneur dudit lieu, qui fondèrent également des messes, etc. (Archives paroissiales). Les Livres de comptes des trésoriers d'Acigné en 1594 nous font connaître quelques usages pratiqués alors en cette église. On y trouve mentionnés l'offrande habituelle de « hures de porcs et de cochons de lait faicte à Monsieur sainct Denis », — l'usage d'une « demie pipe de vin breton pour la communion paschale » (nota : C'était alors la coutume aux fêtes solennelles de faire avaler quelques gouttes de vin à chaque communiant après la réception de la Sainte Hostie ; il ne s'agit nullement ici de la communion sous les deux espèces), — « 30 sols payés aux porteurs d'enseignes (de bannières) lors des quatre processions ordinaires faictes à la Rivière (en Domloup), à Saint-Marc (en Liffré), à Bonne-Nouvelle (à Rennes) et à Saint-Roul et Saint-Aubert (à Saint­Sulpice-des-Bois) », — l'usage des « torches pour la procession du Sacre », du pain bénit distribué au peuple et des « sonneurs de nuit » durant toute la nuit de la Toussaint (Archives paroissiales). L'église actuelle d'Acigné, quoique ancienne, ne semble pas remonter au-delà du XVIème siècle ; la tour n'en fut « parachevée » qu'en 1582, et une partie de l'édifice est encore plus moderne. Ce ne fut à l'origine qu'une simple nef, à laquelle furent ajoutées peu à peu quelques chapelles : d'abord au Nord, à côté du sanctuaire, la chapelle seigneuriale de Forges, dédiée à sainte Anne, et où les seigneurs de Forges et de la Havardière avaient leur enfeu ; — puis du même côté, mais plus bas dans la nef, la chapelle de Notre-Dame ou Chapelle-Neuve, construite au XVIIème siècle, et dans laquelle se faisaient inhumer les seigneurs du Hil ; — enfin, au Midi, vis-à-vis la chapelle Sainte-Anne, la chapelle Saint-Jean, appelée communément jadis chapelle du Saint-Nom de Jésus, à cause d'une confrérie de ce nom enrichie d'indulgences par le pape Urbain VIII et approuvée en 1630 par Mgr de Cornulier. Dans le sanctuaire même était au siècle dernier un caveau sépulcral réservé aux marquis d'Acigné ; l'autel Saint-Roch et Saint-Sébastien s'élevait dans la nef, près de la Chapelle-Neuve ; enfin, au bas de cette nef, mais à l'extérieur, était un ancien ossuaire d'aspect pittoresque. Telle était, à peu de chose près, l'église Saint-Martin d'Acigné (Pouillé de Rennes). Le retable du maître-autel date de 1670. L'autel et le retable de la Vierge, oeuvre de Pierre Loyer, datent de 1682-1683. La chaire, oeuvre du sculpteur François Leray, date de 1776-1789. Le tableau intitulé "Adoration des Bergers" date du XVIIème siècle. Deux reliquaires contenant des reliques de martyrs romains, datent du XVIIème siècle et ont été restaurés en 1999. Deux autres reliquaires (XIXème siècle) situés sur l'autel Sainte-Anne, contiennent des reliques de sainte Anne et saint Martin. Le vitrail représentant saint Louis, ainsi que celui représentant le pèlerinage à Sainte-Anne d'Auray, oeuvres du maître verrier Rault, datent de 1904 ; 

l'ancienne chapelle de Bréhon (XVIIème siècle), restaurée en 1654. On faisait aussi des mariages en 1628 dans cette chapelle ; 

l'ancienne chapelle (XVIIème siècle) du manoir du Hil ou du Hail. L'existence de ce sanctuaire nous est encore attestée au XVIIème siècle par un mariage qu'on y fit en 1626. Pierre Chevalier, seigneur du Hil et archidiacre de Dinan en 1616, ne fut peut-être pas étranger à sa construction. Convertie maintenant en cellier, la chapelle du Hil paraît ancienne. La statue de son patron, saint Gorgon, est conservée avec respect, au-dessus de sa porte cintrée, par les habitants du village qui remplace aujourd'hui le manoir du Hil. Le manoir appartenait autrefois à la famille Bourgon (en 1427 et en 1541), puis à la famille Couldray (en 1585 et en 1712) ; 

