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ABBAYE NOTRE-DAME DU BON-REPOS |
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Abbaye Notre-Dame du BON-REPOS - Saint-Gelven
L'abbaye du Bon-Repos ("abbatia de Bona-Requie") est fondée, le 23 juin 1184, par Alain III, vicomte de Rohan (la famille de Rohan se convertit plus tard au protestantisme) et quelques moines cisterciens. Alain III leur donne six domaines ruraux ("six villae" situées entre l'église Saint Junani et les croix de Troguenanton avec une jouissance des terres jusqu'au Blavet) et la libre disposition du Blavet avec ses pêcheries. Constance, son épouse apparentée au Roi d'Angleterre Henri II, intervient dans la fondation en donnant aux moines une part de l'héritage de son grand-père : l'église de Foleborne dans l'évêché d'Ely. Selon leur souhait, Alain et son épouse Constance seront enterrés dans l'abbatiale qui date du XIIème siècle. En 1381, le duc de Bretagne, Jean IV, y fonde une messe hebdomadaire du Saint-Esprit (moyennant 4 tonneaux de vin et cinq cents merlus destinés à l'abbaye). En 1357, des moines de Coatmalouen s'installent dans l'abbaye du Bon-Repos. A la fin du Moyen Age, l'abbaye du Bon-Repos a droit de haute justice, possède juridiction, prison, sénéchal, notaires, sceau et mesures. On est loin de l'idéal originel de pauvreté. Gautier est le premier abbé de cette maison, et reçoit de son fondateur l'église de Foleborne (ou Folleborne) en Angleterre. Luc est indiqué comme abbé de Bon-Repos dans une donation faite à l'abbaye de Savigny (ou Savigni) par Alain de Zouche et Alexis de Beumez, son épouse. Guillaume cède à Renaud, abbé de Saint-Serge d'Angers, l'église de Fundraitone en Angleterre, qui dépend alors de Bon-Repos. Richard fait, vers 1213, confirmer et augmenter la fondation de son monastère par Josselin de Rohan, tuteur de Geoffroy, Olivier, Conan et Alain de Rohan, ses neveux. Geoffroy vit en 1221, selon les catalogues anciens et modernes. Henri David vit en 1256, suivant les mêmes catalogues. Rivallon traite en 1274 avec Guy Droadren, écuyer, pour la tenue de Guillaume Guezenet, et rend hommage à Alain VI, vicomte de Rohan, en 1288. Auffray (ou Auffrai) transige en 1323 avec Alain de Quebriac pour les coutumes du bourg de Miniac. Il est nommé Aufrède dans l'enquête faite en 1330 pour la canonisation de saint Yves. Rivallon consent, en 1347, à un "afféagement" de quelques domaines de son monastère. David vit en 1359, suivant les catalogues. Guillaume de Quemper accepte, le 2 mai 1375, une fondation de deux messes par semaine, faite en son église par Jean Ier, vicomte de Rohan. Il s'oblige, le 28 août 1381, à dire une messe par semaine pour le duc Jean le Conquérant. Yves de Quemper rend aveu à la vicomté de Rohan en 1392, et reconnaît l'année suivante que son monastère dépend de cette seigneurie. Il est nommé entre les exécuteurs testamentaires du connétable de Clisson, mort en 1407. Il vit encore en 1410. Yves Malscot ou Malescot tient le siége abbatial en 1424 et 1443, selon les anciens catalogues, et un acte de la Chambre des Comptes prouve que cet abbé y prête serment de fidélité le 8 octobre 1425. Alain de Penguily (ou Penguili), prieur claustral de Bon-Repos, est pourvu sur la résignation de son prédécesseur. Le duc lui permet, le 31 mai 1465, de mettre à exécution les bulles que le pape lui avait accordées. Il est mis en possession par un des officiers du vicomte de Rohan, et reconnaît le 10 juillet suivant que l'élection des abbés de Bon-Repos devait être confirmée par le vicomte de Rohan. L'abbé de Penguily vit encore en 1476, suivant une quittance de cette année. Henri est de la maison Du Boisberthelot. Il est nommé abbé de Bon-Repos dans un acte de Blois, daté de l'an 1484. Guillaume Le Feuvre est abbé en 1505, selon les catalogues. Hervé de Lannion