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ABBAYE NOTRE-DAME DE DAOULAS

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Abbaye Notre-Dame de DAOULAS - Daoulas

Daoulas était anciennement un château appartenant aux seigneurs de Léon. D'après une tradition, le seigneur du Faou fonde au VIème siècle, la primitive abbaye de Daoulas (abbatia Beatoe Marioe de Daoulas), en expiation du meurtre des abbés Tadec et Judulus. On croit d'ailleurs que Daoulas est un mot breton qui signifie deux douleurs ou deux deuils : Daou glas. Ravagé par les Normands, le monastère du VIème siècle est remplacé par une abbaye de chanoines Réguliers de Saint-Augustin, fondée vers 1167-1173 (abbatia de Doulas , en 1173) par Guyomarc'h (ou Guiomarc'h), vicomte de Léon et par Nobille son épouse, pour réparer, dit-on, le crime qu'il avait commis, en faisant assassiner Hamon, évêque de Léon, son oncle. La consécration de l'abbaye a lieu en 1232. L'acte le plus ancien, touchant sa fondation dit que : "Guyomarc'h de Léon, sa femme et ses fils donnèrent la terre de Forquilly et la terre de Fresq depuis Forquilly jusqu'à Roc'h Bleizt". Cet acte est fait devant Geoffroy, évêque de Quimper en 1173. D'ailleurs plusieurs seigneurs de Forquilly deviennent abbés de Notre-Dame de Daoulas : Hervé de Forquilly (de 1317 à 1325), Alain Seissoris de Forquilly (de 1325 à 1351). Cette abbaye, fondée pour quatre religieux, était jadis du diocèse de Quimper et près de Plougastel. La mense abbatiale, riche de douze mille francs de revenu, est en 1692 unie au séminaire des Aumôniers de la Marine de Brest. Rivallon est le premier abbé de cette maison. Sa mort est marquée au 1er mai 1130 dans le nécrologe de son abbaye, mais cette date est faussée, et la mort de Rivallon doit être rapportée à l'an 1180. Guillaume souscrit une charte de l'abbaye de Bon-Repos (ou Bonrepos) fondée en 1184, par Alain III, vicomte de Rohan, et meurt en 1199. Hervé meurt le 11 mai 1200, selon le nécrologe de son abbaye. Even est élu en 1200, se démet en 1233, et meurt le 25 avril 1246. Il fait consacrer son église le 12 septembre 1232, par Cadiou, évêque de Vannes, et Raoul, évêque de Quimper. G. certifie en 1251 la copie d'une lettre de Henri, roi d'Angleterre, à Alain, vicomte de Rohan, datée de 1229. Hervé de Guicastel meurt le 8 novembre 1281, selon le nécrologe de son abbaye. Daniel, dit Le Chauve, meurt le 12 avril 1285, selon le même nécrologe. Daniel Le Chevalier meurt le 13 septembre 1287, suivant le même nécrologe. Guy Potaire meurt le 8 avril 1309, selon le même nécrologe. Hervé de Forquily (ou Forquilly) accepte en 1317 une fondation faite dans son église par Hervé de Léon, seigneur de Noyon-sur-Andelle. Sa mort est marquée dans le nécrologe au 2 août 1325. Alain Seissoris de Forquily accepte en 1337 la fondation de deux messes chaque jour, faite par Hervé de Léon, seigneur de Noyon, pour Hervé, son père, et Marguerite de Rais, son épouse. Il meurt le 26 avril 1351, après vingt-cinq ans d'administration. Hervé de Poulmic ne tient le siége qu'un an, et meurt le 16 mai, suivant le même nécrologe. Jean Guerrant ou Guerrault fait rebâtir le monastère, et meurt le 1er octobre 1398, après trente-huit ans d'administration. Louis de La Palue meurt en 1399, selon l'historien moderne de son abbaye. Etienne Le Petit, natif de Fougères, est recommandé au duc Jean V, en 1410, par le pape Jean XXII, et meurt en 1425. Guy Manfuric, licencié en droit canonique, gouverne l'abbaye pendant vingt-sept ans, et s'en démet en 1452. Il a fait bâtir la tour qui était sur le choeur, et obtient du pape le droit de porter la mitre. Sa mort est marquée dans le nécrologe au 22 mai 1468. Guyomarc'h, que certains historiens, assure avoir été de la maison de Rohan, est élu en 1468. On ignore l'an et le jour de sa mort. Guillaume Le Lay est nommé abbé de Daoulas de 1468 à 1502 et achète le manoir du Fresq. Il souscrit la fondation des Frères Mineurs, dits depuis Récollets de Landerneau, faite par Jean, IIème du nom, vicomte de Rohan, en 1488. Il fait bâtir la chapelle de la Trinité, unit le prieuré de Dirinon à la mense conventuelle, et comble de biens son monastère. Son décès arrive le 23 juin 1502. Il est inhumé dans le choeur de son église, sous une lame de cuivre sur laquelle est gravée une inscription "Hit jacet frater Guillelmus Le Lay, abbas hujus monasterii de Daoulas, qui rexit