l'ancien prieuré de Bourgon. Le village de Bourgon en Acigné rappelle seul maintenant le prieuré de ce nom, membre de Saint-Melaine. Il en est question pour la première fois du temps d'Alain, évêque de Rennes (1141-1157) ; à cette époque il y eut un accord entre les moines de Saint-Melaine et le prieur de Louvigné, dépendant de l'abbaye de Savigné ; par cet acte, les religieux de Saint-Melaine furent maintenus dans la possession des deux tiers des dîmes d'Acigné, l'autre tiers demeurant au prieur de Louvigné ; mais il fut stipulé que celui-ci conserverait tout entière la dîme du territoire de Louvigné situé en Acigné, tandis que les Bénédictins de Saint-Melaine seraient également seuls décimateurs dans les terres de Bourgon et de Vernay, « monachi terrain suam de Borgun et de Verneia, cum omni integritate, sine aliqua partitione decime in perpetuum possiderent ». Le successeur d'Alain, l'évêque Etienne de la Rochefoucaud, confirma cet accord en 1166 (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine, 43, 113). Quelques années plus tard, les moines de Saint-Melaine ayant abandonné au Chapitre de Rennes l'église Saint-Symphorien située en cette ville, les chanoines de Saint-Pierre cédèrent en 1174, à leur tour, l'église d'Acigné et la présentation de son chapelain ou recteur à l'abbaye de Saint-Melaine, se réservant seulement une pension de 20 sols, monnaie d'Angers, payable à deux termes, 10 sols à chaque synode (« Canonici suam ecclesiam de Acigneio cum suis pertinenciis et quidquid in illa juris habebant ejusdem scilicet ecclesie donationem et capellani presentacionem monachiis dederunt, etc. » (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine). En même temps, les moines de Savigné, qui avaient quelques prétentions sur l'église d'Acigné à cause de Louvigné, renoncèrent à tous leurs droits, prétendus ou réels, sur cette église en faveur des religieux de Saint-Melaine. Aussi en 1213, Pierre, évêque de Rennes, confirma-t-il ces derniers dans la possession de l'église d'Acigné, « ecclesiam de Ascineio ». Les seigneurs d'Acigné, bienfaiteurs et peut-être fondateurs du prieuré de Bourgon, avaient donné aux religieux de ce monastère la dîme de leurs moulins à blé, construits en Acigné sur le cours de la Vilaine ; mais, en 1263, Pierre d'Acigné régla avec les moines de Saint-Melaine que les vassaux de ces derniers, habitant la paroisse d'Acigné ou le prieuré de Bourgon, « homines in parochia de Acigneio vel in prioratu suo de Borgon », devraient faire moudre leur grain aux moulins seigneuriaux d'Acigné, à moins que l'abbaye ne se décidât à construire elle-même un moulin (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine, 70, 71). L'existence du prieuré de Bourgon nous est encore constatée par deux chartes de la même époque. En 1273, Guillaume Morel, du village de Bourgon, reconnut tenir trois jardins dans le fief du prieuré de Bourgon et devoir obéissance au prieur de ce lieu, « dicto priori de Borgon obedire » ; en 1278, le seigneur d'Acigné fit un accord avec les moines de Saint­Melaine relativement au droit de patronage du prieuré de Bourgon, en Acigné, « de jure patronatus prioratus de Bourgon in Accigneio siti » (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine, 68, 70). Il est évident qu'il y avait à l'origine une chapelle à Bourgon, puisque ce prieuré existait avant que les moines de Saint-Melaine possédassent l'église d'Acigné ; mais la tradition semble avoir perdu tout souvenir de cette chapelle priorale ; d'ailleurs, ce prieuré ayant été uni dès 1411 à la mense abbatiale, les Bénédictins, maîtres de l'église paroissiale d'Acigné, durent bientôt abandonner le village de Bourgon ; aussi, en 1679, déclarèrent-ils ne posséder en la paroisse d'Acigné que « la présentation de la cure, toutes les prééminences d'église et les dîmes grosses et menues ». Le nom même de prieuré de Bourgon parait complètement oublié à cette époque, et les religieux ne mentionnent plus que leur « prieuré d'Acigné, annexé à la mense abbatiale » ; mais c'était bien, sous un autre nom, l'antique prieuré de Bourgon (Pouillé de Rennes) ; 

l'ancien prieuré de Louvigné. On ignore la fondation de cette grange, située dans la paroisse d'Acigné, sur la lisière de la forêt de Rennes. Nous savons seulement que du temps d'Alain, évêque de Rennes (1141-1157), un saint homme nommé Haton menait à Louvigné la vie érémitique, « Hatonem de Fago heremetice apud Luviniacum viventem » (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine). On l'appelait Haton du Fou, parce que primitivement il avait vécu dans la solitude du Fou, en Liffré, comme nous avons eu déjà occasion de le dire. Il est vraisemblable que dès cette époque Louvigné appartenait à l'abbaye de Savigné, car nous voyons les religieux de ce monastère entrer en contestation avec ceux de Saint-Melaine au sujet des dîmes d'Acigné. Etienne, évêque de Rennes, mit les deux abbayes d'accord en 1174, en réglant que désormais les religieux de Saint-Melaine auraient les deux tiers des dîmes d'Acigné, l'autre tiers restant à Haton ; mais que dans le fief de Louvigné, Haton et les frères demeurant avec lui, « Hato et fratres cum eo manentes », jouiraient seuls de toute la dîme (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine). Ailleurs, et à la même époque, nous voyons aussi les religieux de Savigné renoncer à toute prétention sur l'église d'Acigné, parce qu'on leur assura la libre jouissance des dîmes dépendant de leur grange de Louvigné, « quas manachi Savigneii possidebant ad grangiam suam de Lovigneio pertinentes » (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine). Aux siècles derniers, la grange de Louvigné était unie à la mense abbatiale de Savigné. En 1679, François de la Vieuville, abbé de ce monastère, fit la déclaration de la seigneurie de Louvigné, consistant en : « Une chapelle où l'on célèbre la messe tous les dimanches et fêtes ; — 253 journaux de terres labourables, prés et landes, en la paroisse d'Acigné ; — un fief avec droit de haute justice ; — un droit de pasnage et usage de bois de chauffage et bois à merrain dans les forêts voisines de Louvigné ; — l'exemption pour les vassaux des devoirs de fouages, guet, subsides, impôts sur les bois­sons, etc. » (Archives nationales, P. 1731). La chapelle de Louvigné, située au village de ce nom, était au XVIIème siècle fondée de trois messes par semaine. On y faisait fréquemment des mariages et l'on y inhumait aussi quel­ques personnes. Aujourd'hui, cet édifice religieux n'existe plus, et le village de Louvigné rappelle seul par son nom l'ancien établissement des religieux de Savigné (Pouillé de Rennes) ;