succède au précédent. Il est aussi indiqué comme abbé de Coetmalouen (ou Coatmalouen) et de Bon-Repos dans un acte de Bégard, daté de 1526. Son décès arrive en 1534, et la saisie est mise sur ses abbayes le 3 janvier 1535. Renaud Bouchetel, archidiacre d'Angers, et l'un des tuteurs "onéraires" de René Ier, vicomte de Rohan, obtient du roi François Ier, les abbayes de Coetmalouen et de Bon-Repos en 1534, et en prend possession au mois de janvier 1535. Les religieux lui opposent frère Guillaume de Cacé, qu'ils avaient choisi pour leur abbé. Mais c'est sans effet, car ils sont obligés de subir la commende. Renaud meurt en 1536, et la saisie est mise sur ses bénéfices le 2 mai. Guillaume Lateranus (de La Cosse ou Du Cossé) est en possession de l'abbaye le 3 octobre 1537. Les religieux font un dernier effort pour avoir un abbé régulier, et élisent frère Jean Du Quellenec, mais ils ne réussissent pas. Guillaume fait serment de fidélité au roi le 27 mai 1541, fiance, le 24 avril 1549, François de Rohan, seigneur de Glé, avec Renée de Rohan, dame de Guemené, et meurt en 1562. Jean Rousselet, clerc et sommelier de la chapelle et oratoire du roi, succède à Guillaume Lateranus, fait serment de fidélité au roi en 1563, assiste aux Etats de Vannes en 1567, et meurt en 1579. François Le Ny est nommé en 1579, fait serment de fidélité dans la Chambre des Comptes de Nantes en 1580, et se démet vers 1606. Antoine de Morri (ou Morry), seigneur de La Vallière, est pourvu en 1606, sur la résignation du précédent et la cession que lui fait Troïlus de Mezgouer, seigneur de La Roche, qui s'était emparé de l'abbaye dès l'an 1583, sous prétexte de la défendre. Guillaume de Peyrat est abbé commendataire en 1609, suivant les catalogues. Michel Le Roy a le brevet, mais ne prend point possession. Frère Claude de Guillier, neveu du précédent, religieux de Bon-Repos, devient coadjuteur de son oncle en 1625. Frère Claude de Guillier, neveu du précédent, est abbé en 1634, et paraît être décédé en 1646. Il assiste aux Etats de Rennes en 1645. Michel Mazarin, religieux dominicain, frère du célèbre cardinal de ce nom, devient archevêque d'Aix et cardinal du titre de Sainte-Cécile, à l'abbaye de Bon-Repos en commende, et la tient en 1647. Il meurt à Rome le 1er septembre 1648, n'étant âgé que de 41 ans. Olivier Lusenac assiste aux Etats de Fougères en 1653 en qualité d'abbé de Bon-Repos. Olivier Le Barbu est abbé commendataire en 1656. Henri François du Plessis-Bellière assiste, comme abbé de Bon-Repos, aux Etats de Dinan en 1669. Il quitte l'état ecclésiastique pour prendre le parti des armes, et signale sa valeur dans les guerres de Louis XIV. N. Rougé Du Plessis-Bellière succède à son frère dans l'abbaye de Bon-Repos. Philippe Alexandre de Montault-Navailles de Saint-Genest (ou Saint-Génies) est nommé en 1683, et meurt en 1734. Jacques David de Menou, vicaire général de Nantes, est pourvu au mois de juillet 1734, et conserve ce bénéfice jusqu'au 28 septembre 1760, époque de sa mort. François Allaire, natif de Saint-Brieuc, nommé précepteur du duc de Chartres, devient abbé du Huiron en 1754, de Bon-Repos en 1761. Il semble qu'il soit décédé en 1776. N. de La Biochaye, vicaire général de Dol, obtient l'abbaye en 1776 et en est dépouillé en 1790. L'abbé jouissait jadis d'un revenu de dix mille francs. Il reste 4 moines en 1789. Vendue comme bien national à Julien Le Bris, l'abbaye du Bon-Repos est transformée, en 1796, en manufacture de toile. Elle est attaquée et pillée en janvier 1796 par des Chouans (de la division du Chayla ou Chélas) et en 1800. En 1832, l'abbaye du Bon-Repos héberge des forçats qui creusent le canal de Nantes à Brest. Après 1850, l'abbaye du Bon-Repos devient une carrière de pierre pour les habitants des environs.
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