illud annis 35, et restauravit ac acquisivit ei plura bona. Obiit autem die 23 mensis junii anno Domini 1502". Jean de Sarges (ou de Largez), évêque d'Avesnes, est abbé de Daoulas de 1502 à 1520. Il est fait évêque d'Avesnes le 30 juillet 1507. Claude de Rohan, évêque de Quimper, le choisit pour exercer les fonctions épiscopales dans son diocèse, et lui donne la cure de Glomel. Il se démet de son abbaye en 1520, et meurt le 6 novembre 1533. Son corps est inhumé devant le grand autel de Daoulas avec une inscription : "His jacet frater Joannes Du Largez, episcopus Avennensis et abbas hujus monasterii ; cidem multa acquirens bona honorificè illud rexit 20 annos. Obiit sexta luce novembris anno 1533. Anima ejus requiescat in pape. Amen".  Charles Jegou obtient en 1519 une bulle du pape Léon X, portant ordre à l'archidiacre de Dinan de lui donner l'habit de chanoine régulier dans l'abbaye de Daoulas, et de le pourvoir du gouvernement de cette abbaye. L'archidiacre exécute ces ordres, mais Charles Jegou, plus instruit des règles de l'Eglise, se repent de sa démarche par la suite, et se fait absoudre à Rome en 1527 des censures qu'il avait encourues lors de son entrée. Il meurt le 10 janvier 1535, et il est enterré devant le maître-autel de son église, où l'on voit une inscription : "Hit jacet frater Carolus Jegou, abbas hujus monasterii de Daoulas, et acquisivit plura bona, et fecit multa aedificia, et rexit eam per 15 annos. Obiit die 10 mensis januarit anno 1535". On lui attribue l'honneur d'avoir fait faire la grande vitre du maître-autel qui était un chef-d'oeuvre de l'art pour la beauté des peintures, et qui s'est conservée jusqu'à la fin du XVIIIème siècle. Olivier du Chastel est élu en 1535 et meurt le 1er novembre 1550. Il était fils de Tanguy du Chastel et de Marie du Juch. Jean Predour est pourvu de l'abbaye par la même voie que Charles Jegou, son prédécesseur, c'est-à-dire qu'il obtient du pape Jules III une bulle adressée aux évêques de Quimper, de Léon et de Tréguier, ou à l'un d'eux, pour lui donner l'habit de chanoine régulier, en 1550. Un grand vicaire du diocèse de Quimper, chargé par son évêque de cette commission, la remplit en 1553, et Jean Predour se fait absoudre à Rome, en 1552, des censures qu'il avait encourues lors de son entrée. Il fait serment de fidélité au roi en 1556, et meurt le 11 octobre 1575. Jean de Kerguisiau obtient ses bulles du pape Grégoire XIII en 1573, prend possession en 1574, prête serment de fidélité au roi dans sa Chambre des Comptes de Bretagne en 1576, et meurt le 29 septembre 1581. René du Louet, dernier abbé régulier, est élu en 1581, et meurt le 12 juillet 1598. Il est enterré devant le maître-autel de son église, où l'on voit encore son tombeau avec une épitaphe : "Hic jacet frater Renaus Du Louet, abbas hujus Coenobli de Daoulas, qui quidem acquisivit ei silvam de Daoulas et plura alia bona, et rexit illud annis sexdecim. Obiit autem 12 julii anno 1598, cujus anima pace fruatur". René de Rieux, aumônier de la reine Marie de Médicis, est pourvu de l'abbaye de Daoulas en 1600, et meurt le 5 mars 1651, évêque de Saint-Pol-de-Léon. Charles Maurice Le Tellier, fils de Michel Le Tellier, chancelier de France, a dès sa jeunesse plusieurs riches abbayes en commende, et il est pourvu entre autres de celle de Daoulas en 1651, n'ayant encore que neuf ans. Il s'en démet entre les mains du roi en 1666, devient archevêque de Reims en 1668, et meurt à Paris le 17 février 1710, à l'âge de 68 ans. Louis de La Motte - Vilbret d'Aspremont, clerc de la chapelle de la duchesse d'Orléans, fils de François de La Motte, comte d'Aspremont, lieutenant-général des armées du roi et gouverneur de Salins en Franche-Comté, est pourvu de l'abbaye de Daoulas en 1667. Il semble être le dernier abbé de cette maison, que le roi Louis XIV unit au séminaire des aumôniers de la marine de Brest par ses lettres du 5 avril 1692. Les abbés de l'abbaye de Daoulas jouissent à l'époque du droit de haute justice (leurs gibets se trouvent au Fresq). En 1521, pour fuir une épidémie de peste, les moines viennent s'installer au Fresq. L'abbaye de Daoulas est restaurée en 1877. Le cloître qui date du XIIème siècle est restauré au XVIIème siècle puis en partie reconstruit en 1997-1998 sur les bases de l'ancien mur détruit au début du XIXème siècle. 

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