la croix (XVIIème siècle), située 16 rue Saint-Georges ; 

la croix des pèlerins (XIXème siècle), située au lieu-dit les Escures ; 

le calvaire (1857), situé rue du Calvaire ; 

d'anciennes croix aujourd'hui disparues : La Boissellerie, Bourgeons, Bourgon, du Chêne-Dey, de la Ville-Guy ; 

le château de la Boissellerie (XIXème siècle). Ce château occupe l'emplacement d'un ancien manoir édifié au XVIème siècle et propriété successive des familles Havard (en 1572), Loaisel, seigneurs de Brie (en 1650), Bougears, sieurs de Kerdualy (en 1749) ; 

l'ancien château des Onglées (XVIIème siècle). Sa chapelle est reconstruite en 1677. Jean de Coniac, seigneur d'Allineuc et de Toulmen, et Marie Morice, sa femme, ayant fait bâtir une chapelle près de leur manoir des Onglées, y fondèrent des messes tous les. dimanches et fêtes et tous les mercredis de chaque semaine. L'autorité épiscopale approuva cette fondation le 10 février 1677. Mais cette chapelle remplaçait vraisemblablement un sanctuaire plus ancien, car dès 1628 il est fait mention de mariages célébrés dans « la chapelle du manoir des Onglées », et en 1647 Jean de Boisguéhenneuc, seigneur du Clio, y épousa Marie de Coniac, fille d'Hervé de Coniac, seigneur de Toulmen et des Onglées. La chapelle des Onglées était surtout intéressante à cause des peintures sur bois qu'elle renfermait ; on y voyait dix-huit panneaux représentant diverses scènes de la sainte Ecriture (Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles Acigné, Biet, seigneurs du Couldrays (en 1587), Coniac, seigneurs de Toulmen (en 1632) ; 

l'ancien manoir de Forges (XVIème siècle). Ce manoir dépendait dès 1060 de l'abbaye Saint-Georges de Rennes. Une chapelle dépendait autrefois du manoir. En 1637, on célébra un mariage dans cette chapelle en présence de René Lambert et Renée Pépin, seigneur et dame de Forges. Propriété successive des familles Forges (en 1398), Acigné (en 1421 et 1513), Plesguen (en 1549), Préauvé (en 1553), Argentré (en 1599), Lambert, seigneurs de la Havardière (en 1637), Talhouët, seigneurs de Bonamour (en 1675), Pépin, seigneurs de Sévigné (en 1700), Picot, seigneurs du Boisfeillet, Talhouët (en 1763) ; 

le manoir de la Havardière (XVIème siècle). Le manoir possédait autrefois une fuie et un droit de haute justice. Propriété successive des familles Havart (en 1427), Lambert, seigneurs de Lesmont (vers 1594), Talhouët, seigneurs de Bonamour (en 1675), Clairambault, Pépin, seigneurs de Sévigné (en 1703 et 1730), Talhouët, seigneurs de Bonamour (en 1750 et 1778) ; 

le manoir de la Ville-Guy (XVIIème siècle). Il possédait autrefois une chapelle construite en 1675 qui renfermait la pierre tombale de François Pélisson. François Pélisson, sieur de la Ville-Guy, fit construire cette chapelle, qu'il dota en 1675 de 60 livres de rente pour une messe aux dimanches et fêtes, et de 20 livres pour un catéchisme à la suite de cette messe. Il nomma premier chapelain René Gaultier, sieur du Champ-Michel, prêtre. En 1790, N. Collin, chapelain présenté par Marie-Nicolle Pélisson, veuve de Jean Fougeré de Kermorivan, disait ces messes, faisait le catéchisme et jouissait des 80 livres de rente (Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles Acigné (en 1513 et en 1569), Pélisson (en 1666), Fougeré, sieurs de Kermoët (en 1767) ; 

le manoir de la Ville-Aubrée (XVIème siècle) ; 

la maison (XVIème siècle), située rue des Forgerons ; 

la maison d'Acigné (XVI-XVIIème siècle), située rue Saint Louis ; 

la maison des Chevaliers (XVIème siècle-1977), située 4 rue de Calais ; 

l'ancienne longère (1638), située au lieu-dit La Jarsais ; 

