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ABBAYE NOTRE-DAME DE BUZAY |
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Abbaye Notre-Dame de BUZAY - Rouans
Le 17 juin 1135, le duc de Bretagne, Conan III, sur la demande de sa mère la duchesse Ermengarde, fonde cette maison pour six religieux, dans la paroisse de Rouans (diocèse de Nantes), en faveur des moines de Cîteaux. Veuve d'Alain Fergent, Ermengarde reçoit le voile de religieuse des mains de Saint-Bernard dans le prieuré de Saint-Germain-de-Larray, non loin de Dijon. Désireuse de voir s'établir près de Nantes une maison de religieux cisterciens, Ermengarde prie Saint-Bernard de lui donner quelques-uns de ses moines. Bernard envoie alors son plus jeune frère Nivard, maître des novices du monastère de Vaucelle en Cambrésis avec quelques autres religieux de Clairvaux pour commencer l'établissement de la maison projetée dans l'île de Caberon. Les moines sont accueillis solennellement à Nantes le 28 juin 1135. L'existence de la nouvelle abbaye doit être assurée par les revenus mis à sa disposition par le duc Conan. Mais, soit par négligence, soit par mauvais conseils, le duc n'exécute point ses promesses, et retire même aux religieux une partie des fonds qu'il leur avait donnés. Saint-Bernard, faisant la visite de ses monastères, trouve celui de Buzay si pauvre et si incommode, qu'il ordonne à ses religieux de retourner à Clairvaux. Avant de sortir de Bretagne, il va voir le duc et lui fait des reproches très vifs sur sa conduite à l'égard des religieux de Buzay. Ce prince reconnaît alors sa faute et rend à ces religieux tout ce qu'il leur avait ôté. Il leur donne même de nouveaux fonds. La charte de ce prince n'est point datée (entre 1144 et 1147), mais elle a été souscrite par plusieurs évêques, entre autres Alain de Rennes, Iterius de Nantes (décédé en 1147 à Nantes), Rotandus de Vannes et Jean de Saint-Malo (il s'agit de saint Jean de La Grille, alors abbé de Sainte-Croix de Guingamp et fait ensuite évêque de Saint-Malo en 1144). Cette seconde fondation étant faite, l'abbaye de Buzay va prospérer rapidement. Elle voit augmenter ses revenus par les donations des seigneurs de Machecoul et du comte de Nantes. En 1197, Constance, duchesse de Bretagne, veuve de Geoffroy II fonde deux anniversaires à Buzay, l'un pour Conan III son père et l'autre pour son mari. Cette princesse donne aux moines l'île de Bremen. L'abbaye reçoit aussi de nombreux privilèges au point de vue spirituel de la Papauté. L'abbé de Buzay (ou Buzai) jouit d'un revenu annuel de trente à quarante mille Francs. L'accroissement du nombre de religieux favorise quelques années plus tard la fondation de trois nouvelles abbayes. En effet "le 25 mars 1201, un premier essaim de moines de Buzay sort de cette maison pour se rendre à Villeneuve, sur la paroisse de Bignon, occuper le monastère, que venait de faire construire à la "grange de Cormaria", dans la forêt de Touffou, la duchesse de Constance. La même année, une nouvelle famille de moines se rend au couvent que Pierre de la Garnache venait de fonder à l'île d'Yeu. Cinq ans plus tard, pour plus de commodité, cette communauté est transférée à l'île de Noirmoutier. Enfin en 1252, Gilles, abbé de Buzay, envoie un nombre important de moines habiter l'abbaye de Prières, à l'embouchure de la Vilaine, que venait de faire édifier le duc Jean" (Chanoine Jarnoux). Pierre est choisi par saint Bernard pour gouverner le nouveau monastère de Buzay : son nom se trouve dans la charte du duc Conan III. Guillaume est abbé en 1150 et fait affranchir en 1152 toutes les terres de son monastère sises en Retz, et souscrit une donation faite en 1153 à l'abbaye de Fontevrault, par Hoël, comte de Nantes. Adam est gratifié en 1153 par Hoël, comte de Nantes, d'une terre nommée La Villeneuve, qui devient ensuite une abbaye. David est abbé en 1157 et il est un des arbitres choisis en 1161 pour juger le différend que les chanoines de Saint-Pierre de Nantes ont avec les religieux de Quimperlé pour la propriété de l'église de Notre-Dame de Nantes. Suivant une charte de Saint-Florent de Saumur, il vit encore en 1166. Pierre est contemporain de Robert, évêque de Nantes, qui meurt en 1183. Pierre est élu en 1170 et est élu peu de temps abbé. Geoffroi transige en 1175 avec Olivier de Begon pour une portion de l'île de Kyriole en présence de Robert, évêque de Nantes. Richard est gratifié en 1177 de La Haye-Durand et d'un quartier de terre contiguë par Silvestre, fils de Rolland, seigneur de Begon. Il vit encore en 1179. L'abbé Mai reçoit en 1187 une donation faite à son monastère par Raoul de Cheméré, se démet vers l'an 1199 et vit encore en 1204. Guillaume Robert est élu vers l'an 1199, assiste à la fondation de l'abbaye de Villeneuve en 1201, et vit encore en 1203. Gautier succède à Guillaume en 1203, donne quelques vignes à Etienne de Villedieu en 1204, et vit encore en 1205, selon