l'ancienne soue à cochons (XVIIIème siècle), située au lieu-dit Le Haut-Chanclin ; 

l'ancienne ferme (XVIII-XIXème siècle), située 25 rue Saint-Georges ; 

la maison (XVIII-XIXème siècle), située au lieu-dit Louverné ; 

le presbytère (XVIII-XIXème siècle), situé 9 rue du Grand-Four ; 

les maisons (XVIIIème siècle), situées au lieu-dit La Ville-Aubrée ; 

la ferme (XIXème siècle) de Guichet. L'ancienne maison noble de Guichet appartient à la famille Caradeuc, seigneurs de la Chalotais (en 1622 et en 1712). Cette terre a été anoblie en 1622 ; 

le four à pain (XIXème siècle) de la Motte ; 

les moulins à eau de Sévigné, Moncor, Acigné ; 

A signaler aussi : 

la découverte de haches de pierre polie (3500 ans avant Jésus-Christ) et de bracelets en bronze (1000 avant Jésus-Christ) ; 

la découverte d'une nécropole gauloise, près du château des Onglées ; 

l'ancienne maison des notaires ; 

l'ancienne maison de la rue des Roches ; 

l'ancien hôtel Saint-Georges ; 

l'ancien logis de la Vieille Halle ; 

l'ancien logis de Vaugeslan. Propriété de la famille de l'Estang en 1617 ; 

l'ancien hôpital, fondé par les seigneurs d'Acigné. L'hôpital est réuni à l'Hôtel-Dieu de Rennes en 1585. Il existe encore en 1655 et disparaît en 1738. Près de l'hôpital s'élevaient autrefois deux chapelles : la chapelle Saint-Julien et la chapelle Saint-Antoine, toutes les deux portaient les armes des seigneurs d'Acigné ; 

l'ancienne école des filles fondée en 1718 par la famille Coniac, seigneurs des Onglées ; 

l'ancien lieu noble de la Haye. Propriété successive des familles Avillé (en 1513), Coudray (début XVIIIème siècle), Cotton, sieurs de la Fuye, Duré (en 1741 et 1777) ; 

l'ancienne maison la Basse-Ville. Propriété de la famille Bernard au début du XVIIIème siècle ; 

l'ancien château d'Acigné (appelé dès 1240 la Motte d'Acigné). En 1240, Main, seigneur d'Acigné, fit bâtir une chapelle près du château de la Motte, qui était son habitation, et y fonda une chapellenie dotée de revenus suffisants pour entretenir le chapelain. Jean Gicquel, évêque de Rennes, et Mathieu des Ruisseaux, abbé de Saint-Melaine, accordèrent toute permission à ce sujet au sire d'Acigné, qui se réserva la présentation du chapelain. Il fut convenu que ce dernier, après avoir reçu la collation de l'évêque, prêterait serment de fidélité, obéissance et révérence au recteur d'Acigné avant de commencer le service divin dans la chapelle de la Motte ; qu'il n'y dirait point la messe aux fêtes solennelles et qu'il n'y administrerait point de sacrements ; le seigneur d'Acigné s'engagea, de plus, à payer chaque année à l'église paroissiale 10 sols, à la fête patronale de la Saint-Martin d'hiver, et cela sous peine d'excommunication pour lui et d'interdit pour sa chapelle. Cette fondation fut augmentée en 1411 par Geffroy de la Lande,. qui y fonda une autre messe chaque semaine. Dans le siècle dernier, le chapelain de la Motte devait deux messes par semaine et avait 240 livres de rente tant en terres qu'en dîmes levées en Acigné, Servon et la Bouëxière. Mais en 1782 la chapelle de la Motte était tombée en ruine et le chapelain en disait les messes dans l'église paroissiale ; c'était alors René de la Chevière, que venait de nommer, à la place de Julien Radiguet, décédé, Jean-Jacques de Talhouët, comte de Bonamour et marquis d'Acigné (Pouillé de Rennes). La seigneurie d'Acigné possédait un droit de haute justice; c'était une châtellenie d'ancienneté, érigée en marquisat en 1609. Propriété successive des seigneurs de Vitré (au XIème siècle), puis des familles Acigné (en 1160), Cossé, ducs de Brissac (en 1573), Lambert, seigneurs de la Havardière (en 1657), Freslon (en 1691), Talhouët, seigneurs de Bonamour (en 1720 et 1789) ; 

l'ancienne maison de la Grétais. Propriété successive des familles Bret (en 1404), Malenoë (au XVème siècle), Espinay (en 1554), Fouquet, seigneurs de Chalain (en 1636), Marbeuf (en 1705), Tranchant, seigneurs des Tullayes (en 1789) ; 

le manoir d'Escures. Une chapelle privative est signalée en 1624 et reconstruite en 1779. Cette chapelle, mentionnée en 1624, dépendait du manoir d'Escures, appartenant en 1665 à Christophe Fouquet, président au Parlement de Bretagne et seigneur de Chalain. Elle fut presqu'entièrement rebâtie en 1779 et bénite le 1er juin par M. Barillet, recteur de Thorigné (le recteur d'Acigné étant alors malade). Toutefois l'ancien autel, de forme antique, fut heureusement conservé sous une boiserie moderne : c'est une table de pierre reposant sur un massif angulaire et sur deux colonnes, et devant remonter au XVIème siècle (Pouillé de Rennes). On y trouvait autrefois une fuie et le manoir possédait un droit de haute justice. Il est donné vers 1400 par le duc de Bretagne au sire d'Espinay. Propriété successive des familles Trémoille, Fouquet, seigneurs de Chalain (en 1636), Marbeuf (en 1705), Saisy, seigneurs de Kerampuil, Euzénou, seigneurs de Kersalau (en 1737), Moyne (en 1771) ; 

l'ancien manoir de la Méraudière. Il relevait de la seigneurie d'Escures. Propriété successive des familles Busnel (en 1594), Boussemel, Crosnier, sieurs du Perron, Bougret (en 1671) ; 

l'ancienne maison du Plessis. Elle avait été donnée à la fin du XIIème siècle par Raoul d'Acigné à l'Abbaye de Saint-Georges de Rennes. Elle était en 1513 à la famille Havart, seigneurs de la Havardière ; 

l'ancien manoir de Monthelon ou Montellon. Il possédait autrefois une fuie, et une chapelle construite peu avant 1606 et détruite vers 1860. Pierre Botherel, seigneur de Montellon, et Andrée Béchenec, sa femme, ayant fait bâtir près de leur manoir une chapelle « en l'honneur de la Sainte Trinité et des saints apôtres Denis, Pierre et Paul », y fondèrent, le 3 août 1606, deux messes par semaine pour les dimanche et vendredi. Cette chapelle se trouvait au milieu de la principale rabine du manoir. En 1678 on y honorait particulièrement saint Pierre et saint André, et il y avait alors un petit cimetière autour (Pouillé de Rennes). On y cultivait la vigne au XVème siècle. Propriété successive des familles Montbourcher (en 1414), Madeuc, seigneurs de Guémadeuc (en 1454), Botherel (en 1569), Hayers, seigneurs de Bourgnouveau (en 1688), Cotton (sieurs de la Fuye (en 1688), Caradeuc, seigneurs de la Chalotais (en 1707 et en 1748) ; 

l'ancien manoir d'Ifer, démoli vers 1880. On y voyait autrefois une fuie et des douves. Propriété successive des familles Ifer (en 1243), Acaris (en 1392), Taillis (en 1443), Veneur, barons de Tillières (en 1498), seigneurs d'Acigné (en 1569), Luxembourg, seigneurs de la Marqueraye (en 1589 et 1621), Frain (en 1631), Malescot, seigneurs des Hayes, Cadélac (en 1681 et 1715), Limonnier, seigneurs de la Marche (en 1789) ; 

l'ancien manoir de la Rougerais. Propriété des seigneurs d'Ifer en 1427. Propriété successive des familles Lantivy, seigneurs du Cosquer (avant 1660), Gaudé, sieurs de l'Hermitage (en 1660), Mahé, sieurs de Lépinay (en 1683), Cotton, sieurs de la Fuye (en 1685), Gouicquet, sieurs de Saint-Eloi, Pinot, sieurs de la Gaudinais (en 1726) ; 

l'ancien manoir d'Epinay ou d'Espinay (XI-XIIème siècle). C'est l'ancien chef-lieu de la seigneurie d'Epinay qui fut uni à celle d'Escures au XVIIIème siècle. On y trouvait des douves et une chapelle. La seigneurie d'Epinay possédait un droit de haute justice. Propriété de la famille Epinay ou Espinay (en 1197) ; 

l'ancien manoir de la Beschère. Propriété successive des familles Beschère (en 1427), Estourbeillon (vers 1479 et en 1627), Fouquet, comtes de Chalain (en 1676), Marbeuf (en 1705), Euzeunou, seigneurs de Kersalaün (en 1748), Tranchant, seigneurs des Tulays (en 1771 et en 1789) ; 

l'ancien manoir du Breil. Propriété en 1515 de la famille Espinay, seigneurs d'Escures ; 

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ANCIENNE NOBLESSE d'ACIGNE

Le marquisat d'Acigné : D'après le P. du Paz, le plus ancien seigneur d'Acigné fut Renaud, fils puîné de Riwallon, premier baron de Vitré (1008-1030) et de Gwen-Argant. Ceci concorde assez bien avec un acte non daté, mais qui doit être de la fin du XIème siècle ou du commencement du XIIème siècle (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 542). On y voit que précédemment Renaud de Vitré fut seigneur d'Acigné et fit une donation à Marmoutiers, à l'occasion de l'entrée de Guillaume son frère dans ce monastère, où il prit l'habit religieux. Mais il arriva que, faute d'hoirs, la seigneurie d'Acigné revint au baron de Vitré, et André sire de Vitré de 1090 à 1136, en jouissait à ce titre, quoiqu'il y eût déjà une famille portant le nom d'Acigné représentée à cette même époque par Hamelin et Guillaume d'Acigné (un acte du Cartulaire de Saint-Georges mentionne ces deux personnages en 1105). Le baron de Vitré se dessaisit de nouveau d'Acigné, peut-être en faveur d'un membre de cette famille ; toujours est-il que vers 1160 Raoul d'Acigné, fils de Pierre, semble seigneur d'Acigné ; il se distingua d'abord par des malversations, puis par des aumônes envers l'abbaye de Saint-Georges de Rennes (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 116).