un acte de son abbaye. Richard reçoit en 1207 une saline donnée à son monastère par A. , seigneur de Retz, transige en 1214 avec Aimeri, chapelain de Saint-Nicolas, sur la moitié d'une métairie, et vit encore en 1232. Mathieu tient le siège abbatial en 1236, selon une charte de son abbaye. Barthélemy afferme en 1237 la maison de Moire et ses dépendances à Geoffroi de La Vallée, chevalier, et admet en 1240 Geoffroi de Penecé, chevalier, à la participation des prières de sa communauté, en reconnaissance des biens qu'il avait faits à sa maison. Gilles est indiqué comme abbé dans un acte daté de 1246. Ce dernier fait ratifier en 1252 les bulles qu'il avait obtenues du pape Innocent IV pour la fondation de l'abbaye de Prières, et établit un abbé et des religieux dans ce nouveau monastère. En 1262, il transige avec Jacques de Guerrande, évêque de Nantes, pour un pré qui avait été donné à son abbaye par Etienne, évêque de Nantes. Robert succède à Gilles, et vit en 1268, suivant le catalogue des abbés de son monastère. Daniel tient le siège abbatial en 1276, selon un acte de son abbaye. Jean est abbé en 1317 et se démet en 1324. Jean de Metz implore en 1328 la protection du duc contre les violences de Girard, seigneur de Machecoul, et il vit encore en 1331. Henri approuve en 1359 un bail emphytéotique fait par Guillaume, abbé de Prières. Denis est abbé en 1366, suivant un acte de son monastère. Louis succède à Denis, selon l'auteur du catalogue des abbés de Buzay, et vit encore en 1377. Guillaume Maréchal tient le siège en 1385, suivant un acte de son abbaye. Jean Gendron est gratifié en 1417 de quelques terres par Rolland de Severac. Il assiste au concile de Bâle en qualité de procureur général de son ordre, commission dont il avait été chargé par le chapitre tenu à Cîteaux en 1430. Le duc de Bretagne le met aussi au nombre des ambassadeurs qu'il envoie à cette assemblée. Jean accepte le 5 avril 1431 la fondation de la fête solennelle de la Présentation de la sainte Vierge dans son église. Il prend possession de quelques terres de Gui de Carné, fils de Payen, seigneur de Lestier. Imbert Boulay, natif de Châteaubriand, est abbé de Buzay et de Prières en 1457. Un titre de La Roche-Bernard prouve que cet abbé vit encore en 1471. En 1474, est nommé comme premier commendataire, Odet de Rivière, abbé du monastère Saint-Sauveur de Redon. Le Pape écrit au duc à ce sujet une lettre datée du 19 juillet 1474. Odet meurt au début de l'année 1492. Pierre Gigan est élu en 1492 ou se met en possession de l'abbaye sans aucune nomination. Le roi informé, de ce qui se passe, donne commission, le 28 mars 1492, à son procureur général de procéder contre cet usurpateur. Jean Bohier, archidiacre de Nantes et abbé commendataire de Saint-Gildas-des-Bois, obtient aussi celle de Buzay, dont il est encore possesseur en 1494. Il meurt en 1508. Frère Jean, abbé régulier de Buzay, rend, en 1519, aveu à Christophe de Sévigné, seigneur de Vigneu et de Tréal, pour les terres de son abbaye sises dans la paroisse de Montluc, diocèse de Nantes. Léon Tissart, chanoine de Nantes, obtient en commende l'abbaye de Buzay en 1524. Le placet qu'il présente à la chancellerie pour avoir permission de mettre ses bulles en exécution est du 4 mars 1523, avant Pâques. Il fait serment de fidélité au roi en 1536 et en 1539, et vit encore en 1543. Frère Henri Clausse fait serment de fidélité au roi dans la chambre des comptes de Nantes en 1564 pour l'abbaye de Buzay. Henri de Gondy, archevêque de Paris, fait le même serment en 1600, et meurt le 3 août 1622. Jean François Paul de Gondy, dit le cardinal de Retz, succède à son oncle, et meurt en 1679. Jean François Paul Le Fèvre de Caumartin est pourvu de l'abbaye de Buzay suite à la démission du cardinal de Retz, son oncle, et meurt évêque de Blois le 5 août 1733. Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont, est nommé en 1733, et se démet en 1737 pour avoir l'abbaye de Saint-Germain-des-Près, vacante suite à la mort du cardinal de Bissy. Pierre Augustin Bernardin de Rosset de Fleury est nommé au mois de juillet 1737 à l'abbaye de Buzay. Il meurt le 13 janvier 1780. Jean George Le Franc de Pompignan, évêque du Puy, ensuite archevêque de Vienne, obtient en 1789 l'abbaye de Buzay. Il meurt le 30 décembre 1790. Le monastère est aujourd'hui entièrement détruit, ainsi que son église, reconstruite en 1755, et dont il ne reste plus que la tour haute de 20 à 25 mètres et qui a servi un moment de point de repère aux navires. L'autel principal avec son tabernacle et ses médaillons ornés de têtes d'anges, le tout en marbre précieux, a été acheté pour 610 livres au début de 1793 par la commune de Paimboeuf. Les stalles de Buzay se trouvent dans l'église de Couëron. Une grille située devant la porte principale de la chapelle du monastère de Melleray provient également de Buzay.
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