Payen d'Acigné — que du Paz dit fils d'Hervé d'Acigné et de Maience de Dol — donna vers 1168, au même monastère, sa dîme d'Acigné en faveur de sa mère, qui, devenue veuve, s'était faite religieuse à Saint-Georges (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 147). Parmi ses successeurs remarquons Alain, sire d'Acigné, qui fut l'un des barons appelés en 1225 à confirmer les privilèges des habitants de Saint-Aubin-du-Cormier. Il fit en 1240 bâtir une chapelle près de son château de la Motte d'Acigné. Pierre d'Acigné, son fils, confirma en 1263 à l'abbaye de Saint­Melaine le don de la dîme de ses moulins d'Acigné sur la Vilaine.

Alain III, sire d'Acigné, épousa Mathilde de Montfort et mourut le 18 octobre 1339 ; il fut inhumé au chapitre du couvent des Cordeliers de Rennes, où reposaient déjà ses ancêtres (Obiit domnus Alanus de Assigneio, miles, sepultus in capitulo cum parentibus suis, anno 1336 - Nécrologe mss des Frères Mineurs de Rennes (Bibliothèque Nationales)) — Pierre III d'Acigné, fils des précédents, mort le 21 septembre 1347, fut inhumé au même endroit. Son fils Jean Ier d'Acigné épousa Jeanne de la Lande, qui mourut le 4 janvier 1367 et fut enterrée en l'église Saint-François de Rennes, près de l'autel Saint-Yves (Obiit domna Johanna de Landa, domina de Assigneyo, sepulta cum parentibus juxta altare sancti Yvonis (Nécrol. préc.)) ; lui-même ne décéda que le 8 novembre 1421. 

D. Morice nous a conservé le sceau de ce seigneur d'Acigné en 1397 : il est rond et présente un écu tenu par deux hommes sauvages nus, portant d'hermines à la fasce de gueules chargée de trois fleurs de lis d'or ; la légende est : S. JEHAN D'ACIGNE. 

Jean II, sire d'Acigné, arrière-petit-fils du précédent et fils de Jean d'Acigné, seigneur de la Lande, et de Jeanne de Fontenay, épousa Catherine de Malestroit. Il perdit sa femme le 13 novembre 1434 (Obiit recolendœ memoriae Catharina de Malestreet et domna de Assigné et de Fontenay, 1437 (Nécrol. préc.)). et mourut lui-même âgé de 53 ans, en 1462 ; tous deux furent inhumés à Saint-François de Rennes (Obiit domnus Johannes de Assigneyo, miles, qui temporibus suis honorabiliter se habuit in servicio domnae Annae de Brittanniae, reginae Franciae, anno Domini 1525 (Nécrol. préc.)). A cette époque, la famille d'Acigné jouissait d'une grande considération en Bretagne, en particulier à la cour de nos ducs, et cette importance, due en partie à la valeur des sires d'Acigné sur les champs de bataille, ne fit que s'accroître au siècle suivant. Le P. du Paz a raconté leurs hauts faits et mentionné leurs belles alliances dans son Histoire généalogique des principales maisons de Bretagne. Jean III d'Acigné, fils des précédents, épousa Béatrice de Rostrenen. Ce sire d'Acigné mourut vers 1497 et sa veuve en 1501. — Son fils, Jean IV d'Acigné, épousa en 1487 Galette de Coëtmen, fille et héritière de Jean, baron de Coëtmen et vicomte de Tonquédec. Jean IV, décédé le 8 septembre 1525, fut inhumé près de son père au couvent des Cordeliers de Rennes. C'est de ce seigneur que parle la Réformation de 1513, dans les termes suivants : « Haut et puissant Jean d'Acigné tient (en Acigné) les manoirs nobles de la Motte, Quicampoix, les Préaux et la Villeguy ». — Jean V d'Acigné, fils des précédents, épousa Anne de Montejean. Il mourut le 19 mars 1540, et fut enterré à Saint-François de Rennes («Hac die ab hoc seculo lugubri ac gemebunda nimium morte decessit, perpetua memoria bene meritus, illustris domnus Johannes de Assigneyo, regius amatusque miles, qui suis temporibus sua solertia ac modestia ducatus Britanniae principatu matque gubernaculum meruit, quod strenue gerens neminem gravavit, ac sic omnibus gratus vitam finiit sepultus ad parentes suos » (Nécrol. préc.)). Son fils, Jean VI d'Acigné, épousa Jeanne du Plessix ; il décéda le 7 décembre 1573, ne laissant qu'une seule fille nommée Judith. Inhumé au couvent des Cordeliers de Rennes, il fut le dernier seigneur mâle de la branche aînée d'Acigné (nota : deux branches cadettes d'Acigné s'établirent, l'une en Basse-Bretagne, l'autre en Provence).

Judith d'Acigné épousa Charles de Cossé, duc de Brissac et maréchal de France, et lui apporta la terre d'Acigné (nota : le 15 août 1582, les paroissiens d'Acigné s'assemblèrent et résolurent d'acheter une « haquenée bien accoustréee » pour recevoir Mme d'Acigné qui devait prochainement venir en ses terres (Archives paroissiales)) . Cette dame mourut le 11 janvier 1598. Son mari se remaria avec Anne d'Oignies, et ne mourut qu'en 1621. — Charles de Cossé, second fils du premier mariage, eut en partage la seigneurie d'Acigné, et la fit ériger en marquisat en 16O9. Il épousa Hélène de Beaumanoir (nota : celle dame fonda 150 livres de rente au couvent des Carmes de Rennes en 1623), fille de Toussaint de Beaumanoir, vicomte du Besso, mais il mourut sans postérité. Sa succession passa à son frère aîné François de Cossé, duc de Brissac et baron de Châteaugiron. Celui-ci, qui avait épousé Guyonne de Ruellan, céda, le 5 septembre 1641, la terre et seigneurie d'Acigné à son fils Louis de Cossé, époux de Marguerite de Gondy. Ces derniers vendirent, le 30 juillet 1657, le marquisat d'Acigné à René Lambert, seigneur de la Havardière en Acigné, et à Renée Pépin, sa femme. La fille de ceux-ci, Renée Lambert, avait épousé Gabriel Freslon, seigneur de la Freslonnière, veuf de Catherine de Francheville ; elle mourut le 24 novembre 1652 et fut inhumée dans l'enfeu de ses ancêtres, en la chapelle Sainte-Anne de l'église d'Acigné. Son fils, Gabriel Freslon, prit le titre de marquis d'Acigné, mais il mourut sans postérité le 31 décembre 1669, et fut inhumé près de sa mère lei 2 janvier suivant. Tout en laissant son petit-fils prendre le titre de marquis d'Acigné, René Lambert conservait néanmoins la propriété de cette seigneurie ; il mourut en 1673 et fut inhumé le 28 février au chanceau de l'église d'Acigné, en qualité de marquis d'Acigné. Après la mort de René Lambert, dont la fortune était très obérée, les terre et seigneurie d'Acigné furent mises judiciairement en vente et achetées par Claude Freslon, seigneur de la Touche­Trébry, demi-frère de Gabriel Freslon dit marquis d'Acigné. Claude Freslon, qui avait épousé Anne Regnouard, mourut avant de voir terminer cette acquisition, retardée par suite de surenchères ; mais son fils unique, César Freslon, devint marquis d'Acigné vers 1691 ; il avait épousé à Nantes Jeanne Bidé de la Grandville et mourut en 1694. Alexis-César Freslon, fils aîné des précédents, marquis d'Acigné, mourut à Paris le 7 avril 1748, sans enfants de son union avec Françoise Gouyon de Beaufort. La succession passa à sa sœur Eléonore-Rose Freslon, qui avait épousé à Rennes, le 19 juillet 1709, Louis-Germain de Talhouët, comte de Bonamour, mort le 25 mai 1734. Leur fils, Jean-Jacques de Talhouët-Bonamour, fut marquis d'Acigné et épousa Gillette-Esther Tranchant du Tret ; il mourut à Rennes en avril 1789, laissant pour fils Louis-Céleste de Talhouët­Bonamour, dernier marquis d'Acigné ; celui-ci avait épousé Elisabeth Baude de la Vieuville et décéda en 1812.

Voyons maintenant en quoi consistait le marquisat d'Acigné.

Le marquisat d'Acigné, tel qu'il avait été créé en 1609 par le roi (nota : les lettres d'érection, signées par Henri IV en juillet 1609, ne furent enregistrées au parlement de Bretagne que le 7 juin 1610) pour Charles de Cossé, se composait de deux parties bien distinctes : la seigneurie d'Acigné, dont nous voulons seulement nous occuper ici — et les seigneuries de la Grézillonnaye, la Lande et les Huguetières. Celles-ci, unies à Acigné en 1609 et sises en Guichen, furent d'ailleurs distraites du marquisat dès 1657. Acigné, châtellenie d'ancienneté, n'avait pas une fort grande étendue ; son domaine proche ne se composait guère que du château de la métairie de la Motte, des moulins d'Acigné, et des halles, auditoire, fours et pressoirs banaux, avec quelques communs ; sa juridiction ne comprenait qu'une dizaine de fiefs relevant, du roi et, se trouvant en Acigné, Noyal-sur-Vilaine et Thorigné (nota : c'était en 1657 les fiefs appelés : le grand bailliage de la ville d'Acigné — les vieilles et nouvelles Baillées — le Boulay — la Marqueraye — le fief l'Evêque — Iffer — Bourgon — le fief d'au delà les ponts d'Acigné — et le fief du bourg de Noyal-sur-Vilaine. Les marquis d'Acigné prétendaient tenir ces fiefs directement du roi, mais les barons de Vitré revendiquaient avec raison la mouvance de leur seigneurie). Son chef-lieu était le château de la Motte, situé au bord de la Vilaine ; il ne peut y avoir de doute au sujet de cette position du château d'Acigné.

Jean, sire d'Acigné, rendant aveu au roi le 31 mai 1510, déclare posséder « une quantité de terre en place nommée vulgairement le Fort d'Acigné, ou estoient anciennement les édifices du chasteau et forteresse d'Acigné, contenant deux journaulx et demy, lesquelles choses sont cernées et environnées de la rivière de Vilaigne ». Les actes d'acquisition et de prise de possession du marquisat d'Acigné en 1657 ne sont pas moins explicites : René Lambert achète « l'ancien emplacement du chasteau d'Assigné appelé la Motte » et prend possession « des ruines de l'ancien chasteau dudit marquisat appelé le Fort de la Motte, cerné d'eau », et pour s'y rendre « il est obligé d'entrer dans un bateau trouvé sur la rivière de Vilaine, au proche et joignant ledit emplacement du chasteau ». Aujourd'hui même on montre, dans la Vilaine, deux îles couvertes d'amoncellements de pierres, à côté de la métairie des Basses-Mottes : l'une d'elles, portant encore le nom de Fort, renfermait le château, et dans l'île voisine la tradition conserve le souvenir de la chapelle de la Motte, bâtie là en 1240 et existant encore en 1657, mais ruinée complètement depuis.

Cependant une vague tradition prétend que le château d'Acigné se trouvait au bourg même de ce nom, là où quelques maisons insignifiantes portent toujours le nom des Châteaux. Il est évident qu'il ne peut s'agir ici de la demeure féodale des premiers sires d'Acigné, mais il peut se faire qu'à une époque plus rapprochée de nous, les marquis d'Acigné — qui habitaient alors leur château de Fontenay en Chartres — aient eu une sorte de pied-à-terre dans le bourg d'Acigné. Ce qui semblerait le prouver, c'est qu'en 1619 Charles de Cossé est représenté dans un acte de vente comme « étant à son château d'Acigné » . Or à cette époque la vieille forteresse était depuis longtemps détruite. En tout cas, quelque nom qu'elle portât, aucune maison du bourg d'Acigné n'a pu mériter d'être regardée comme le vrai château du lieu. 

Le marquis d'Acigné était seigneur supérieur et fondateur de l'église d'Acigné ; aussi y avait-il ses armoiries peintes sur une litre et dans les verrières du chanceau ; l'acte de prise de possession de 1657 rappelle que cette litre entourait « tout le dedans de ladite église, sauf en une chapelle prohibitive dépendant de la seigneurie de Forges, laquelle chapelle est au chanceau du côté de l'évangile ». Quant aux armoiries elles étaient d'hermines à une fasce de gueules chargée de trois fleurs de lis d'or, qui est d'Acigné, et accompagnées d'autres blasons des alliances de cette noble famille. Dans le choeur, René Lambert prit possession en 1657 « de deux bancs et accoudoirs au devant du balustre du grand autel, l'un du costé de l'évangile et l'autre du costé de l'épître » dépendant du marquisat d'Acigné. Et comme il était aussi seigneur de Forges et de la Havardière, il prit également possession de la chapelle Sainte-Anne, proche le chanceau et des bancs de la Havardière, dans la nef. On y voyait alors les armoiries des anciens sires de Forges, seigneurs dudit lieu : d'azur à une fasce d'hermines accompagnée de trois quintefeuilles d'argent, et celles des Havard, seigneurs de la Havardière : d'argent à deux havets (hameçons) de gueules en sautoir.

Le blason d'Acigné se retrouvait également dans les deux chapelles Saint-Julien et Saint-Antoine, se joignant et dépendant du vieil hôpital fondé par les sires d'Acigné près des ponts d'Acigné. Ces derniers seigneurs s'étaient réservé la présentation du chapelain de cet hôpital, aussi bien que celle du chapelain de la Motte.

Enfin l'on voyait, au bourg d'Acigné, les halles, les prisons, l'auditoire, les fours et pressoirs banaux dépendant de la seigneurie d'Acigné, qui jouissait des droits de haute-justice, de foires et marchés, etc.

Telle était la châtellenie d'Acigné, plus distinguée par le renom de ses anciens seigneurs que par son importance féodale et son étendue territoriale. Quant aux seigneuries de la Grézillonnaye, la Lande et les Huguetières, qu'on y avait jointes en 1609 pour former de tout un marquisat, elles lui demeurèrent si peu d'années unies qu'il est inutile d'en parler ici (abbé Guillotin de Corson).

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Pierre de Romelin et Alain Le Jambu, plusieurs nobles sont mentionnés à Acigné :

le seigneur d'Acigné ;

Jean de Bourgon, sgr. du Haill et de Gresbusden ;

Pierre de Beshere (Beschère) ;

Mathelin d'Acigné, sr. de Georges sr. de Breon ;

la métairie de la Rogeraye (Rougerais) appartenant au sr. d'Iffer ;

les enfants de feu Alain de Bourgon ;

Jean Havart, sr. de la Havardière ;

Jean de Bourgon, sr. de la métairie du Haill.

(à compléter)

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